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Schütz, Bach, Praetorius. La Vallée des Pleurs. Theatre of Early Music. Daniel Taylor.

Posted in Bach J.S., Schütz with tags on 10 octobre 2015 by rfauclair

61YUS6QZx4LObsèques Musicales (1636) op.7 de Henrich Schütz (1585-1672).

Cantate bwv 165 O heiliges Geist de J.S.Bach (1685-1750).

Chorals de Michael Praetorius (1571-1621).

Theater Early Music et Schola Cantorum, direction Daniel Taylor.

Agnes Zsigovics, soprano. Daniel Taylor, alto. Rufus Müller, ténor. A.Dobson, baryton. (bwv 165).

Enregistré à Humbercrest United Church, Toronto, Canada, en avril 2014.

Analekta. 2015. AN2 9144. 49m.43s. Appréciation: Sommet du Parnasse******

Cantique de Siméon de Schütz

O heilges Geist pour soprano et cordes bwv 165 de Bach.

Conscient de sa propre mort, un noble de la cour de Dresde a conçu et choisi des textes sacrés pour ses propres funérailles. Il a même fabriqué son cercueil et a inscrit dans le bois quelques versets édifiants. Schütz, qui était l’un de ses proches amis, a composé avec beaucoup de soin une musique admirable qui est reconnue comme l’un des plus beaux Requiem d’avant Bach. Cette fascination résignée face à la mort, loin d’être morbide, est plutôt un hommage émouvant à un très estimable défunt.

Schütz fut l’un des plus grands compositeurs de l’Allemagne d’avant Bach. Vivant à une époque de noirceur à cause de la guerre, il n’avait que peu de moyen à sa disposition. C’est pourquoi il a beaucoup écrit pour la voix. C’est souvent dans une simplicité extrême qu’il livre une musique dénuée de tout artifice. Sobre et usant de beaux effets vocaux et diversifiés, la musique de Schütz est celle du coeur et de l’esprit. Elle va tout simplement à l’essentiel.

De toute évidence, Daniel Taylor adore la voix humaine. Le choix méticuleux des chanteurs qui l’entourent est admirable. Il apporte à ces merveilles vocales une direction sensible, un sens musical empreint d’une profondeur indéniable. Cette vallée des pleurs se transforme en rivière dont la coulée atteint son but, près d’un siècle plus tard, avec Bach. La cantate, axée sur le baptême du croyant, se termine sur une exécution limpide et pure, sans doute la plus belle interprétation de cette oeuvre discrète du grand Bach. Un disque essentiel que l’on garde près de son coeur.