Bach, J.C. (1735-1782) La Dolce Fiamma. Philippe Jaroussky, contreténor.

Airs oubliés pour castrat.

Tirés d’opéras et airs de concert.

Le Cercle de l’Harmonie.

Julien Chauvin, direction.

Enregistré à Notre-Dame-du-Liban, Paris en 2009.

Virgin Classics. 2009. 5099969456404. 63m.08s.

Appréciation: Superbe*****

La legge accetto (Orfeo de Gluck, arrangement de Bach)

Cara, la dolce fiamma (Adriano in Siria)

Vo solcando un mar crudele (Artaserse)

« Jaroussky plane avec l’aisance d’un oiseau, sans la moindre trace d’effort: c’est peut-être ainsi que sonnaient les grands castrats du XVIIIe siècle » (Revue Gramophone). C’est la meilleure description que l’on puisse faire pour décrire l’art vocal du contreténor Philippe Jaroussky. On l’écoute et on se dit que ce n’est pas possible. Il est tout simplement fantastique. Un phénomène.

L’autre phénomène c’est celui de Jean-Chrétien Bach. Son parcours est digne d’un opéra. Dernier fils de Jean-Sébastien, il reçu évidemment une excellente formation. Puis à la mort de celui-ci, il alla vivre chez son demi-frère, le déjà célèbre Emmanuel, à la cour de Berlin. C’est là qu’il entendit pour la première fois des opéras italiens. Dès lors, sa vie allait prendre un tournant majeur que personne dans sa famille n’avait envisagé. Lui, le fils luthérien de la dynastie Bach, quitta l’Allemagne pour le soleil de l’Italie, se convertit au catholicisme et devint l’un des plus grands compositeurs d’opéras italiens. Sa renommée fut telle, que Londres fit appel à lui.

Londres était, et est encore, le berceau des arts et de la musique. À l’époque, tous les grands chanteurs et castrato italiens s’y retrouvaient. Bach saisit l’occasion pour leur écrire de fabuleux airs, des défis de bravoure jusqu’aux plus tendres et sensuelles mélodies (Cara la dolce fiamma). Le public londonien raffolait de ces soirées à l’opéra et Mr.Bach en donnait pour leur argent. Mozart trouva en lui son modèle, et lui voua une sincère admiration. À sa mort, il le pleura.

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