Archive for the Handel Category

Handel, G.F. L’Allegro il Penseroso ed il Moderato. Gabrieli Consort and Players.

Posted in Handel with tags on 12 juillet 2015 by René François Auclair

41tKw2f9phL._SL1000_Gillian Webster, soprano.

Laurence Kilsby, soprano enfant.

Jeremy Ovenden, ténor. Peter Harvey, bariton. A.Riches, basse.

Gabrieli Consort and Players, Paul McCreesh, direction.

Signum Records. 2015. SIGCD 932. 2cds. 141m.38s (+2 concertos op.6 et concerto op.7 pour orgue)

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Haste thee nymph, and bring with thee (J.Ovenden)

O let the merry bells ring round (L.Kilsby et choeur)

Myrth, admit me of thy crew (A. Riches)

As steals the morn upon the night (G.Webster et J.Ovenden)

Handel composa, en 1740, cette ode pastorale à partir de poèmes de John Milton (1608-1674). À mi-chemin entre l’opéra et l’oratorio, cette oeuvre chantée en anglais a dû réjouir le public londonien, qui avait souffert d’un hiver particulièrement rigoureux où tous les théâtres furent fermés…À la fois légère et bucolique, d’un réjouissant folklore rustique ou d’une aura presque religieuse, cette composition vocale est encore vue comme une exception dans la production abondante de Handel.

L’Allégresse, la Mélancolie et la Modération, pourrait être une libre traduction du titre original. C’est une allégorie sur les sentiments humains au sein d’une nature mythologique. La nature agit sur l’humain, et celui-ci lui répond par ses états d’âmes, parfois joyeux, parfois tristes. La Modération essaie de concilier les deux, par le raisonnement et la pensée. Elle y réussit plutôt bien, culminant dans un très beau duo, où ces personnages se réunissent finalement dans l’harmonie. Comme dans l’Ode à Ste-Cécile, créée un an auparavant, Handel semble vouloir y démontrer toute la puissance de la musique, en contrastes et en diversités, par les plus remarquables effets dont lui seul a le génie.

Cet enregistrement de l’équipe Paul McCreesh est une réussite totale. L’ensemble nous fait découvrir une oeuvre amusante et vivante, sans temps mort. On rit de bon coeur avec le ténor dans l’irrésistible Haste thee, nymph…! On est ravi d’entendre Gillian Webster dans Sweet bird, fabuleux aria, qui vaut à lui seul l’achat de l’album! Le jeune Kilsby, dont la voix exceptionnelle a déjà mué depuis ce temps, apporte la fraîcheur nécessaire à ce portrait musical des plus ravissant. Le choeur, aux textures bien charnues, est intense et chaleureux à souhait. La liste des tubes serait trop longue à énumérer tellement c’est du bon Handel. Un autre coffret au Panthéon des dieux.

 

Handel, G.F. (1685-1759) Le Messie. Le Concert d’Astrée. Emmanuelle Haïm.

Posted in Handel on 5 décembre 2014 by René François Auclair

 

COVER%20MESSIAH%20HD%20cropLucy Crowe, soprano. Tim Mead, contre-ténor. Andrew Staples, ténor. Christopher Purves, basse.

Le Concert et Chœur d’Astrée. Emmanuelle Haïm, direction.

Version 1752 Covent Garden Theater.

Enregistré en déc.2013 à l’Opéra de Lille.

Erato/Warner. 2014. 0825646240555. 2cds. 135m.28s.

Appréciation: Superbe *****

For unto us a child is born 

He shall feed his flock

Lift up your heads

Halleluja!

Le Messie, c’est avant tout une belle histoire qu’on aime se faire raconter. Tout ceci a commencé avec le librettiste Charles Jennens (1700-1773) qui a ardemment proposé l’œuvre à Handel. Tiré des Saintes Écritures, cet assemblage de versets bibliques est l’histoire d’un personnage unique. Que l’on soit croyant ou non, ce parcours singulier du Christ en trois actes suscite encore aujourd’hui la fascination, dans ce qu’on appelait déjà à l’époque une musique « à la fois divertissante et exaltante ».

Emmanuelle Haïm a choisi d’excellents collaborateurs, pour proposer, encore une fois (!), une autre gravure de cette œuvre entendue des milliers de fois. Les chanteurs et les membres du chœur sont tous anglais. Elle s’est ainsi adjointe l’expertise d’un consultant pour le chœur, David Clegg, qui a fait partie des Sixteen de Harry Christophers. Car après tout, The Messiah demeure ancré dans une tradition très britannique. Ce choix bienheureux de la chef française est plus que souhaitable. Ainsi, la prononciation et l’intonation des voix sont toujours justes et crédibles. Cette vraisemblance se ressent aussi bien dans l’orchestre qui suit les moindres directives de la chef. Elle a donné aux instruments une voix bien distincte, comme un personnage faisant partie de l’action théâtrale. Les cordes sont fébriles, sensibles et précises. Elles accompagnent admirablement bien les différents intervenants. Les solistes improvisent parfois de belles libertés quant à leur parties vocales, mais sans jamais outrepasser le bon goût.

En bref, Haïm et son équipe, ont su nous captiver dans ce récit que l’on connait par cœur, ce qui est un exploit en soi.Le résultat d’ensemble est très vivant, dans une sonorité bien aérée. On apprécie aussi le relief apporté aux chœur, d’où l’on perçoit sans difficulté les quatre groupes de chanteurs dans l’espace. Une très belle réussite. Alléluia!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Handel et Porpora. Airs d’opéra. Julie Boulianne, mezzo-soprano. Clavecin en concert. Luc Beauséjour.

Posted in Handel, Porpora on 14 mars 2014 by René François Auclair

 

5108lFwi60LPorpora: Polifemo: Alto giove et Dolci freschi aurette.

La Festa d’Imeneo: Vaghi amori.

Handel: Serse: Se bramate d’amar, Ombra mai fu.

Alcina: Stà nell’Ircana pietrosa tana.

Ariodante: Scherza infida et Dopo notte, atra e funesta.

Ensemble Clavecin en concert.

Luc Beauséjour, clavecin et direction.

Analekta. 2014. an28764. 55m.45s.

Appréciation: Très Bien ****

Récitatif et Aria Ombra mai fu de Handel

« Douces et charmantes branches de mon cher platane, le destin vous sourit. Que le tonnerre, l’éclair et la tempête ne troublent jamais votre précieuse paix. Et le rapace vent du sud ne vienne pas non plus vous violenter! » « Jamais l’ombre d’aucun arbre, ne fut plus douce, plus précieuse, plus agréable. »

Dopo notte, atra e funesta d’Ariodante de Handel

« Après une nuit sombre et épouvantable, le soleil brille plus vivement dans le ciel et remplit la terre de joie. »

La rivalité du Royal Academy de Handel et l’Opéra de la Noblesse de Nicola Porpora (1686-1768) sert de propos à ce disque consacré à quelques airs de ces monstres sacrés de l’opéra baroque. À Londres, dans les années 1730, ces deux maisons d’opéra engloutirent des sommes colossales dans une farouche concurrence.

Dans cette guerre démente, il était plutôt difficile à l’équipe Porpora de gagner sur le grand Handel, dont les pulsations irrésistibles de sa musique et l’émotion incomparable de certains airs sont tirés de la plume d’un génie. Par contre, Porpora, proposait au public les plus grands castratti : Senesino et Farinelli, vedettes incontestées de cette époque. Porpora a tout de même produit une musique de qualité, dont un beau lyrisme annonçant la période classique.

Après avoir chanté sur plusieurs scènes internationales, dans des rôles variés et de différents genres, la mezzo-soprano Julie Boulianne s’offre une entrée fracassante dans le monde du baroque. C’est une révélation!

Au milieu d’une virtuosité jubilatoire et aérienne, sa musicalité est d’une aisance étonnante. Convaincante et théâtrale, elle sait rendre le texte vibrant et touche la cible. Nous recevons ses flèches en plein cœur! Du célèbre Ombra mai fu, en passant par le déchirant Scherza infida d’Ariodante…elle sait tirer les larmes. Et du même opéra de Handel, Doppo notte e funesta est tout simplement conquérant. De ce tour de force vocal, elle laisse échapper des rayons de pure joie!

Triée parmi les meilleurs musiciens baroques du grand Montréal, l’équipe de Luc Beauséjour, offre un accompagnement juste et dynamique. Seul bémol à cette belle réussite, le navrant livret qui ne contient aucun texte des airs. Sur le site Analekta.com, les paroles n’ont aucune traduction. Le manque de considération aux mélomanes par cette grande maison du disque est plutôt gênant. Prise de son correcte dans son ensemble, mais on aurait souhaité un traitement un peu plus charnu de la voix. Tout de même, un beau disque pour apprécier le bel canto de l’époque baroque.