Suites Françaises bwv 812-817
Suites Anglaises bwv 806-811
Toccatas bwv 910-916
Clavecin A.Sidey d’après Ruckers-Hemsch (1636-1763)
Enregistré entre 2001-2005 à Paris et Bruxelles.
Zig-Zag/Outhere.2011.ZZT111002. 5cds. 5h25m.
Appréciation: Sommet du Parnasse******
Suite Française no.3 en Si mineur
Suite Anglaise no.4 en Fa majeur
Toccata bwv 911 en Do mineur (Fugue)
Le clavecin, on l’aime ou pas du tout. Il peut parfois être astringent, grinçant pour les oreilles. Peu fréquentable des salles de concert, il garde encore la réputation d’être peu expressif. C’est pourtant sur ce médium à cordes pincées que Bach a composé ses plus admirables pièces pour clavier, mis à part son oeuvre pour orgue.
Primo, le choix de l’instrument est primordial, ses résonnances internes, son éclat lumineux. La prise de son est cruciale: il faut trouver le juste milieu pour le permettre de s’exprimer élégamment, sans agressivité. Le jeu de l’interprète est encore plus important. Il faut éviter la raideur mécanique, la verticalité et la rapidité d’une machine à écrire. Du gigantisme de Wanda Landowska jusqu’à la subtilité d’une Blandine Rannou, il y a eu une longue évolution. L’instrument a gagné en grâce. De nos jours, sa place est essentielle pour comprendre la musique des Bach, Couperin, Scarlatti ou Rameau.
Bach exige beaucoup, mais donne beaucoup en retour. Blandine Rannou est ici fabuleuse. Richesse sonore, pulsation souple, intériorisation prenante, elle joue autant sur la beauté que du drame bouleversant. On est doucement bercé ou aspiré dans un vortex puissant. Allemandes et Sarabandes sont particulièrement allongées, méditatives et mélancoliques à souhait. Le mouvement, l’être, l’esprit et l’âme, qu’importe comment cela se nomme, l’anima de la musique de Bach est entière. L’apothéose du clavecin.



