Villa-Lobos, Heitor (1887-1959) Sonates pour Violon et Piano. Emmanuele Baldini. Pablo Rossi.

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Sonate no.1 « Désespérance » (1912)

Sonate no.2 (1914)

Sonate no.3 (1920)

Enregistré à Westchester Studios, New-York en 2020.

Naxos. 2021. 8.574310. 53m.50s.

Appréciation: Superbe*****

Sonate no.1 « Désespérance »

Largo moderato Sonate no.2

Molto animato Sonate no.3

Je ne suis pas encore très familier avec la musique de Heitor Villa-Lobos. Son nom reste encore attaché à certaines oeuvres, comme ses célèbres Bachianas brasileiras. Il fut pourtant un compositeur prolifique qui a écrit dans presque tous les genres. Symphonies, concertos, ballets, musique chorale et opéras, musique de chambre… À ceci s’ajoute des oeuvres dédiées à la guitare, l’un des instruments qu’il jouait d’ailleurs très bien. Véritable héros national au Brésil, tout le monde connait son nom là-bas, amateurs de musique classique ou pas. Il a également marqué la vie musicale de son pays en étant impliqué dans l’apprentissage, la transmission de l’art et l’épanouissement des musiciens. On dit que son influence reste encore très vivante, même plus de 60 ans après sa mort.

Ses sonates pour violon et piano ont été composées entre 1912-1920 au début de sa carrière. C’est la première fois que je les entend. Le compositeur les a également intitulé Fantasia. Dès le début leur aspect rhapsodique peut nous déstabiliser. On ne sait vraiment pas où sont nos repères quand on aborde sa musique. Et puis, ça finit par s’installer, et on se laisse aller au gré de ce compositeur génial. Il y a un certain romantisme, mais c’est surtout à Debussy qu’il semble se rapprocher, tout en se gardant dans une zone bien à lui.

Une citation de Villa-Lobos nous met déjà sur la piste pour apprécier sa musique. Jeune homme, il déclara à propos de sa formation: « Je trouvais stupide de continuer d’imiter Beethoven. » En écoutant le début de sa sonate no.1 « Désespérance », Villa-Lobos nous fait entrer immédiatement dans lieu différent du genre de la sonate pour violon. Mélancolique, belle, et d’une harmonisation complexe, elle est également d’une imprévisibilité qui semble se libérée de tous cadres formels.

« Ma musique est naturelle comme une chute d’eau » dira t’il. Le Largo de sa deuxième sonate est d’une grande beauté, coulante en impressionnisme rêveur, qui nous embrasse de sa tristesse, langoureuse et tendre dans le déroulement du temps comme dans son chant. Piano et violon se complètent admirablement bien, l’un générant des figurations ondulatoires variées, tandis que l’autre y instaure des climats saturés de sensations. L’atmosphère paraît chargée d’humidité, l’ambiance est chaude, propice à l’indolence.

La modernité des pièces de Villa-Lobos nous apporte quelque chose de neuf et d’inattendu. Elle nous révèle un créateur hors-pair, d’un impressionnisme particulier. Le duo Baldini-Rossi, basé au Brésil, traduit cet art novateur et fascinant et touche parfois au sublime. Une réussite à découvrir.

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