Bach, J.S. (1685-1750) Les Partitas pour Clavier. Martin Helmchen. Piano à tangeantes.

Posted in Bach J.S. with tags on 3 mars 2026 by René François Auclair

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Partitas nos.1-6 bwv 825-830

Piano à tangeantes Spät&Schmahl 1790.

Restauration Georg Ott, Cöthen.

Enregistré à Haus Rundfunks, Berlin en 2022-23.

Ingénieur: Benjamin Ihnow/Philipp Reif.

Alpha Classics. 2024. Alpha 994. 2cds. 143m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Martin Helmchen joue sur un authentique piano à tangeantes de 1790. À mi-chemin entre la sonorité délicate du clavicorde et l’éclat des pianofortes, l’instrument à cordes frappées par des languettes de bois suscite d’emblée une réelle curiosité. Malgré sa présence étrangère à la période de Bach, la musique qui s’en dégage lui sied à merveille. Carl Philippe Emmanuel, son deuxième fils, connaissait t’il cet instrument? On l’imagine volontiers à ce clavier en train de jouer la Toccata de la 6e partita de son illustre père. L’effet est stupéfiant, comme si cette pièce était déjà destinée à l’empfindsemkeit, période tardive du baroque sensible d’Emmanuel Bach.

Le jeu de Helmchen donne la belle part aux résonnances précieuses de cet instrument, en valorisant les silences, en allongeant subtilement les temps et contre-temps d’une manière admirable. En fait, il réussit à faire revivre et respirer cet ancêtre du piano. Ce dernier prend alors tous les visages émotifs possibles. Le prodige est là, car par ce médium bien modeste à première vue, la musique de Bach est traversée de frémissements, de langueurs sensibles, mais aussi d’une formidable motricité! Une révélation plus que bienvenue. Coup de coeur.

Allemande 3e partita

Allemande 4e partita

Toccata 6e partita

Bach, J.S. (1685-1750) Bach auf dem Hammerflügel. Gudula Kremers, pianoforte.

Posted in Bach J.S. on 3 mars 2026 by René François Auclair

Toccata bwv 913.

Ouverture (suite) Française bwv 831.

Fantaisie Chromatique et Fugue bwv 903.

Pianoforte J.C.Neupert d’après Könnicke, 1790.

Enregistré au Studio Cavalli, Bamberg en 1999.

Cavalli Records. 1999. CCD114. 55m.11s.

Appréciation: Très Bien****

Ouverture française bwv 831 en Si mineur (extraits)

Fantaisie Chromatique bwv 903 en Ré mineur

Les temps et les goûts changent, cela va de soi. La progression des claviers également. Bach aimait beaucoup sont petit clavicorde qu’il pratiquait chez lui en toute intimité. Celui-ci était à cordes frappées, mais le son était si faible qu’il demeurait à la maison. Le clavecin faisait bien l’affaire pour quelques concerts, mais déjà les facteurs d’instruments tentaient de nouvelles choses. Le pianoforte est apparu, et au gré de plusieurs améliorations, (dont quelques unes selon les conseils du grand Bach) devint un instrument privilégié au fil du temps.

Voici un des rares exemples discographiques d’oeuvres de Bach jouées sur une copie de pianoforte. Les notes frappées et claires conviennent tout à fait à la carrure de sa musique et permettent d’éclairer son contrepoint. Il est bien sûr un instrument un peu marginal, car bientôt le piano moderne va prendre toute la place. Pourtant, on aime bien son côté robuste et percussif, qui offrent à ce clavier une personnalité qui tranche sur le frêle clavicorde ou le statisme d’un clavecin. Le vieux Bach a pu essayer quelques exemplaires de cet instrument à la cour de Frédéric le Grand. Semble t’il qu’il en fut très satisfait.

Bach, J.S. (1685-1750) Le Clavier bien tempéré. Daniele Boccaccio, orgue.

Posted in Bach J.S. on 3 mars 2026 by René François Auclair

Livre 1 et II du Clavier bien tempéré.

Orgue Francesco Zanin, 2006.

Deux claviers et pédalier.

Accord: Werkmeister III

Enregistré à S.Antonio Abate, Padoue en 2015-2016.

Brillant Classics. 2016. 95157. 4cds. 4h.30m.

Appréciation: Superbe*****

Préludes et Fugues Livre I nos 5-7

Prélude et Fugues Livre II nos 5-7 et 9

La signification du terme Clavier bien Tempéré demeure encore un peu flou. Quelques observateurs parlent plutôt d’un clavier correctement accordé. Du temps d’avant Bach, les instruments à clavier étaient accordés pour les tonalités de base. Mais pour celles plus éloignées (bémols et dièses) elles sonnaient discordantes à l’oreille. Des techniques d’accord sont apparues au fil du temps pour trouver un compromis et rendre le tout plus harmonieux. Selon les témoignages, Bach avait une excellente oreille et accordait lui-même ses instruments, sauf pour l’orgue, où le tempérament était fixé par le constructeur. On dit que Bach était insatisfait des orgues Silbermann qui les auraient qualifiés de « barbares ».

Cela étant dit, Bach qui va toujours au bout de ses idées, fut le premier à écrire dans toutes les tonalités majeures et mineures possibles, soit les 24 tons de la gamme chromatique. Les préludes et fugues de ces cahiers ont été composés pour la pratique et profit de la jeunesse musicale ainsi que pour le plaisir de ceux qui sont déjà rompus à cet art. Le Clavier est une oeuvre didactique incontournable pour tous les claviéristes de ce monde. En plus de leur qualité pédagogique, ces pièces sont musicalement admirables à écouter. De la musique pure que Schumann appelait son pain quotidien. Je les écoute régulièrement et en retire toujours un plaisir renouvelé.

Daniele Boccaccio propose ces fameux Livres à l’orgue. Le souffle de l’instrument sied parfaitement à ces pièces qui prennent un nouvel aspect fascinant. Utilisant parfois le pédalier pour magnifier certains passages, l’organiste italien infuse des couleurs variées à chaque pièce par un choix judicieux de registres. Ma foi, on ne s’ennuie jamais! Le Clavier prend vie, s’éclate, s’illumine ou s’intériorise au gré de l’intuition du musicien. Magnifique.

Bach, J.S. (1685-1750) Great Organ Works. Helmut Walcha.

Posted in Bach J.S. with tags on 28 février 2026 by René François Auclair

Toccata et Fugue bwv 538, 540, 565

Fantaisie et Fugue bwv 542

Fantaisie bwv 572. Passacaille bwv 582

Prélude et Fugue bwv 532, 552 (Ste-Anne)

Sonate en trio bwv 527. Variations Vom Himmel hoch bwv 769.

Six Chorals Schübler. Enregistré entre 1956 et 1971. Orgues St-Laurent, Alkmaar / Silbermann, Strasbourg.

DG. 1997. 453064-2. 2cds. 144m.58s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Toccata et Fugue bwv 540 en Fa majeur

Fugue bwv 542 en Sol mineur

Toccata et Fugue bwv 565 en Ré mineur

Helmut Walcha (1907-1991) est un organiste allemand fort connu pour ses interprétations des oeuvres de Bach. Il a complété deux intégrales sur disque qui sont demeurées des références. Déjà très doué dans sa jeunesse, son monde bascula à 16 ans quand il perdit complètement la vue, dû à un vaccin défectueux contre la variole. Il poursuivi quand même ses études et se consacra au grand orgue. Dans la revue The Diapason, son élève Paul Jordan a tracé un portrait du musicien avec quelques anecdotes intéressantes. On y apprend que Walcha ne pouvait lire ni les mots ni la musique en braille. Son épouse lui jouait les parties séparées qu’il mémorisait sur le champs. Il connaissait par coeur pratiquement tout l’oeuvre du Cantor! Son quotidien était très organisé, voué à la musique et à un mode de vie simple. Ses après-midi étaient toujours réservés à de longues siestes. Ce musicien, bien que handicapé visuellement, a développé une mémoire et une musicalité prodigieuse. L’amour de la musique de Bach fut au coeur de sa vie.

Pour moi, Helmut Walcha est l’un de ces prodiges de l’esprit humain. Jouer sur un grand orgue demande déjà une maîtrise exceptionnelle. En plus des claviers, des registres et du pédalier à gérer, le musicien doit s’exécuter sur une musique extrêmement complexe. Qui plus est, si l’on est non-voyant, comment est-ce possible? On ne peut qu’admirer le travail que Walcha a patiemment tenu toute sa vie. Le jeu de l’organiste est méthodique; son articulation est détachée, les rythmes pulsés avec régularité. Il donne à Bach une carrure imposante, structurée et parfaitement lisible. La prise de son, malgré son âge, est d’une clarté irréprochable. Walcha demeure le roc solide sur lequel on peut compter. Transcendant.