Archive for the Haydn Category

Haydn, Joseph (1732-1809) Les Symphonies. Academy of Ancient Music. Christopher Hogwood.

Posted in Haydn on 3 novembre 2014 by René François Auclair

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Symphonies no.94 et 96

Symphonies no.100 et 104

Symphonies no.107 et 108

Academy of Ancient Music

Christopher Hogwood, direction.

Enregistré entre 1983 et 1995.

Decca/Oiseau-Lyre. 2012. 4806900. 32 cds.

Appréciation: Très Bien ****

Adagio de la symphonie no.22 « Le Philosophe »

Menuet de la symphonie no.22 « Le Philosophe »

Allegro de la symphonie no.23

Menuet de la symphonie no.23

Le récent décès du chef britannique Christopher Hogwood (1941-2014) va remettre inévitablement sur le marché des rééditions en l’honneur de ce grand musicien. Longtemps disponible qu’en volumes séparés, cet quasi-intégrale des symphonies de Haydn fut récemment offerte en format abordable par la maison Decca/Universal Italia.

Malheureusement, ce grand projet fut interrompu en 1995, et avec lui le label L’Oiseau-Lyre. Dans le livret, on cite Hogwood dans une entrevue de 1997, qui laissait entrevoir la possibilité de terminer les enregistrements. Mais le temps a passé et rien de concret ne fut fait. En 2006, Hogwood laissait la direction de l’Academy entre les mains du claveciniste Richard Eggar.

Manque à l’appel dans ce coffret inachevé, les symphonies parisiennes, et la plupart des londoniennes. Comme toujours, Hogwood, en bon musicologue, s’est adjoint ici un collègue de l’Université Cornell de l’état de New York, James Webster, pour mettre à jour les plus récentes découvertes de la musique de Haydn. En bref, pour les 60e premières symphonies,on a eu recourt qu’à un petit ensemble de chambre, excluant toutes les parties de trompettes et timbales. Seulement les cors naturels sont utilisés, et la basse continue n’est constituée que d’un violoncelle doublé par la contrebasse. Un seul basson accompagne la plupart du temps ces instruments. Aucun clavecin n’est utilisé.

Le travail méticuleusement historique de Hogwood s’en ressent autant dans la conception que dans l’interprétation. Il n’y a rien ici de vraiment éclatant. La musique est mise en place de façon rigoureuse et très détaillée. Des cadences d’une régularité irréprochable, le refus délibéré des effets dramatiques ou théâtraux; la retenue chez Hogwood est connue de tous depuis longtemps. Cette façon de faire laisse plutôt l’auditeur d’aujourd’hui sur sa faim. On s’attend à des couleurs plus vives chez Haydn (voir Heidelberger Symphoniker, Thomas Fey). Ainsi, la période Sturm und Drang, manque parfois de ce nerf vital expressif où les bouleversements d’une musique près des émotions sont à peine esquissées.

Il faut s’adapter à cette manière très british, où l’audace est mise de côté. Néanmoins, il en résulte un Haydn très confortable dont on appréciera une certaine élégance tranquille. On entre à pas feutré dans l’univers intérieur d’un musicien dévoué et spirituel, qui restera une trentaine d’années confiné au service du Prince Estérhazy. Ces symphonies, toujours bien écrites et savantes, sont souvent des petits chefs-d’œuvre irrésistibles. Sous la direction du chef anglais, il prennent alors l’apparence des plus intimes confidences d’un admirable créateur. Il nous faut alors laisser quelques attentes à l’extérieur. Laissons nous plutôt raconter de l’intérieur, les plus belles et tendres introspections d’un compositeur toujours très attachant. Chaudement recommandé.

Haydn, Joseph (1732-1809) Concertos pour piano. J.E.Bavouzet et Manchester Camerata.

Posted in Haydn with tags on 27 septembre 2014 by René François Auclair

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Concerto Hob.18 no.4 en sol majeur

Concerto Hob.18 no.11 en ré majeur

Jean-Efflam Bavouzet, piano Yamaha CFIIIs Grand Concert

Manchester Camerata. Gabor Takacs-Nagy, direction.

Enregistré en Oct.2013 au Royal Northen College, Manchester, UK.

Chandos. 2014. CHAN 10808. 60m.33s.

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Allegro du concerto no.3 en fa majeur

Largo cantabile du concerto no.3 en fa majeur

Les concertos de Haydn ont toujours vécu dans l’ombre, souvent considérés comme de la petite musique. Plus maintenant! Bavouzet y apporte tellement d’idées neuves, en les ornementant, en osant des cadences libres et lumineuses que ces petits concertos en sont transformés. Le Largo cantabile du concerto en fa majeur, vaut tout à coup, la seule et unique raison pour l’acquisition de ce disque remarquable.

Le temps semble soudainement s’arrêter, suspendu entre passé et présent… Ces improvisations de Bavouzet sont en fait un hommage au grand pianiste Friedrich Gulda (1930-2000), et s’autorise une très belle incursion jazzée en l’honneur du pianiste autrichien, qui fut aussi compositeur dans ce genre. Quand la pièce est terminée, on a l’impression d’avoir vécu un moment inoubliable, et qui nous hantera très longtemps après l’expérience…

L’ensemble de Manchester semble être tout à fait en symbiose avec le pianiste français, répondant habilement à l’enthousiasme et à la complicité qui s’est créée avec le chef hongrois. De ces horizons culturelles diverses, on a ici un enregistrement des plus réussies, vivant et fébrile. Irrésistible.

Mozart et Haydn. Concertos pour piano. Alexandre Tharaud. Les Violons du Roy.

Posted in Haydn, Mozart on 22 septembre 2014 by René François Auclair

81oKr09YZQL__SL1500_Mozart: Concerto k.271 no.9 « Jeunehomme »

Rondo pour piano et orchestre k.386

Aria de concert « Ch’io mi scordi di te k.505

Haydn: Concerto en ré Hob.XVII no.11

Alexandre Tharaud, piano.

Joyce Didonato, mezzo-soprano.

Les Violons du Roy, direction Bernard Labadie.

Erato. 2014.

Appréciation: Excellent *****

Rondo k.386 en la majeur de Mozart.

Rondo à la « hongroise » du concerto en ré de Haydn.

À l’image du juvénile concerto k.271, duquel Mozart s’est amusé à déjouer les conventions, Alexandre Tharaud propose un disque où le plaisir et l’improvisation vont en surprendre plusieurs. Primo: les cadences qu’il a ajoutées de son propre crû au Rondo et au concerto d’Haydn, délirantes digressions qui s’incrustent très bien à ces œuvres connues, restent dans le ton espiègle dans lequel on devine les moqueries du jeune Mozart.

Secundo: l’enthousiasme évident des Violons du Roy. Ils sont tellement dynamiques (Rondo final à la hongroise de Haydn!). L’accompagnement du même concerto en ré avec le très sérieux M.A.Hamelin (Hypérion), apparaît tout à coup bien sage… Il faut écouter cette folle danse. Les coups d’archets percussifs (col legno) nous font taper du pied!

Tertio…il y a Didonato. Quelle voix. On ne peut que s’incliner devant un tel talent. Et quelle œuvre! Le k.505 possède à lui seul, tant de mesures surprenantes, tant de trouvailles musicales, qu’on ne peut l’écouter qu’une seule fois. À reprendre en boucle. Jouissif!

Haydn, Joseph (1732-1809) Les Concertos pour violoncelle. Christophe Coin.

Posted in Haydn with tags on 21 novembre 2012 by René François Auclair

51-pjdp6-slConcerto en do majeur.

Concerto en ré majeur.

Christophe Coin, violoncelle Ossenbrunner d’après Goffriller.

Academy of Ancient Music, Chritopher Hogwood, direction.

Enregistré en octobre 1982 à Kingsway Hall, Londres.

Oiseau-Lyre/Decca. 1983. 4780025. 48m.29s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Moderato du concerto en do majeur

La plus radieuse version qui soit des concertos de Haydn. La transparence du discours est exceptionnelle. Les instruments d’époque éclairent chaque phrase de cette musique heureuse. Ce violoncelle semble peut imposant lorsqu’il se présente. Mais il capte soudainement toute notre attention par son chant d’une perfection inégalée. Que la lumière soit, et la lumière fut!