Beethoven, L.V. (1770-1827) Les Sonates pour piano. Paul Badura-Skoda.

51HbybowVuLSonates no.1-32.

Piano Bösendorfer Imperial.

Enregistré à Konzerthaus Vienne en 1969-70.

Gramola Vienne. 2012. 98743. 9cds. (+cd bonus op.106, live 1976 et 1980 sur Conrad Graf 1824)

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Rondo allegretto de la sonate Waldstein op.53

Moderato cantabile de la sonate op.110

Paul Badura-Skoda (n.1927) a enregistré les sonates de Beethoven en 1969/70 pour souligner le bicentenaire du compositeur. Musical Heritage Society, société américaine, avait alors les droits de distribution du coffret de 11 microsillons. Depuis tout ce temps, il n’y a eu aucune réédition, et l’intégrale est demeurée presque totalement oubliée. La maison viennoise Gramola a récemment remasterisé les enregistrements originaux. Et le résultat est magnifique.

Le pianiste autrichien, connu aussi comme pédagogue et musicologue, a approfondi Beethoven en recherchant l’authenticité de la musique d’autrefois. Sa curiosité des instruments d’époque, des textes originaux et des précisions métronomiques des partitions en ont fait l’un des précurseurs du mouvement de la musique ancienne. À l’instar de ses grands collègues pianistes, il est resté un peu dans la marge de la scène musicale. Pour cette intégrale, le choix d’un Bösendorfer s’est imposé de lui-même, car selon Badura-Skoda, « l’instrument possède un son tout à fait viennois« …Ce rapprochant parfois des vieux pianofortes par ses timbres singuliers, le Bösendorfer les surpasse de loin en musicalité et en expression. On aime imaginer la joie que Beethoven aurait éprouvé sur cette merveille…

Probablement c’est l’une des versions les plus réussies de toute la discographie. La prise de son est d’un idéal surprenant, malgré qu’elle a été réalisée il y a 45 ans. Jamais on est entré autant à l’intérieur de telles résonances, comme si nous faisions partie de l’instrument. Toutes les couleurs du Bösendorfer sont là, ses aiguës claires, son médium riche et ses basses très bien définies. Cette proximité est tellement bien reproduite, qu’on se sent en intimité avec l’artiste et le compositeur. La musique est là devant nous, et je qualifierais l’écoute d’expérience inoubliable.

Les sonates ont tous été écoutées avec le plus grand intérêt. Cette manière de jouer naturelle, dont jamais on ne contredira le choix des tempos tellement ils semblent parfaits, est celle d’un musicien qui transmet la musique avec humanité et intelligence. Cette façon de mettre en lumière les mesures, et d’en tirer quelques pulsations de l’intérieur, cette joie de la danse soulignée au travers du discours, elle celle d’un artiste accompli et clairvoyant. Évitant le sentimentalisme inutile et grandiloquent de beaucoup de pianistes, jamais celui-ci ne va frapper outrageusement le clavier, car sa motivation est de seulement livrer la musique de Beethoven dans sa pureté…

Des premières sonates, pleines de vie et d’humour, on redécouvre Beethoven avec un visage beaucoup plus souriant. Et les plus grandes possèdent une formidable clarté d’articulation, notamment dans les très difficiles passages fugués, d’où on ne perd jamais aucune note! Les sections douces, quant à elles, sont très intériorisées, très poétiques. Et parfois, lorsque ses étouffoirs se posent délicatement sur les cordes, la magie du Bösendorfer fait son effet. Alors, une sorte de rêve éveillé se produit en nous…Magistral.

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