Archive for the Beethoven Category

Beethoven, L.V. (1770-1827) Les Sonates pour violoncelle. Haimovitz et O’Riley.

Posted in Beethoven on 6 février 2015 by rfauclair

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Variations tiré de Judas Maccabeus de Handel.

Variations tiré de Die Zauberflöte de Mozart.

Sonate op.69. Sonates op.102 no.1 et 2.

Matt Hainowitz, violoncelle Goffriller 1710.

Christopher O’Riley, pianoforte Broadwood 1823. (diapason la=430)

Enregistré en janvier 2014 au Skywalker Sound Studio, Lucas Valley, Californie.

Pentatone/Oxingale Records. 2014. PTC5186475. 2cds. 140m.

Appréciation: Superbe *****

Allegro molto più tosto presto de la sonate op.5 no.2 en sol mineur

Allegro vivace finale de la sonate op.102 no.1

La performance est telle, que tout le reste semble secondaire. Nous en oublions les instruments d’époque, ou que nous soyons à l’intérieur du Skywalker Sound en Californie. Les murs du studio s’écroulent, les frontières s’évanouissent. Beethoven y est traduit de manière brute et vivante, tel que nous l’aimons.

Les structures de sa musique sont mises à nues. Polyphonies et mélodies parfaitement lisibles, sont maintenues à la fois dans la grâce et la fougue du compositeur. L’opus 5 no.2, œuvre de jeunesse, qui nous avait échappé auparavant, devient soudainement une révélation. Cet Allegro molto più tosto presto nous saisit et nous entraîne dans un maelstrom passionnant. Les œuvres plus tardives ont gagné en profondeur, traitées en lyrisme puissant et engagé. Haimowitz se donne entièrement, et son instrument vibre et englobe l’auditeur. Les fragiles sonorités du Broadwood que l’on appréhendait, sont dissipées par une prise de son étonnamment équilibrée. Une réussite.

Beethoven, L.V. (1770-1827) Les Sonates pour piano. Mari Kodama.

Posted in Beethoven on 26 novembre 2014 by rfauclair

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Enregistré entre 2003 et 2013.

Pentatone. 2014. PTC 5186490. 9cds.

Appréciation: Très bien ****

 

 

Sonate op.28 « Pastorale » premier mouvement.

Sonate op.53 « Waldstein » Rondo final

Sonate op.101, premier mouvement.

Au tour de l’épouse de Kent Nagano d’offrir une intégrale Beethoven. Après les symphonies, les sonates du compositeur font partie du canon pianistique que tous connaissent par cœur. Enregistré avec soin sur une période de 10 ans auprès de l’équipe néerlandaise, dans presque toujours les mêmes conditions, ce coffret somptueux impressionne tant par la présentation que par la qualité artistique générale.

Cependant il n’y aura pas ici d’éloges dithyrambiques. Malgré toutes ses qualités, Kodama effleure l’âme de Beethoven avec retenue. Le regard posé et réfléchi qu’elle porte sur son oeuvre, d’où l’on perçoit l’influence d’Alfred Brendel, plaira sûrement à ceux qui ne veulent pas être dérangé. Conception très soignée certes, mais déficiente en passion et en audace, cette méticuleuse et rigoureuse exécution, reste au final, très sage.

Tout de même, de cette sagesse, on appréciera quelques sonates isolées, quelques mouvements enrobés d’un réconfort touchant. On pense à la Pastorale op.28, d’une grande beauté, ou des sonates de la maturité que l’on redécouvre avec un regard tendre et compatissant. À défaut de causer un choc,cette intégrale nous amène plutôt vers l’intérieur.Un havre de paix, dans lequel on peut se reposer…

Beethoven, L.V. (1770-1827) Les Symphonies. Orchestre Symphonique Montréal. K.Nagano

Posted in Beethoven on 6 novembre 2014 by rfauclair

thumbLes Symphonies no.1-9

Les Créatures de Prométhée op.43

Ouverture Egmont op.84

Grande Fugue op.133 (arr.Weingartner)

Enregistré à Montréal entre 2007-2014.

Université McGill (no.3 et 8)

 

Salle Wilfrid-Pelletier (no.5-6)

Maison Symphonique (no.1-2,4,7 et 9)

Analekta. 2014. AN29150-5. 6 cds.

Appréciation:  Bien ***

Scherzo de la 2e symphonie

Molto vivace-Presto de la 9e symphonie

La venue du chef américain à Montréal en 2006 a apporté à cet orchestre de réputation mondiale une continuité, voire un nouveau souffle rafraîchissant. Ses conceptions mystico-philosophiques sur la musique, parfois évasives et abstraites, sont la base de son approche du répertoire symphonique. Joindre à une noble volonté le besoin de démocratiser la musique classique au plus grand nombre, voilà en résumé, la pensée de Kent Nagano. Pour lui, les symphonies de Beethoven tendent vers un but: « L’idée d’une humanité meilleure…et d’une nouvelle compréhension de l’art dans la société ».

Cette idéologie bien moderne de vouloir expliquer la musique, de l’intellectualiser dans ses moindres détails, se ressent inévitablement dans sa direction musicale. Le chef nous fait découvrir Beethoven dans un langage toujours clair et précis. N’utilisant que peu de vibrato aux cordes, allégeant le discours, Nagano épure les lignes, et propose une version bien contemporaine. Tel un architecte minutieux, il dessine de fines décorations à ces colossales structures, lui ajoutant ici et là de petits détails qui nous échappaient du premier regard. De ce point de vue, c’est une réussite. Les musiciens de l’OSM s’accomplissent de la tâche, dans des tempos rapides et légers, par le raffinement virtuose qui leur est habituellement reconnu par tous.

Malheureusement, cette volonté de ne jamais vraiment s’engager physiquement, d’éviter tout choc émotif avec le compositeur, demeure le grand point faible de cette version, qui ne bouleverse rien. Nagano reste à une certaine distance de Beethoven, tout comme la prise de son plutôt terne, éloignée de l’orchestre. Ainsi, nous avons ici le plus grand des paradoxes. Un immense compositeur toujours bouleversant, mais servi par chef qui refuse de nous le montrer tel quel. Entre lumières et révolution, il y a au final, ni l’un ni l’autre.

 

Comparatif: Scherzo 2e symphonie: Royal Concertgebouw/W.Sawallisch

 

 

Beethoven, L.V.(1770-1827). Les Sonates pour piano. HJ Lim.

Posted in Beethoven on 30 mars 2014 by rfauclair

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Les 30 sonates pour piano.

(Sonatines op.49 no.1-2 non-enregistrées.)

Hj Lim, piano Yamaha.

Enregistrement juillet-août 2011 à Chaux-de-Fonds, Suisse.

EMI Classics. 2012. 50999. 8cds.

Appréciation: Excellent *****

 

Grave-Allegro di molto de la Pathétique op.13

Rondo-Allegro de la Pathétique op.13

Allegro assai de l’Appasionata op.57

 

« Plus que tout autre compositeur, la musique de Beethoven est directement liée aux évènements de sa vie, qu’ils soient amoureux, tragiques, politiques, sociaux ou spirituels », écrit HJ Lim.

La jeune coréenne a abondamment lu et étudié Beethoven. Les lettres personnelles, les correspondances de ses contemporains et bien entendu sa musique furent au cœur de nombreuses années de réflexion. « Pour mettre en relief l’émotionnel, l’humain, le spirituel et la psychologie », de Beethoven. Cet approfondissement de la personnalité du compositeur n’a eu d’autre but que de bien servir la musique de ce grand génie.

Toutes ces connaissances doivent maintenant passer par l’instrument! À 24 ans seulement, l’artiste possède une technique fulgurante, étonnante d’agilité et de musicalité. Elle rend justice au tempérament explosif de Beethoven par des choix de tempos enlevants, rapides certes, mais parfaitement contrôlés en mouvements intérieurs. Grondements de tonnerre, vents tumultueux tourbillonnants, vagues déferlantes du piano exécutées comme un large orchestre, la pianiste est renversante de virtuosité! Pour les contemplatifs, passez votre chemin, car elle démolie tout sur son passage, et avouons-le, va un peu trop loin…

Par ailleurs, la romance et le lyrisme du compositeur sont bien soulignés par un subtil rubato, dans un élan d’une légèreté juvénile, évitant toute langueur au discours musical. Beethoven, est parfois amoureux, fébrile, moqueur et joyeux (premières sonates). Parfois, il médite, réfléchit, crie sa douleur, se questionne…(sonates médianes). Finalement, il contemple dans la sérénité, un ciel qui se fait de plus en plus proche…(ultimes sonates). Hj Lim a bien saisi tout cela, et dépeint, grâce à son immense talent, toutes les facettes d’un homme face à son Destin.

Version personnelle et dérangeante, ce cycle mérite toute notre attention. Un nouveau regard sur une œuvre essentielle. Prise de son un peu distante, mais riche en médiums et en basses remplissant l’espace sonore. Une réussite.

 

Beethoven. Concerto pour violon et Symphonie no.7 Alexandre da Costa. Orch.Symph. de Tapei.

Posted in Beethoven with tags on 10 novembre 2013 by rfauclair

MI0003677235Concerto pour violon op.61.

cadences klezmer de A.Ichmouratov (n.1973)

Symphonie no.7 op.92.

Alexandre da Costa, violon « Guarneri del Gesu » 1730.

 

Orchestre Symphonique de Tapei.

Johannes Wildner, direction.

Acadia Classics (Warner). 2013. 2cds. aca23562. op.61(46m.33s.) op.92(41m.17s.)

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Allegro ma non troppo du concerto op.61

Allegretto de la 7e symphonie

Alexandre da Costa, violoniste montréalais, s’attaque à cette grande œuvre de Beethoven. L’opus 61 aurait été, jusqu’à présent, enregistré plus de 250 fois! Comment lui donner un nouveau souffle? Comment renouveler ce qui a déjà été fait encore et encore?

La réponse peut paraître bien simple : jouer la musique et bien la jouer! C’est ce que nous constatons dès les premières mesures. C’est tout simplement magnifique. L’auteur de ces lignes ne put retenir ses larmes… Il y a ici un talent extraordinaire, une qualité du son d’un violon incomparable, un orchestre en symbiose à la respiration profonde. Il y a bien entendu la présence de Beethoven dans un hymne à l’amour et la vie…Tout est là.

S’il faut analyser constamment, nous perdons au final quelque chose de substantiel. On oublie rapidement l’aspect kitsch de la pochette, ou que l’orchestre vient de Taiwan… Le rideau se lève et la musique entre en scène.

Parfois, il faut tout simplement fermer les yeux et laisser l’émotion nous atteindre. Même les cadences klezmer sont étonnamment réussies. Le concerto franchit de nouvelles frontières. On est transporté dans un pays sauvage par l’extraordinaire virtuosité du musicien, apportant des accents dramatiques puissants. L’effet est saisissant.

Au lieu de nuire l’œuvre originale, ces incursions tsiganes lui donnent un cachet nouveau et séduisant.

La Septième op.92 est traité par le chef autrichien par d’amples mouvements, riches en lyrisme. Étonnamment, rien n’est agressif. L’aspect brutal et tapageur de Beethoven est mis de côté. Même les trompettes et timbales sont utilisées discrètement, comme si le chef leur demandait simplement de jouer les notes, sans faire de bruit inutile.

Le choix de tempos plus larges donne à l’ensemble un souffle constant, relié aux balancements et rythmes de la nature. Ainsi cette symphonie résonne semblable à une Pastorale aux accents champêtres bien soulignés. La prise de son d’un bel équilibre nous dépeint un orchestre somptueux où l’unité d’ensemble est préservée. On en redemande!

Beethoven, Ludwig van (1770-1827) Les Neuf Symphonies. Orchestre du 18e siècle. Frans Brüggen.

Posted in Beethoven with tags on 17 mai 2013 by rfauclair

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Rebecca Nash, soprano. W.Brummelstroete, mezzo.

Marcel Beekman, ténor. Michael Tews, basse.

Laurens Collegium et Cantorij de Rotterdam.

Orchestre du 18e siècle (instruments d’époque).

Frans Brüggen, direction.

Glossa. 2012. GCDSA921116. 5cds

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Menuetto de la Symphonie no.1

Scherzo de la Symphonie no.3

Andante maestoso de la Symphonie no.9

« Étreignez-vous, millions d’êtres! Un baiser au monde entier! Frères! Au plus haut des cieux doit règner un tendre Père.

Vous vous prosternez, millions d’êtres? Pressens-tu le Créateur, monde? Cherche-le au plus haut des cieux, au-dessus de la voûte étoilée! »

 

L’image est éloquente; le visage de Brüggen vieilli, mais illuminé par le précieux manuscrit. Un quart de siècle plus tard, il reprendra sa réflexion sur cette grande musique. Même orchestre d’instruments anciens dont plusieurs membres en font encore partie. L’élan et le souffle d’antan sont préservés. Mais le choc provoqué jadis par cette manière très « 18e siècle« , n’a plus le même impact aujourd’hui. On a depuis longtemps apprivoisé cette approche et elle fait partie du paysage musical.

Désormais, on parle d’une relecture à l’ancienne « classique », dans le sens qu’elle reprend les mêmes intonations, les légers retards dans les attaques, le lyrisme et le legato généreux , les timbales tonitruantes, en passant par le souffle typiquement « Brüggen » des instruments à vents. Car on sait que le chef est avant tout connu comme un formidable flûtiste, dont l’école du style baroque à fait partout de multiples disciples.

Cela étant dit, à l’aube de ses 80 ans, Brüggen s’est adouci avec le temps, choisissant de ralentir la cadence de certains mouvements. Les couleurs de l’orchestre sont plus sombres, revêtant à l’œuvre de Beethoven une poésie crépusculaire, digne d’un tableau de C.D.Friedrich, où les faibles lueurs du firmament nous sont subtilement dévoilées. Au travers cette relative pénombre, une vision d’un appel au loin où le détachement du terrestre est complet. La grandeur et la puissance sont bien présentes, mais au lieu de nous agresser, tout nous force à l’admiration la plus complète. Ainsi Beethoven devient moins brutal. Il s’y dégage une quiétude, une humanité réconfortante au milieu des tourments du compositeur.

À défaut d’être analytique, la prise de son est d’un beau naturel, riche et velouté, où les contrebasses et les timbales résonnent avec emphase et profondeur. Certains mouvements lents prennent une texture d’une grande douceur où un léger voile semble descendre sur les aspérités des violons anciens. Une magnifique réussite.