Posted in Bazzini on 27 octobre 2026 by René François Auclair
Quatuor no.1 en Do majeur (1864)
Quatuor no.3 en Mib majeur (1879)
Enregistré au Studio Venturini, Crémone en 2016.
Tactus. 2018. TC810202. 68m.19s.
Appréciation: Très Bien****
Alors que l’opéra italien s’est imposé au tournant du 19e siècle, la production instrumentale de l’Italie a ralenti considérablement. Symphonies, concertos, musique de chambre, tous ces genres fort connu au 18e siècle, furent plutôt négligés par les compositeurs romantiques italiens. Antonio Bazzini fait figure d’exception.
Ses quatuors sont vraiment beaux à entendre. Lyriques et passionnés, entre Beethoven et Mendelssohn, ils sont de magnifiques exemples d’une musique qui touche autant le coeur que la raison.
Posted in Barrios-Mangoré on 1 juin 2026 by René François Auclair
Enregistré entre 1999-2018 par Norbert Kraft et Bonnie Silver.
Appréciation: Superbe*****
Maxixe, interprété par Antigoni Goni. La Catedral, interprété par Enno Voorhorst.Estilo Uraguayo/Danza guarani/Tarantella, interprété par Jeffrey Mcfadden.Danza paraguaya nos.1-2-3, interprété par Celil Refik Kaya.
Agustín Barrios-Mangoré est né au Paraguay. Il est considéré comme l’un des plus grands guitaristes qui ait existé. Ses compositions sont d’une grande richesse, conçues pour valoriser les plus belles couleurs de la guitare. Entre ses mains l’instrument prend la forme d’un orchestre possédant des reliefs étonnants.
Pour maîtriser son art, sa musique demande à l’interprète une technique remarquable qui saura utiliser toutes les facettes de l’instrument. Écouter ses pièces est un bonheur continuel, entre le folklore de l’Amérique latine et la musique Européenne, digne d’un Chopin par exemple. Le charme, la vie, l’émotion, l’éclat instrumental et la variété des idées de Barrios-Mangoré sont les points forts de son oeuvre.
Cette collection, produite par le guitariste et ingénieur Norbert Kraft, est d’une grande qualité. Tous les musiciens sont excellents et la prise de son met soigneusement en valeur les instruments. Chaudement recommandé.
Concerto pour Orchestre à CordesSymphonie pour Cordes (extraits)
Grazyna Bacewicz est l’un des esprits les plus distinctifs de la musique du 20e siècle, rien de moins. À son époque on reconnaissait sans équivoque son talent extraordinaire. Sa musique est forte, virile, et d’une implacable logique. On pourrait la comparer aux pairs de son temps, à son compatriote polonais Szymanowski, puis Bartok ou à Shostakovich par exemple. Mais mettons les comparaisons de côté. Il suffit de lancer le disque pour se faire happer par la vivacité de ses idées originales. « S’il n’y a pas de structure, qu’importe le style, tout va s’écrouler » disait elle. Elle refusait toutes formes d’étiquettes à son oeuvre, étant constamment ouverte aux changements durant sa carrière.
Sa musique est palpitante grâce notamment à ses formes très précises. L’audace du modernisme est bien présent, mais reste encore très enraciné dans un genre de néo-classicisme fulgurant. L’aspect minéral et robuste de ses créations n’en contiennent pas moins des passages tout à fait ludiques. Son puissant Concerto pour Orchestre à cordes demeure une de ses oeuvres les plus connues. D’emblée très bachienne, on perçoit dans son écriture des traits d’archets syncopés proche du folklore polonais. Elle même excellente violoniste, elle utilise tout l’arsenal des techniques propres à celui-ci pour en diversifier son langage. Bacewicz, d’une certaine façon, reprend les formes d’antan et les catapulte au 20e siècle. Interprétation engageante de la Capella Bygostientis. Excellente prise de son. À découvrir.
Posted in Bach J.L. on 25 Mai 2026 by René François Auclair
Premier enregistrement mondial.
Enregistré à Himmelfahrtskirche München-Sendling entre 2022 et 2025.
Ricercar. 2026. RIC482. 4cds. 5h19m.
Appréciation: Superbe*****
Johann Ludwig Bach est un cousin éloigné du grand Bach de Leipzig. En 1726, ce dernier recopia avec soin 18 de ses cantates pour être exécutées à St-Thomas et St-Nicolas. Ce sont des oeuvres d’une grande beauté. Mélodieuse et sensible, l’écriture de Johann Ludwig préconise la simplicité et le recueillement plutôt que la complexité relative de son célèbre cousin. Tout en étant très figurative par rapport aux textes, sa musique est d’un flot continuel inspiré qui respecte des éléments du baroque archaïsant du 17e siècle. De ce florilège de pièces, il y a des moments de pure extase, notamment dans le traitement des chorals luthériens qui sont enrichis d’une splendide palette de couleurs orchestrale.
Ja, mir hast du Arbeit gemacht JLB5 (extraits)Ich aber ging für dir über JLB16 (extraits) Ich will meinen Geist in euch geben JLB7 (extraits)
La direction de Johanna Soller est d’une noblesse d’âme prenante. Le geste est ample et somptueux. On comprend alors pourquoi Jean-Sébastien avait en haute estime ces oeuvres particulièrement belles. Les solistes sont tous d’une grande qualité et chantent avec humilité cette poésie sacrée qui nous interpelle encore. Superbe prise de son. Coup de coeur.