Chopin, Frédéric (1810-1849) Les Nocturnes. Pavel Kolesnikov.

Posted in Chopin, Non classé with tags on 28 octobre 2026 by René François Auclair

Les 21 Nocturnes. Enregistré à Merritt Hall, Sherborne UK en 2025.

Piano Yamaha Concert Grand Piano CFX.

Harmonia Mundi. 2026. 902791.92. 2 cds. 1h.55m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

« Le soir, avant de m’endormir, allongé dans l’obscurité, je convoquais tel ou tel nocturne, le laissant venir et résonner en moi. Je m’efforçais de mémoriser la nuance et l’intensité exactes de ces apparitions afin de pouvoir les faire revivre à mon réveil. Et c’est ainsi que je souhaite qu’ils vous parviennent également: derrière des paupières closes, dans l’intimité absolue de l’esprit, comme un souvenir, un rêve, une vision ». Pavel Kolesnikov.

Pavel Kolesnikov nous invite à un voyage aux confins de soi-même. Les Nocturnes n’ont jamais parus aussi poétiques, détachés entièrement du monde. Ils s’évanouissent en flottement imperceptible, en formes diffuses ou fantomatiques. Des souvenirs heureux ou tristes, teintés d’un impressionnisme rêveur. Servi par un jeu d’une liberté étonnante, parfois si doux qu’il rend la partition immatérielle, le pianiste réinvente une lecture émouvante de ces poèmes de la nuit. Pour en saisir toute l’expérience, il faut écouter cet album merveilleux dans le silence le plus total qui soit. Plus qu’un coup de coeur, une révélation.

Bazzini, Antonio (1818-1897) Quartetti no.1 et 3. Quartetto Bazzini.

Posted in Bazzini on 27 octobre 2026 by René François Auclair

Quatuor no.1 en Do majeur (1864)

Quatuor no.3 en Mib majeur (1879)

Enregistré au Studio Venturini, Crémone en 2016.

Tactus. 2018. TC810202. 68m.19s.

Appréciation: Très Bien****

Alors que l’opéra italien s’est imposé au tournant du 19e siècle, la production instrumentale de l’Italie s’est considérablement estompée. Symphonies, concertos, musique de chambre, tous ces genres fort connu au 18e siècle, furent plutôt négligés par les compositeurs romantiques italiens. Antonio Bazzini fait figure d’exception.

Ses quatuors sont vraiment beaux à entendre. Lyriques et passionnés, entre Beethoven et Tchaikovsky, ils sont de magnifiques exemples d’une musique qui touche autant le coeur que la raison.

Barrios-Mangoré, Agustin (1885-1944) Oeuvres pour guitare. Artistes Variés.

Posted in Barrios-Mangoré on 1 juin 2026 by René François Auclair

Enregistré entre 1999-2018 par Norbert Kraft et Bonnie Silver.

Appréciation: Superbe*****

Maxixe, interprété par Antigoni Goni.
La Catedral, interprété par Enno Voorhorst.
Estilo Uraguayo/Danza guarani/Tarantella, interprété par Jeffrey Mcfadden.
Danza paraguaya nos.1-2-3, interprété par Celil Refik Kaya.

Agustín Barrios-Mangoré est né au Paraguay. Il est considéré comme l’un des plus grands guitaristes qui ait existé. Ses compositions sont d’une grande richesse, conçues pour valoriser les plus belles couleurs de la guitare. Entre ses mains l’instrument prend la forme d’un orchestre possédant des reliefs étonnants.

Pour maîtriser son art, sa musique demande à l’interprète une technique remarquable qui saura utiliser toutes les facettes de l’instrument. Écouter ses pièces est un bonheur continuel, entre le folklore de l’Amérique latine et la musique Européenne, digne d’un Chopin par exemple. Le charme, la vie, l’émotion, l’éclat instrumental et la variété des idées de Barrios-Mangoré sont les points forts de son oeuvre.

Cette collection, produite par le guitariste et ingénieur Norbert Kraft, est d’une grande qualité. Tous les musiciens sont excellents et la prise de son met soigneusement en valeur les instruments. Chaudement recommandé.

Bacewicz, Grazyna (1909-1969) Symphonie et Concerto pour cordes. Capella Bygostiensis.

Posted in Bacewicz on 27 Mai 2026 by René François Auclair

Concerto pour cordes (1948)

Symphonie pour cordes (1946)

Piano Quintet no.1 (1952/arr.2013)

Mariusz Smolij, direction.

Enregistré à Bydogoszc, Pologne en 2013.

Naxos. 2014. 8.573229. 65m.11s. Appréciation: Superbe*****

Concerto pour Orchestre à Cordes
Symphonie pour Cordes (extraits)

Grazyna Bacewicz est l’un des esprits les plus distinctifs de la musique du 20e siècle, rien de moins. À son époque on reconnaissait sans équivoque son talent extraordinaire. Sa musique est forte, virile, et d’une implacable logique. On pourrait la comparer aux pairs de son temps, à son compatriote polonais Szymanowski, puis Bartok ou à Shostakovich par exemple. Mais mettons les comparaisons de côté. Il suffit de lancer le disque pour se faire happer par la vivacité de ses idées originales. « S’il n’y a pas de structure, qu’importe le style, tout va s’écrouler » disait elle. Elle refusait toutes formes d’étiquettes à son oeuvre, étant constamment ouverte aux changements durant sa carrière.

Sa musique est palpitante grâce notamment à ses formes très précises. L’audace du modernisme est bien présent, mais reste encore très enraciné dans un genre de néo-classicisme fulgurant. L’aspect minéral et robuste de ses créations n’en contiennent pas moins des passages tout à fait ludiques. Son puissant Concerto pour Orchestre à cordes demeure une de ses oeuvres les plus connues. D’emblée très bachienne, on perçoit dans son écriture des traits d’archets syncopés proche du folklore polonais. Elle même excellente violoniste, elle utilise tout l’arsenal des techniques propres à celui-ci pour en diversifier son langage. Bacewicz, d’une certaine façon, reprend les formes d’antan et les catapulte au 20e siècle. Interprétation engageante de la Capella Bygostientis. Excellente prise de son. À découvrir.