Catoire, Georgy (1861-1926) Oeuvres pour violon et piano. Breuninger-Zassimova.

Posted in Catoire on 9 août 2016 by rfauclair

61nPj1cE7TLSonates op.15 et 20. Élégie op.26.

Romanze op.1 no.4.

Laurent Albrecht Breuniger, violon.

Anna Zassimova, piano.

Enregistré au Studio Karlsruhe, Allemagne en 2008.

CPO. 2009. 777378-2. 66m.21s. Appréciation: Superbe *****

Barcarolle de l’opus 15

Allegro con spirito de l’opus 15

Il y a bien une version historique du légendaire David Oistrakh, preuve que les oeuvres de Catoire ont probablement toujours eu une grande estime dans le milieu russe de la musique de chambre. En fait, pratiquement personne n’a enregistré ses oeuvres. Cependant, Marc-André Hamelin s’y est consacré dans les pièces pour piano.

La musique est dense et passionnée. Elle demande aux interprètes une force vitale de tous les instants. Les deux sonates paraissent exigeantes autant physiquement que mentalement. Le duo allemand-russe livre sûrement la meilleure version jusqu’à maintenant. Ce qui fait la différence n’est pas seulement le talent, mais l’engagement! La présence du violon de Breuninger est extraordinaire d’intensité. Il devient alors un personnage véritable, vivant devant nous toutes les émotions humaines.

Quand on oublie les instruments, c’est l’essentiel qui nous prend à la gorge. La performance est brute, très russe, violente. Mais il y a aussi la poésie rêveuse d’un Debussy qui flotte dans un air d’été brumeux dont Catoire semble s’être inspiré. Excellent.

Bruhns, Nicolaus (1665-1697) Les Cantates. Harmonices Mundi. Claudio Astronio.

Posted in Bruhns on 9 août 2016 by rfauclair

71yxVnB+JpL._SL1200_Harmonices Mundi.

Claudio Astronio, direction.

Enregistré à Bolzano, Italie en mai 2015.

Brilliant Classics. 2016. 95138. 2cds.

Appréciation: Très Bien ****

 

O werter heil’ger Geist

Nicolaus Bruhns eut une courte vie. Fauché dans la fleur de l’âge à 32 ans, il laissa pourtant une œuvre déterminante qui influença beaucoup le jeune J.S.Bach. D’ailleurs on reconnait les similitudes de ses premières cantates.

La musique de Bruhns a un effet apaisant et édifiant sur l’âme. On l’adopte immédiatement à l’écoute. Le mélange concertant et vocal juxtaposé à la variété de rythmes et d’humeurs est très satisfaisant, musicalement parlant. Parfois, le pathos émouvants des déclamations vocales et la poésie funèbre qui s’en dégagent semblent prémonitoires, à plus d’un siècle d’intervalle et de style, au lied de Schubert, dont la vie s’arrêta aussi brusquement que Bruhns…

L’ensemble italien a réunit les douze cantates pour la première fois au disque. L’interprétation d’ensemble est honorable. Les voix sont expertes dans ce domaine du baroque allemand. Les mélismes virtuoses sont bien exécutés. Un seul bémol cependant au baryton, dont le timbre trop différencié défait quelque peu l’homogénéité d’ensemble. La prise de son un peu sèche et restreinte en espace empêchent librement la musique de nous atteindre. Il faut alors retourner à l’excellent « Heart’s Refuge » du Early Theater of Music de Daniel Taylor (Analekta. 2014) dont une cantate de Bruhns fut reprise, mais cette fois-ci, dans une atmosphère tout à fait sublime.

Catoire, Georgy (1861-1926) Oeuvres pour violon et piano. Laurence Kayaleh, Stéphane Lemelin.

Posted in Catoire on 9 août 2016 by rfauclair

81OtCNZ9LfL._SL1200_Sonates op.15 (1906) et op.20 (1906).

Elegy op.26 (1916)

Laurence Kayaleh, violon Guarneri (1742).

Stéphane Lemelin, piano.

Enregistré à la Salle Pollack, Université McGill, Montréal en juin 2015.

Naxos. 2016. 8.573345. 52m.31s.

Appréciation: Bien***

Allegro appassionato op.15 (extrait)

Elegy en ré mineur op.26

Ayant vécu dans l’entourage de Tchaïkovski et encouragé par celui-ci, Catoire a longtemps été éclipsé par les grands compositeurs russes de son époque. Pourtant, ces pièces pour violon et piano sont de haute qualité, tout en largesse d’écriture, passionnées et profondes. Elles annoncent à la fois Rachmaninov et Debussy.

Catoire, d’ascendance française, rejoint en effet, par plusieurs traits, l’œuvre de Debussy. Il faut souligner ici les « jeux d’eaux » du pianiste montréalais (faculté McGill tout comme Kayaleh), excellent dans ses phrasés coulants et éloquents. Son piano est sans reproche, en grandeur d’âme, qui nous interpelle par le romantisme exacerbé de cette musique.

Malheureusement, le violon n’est jamais vraiment convaincant. Il semble détaché du drame. Pourtant la partition souligne par elle-même la violence des sentiments qui s’y trouve. Pour une oreille sensible, on y décèle péniblement quelques fautes de justesse. La prise de son n’aide en rien l’artiste, l’exposant de très près dans ses moindres imperfections. Par contre, elle se reprend de belle façon grâce à la prestance sonore de son Guarneri pour les parties plus introspectives. (Élégie op.26). Il faut entendre le duo Breuninger-Zassimova (CPO 2009) pour comprendre et apprécier totalement la dramaturgie de Catoire, véritable romantique que l’on redécouvre aujourd’hui.

Comparatif: Laurent Albrecht Breuninger et Anna Zassimova. CPO. 2009.

Allegro appassionato:

Elegy:

 

Haydn, Joseph (1732-1809) Les Symphonies vol.2. Il Giardino Armonico.

Posted in Haydn with tags on 18 juin 2016 by rfauclair

71n+2EN6G4L._SL1000_Symphonie no.22 (Le Philosophe)

Symphonies no.46 et 47.

Symphonie en fa de W.F.Bach.

Il Giardino Armonico. Giovanni Antonini, direction.

Alpha Outhere. 2015. Alpha 671. 75m.18s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Allegro de la Symphonie no.47 en sol majeur

Adagio de la Symphonie no.22 Philosophe en mib majeur

Menuet al roverso de la Symphonie no.47

Le groupe italien avait fait fureur avec les Saisons de Vivaldi en 1993 sur Teldec. Sur la pochette du disque, un violon détruit par une balle de fusil! Ils ont gardé, depuis ce temps, la réputation de ceux qui dérangent dans la musique ancienne. Les revoici avec Haydn dans un projet de longue haleine qui aboutira en 2032, exactement trois siècles après sa naissance. Nous sommes au 21e siècle!

On peut parler d’une conception franchement moderne, sans temps mort, à l’image de la rapidité à laquelle nous vivons. Haydn peut s’installer instantanément sur nos cellulaires, tablettes et ordinateurs de toutes sortes. Il faut passer d’une page à l’autre à la vitesse de l’éclair. Est-ce ce qui semble motiver Antonini? Il faut présenter Haydn à une nouvelle génération, les garder captifs et stimulés jusqu’en 2032!

En tout cas, le résultat est à la hauteur et dépasse largement tout ce que nous avons entendu jusqu’à présent. L’effet d’une gifle en plein visage! (menuet de la 47e!) Des oh! et des ah! à profusion. Une sublime entrée du Philosophe, extatique et suspendue dans le temps, duquel le chef italien donne aux cors une personnalité hautaine et glorieuse. Quoi d’autre? L’exploitation habile des merveilleux timbres des instruments d’époque. Et surtout, des musiciens qui vont au bout de leur talent, impliqués à fond dans cette entreprise qui nous amènera très loin vers le futur. À suivre.

 

Vertigo. Jean Rondeau, clavecin baroque français. Rameau et Royer.

Posted in Rameau, Royer with tags on 4 juin 2016 by rfauclair

vertigo_jean-rondeau-362x326Jean-Philippe Rameau (1683-1764)

Pancrace Royer (1705-1755)

Enregistré au Château d’Assas en juillet 2015.

Clavecin historique 18e siècle du Château d’Assas.

Erato. 2016. 0825646 974580. 72m.23s.

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Allemande de Royer.

Tambourin, menuets, Les Sauvages de Rameau.

La Zaïde (rondeau) de Royer.

Le geste est élégant, les rythmes mouvants et voluptueux, et la noble grandeur de certaines pièces est saisissante (Allemande de Royer). Nous voici dans le monde de Jean Rondeau dont ce deuxième album confirme et atteste que nous avons ici un artiste d’exception. Rendre le clavecin à la mode est le pari fou que ce musicien au talent rare a réussi sur toute la ligne.

Enregistré au Château d’Assas, où plane encore quelques poussières du regretté Scott Ross (1951-1989), le disque propose Rameau et Royer, deux caractères fort différents, la science de l’un opposée au fantasque de l’autre. Dans cet amalgame de couleurs et d’humeurs, Jean Rondeau s’assoie au même clavecin historique que son illustre prédécesseur.

Les cordes pincées sont captées dans toute leur délicate splendeur. Et ces basses, nous plongent à quelques profondeurs abyssales étonnantes. Parfois renversant, parfois d’une douceur suspendue dans le temps, ce disque est complet en lui-même. Clavecin un jour, clavecin toujours…

Mahler, Gustav (1860-1911) Les Symphonies. Orchestre Güzernich de Köln. Markus Stenz.

Posted in Mahler with tags on 2 juin 2016 by rfauclair

71sad2v8LtL._SL1500_Symphonies no.1-9

Symphonie no.10 (adagio)

Enregistré à Cologne entre 2009-2014.

Oehms Classics. 2016. OC 029. 13 cds.

 

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Adagietto de la 5e symphonie

Poco adagio de la 4e symphonie

Bewegung de la 2e symphonie « Résurrection »

Version inattendue à la discographie, cette nouvelle mouture des symphonies de Mahler est désormais à classer au côté des plus grandes. Un son net et généreux, un orchestre vigoureux aux milliers de détails s’unissent à un chef qui s’est donné beaucoup de temps et de labeur pour en arriver à un tel résultat… exceptionnel! Tout en restant fidèle à l’esprit de la tradition, ses interprétations demeurent vibrantes en tout temps. Elles sont comme un livre ouvert sur la vie tumultueuse et passionnée de Mahler.

Sa direction, aux fulgurantes propensions à la dramatisation, est toutefois contrastée par l’émouvante sensualité qu’il trace affectueusement aux cordes. Le romantisme exacerbé de Mahler est ainsi généreusement souligné. Le mélange violent et tendre de l’œuvre de Mahler a-t-il été aussi bien servi par le passé? Markus Stenz est indubitablement très à l’écoute de cette musique « qui doit embrasser tout l’univers ». Il faut s’y arrêter au moins le temps des neuf symphonies (!), tous réussies, qui nous emportent loin dans ce monde étrange de beauté et de fatalité. Un must. Coffret très abordable.

 

Six Concertos Anonymes du 18e siècle. Les Amis de Phillipe. Ludger Remy.

Posted in Anonyme on 9 mai 2016 by rfauclair

61Iu61bilvLSix Concertos du « Cabinet no.2 » de la Bibliothèque Universitaire de Dresde. Les Amis de Philippe. Ludger Remy, clavecin et direction. Enregistré à Sendesaal Radio Bremen en 2012 et 2015. CPO. 2016. 777780-2. 59m.38s.                                                                                                           Appréciation: Très Bien ****

Concerto no.6 (flûte, violon, viola da spalla et continuo)

À Dresde, les musicologues ont découvert 7 Concertos d’un compositeur anonyme entassés sous de vieilles piles de feuilles. Cette musique fut retrouvée au côté de grands noms de l’époque baroque: Vivaldi, Pisendel, Telemann. Ce qui a fait dire aux spécialistes que ces pages inédites furent sûrement écrites par un compositeur très estimé. L’auteur de ces divertissements demeure un mystère.

Cette musique charmante rappelle les Quatuors Parisiens de Telemann. Mais les libertés de structures et l’écriture d’une belle simplicité semblent étrangères au maître de Hambourg. La forme générale de ces concertos est plutôt la sonate en trio, c’est à dire traité en duo entre la flûte et le violon, avec la basse continue. Mais à l’improviste vient se joindre la Viola da spalla ou le violoncelle obligé…Ainsi, momentanément on a un quatuor! Quel qu’il soit, ce compositeur a eu le don de capter notre attention. Les discours sont de qualité. Cela est du pur baroque comme on l’a si souvent entendu. Pourtant on se laisse vite prendre au jeu et on apprécie chaque mesure.

La sonorité du petit ensemble est d’une belle richesse de timbres. On y a ajouté une contrebasse, ce qui donne de la profondeur aux résonances. Les instruments ont tous leur personnalité bien distinctes. La viola de spalla, en particulier (mi alto, mi violoncelle) semble être un personnage un peu maladroit, mais dont on adopte rapidement la présence tellement il est sympathique. Un disque agréable d’un anonyme…qui gagne à être connu.:)

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