Bach, J.S. (1685-1750) Bach on the Lute. Nigel North.

Posted in Bach J.S. with tags on 14 février 2026 by René François Auclair

Transcriptions de Nigel North.

Sonates et Partitas bwv 1001-1006

Suites bwv 1007-1012.

Luth baroque à 13 jeux Neitzert d’après L.Widhalm.

Enregistré à St-Martins Church, East Woodhay entre 1993-96.

Linn Records. 2007. CKD 300. 4cds.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Partita bwv 1004 Allemande

Sonate bwv 1003 Fugue

Suite bwv 1010 (extraits)

Suite bwv 1012 (extraits)

C’est sans doute l’un des plus beaux coffrets consacrés au luth. Toutes les Sonates, Partitas et Suites solos sont transcrites avec un grand soin par ce maître du luth. L’enregistrement est somptueux: la musique transfigurée. Le jeu de Nigel North respire, détache les voix secondaires, approfondie la complexité des fugues avec sagesse et rigueur. De ce long processus de transcription des parties solos jusqu’à cet instrument intime, Nigel North a accompli un travail d’orfèvre. Bach aurait approuvé sans hésitation. L’esprit et la lettre sont respectés. Amen.

Bach, J.S. (1685-1750) Bach on the Rauwolf lute. Jacob Lindberg.

Posted in Bach J.S. with tags on 14 février 2026 by René François Auclair

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Prélude bwv 999. Fugue et Largo bwv 1005. Suite bwv 1007. Suite bwv 1006a. Sonata bwv 1001. Chaconne bwv 1004.

Luth Sixtus Rauwolf, Augsburg 1590, restauré en 1715.

Enregistré en 2020 à l’église Länna, Suède.

BIS Records. 2021. BIS-2552. 87m.57s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Prélude de la Suite bwv 1007

Prélude de la Suite bwv 1006a

Chaconne de la partita bwv 1004

Le très estimé luthiste suédois Jacob Lindberg (n.1952) propose un album somme, tout consacré à Bach. La plupart des oeuvres choisies ont été transcrites par lui, sauf le Prélude bwv 999 et la Suite bwv 1006a qui sont demeurées à leur état d’origine.

L’instrument est un Sixtus Rauwolf, construit près d’un siècle avant Bach, très rare et soigneusement restauré au cours des années. Il possède neuf jeux de double cordes et deux cordes simples pour les notes supérieures. Le manche a été modifié en 1715 pour lui ajouter des jeux supplémentaires. Il est devenu ainsi un instrument mieux adapté pour jouer la musique plus élaborée du 18e siècle, comme celle du grand Jean-Sébastien.

La musique de Bach a cette profondeur d’expression unique, structurée sur une assise solide, complexe dans ses harmonies audacieuses, mais toujours au service des mélodies supérieures qui s’imprègnent facilement dans l’oreille et puis dans l’esprit. L’effet de sa musique sur l’âme demeure pour moi un mystère. Et la retrouver sur un simple luth lui confère un aspect poétique particulier et intime. C’est l’apologie de la solitude, le contact du moment présent, l’intériorisation de la musique en soi.

Jacob Lindberg fait dérouler le temps par un jeu calme et réfléchi, tout en maintenant la pulsation régulière d’une horloge. Grâce à cet élan d’ensemble relâché, le luthiste laisse de l’espace aux résonances propres à l’instrument. Le contact des doigts sur les cordes est net et franc, ce qui permet aux polyphonies d’être parfaitement lisibles. Les arpèges, parfois improvisés par le musicien, s’intègrent naturellement à la partition. Il y a ici un art consommé du jeu de luth gracieux, fait d’accords fragmentés et au style brisé. Lindberg réussi à faire couler ces oeuvres doucement tout en conservant leur pouvoir chantant, ce qui est un exploit en soi, puisqu’elles ont été composées avant tout pour le violon ou le violoncelle.

L’album culmine par la grande Chaconne, oeuvre phare de Bach, qui s’élance comme une plainte et puis se transforme en chant d’action de grâces magnifique. Lindberg et son précieux instrument deviennent alors un prisme d’où transcende la lumière. Sublime.

Bach, J.S. (1685-1750) Les Suites pour violoncelle. Pieter Wispelwey.

Posted in Bach J.S. with tags on 13 février 2026 by René François Auclair

Suites bwv 1007-1012.

Violoncelle Barak Norman, 1710.

Violoncelle piccolo anonyme, 18e siècle.

Enregistré à Église Valkkoog, Pays-Bas en 1998.

Channel Classics. 1998. CCS 12298. 2cds. 140m.03s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Effervescente, incandescente, la performance du néerlandais Pieter Wispelwey demeure l’une des plus convaincantes. Les Suites de Bach ont passé entre les mains des plus grands maîtres du violoncelle. Casals les a découverte, puis il y a eu les Fournier, Gendron, Starker et leur coup d’archet gras et puissants. Puis est arrivé Anner Bylsma qui a profondément changé notre perspective de cette musique avec son épure des lignes musicales et du retour à la danse. Wispelwey suit la voie tracée par Bylsma mais en y injectant son ardeur, son sens du feu et de la couleur. Un album vibrant.

Suite bwv 1007 en Sol majeur

Suite bwv 1011 en Do mineur (Prélude)

Suite bwv 1012 en Ré majeur (Prélude)

Bach, J.S. (1685-1750) Les Suites pour violoncelle. Jean-Guihen Queyras.

Posted in Bach J.S. with tags on 12 février 2026 by René François Auclair

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Jean-Guihen Queyras (n.1967)

Violoncelle Gioffredo Cappa (1696).

Enregistré à Vereenigde Doopsgezinde Gemeente, Haarlem en octobre 2023.

Ingénieur: Olivier Rosset.

Harmonia Mundi. 2024. HMM 902388.89. 2h14m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Prélude no.6 en ré majeur

Allemande no.6 en ré majeur

C’est la deuxième fois que Jean-Guihen Queyras enregistre les Suites de Bach. En 2007, sa première intégrale fut gravée pour le même label et sur le même instrument baroque. En comparant les deux versions, on note une approche stylistique complètement différente. Celle de 2024 s’inspire largement du jeu des gambistes, très ornée à la française, d’une impulsion légère et planante, parsemée de libres improvisations des plus exquises.

Et puis, une voix humaine semble apparaître. Elle nous parle en toute liberté, se livre à nous, racontant ses malheurs et ses joies. Ses discours captivent, hypnotisent, se réinventent au sein des silences. Queyras offre à son instrument toutes les nuances possibles, d’une finesse inouïe. Les plus beaux diminuendos sont ici, dessinés par un archet d’une rare poésie. Les notes s’élèvent puis s’éteignent, vivent et meurent l’espace d’un instant. Le silence devient musique. Magistral.