Schumann, Robert (1810-1856) Le Concerto pour violon en ré mineur. Isabelle Faust.

71fZ6rB0CoL._SL1000_Concerto pour violon en ré mineur.

Trio pour piano op.110 no.3 en sol mineur.

Isabelle Faust, violon Stradivarius 1704.

Jean-Guihen Queyras, violoncelle G.Cappa 1696.

Alexandre Melnikov, pianoforte J.B.Streicher 1847. Enregistré au Teldex Studio, Berlin en 2014.

Freiburguer Barockorchester. Pablo Heras-Casado, direction. Harmonia mundi. 2015. hmc902196. 61m.37s. cd/dvd.

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Premier mouvement du concerto en ré mineur

Concerto mal-aimé ou mal compris? Le violoniste Joseph Joachim, qui en avait fait la commande à Schumann en 1853, l’avait jugé inapte à l’interprétation. Même Clara Schumann l’exclura du catalogue de son mari. Le manuscrit resta entre les mains de Joachim, qui en interdira la publication dans son testament pendant…100 ans!

Ainsi, une funeste réputation plana au-dessus de ce concerto en ré mineur, dernière grande composition de Schumann, alors grandement affecté de troubles mentaux. Ce n’est qu’en 1937 qu’il revit le jour. On le considéra alors injouable par plusieurs violonistes. Quelques modifications furent apportées pour le rendre plus accessible. En 1988, Thomas Zehetmair le repris selon le manuscrit original. Et un peu plus tard Gidon Kremer avec Nikolaus Harnoncourt. Malgré cela, le concerto est demeuré sous-estimé et mal perçu. Isabelle Faust et l’orchestre baroque de Fribourg vont désormais changé notre façon de voir les choses…

L’interprétation que nous avons ici est tout à fait sensationnelle. Isabelle Faust est d’un raffinement sonore exceptionnel. Sa virtuosité de haute voltige, combinée aux accents baroques de l’orchestre, redonne à ce concerto difficile d’approche, une fidèle et passionnante lecture. Le drame de Schumann et son combat des derniers jours de sa lucidité ne nous a jamais semblé aussi frappant. Du premier mouvement, réputé pour sa lourdeur, mais ici repris avec tant d’élan et de souffle, est maintenant d’une clarté admirable de pensée et d’émotion. Il y a cette impression de grandeur au travers d’une terrible tragédie. La perte de la raison d’un créateur, d’un homme d’exception. À peine peut on y percevoir quelques faiblesses répétitives… Et finalement, Schumann donne à ce concerto, en forme libre d’une fantaisie, une conclusion heureuse, dansante, triomphante. Une redécouverte.

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