Archive for the Handel Category

Handel, G.F. (1685-1759) The Messiah. Musica Fiorita. Daniela Dolci.

Posted in Handel on 12 avril 2017 by René François Auclair

81O53BWLHHL._SL1200_Miriam Feuersinger, soprano.

Flavio Ferri-Benedetti, contre-ténor.

Dino Lüthy, ténor. Raitis Grigalis, bariton.

Musica Fiorita. Daniela Dolci, direction.

Enregistré en 2015 à Pfarrei Heilig Kreuz Binningen, Suisse.

Pan Classics. 2016. PC 10351. 2cds. 141m. Appréciation: Superbe*****

Ouverture

Comfort ye my people

He shall feed is flock

Lift up your heads

Hallelujah

C’est l’oeuvre la plus connue de Handel. Composée en seulement 24 jours en 1741, elle fut exécutée pour la première fois le 13 avril 1742 à Dublin pour un concert bénéfice à l’occasion de la Semaine Sainte. L’Oratorio en trois actes sur la vie du Christ est beaucoup plus approprié pour le temps de Pâques que les traditionnelles exécutions d’avant Noël.

L’originalité de cette version de l’équipe suisse se situe par une réduction sommaire des effectifs instrumentaux et vocaux. Bien souvent, les cordes sont réduites au quatuor de chambre, apportant une douceur d’expression nouvelle au Messie. Par ailleurs, la chef Daniela Dolci, a opté pour un choeur de 8 voix seulement. La fraîcheur et la légèreté sont au rendez-vous par une lecture généralement intelligente et sensible. L’oeuvre s’en trouve transfigurée, non seulement par l’intimité du moment qu’elle propose, mais par une atmosphère de piété chaleureuse et tendre.

Du quatuor vocal, très respectable au demeurant, la soprano et le ténor se démarquent par une qualité d’expression très satisfaisante. Il y a dans la voix de Mme Feuersinger ce soupçon d’humilité et d’innocence qui convient à l’aspect semi-religieux de l’oeuvre. La troisième partie, triomphale et grandiose, n’a plus cet effet de masse sur-dimensionnée traditionnelle. Mais c’est la musicalité qui en ressort gagnante, sublime comme toujours, heureusement traduite par ce petit ensemble qui possède une grandeur d’âme. Excellent.

Alma Oppressa. Vivaldi et Handel. Julie Boulianne, mezzo-soprano.

Posted in Handel on 31 janvier 2017 by René François Auclair

thumbOeuvres tirées d’opéras de Vivaldi et Handel.

Clavecin en Concert, direction Luc Beauséjour.

Enregistré à l’Eglise St-Matthieu de Beloeil à l’été 2016.

Analekta. 2017. An2 8780. 58m.53s.

Appréciation: Très Bien****

Se potessero i sospir’ tiré de Imeneo hwv 41

Salda quercia in erta tiré de Arianna in Creta hwv 32

Trois ans plus tard, Julie Boulianne revient en force avec le même ensemble dirigé par le claveciniste Luc Beauséjour. Cette fois-ci, on a jumelé Vivaldi avec Handel dans des airs italiens. Encore une fois, la mezzo-soprano fait la pluie et le beau temps, se livre dans une virtuosité inouïe, intense et habitée par ces rôles de personnages tragiques ou triomphants.

Il faut l’avouer, Vivaldi reste moins intéressant que le glorieux Handel. Il y a bien sûr cet air épouvantablement difficile à chanter qu’est l’Alma oppressa, d’où la mezzo s’exécute avec brio, utilisant toute la verticalité impressionnante de sa tessiture. Mais, au final, c’est le genre de musique un peu inutile qui ne sert qu’à la performance vocale. Par ailleurs, on aime moins quelques vocalises parsemées de vibratos instables et parfois irritants…

Mais lorsque le grand Handel apparaît, Julie Boulianne s’empare de ses lumières radieuses, donne vie et âme à ces musiques à la fois brillantes et émouvantes. Il n’y a, à vrai dire, rien de gratuit avec Handel. De la musique pure qui nous atteint, comme dans cette merveille tirée de Imeneo…d’une beauté sidérante. Ou cet extrait de Arianna in Creta, tout à fait réussi et qui nous éclaire d’un rare bonheur. On passera sur le fameux Laschia ch’io pianga, entendu trop souvent ailleurs, ici repris dans une lenteur trop appuyée et affectée…

Mention spéciale à la prise de son, grandement améliorée par rapport à la production précédente. Les cordes sont superbes et la voix de Julie Boulianne a gagné en présence.

Handel, G.F. (1685-1759) Water Music. Akademie für Alte Musik Berlin.

Posted in Handel with tags on 26 février 2016 by René François Auclair

71w22dMF9vL._SL1200_Water Music hwv 348-50 (1717)

Akademie für Alte Musik.

Georg Kallweit, concertmaster.

Enregistré en novemvre 2015. Studio Teldex, Berlin.

Harmonia Mundi. 2016. HMC 902216. 48m.36s.

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Ouverture

Menuet

Hornpipe

Bourrée

Coro final (menuet)

L’ensemble berlinois, jouant sur instruments d’époque, aurait pu se nommer avec humour la démocratie de musique ancienne. En fait, l’orchestre ne possède aucun chef pour les diriger, sauf exception. Cela donne beaucoup de latitude aux musiciens. Des individualités variées au service d’un son unique et conquérant.

Chaque groupe ou solistes font leur entrée en scène, exploitant librement leur talent. Pour la Water Music, les musiciens se sont payés une joyeuse barque sur la Tamise. Et que la fête commence!

Des cordes toutes en souplesse, des hautbois inventifs, des cors jacassants et rieurs, et un timbalier qui se permet des folies, l’Akademie s’exécute avec un plaisir évident. Du legato à profusion, des danses relevées avec panache redonnent à ces airs, que l’on connait par coeur, un nouvel élan jubilatoire. Définitivement, une bonne brise s’est levée sur la Tamise!

Handel, G.F. (1685-1759) Oeuvres de jeunesse en Italie. Julia Lezhneva, soprano.

Posted in Handel with tags on 7 janvier 2016 by René François Auclair

51uF49Ue85L81QwhEebo8L._SL1500_

Oeuvres italiennes composées entre 1707-1709.

Extraits de la Resurrezione, Rodrigo, Dixit Dominus, Salve Regina, Agrippina

Il Giardino Armonico. Giovanni Antonini, direction.                                         Enregistré à Crémone en janv.2015.

Decca. 2015. 4786766. 69m.50s.

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Extrait de Rodrigo, « Pour donner tout son prix à mon amour. »

Extrait de Il Trionfo del Tempo… »Laisse l’épine, cueille la rose« 

D’un seul trait de voix, elle nous fait oublier une myriade de sopranos derrière elle…Née en 1989, la jeune soprano russe possède le timbre, la technique et une présence vocale irrésistible. Pour incarner les personnages éplorés et théâtrales dont Handel a si bien dépeints en musique, Julia Lezhnova a l’instrument idéal. Un oiseau rare qui apparaît parfois au tournant d’une décennie, au hasard de quelques bontés de la nature…

Elle est, en effet, d’un naturel déconcertant. Son chant est d’une telle qualité, que cela semble sans effort. Un art que personne ne peut apprendre dirait-on. Accompagné et guidé par Antonini, elle se libère complètement dans d’impossibles reprises, mélismes incroyablement bien exécutés. Le chef italien va loin dans sa recherche d’affects, d’abruptes changements dramatiques, mais créé également des climats extatiques, laissant la cantatrice improviser de forts beaux moments (splendide Lascia la spina). Et lorsque que Lezhneva reprend les paroles « Laisse l’épine, cueille la rose »… de partout la lumière apparaît dans ce jardin merveilleux. Un album lyrique absolument radieux.