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Bach et Buxtehude. La Rencontre de Lübeck. Vincent Boucher.

Posted in Bach J.S., Buxtehude on 23 novembre 2019 by rfauclair

Dietrich Buxtehude (1637-1707): Prélude, fugue, chaconne buxwv 137. Prélude buxwv 149. Nun komm Heiden Heiland buxwv 211. Passacaille buxwv 161.

Jean-Sébastien Bach (1685-1750): Toccata bwv 564. Prélude et fugue bwv 535. Nun komm Heiden Heiland, bwv 659. Passacaille bwv 582.

Vincent Boucher, Orgue Beckerath 1960, restauré en 2012.

Enregistré à Oratoire St-Joseph, Montréal en 2017 et 2019.

Atma Classique. 2019. ACD2 2777. 62m.15s.

Appréciation: Superbe*****

Prélude-fugue-chaconne en do de Buxtehude

Toccata-adagio-fugue en do bwv 564 de Bach

Lorsqu’on découvre le Prélude-fugue-chaconne de Buxtehude, on comprend pourquoi le jeune Bach de 20 ans a parcouru 400 km à pied pour le rencontrer! C’est une musique pleine de passion qui fuse de toute part comme les nombreuses flèches d’églises qui percent le ciel de la ville hanséatique. Bach y demeura finalement plus de trois mois et ramena avec lui de précieuses copies de cette musique flamboyante.

De retour à Arnstadt, Bach n’en fait qu’à sa tête à son poste d’organiste. Les fidèles sont choqués par ses libertés fantasques et ses « …curieuses variations mêlées d’accord étranges… » (Bach. Paule du Bouchet. Gaillimard). Aujourd’hui, l’oeuvre de Bach à l’orgue demeure encore la plus appréciée. À l’Oratoire St-Joseph, c’est toujours Bach qui attire le plus grand nombre de mélomanes lors des concerts organisés. C’est dans ce vaste lieu que Vincent Boucher a enregistré cet album très bien réalisé.

Le choix du programme permet de faire un parallèle intéressant entre le vieux maître et le nouveau génie de Bach. Les pièces s’alternent entre les deux compositeurs dans les mêmes tonalités comme dans leurs formes: chorals, préludes, passacailles…Au final, on apprécie autant la luminosité de Buxtehude que les grandes architectures de Bach.

Vincent Boucher, véritable gardien de la grande tradition de l’orgue à Montréal, est un musicien complet, sensible et doué d’une grande connaissance des textes musicaux. Son jeu pourrait être qualifié de respectueux, mais animé d’un feu intérieur à la fois maîtrisé et passionné. L’articulation est toujours claire, très attentive et adaptée à l’immense acoustique de l’Oratoire. Les tempos sont modérés, mais d’une grandiose respiration. La prise de son est étonnamment réussie. Elle transmet autant la proximité de l’instrument que la réverbération spectaculaire de l’endroit. Superbe*****.