Bruckner, Anton (1824-1896) Symphonie II Version originale de 1872.

Symphonie no.2 en do mineur, version 1872.

Édition William Carragan 2005.

Altomonte Orchester St-Florian.

Rémy Ballot, direction.

Enregistré en public à Stiftsbasikika St-Florian, Autriche en 2019.

 

Gramola Records. 2019. 99211. 2cds. 84m.5s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Extrait du Scherzo

Extrait de l’Adagio

Extrait du Finale 

C’est dans les archives de la Basilique St-Florian que le musicologue William Carragan découvrit, en 1990, les manuscrits originaux de 1872 de la deuxième symphonie. Jugée à l’époque beaucoup trop longue, il fut demandé à Bruckner de la réduire substantiellement pour éviter « d’épuiser le public ». La version originale fut donc mise de côté pendant plus d’un siècle. Carragan l’a reconstruite d’un bout à l’autre en respectant le plan initial du maître de St-Florian. Ainsi, le Scherzo retrouve sa place d’origine, après le premier mouvement, redonnant une structure plus appropriée à l’oeuvre. Le magnifique Adagio qui suit prend alors tout son sens. Il fait figure d’une longue pause méditative entre deux sections colossales, un repos complet avant de reprendre le sentier de cette grande odyssée humaine et spirituelle. Quant au Finale, il contient des passages magiques qu’on semble découvrir pour la première fois. À lui seul, ce mouvement est une véritable symphonie.

C’est en comparant le minutage de la première symphonie (1866) que l’on se rend compte à quel point Bruckner voulait produire une deuxième oeuvre beaucoup plus ambitieuse que l’on aurait cru. L’interprétation qu’en donne Rémy Ballot, d’un souffle continu et d’une grandiose lenteur de 84 minutes, est l’une des plus longues de l’histoire de la discographie. Si l’on veut bien tout laisser à l’entrée de cette Basilique, on se retrouvera hors du temps. L’esprit naviguera entre les thèmes immenses en forme de cycle perpétuel, en mouvements bâtis par de larges tensions qui se développent et se libèrent. C’est l’effet Bruckner, parfaitement réussit par l’Orchestre Altomonte.

Au sein d’une vaste acoustique bénie des dieux, le chef prend bien son temps pour faire planer l’ensemble. L’exécution est admirable, comme un hommage émouvant au grand Sergiu Celibidache, dont Rémy Ballot fut le disciple. Un moment mémorable où la deuxième symphonie reprend sa place définitive au côté des plus grandes.

 

 

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