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Elles. Marina Thibeault, alto. Marie-Ève Scarfone, piano.

Posted in Clarke, Pidgorna, Wieck on 29 juin 2019 by rfauclair

Oeuvres de Clara Wieck-Schumann, Nadia Boulanger.

Fanny Mendelssohn-Hensel, Rebecca Clarke, Lillian Fuchs,

Anna Pidgorna (n.1985)

Marina Thibeault, alto C.F.Landolfi 1767.

Enregistré au Domaine Forget, St-Irénée, Québec en 2018.

Atma Classique. 2019. ACD 2 2772. 68m.48s. Appréciation: Superbe*****

Leidenschaftlich schnell tiré des Romances op.22 de Clara Wieck

Impetuoso de la sonate pour alto de Rebecca Clarke

The Child, Bringer of Light d’Anna Pidgorna

L’album fait un survol de la musique de chambre écrite par des femmes, du début 19e siècle jusqu’à aujourd’hui. Les pièces choisies ont été adaptées ou écrites pour l’alto, instrument encore négligé mais unique. Tout comme ces femmes qui ont vécu dans l’ombre. Leur talent restait caché, peu diffusé ou encouragé. Aujourd’hui, la question ne se pose plus du tout. Les temps ont changé. Et ce disque fort bien réalisé, leur laisse une voix éloquente pour se faire entendre.

De la musique délicatement romantique de Clara et Fanny du début 19e siècle, chantante et galbée d’harmonies séduisantes, on se dirige par la suite vers l’impressionnisme de Nadia Boulanger et Rebecca Clarke (1886-1979). Cette dernière a composé une admirable sonate pour alto et piano en 1919. C’est la pièce maîtresse du disque. Sur cette toile complexe et riche, il y a des nuances dignes de Debussy et Ravel. Il faut du temps pour en apprécier l’ensemble, et Marina Thibeault met en relief toutes les impressions qui s’en dégagent. C’est magnifique.

Avec Lillian Fuchs (1901-1995), les sonorités particulières de l’alto sont exploitées à fond. C’est vivant, palpitant d’idées neuves. Moderne mais accessible. L’altiste s’y est investi et sa technique est parfois démentielle. Tout comme dans la pièce d’Anna Pidgorna, The Child, Bringer of Light, Marina Thibeault fait preuve d’un talent à toutes épreuves dans cette musique étrange et sensorielle, aux sonorités parfois microscopiques d’un univers qui pourrait être celui des insectes! Fascinant et déroutant.

Pour terminer, n’oublions pas la prestation de Marie-Ève Scarfone, qui accompagne l’altiste de manière impeccable. Son jeu est d’une belle rondeur, délicat et fort bien dosé. Un beau disque qui met en lumière un instrument singulier et le talent des femmes d’hier à aujourd’hui.