Bach, J.S. (1685-1750) Les Variations Goldberg. Tatiana Nikolayeva, piano.

Posted in Bach J.S. with tags on 4 mars 2026 by René François Auclair

Aria et 30 variations bwv 988.

Prélude de la Partita no.5

Jesu, Joy of Man’s Desiring bwv 147.

Enregistré live St-John’s Smith Square en 1986.

BBC. 2007. BBCL4228-2. 71m22s (Goldberg)

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Aria et Variations I à XII

Variation XIII à 2 Clav

Jesu bleibet meine Freude

 

Si je devais choisir une seule parmi la myriade des versions des Goldberg, c’est bien celle-ci. La pianiste russe a tout mémorisé Bach depuis son enfance. Elle s’assoit au piano, et libérée de la partition, en réinvente à chaque fois le langage. Son instrument devient celui d’un orchestre aux multiples plans sonores, ou celui d’un orgue au plein jeu conquérant jusqu’à la plus infime nuance. L’Aria débute comme en suspension, avec ses légers retards, sa mouvance, son imprévisibilité. La pianiste prélude comme bon lui semble, comme si elle nous parlait librement. Le don de la parole. Le verbe et la musique. Sublime.

Bach, J.S. (1685-1750) Les Partitas pour Clavier. Martin Helmchen. Piano à tangeantes.

Posted in Bach J.S. with tags on 3 mars 2026 by René François Auclair

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Partitas nos.1-6 bwv 825-830

Piano à tangeantes Spät&Schmahl 1790.

Restauration Georg Ott, Cöthen.

Enregistré à Haus Rundfunks, Berlin en 2022-23.

Ingénieur: Benjamin Ihnow/Philipp Reif.

Alpha Classics. 2024. Alpha 994. 2cds. 143m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Martin Helmchen joue sur un authentique piano à tangeantes de 1790. À mi-chemin entre la sonorité délicate du clavicorde et l’éclat des pianofortes, l’instrument à cordes frappées par des languettes de bois suscite d’emblée une réelle curiosité. Malgré sa présence étrangère à la période de Bach, la musique qui s’en dégage lui sied à merveille. Carl Philippe Emmanuel, son deuxième fils, connaissait t’il cet instrument? On l’imagine volontiers à ce clavier en train de jouer la Toccata de la 6e partita de son illustre père. L’effet est stupéfiant, comme si cette pièce était déjà destinée à l’empfindsemkeit, période tardive du baroque sensible d’Emmanuel Bach.

Le jeu de Helmchen donne la belle part aux résonnances précieuses de cet instrument, en valorisant les silences, en allongeant subtilement les temps et contre-temps d’une manière admirable. En fait, il réussit à faire revivre et respirer cet ancêtre du piano. Ce dernier prend alors tous les visages émotifs possibles. Le prodige est là, car par ce médium bien modeste à première vue, la musique de Bach est traversée de frémissements, de langueurs sensibles, mais aussi d’une formidable motricité! Une révélation plus que bienvenue. Coup de coeur.

Allemande 3e partita

Allemande 4e partita

Toccata 6e partita

Bach, J.S. (1685-1750) Bach auf dem Hammerflügel. Gudula Kremers, pianoforte.

Posted in Bach J.S. on 3 mars 2026 by René François Auclair

Toccata bwv 913.

Ouverture (suite) Française bwv 831.

Fantaisie Chromatique et Fugue bwv 903.

Pianoforte J.C.Neupert d’après Könnicke, 1790.

Enregistré au Studio Cavalli, Bamberg en 1999.

Cavalli Records. 1999. CCD114. 55m.11s.

Appréciation: Très Bien****

Ouverture française bwv 831 en Si mineur (extraits)

Fantaisie Chromatique bwv 903 en Ré mineur

Les temps et les goûts changent, cela va de soi. La progression des claviers également. Bach aimait beaucoup sont petit clavicorde qu’il pratiquait chez lui en toute intimité. Celui-ci était à cordes frappées, mais le son était si faible qu’il demeurait à la maison. Le clavecin faisait bien l’affaire pour quelques concerts, mais déjà les facteurs d’instruments tentaient de nouvelles choses. Le pianoforte est apparu, et au gré de plusieurs améliorations, (dont quelques unes selon les conseils du grand Bach) devint un instrument privilégié au fil du temps.

Voici un des rares exemples discographiques d’oeuvres de Bach jouées sur une copie de pianoforte. Les notes frappées et claires conviennent tout à fait à la carrure de sa musique et permettent d’éclairer son contrepoint. Il est bien sûr un instrument un peu marginal, car bientôt le piano moderne va prendre toute la place. Pourtant, on aime bien son côté robuste et percussif, qui offrent à ce clavier une personnalité qui tranche sur le frêle clavicorde ou le statisme d’un clavecin. Le vieux Bach a pu essayer quelques exemplaires de cet instrument à la cour de Frédéric le Grand. Semble t’il qu’il en fut très satisfait.

Bach, J.S. (1685-1750) Le Clavier bien tempéré. Daniele Boccaccio, orgue.

Posted in Bach J.S. on 3 mars 2026 by René François Auclair

Livre 1 et II du Clavier bien tempéré.

Orgue Francesco Zanin, 2006.

Deux claviers et pédalier.

Accord: Werkmeister III

Enregistré à S.Antonio Abate, Padoue en 2015-2016.

Brillant Classics. 2016. 95157. 4cds. 4h.30m.

Appréciation: Superbe*****

Préludes et Fugues Livre I nos 5-7

Prélude et Fugues Livre II nos 5-7 et 9

La signification du terme Clavier bien Tempéré demeure encore un peu flou. Quelques observateurs parlent plutôt d’un clavier correctement accordé. Du temps d’avant Bach, les instruments à clavier étaient accordés pour les tonalités de base. Mais pour celles plus éloignées (bémols et dièses) elles sonnaient discordantes à l’oreille. Des techniques d’accord sont apparues au fil du temps pour trouver un compromis et rendre le tout plus harmonieux. Selon les témoignages, Bach avait une excellente oreille et accordait lui-même ses instruments, sauf pour l’orgue, où le tempérament était fixé par le constructeur. On dit que Bach était insatisfait des orgues Silbermann qui les auraient qualifiés de « barbares ».

Cela étant dit, Bach qui va toujours au bout de ses idées, fut le premier à écrire dans toutes les tonalités majeures et mineures possibles, soit les 24 tons de la gamme chromatique. Les préludes et fugues de ces cahiers ont été composés pour la pratique et profit de la jeunesse musicale ainsi que pour le plaisir de ceux qui sont déjà rompus à cet art. Le Clavier est une oeuvre didactique incontournable pour tous les claviéristes de ce monde. En plus de leur qualité pédagogique, ces pièces sont musicalement admirables à écouter. De la musique pure que Schumann appelait son pain quotidien. Je les écoute régulièrement et en retire toujours un plaisir renouvelé.

Daniele Boccaccio propose ces fameux Livres à l’orgue. Le souffle de l’instrument sied parfaitement à ces pièces qui prennent un nouvel aspect fascinant. Utilisant parfois le pédalier pour magnifier certains passages, l’organiste italien infuse des couleurs variées à chaque pièce par un choix judicieux de registres. Ma foi, on ne s’ennuie jamais! Le Clavier prend vie, s’éclate, s’illumine ou s’intériorise au gré de l’intuition du musicien. Magnifique.