Schumann, Robert (1810-1856) Intermezzi op.4 et Sonate op.11. Tullia Melandri, pianoforte.

Posted in Schumann with tags on 17 août 2019 by rfauclair

Six Intermezzi op.4 (1832)

Sonate en Fa dièse mineur op.11 (1835)

Tullia Melandri, pianoforte Joseph Simon, Vienne, 1830.

Enregistré à Schuilkerk de Hoop, Diemen, Pays-Bas en 2018.

Dynamic. 2019. CDS7842. 55m.26s

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Allegro moderato de l’Intermezzi no.5

Introduzione et poco Adagio de la sonate op.11

Tullia Melandri joue sur un authentique pianoforte du facteur viennois Joseph Simon. L’instrument de 1830, très bien préservé et restauré, correspond à la période créatrice des oeuvres de Schumann présentées sur cet album.

La prestation de la pianiste italienne mérite tous les éloges. Intelligence dans la présentation de phrasés sans cesse mouvants et imprévisibles, robustesse du ton général, sensibilité et poésie… C’est du Schumann, pur et dur, rêveur ou rageur. Sa musique est à l’image de ses alter ego Florestan et Eusebius, personnages poétiques qui représentent la bipolarité musicale chez Schumann. Il a d’ailleurs dédicacé sa sonate op.11 à sa chère Clara sous ces deux noms imaginaires. Cette oeuvre d’envergure, riche en contrastes, est de nature presque symphonique. Elle préfigure les grandes oeuvres à venir. Elle contient déjà tous les éléments typiques de Schumann. On s’étonne qu’elle soit encore peu entendue en concert.

La sonorité du Joseph Simon est fantastique. On est en face d’un instrument qui possède une âme. Ce n’est pas un médium fragile et peu sonore. Il y a au contraire une grandeur, une amplitude rare pour cette antiquité qui date près de 200 ans…On n’a jamais l’impression d’un pianoforte qui peine à reproduire les intentions du compositeur. La prise de son est judicieuse, ni trop près, ni trop loin. Elle transmet parfaitement la subtilité et la somptuosité de l’instrument. Véritable voyage dans le passé, cet album est nécessaire pour retrouver vivant, l’art de Robert Schumann.

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Adams, John Luther (n.1953) Become Desert. Seatle Symphony. Ludovic Morlot.

Posted in Adams, John Luther with tags on 12 août 2019 by rfauclair

Seatle Symphony

Seatle Symphony Chorale

Ludovic Morlot, direction

Enregistré à Benaroya Hall, Seatle en 2018.

Cantaloupe Music. 2019. CA21148. 40m.22s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Become Desert

Become Desert est une pièce d’une quarantaine de minutes, composée par l’américain John Luther Adams. Il a longtemps vécu en Alaska, où il a expérimenté diverses approches avec la musique des autochtones. Depuis quelques années il vit dans le désert de Sonora au Mexique. Sa musique est inspirée par les sons et les impressions de la nature. Il est également connu pour son implication dans la protection de l’environnement. Il a reçu quelques prix pour ses compositions, notamment le Pulitzer en 2014 pour son oeuvre Become Ocean.

Become Desert est longue pièce contemplative, faite de sons merveilleux, utilisant délicatement les percussions, toutes sortes de textures instrumentales et la présence d’un choeur. Celui-ci semble provenir d’un espace indéfini, flottant on ne sait d’où, diffusant une aura céleste. L’orchestre créé également des géométries sonores inusitées, du fait que l’on ne reconnait plus nécessairement les timbres familiers des cordes ou des instruments à vent. Selon le compositeur, l’oeuvre décrit surtout le ciel étoilé au milieu du désert. La création de l’oeuvre fut inspirée en partie par un poème du mexicain Octavio Paz: « Ferme les yeux et écoute le chant de la lumière… »

La progression de l’oeuvre et les changements de couleurs se font très lentement, à l’image du mouvement imperceptible des étoiles et des constellations. L’effet général est hypnotisant, sidérant de beauté. Et lorsque l’oeuvre s’éteint doucement, on a eu l’impression de faire un rêve éveillé, dans un état d’esprit parallèle, comme si le temps n’avait plus d’importance.

Become Desert est-elle une musique new age? Une musique d’ambiance? Non, ça serait réducteur de la nommer ainsi. À cause notamment de sa complexité d’écriture et surtout de son message environnemental sur les changements climatiques, Become Desert est une oeuvre musicale nouveau genre, connectée sur nos inquiétudes face à l’avenir de la planète. L’essence de son message est fatal et inexorable: un jour, nous deviendrons des déserts…Mais au lieu de nous questionner, cette musique admirable nous invite plutôt à l’abandon le plus total face à la beauté de l’univers.

Elles. Marina Thibeault, alto. Marie-Ève Scarfone, piano.

Posted in Clarke, Pidgorna, Wieck on 29 juin 2019 by rfauclair

Oeuvres de Clara Wieck-Schumann, Nadia Boulanger.

Fanny Mendelssohn-Hensel, Rebecca Clarke, Lillian Fuchs,

Anna Pidgorna (n.1985)

Marina Thibeault, alto C.F.Landolfi 1767.

Enregistré au Domaine Forget, St-Irénée, Québec en 2018.

Atma Classique. 2019. ACD 2 2772. 68m.48s. Appréciation: Superbe*****

Leidenschaftlich schnell tiré des Romances op.22 de Clara Wieck

Impetuoso de la sonate pour alto de Rebecca Clarke

The Child, Bringer of Light d’Anna Pidgorna

L’album fait un survol de la musique de chambre écrite par des femmes, du début 19e siècle jusqu’à aujourd’hui. Les pièces choisies ont été adaptées ou écrites pour l’alto, instrument encore négligé mais unique. Tout comme ces femmes qui ont vécu dans l’ombre. Leur talent restait caché, peu diffusé ou encouragé. Aujourd’hui, la question ne se pose plus du tout. Les temps ont changé. Et ce disque fort bien réalisé, leur laisse une voix éloquente pour se faire entendre.

De la musique délicatement romantique de Clara et Fanny du début 19e siècle, chantante et galbée d’harmonies séduisantes, on se dirige par la suite vers l’impressionnisme de Nadia Boulanger et Rebecca Clarke (1886-1979). Cette dernière a composé une admirable sonate pour alto et piano en 1919. C’est la pièce maîtresse du disque. Sur cette toile complexe et riche, il y a des nuances dignes de Debussy et Ravel. Il faut du temps pour en apprécier l’ensemble, et Marina Thibeault met en relief toutes les impressions qui s’en dégagent. C’est magnifique.

Avec Lillian Fuchs (1901-1995), les sonorités particulières de l’alto sont exploitées à fond. C’est vivant, palpitant d’idées neuves. Moderne mais accessible. L’altiste s’y est investi et sa technique est parfois démentielle. Tout comme dans la pièce d’Anna Pidgorna, The Child, Bringer of Light, Marina Thibeault fait preuve d’un talent à toutes épreuves dans cette musique étrange et sensorielle, aux sonorités parfois microscopiques d’un univers qui pourrait être celui des insectes! Fascinant et déroutant.

Pour terminer, n’oublions pas la prestation de Marie-Ève Scarfone, qui accompagne l’altiste de manière impeccable. Son jeu est d’une belle rondeur, délicat et fort bien dosé. Un beau disque qui met en lumière un instrument singulier et le talent des femmes d’hier à aujourd’hui.

 

 

Haydn, Joseph (1732-1809) Les Concertos pour violoncelle. Robert deMaine.

Posted in Haydn with tags on 18 juin 2019 by rfauclair

Concerto no.1 en do majeur

Concerto no.2 en ré majeur

Robert deMaine, violoncelle J.B. Vuillaume, Paris 1841

Moravian Philharmonic Orchestra, Joel Eric Suben, direction.

Enregistré en 2009 à Reduta Concert Hall, Olamour, République Tchèque.

Leaf Music. 2018. LM222. 51m.10s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Allegro moderato du Concerto no.2

Finale: Allegro molto du Concerto no.1

Ce sont probablement les plus beaux concertos pour violoncelle de la fin 18e siècle. Haydn a su doser les éléments musicaux d’une écriture savante au service de l’émotion pure. Il offre au musicien des pages d’une exceptionnelle qualité, d’un lyrisme tendre aux plus difficiles passages à exécuter sur un violoncelle. Toutes les possibilités artistiques de l’instrument sont exploitées de la plus belle façon. La discographie de ces oeuvres est riche et variée. En marge des grands labels de la musique classique, l’apparition récente au catalogue de Leaf Music est une belle surprise.

Robert deMaine produit un son magnifique sur son instrument Jean Baptiste Vuillaume. Une sonorité conquérante, enivrante, qui réjouit et fait vibrer tout le plexus solaire! La musique est irradiante, le son est chaud et enveloppant. Les morceaux de bravoure se succèdent et parsèment la partition. Mais Robert deMaine est au-dessus de tout cela. Léger comme l’air, ou d’une redoutable intensité, son jeu mérite les plus grands éloges.

On s’étonne qu’il ne soit pas encore très connu. L’artiste américain, né en 1969, fut premier violoncelliste au Los Angeles Philharmonic. Il fut l’élève de Janos Starker, Bernard Greenhouse et de Lynn Harrell pour n’en mentionner quelques-uns. Son style représente fidèlement la tradition des plus grands. Le disque enregistré en 2009, alors qu’il avait 40 ans, peut se voir comme une consécration pour le musicien.

Du côté de l’orchestre, on a un accompagnement proche de l’idéal. Le Moravian Philharmonic et son chef Joel Eric Suben (qui a étudié avec le grand Sergiu Celibidache) s’exécutent avec brio. La respiration d’ensemble est ample et profonde. Jamais agressif, l’orchestre prend le temps d’articuler et laisse beaucoup d’espace au soliste. D’ailleurs, les cadences solos écrites par le violoncelliste sont particulièrement réussies. Elles respectent le matériau d’origine de Haydn, tout en y apportant de nouvelles couleurs. Chaudement recommandé.

Brahms (1833-1897) Concerto pour violon op.77. Double Concerto op.102. Tianwa Yang et Gabriel Schwabe.

Posted in Brahms with tags on 25 mai 2019 by rfauclair

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Double concerto pour violon et violoncelle op.102 (1887)

Tianwa Yang, violon Guarnari del Jesu 1730.

Gabriel Schwabe, violoncelle Brescia 1600.

Deutshes Symphonie-Orchester Berlin. Antoni Wit, direction. Enregistré à Jesus-Christus-Kirche, Berlin en 2017.

Naxos. 2019. 8.573772. 72m.25s. Appréciation: Sommet du Parnasse******

Allegro non troppo du Concerto op.77

Andante du Concerto op.102 

C’est l’un des plus grands concertos jamais écrit. Presque tous les grands violonistes, dont Joseph Joachim qui l’a exécuté le premier en 1879, s’y sont engagés. Considéré injouable par certains au 19e siècle, ce concerto symphonique est à la hauteur de la réputation de Brahms. Il contient tous les éléments du genre. Le romantisme grandiose, le culte de la pure performance et la vaste proportion de l’oeuvre sont tout à fait à l’image de Brahms. Les incroyables difficultés techniques sont par ailleurs toujours au service du ressenti et du discours musical. Il n’y a ici rien de gratuit. Ce qui s’y produit s’apparente au sacré et force le plus grand respect. Ce concerto pourrait se traduire comme un hymne à la vie en trois mouvements: Dramatique, bouleversant, triomphant.

Au catalogue discographique, les légendes du violon s’y succèdent. Le choix est grand. Presque tous des hommes, bien sûr. On pourrait classer les interprètes en trois catégories générationnelles. Dans la troisième section, beaucoup plus de femmes musiciennes au jeu plus raffiné, sensuel, sensible. Les temps changent. Le côté féminin de Brahms n’a jamais été aussi bien servi : Batiashvili, Fisher, Hahn, Jansen, Mullova, Mütter, Steinbacher…pour n’en nommer quelques unes.

Tianwa Yang, née en Chine en 1987, s’est installée par la suite en Europe pour y compléter sa formation. En la découvrant dans un vidéo promotionnel, elle explique, dans un allemand étonnamment impeccable, ses intentions au cour de l’enregistrement: utiliser la plus grande liberté possible, le sens du vécu et de l’instant présent. Sa prestation peut se décrire comme entière. Elle a une maîtrise complète de son instrument. Sa sonorité semble se former de l’intérieur, en profondes vibrations, puis se libère complètement vers l’extérieur. Elle irradie la musique. À la fois virile et féminine, l’énergie qui se dégage de cette musicienne est irrésistible.

La Deutsches Symphonie de Berlin est en fusion avec la musicienne. Supporté par l’acoustique légendaire de la Jesus-Christus Kirche, l’ensemble génère de grandes vagues sonores. Et la violoniste reste bien détachée du groupe, d’une réelle présence. En complément, le double concerto op.102, possède la même qualité d’interprétation. Gabriel Schwabe au violoncelle est puissant et aussi convaincant que Tianwa Yang. Mais l’opus 77 reste le plus grand de tous. Un sommet.

 

Platti, G.B. (1697-1763) Six Sonates pour flûte traversière op.3. Alexa Raine-Wright.

Posted in Platti on 16 mai 2019 by rfauclair

a3035471463_10Alexa Raine-Wright, flûte traversière baroque

Camille Paquette-Roy, violoncelle baroque

Sylvain Bergeron, archiluth et guitare baroque

Rona Nadler, clavecin.

Enregistré à St-Augustin Mirabel en mai 2018.

Leaf Music. 2019. LM224. 78m.

Appréciation: Superbe*****

Sonata no.4 en la majeur

Giovanni Benedetto Platti est né dans la région de Venise vers 1697. On croit qu’il fut formé auprès des plus grands compositeurs italiens de son époque: Vivaldi, les frères Marcello, Gasparini ou Albinoni. Il quitta l’Italie pour rejoindre la cour de Wurzbürg en Allemagne en 1722. Il y demeura jusqu’à sa mort en 1763. C’est là que l’on retrouva la majeure partie de ses manuscrits. Sa musique est fort belle, bien construite, et se situe stylistiquement dans l’après Vivaldi par sa fraîcheur d’invention et un sens inné de la mélodie expressive du baroque finissant.

Ses Sei Sonate a Flauto Traversiere Solo con Violoncello overo Cembalo furent publiées vers 1743. L’engouement récent de la musique de Platti a permis de voir apparaître au disque quelques enregistrements de ces sonates, notamment sur Naxos, CPO et Tactus. Avant d’aborder cette nouvelle sortie sur Leaf Music, j’ai fait une écoute comparative des différentes versions. En général l’exercice fut d’un banal intérêt. Le disque Naxos (8.570282) est un exemple bien terne d’une exécution correcte, sans trop d’audace. Le disque fut rapidement remis sur l’étagère…Sans imagination, la musique de Platti n’en est qu’une parmi tant d’autres.

Alexa Raine-Wright est dans une autre catégorie de flûtistes. Elle fut l’élève de Claire Guimond, elle-même formée auprès du légendaire Barthold Kuijken. Avec elle, on retrouve le souffle de la liberté musicale à chaque mesure. Elle imagine et créé les plus belles envolées que suggère la partition. Inventive, elle sait lire entre les lignes et impose un jeu fébrile d’une précision étonnante. On apprécie particulièrement le piqué de ses attaques lors des passages rapides.

Elle insuffle la vie et les couleurs les plus charmantes à son instrument. La rondeur boisée du traverso est d’un velouté superbe, conférant la profondeur d’expression voulue à cette musique parfois teintée d’empfindsamkeit, ce style sensible si particulier de la fin du baroque.

La basse continue est variée par l’utilisation appropriée des différentes combinaisons instrumentales et rythmiques (excellent luthiste Sylvain Bergeron). Leur expertise permet à l’auditeur de rester captiver tout au long de ces 78 minutes de bonheur. Prise de son très vive et détaillée. Superbe.

 

 

 

 

 

Loewe, Carl (1796-1869) Le Sacrifice de la Nouvelle Alliance. L’Arpa Festante. Thomas Gropper.

Posted in Loewe with tags on 31 mars 2019 by rfauclair

4260330917065Das Sühnopfer des Neuen Bundes (1847).

Monika Mauch, soprano. Ulrike Malotta, mezzo soprano.

Georg Poplutz, ténor. Andreas Burkhart, baryton.

Arcis-Vocalisten München. Barockorchester L’arpa Festante.

Thomas Gropper, direction. Enregistré à Himmelfahrtskirche, Munich en 2018

Oehms Classics. 2019. OC 1706. 103 minutes.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Où puis-je le trouver, celui que le pouvoir de Dieu a rendu la lumière de mes yeux? Où puis-je trouver celui qui m’a donné le fils, puisque sa tombe était déjà ouverte? Où puis-je trouver celui qui m’a rendu la santé? Où puis-je trouver celui qui m’a libéré de l’esprit malin et m’a apporté la paix? Celui que tu cherches, il est ici!

Introduction et Quartett Wo find’ ich ihn, der meiner Augen Licht

Aria pour mezzo-soprano Heilge nacht

Choeur des Filles de Sion Fliesset ihr unaufhaltsamen Tränen

Carl Loewe est un contemporain de Schubert. Il est surtout connu pour ses nombreux lieder. Il fut un ténor respectable, organiste, et chef d’orchestre. En 1820, il postula comme cantor dans la ville de Stettin (aujourd’hui en Pologne) où il demeura pendant 46 ans. Comme Bach, il fut un cantor très occupé, car en plus d’être enseignant, il devait organiser et exécuter la musique sacrée pour les églises municipales. Il composa 6 opéras et 17 oratorios presque tous tombés dans l’oubli. Son amour de la musique sacrée l’amena à exécuter les grandes Passions de Bach, des oeuvres de Handel et Graun, entre autres.

Das Sühnopfer est un passionoratorium composé en 1847 pour 4 solistes, choeur et orchestre à cordes. Il retrace les derniers instants du Christ, de Béthanie, où il rencontra Lazare, jusqu’à sa propre mort à Jérusalem. C’est une oeuvre unique, en marge de la musique romantique du 19e siècle. Elle est nimbée de l’esprit de Bach, de Jean-Sébastien bien sûr, mais également de Carl Phillip Emmanuel par son aspect sombre et pathétique. Le simple accompagnement des cordes est plutôt inhabituel, intimiste et prenant. Il y a une réelle atmosphère de recueillement et de piété émouvante. Carl Loewe a apporté grand soin à son écriture pour la voix humaine, en la simplifiant, en la dépouillant de tout artifice opératique. Il en reste des moments de grâce de pure beauté. Pas besoin de comprendre l’allemand pour entrer dans cette Passion. La musique suffit.

Les solistes sont tous exceptionnels, des voix pures d’intonation, justes et expressives. Le directeur Thomas Gropper a choisi d’interpréter cette oeuvre sur instruments d’époque. Il a créé des sonorités feutrées, très intériorisées. Il invite ainsi l’auditeur à prendre le temps d’entrer en lui-même. Dans la tradition des musiques sacrées de la Semaine Sainte, cet oratorio de Carl Loewe peut trouver facilement sa place aux côtés des plus grands. À découvrir.