Jackson, Gabriel (n.1962) Requiem. Vasari Singers. Jeremy Backhouse.

Posted in Jackson, G. on 25 février 2018 by rfauclair

51+lpbypfpLRequiem (2008). In all his works (2009). I am the voice in the wind (2010).

Oeuvres de B. Chilcott, J.Tavener et F. Pott.

Enregistré à Tonbridge School Chapel, Kent, UK. en 2011.

Naxos. 2012. 8.573049. 70m.06s. Appréciation: Superbe*****

Requiem aeternam II 

Lux aeternam 

I am the voice of the wind 

« I am the voice of the wind on your cheek. I am the warmth of  the fire between fingers. I am the smell of spring in the air. I am the stars to lead you home. I am the echoes in the caves of loneliness. I am the rain to cool your skin. I may be gone from this life my friend. But remember i am not yet dead. »  Geraldine Atkinson (1984-2009)

Né aux Bermudes en 1962, Gabriel Jackson a poursuivi ses études en Angleterre où il fut soprano au Canterbury Cathedral pendant trois ans. Il étudia ensuite la composition au Royal College of Music. Il est connu pour ses oeuvres chorales où le traditionnel se fusionne avec de nouvelles textures vocales impressionnistes.

Son Requiem est une synthèse des textes de la liturgie romaine et anglaise, incluant des poèmes inspirés sur la vie et la mort. Sa musique est accessible par l’utilisation du plain-chant grégorien, des mélodies proche du folklore anglais et parfois de motifs répétitifs des pays de l’Orient. Mais il y ajoute également des effets vocaux surprenants pour créer des images fascinantes. Les éléments comme le vent, l’air, et les sons de la nature sont au coeur de sa création, fort originale.

Le motet I am the voice in the wind fut commandé à Jackson pour le mémorial d’une jeune femme décédée subitement à 24 ans alors qu’elle voyageait en l’Islande. Le poème de la défunte fut écrit alors qu’elle n’avait seulement 13 ans. Prémonitoire de sa propre mort, il évoque l’évanescence de la vie et la métamorphose de l’esprit en d’autres formes comme les éléments qui nous entourent (Le vol des oies dans le ciel!). L’oeuvre de Jackson, magnifique et unique, est ici un bel exemple du pouvoir des sons et de la musique sur l’âme. Et le sentiment que la vie subsiste dans le temps malgré la perte d’un être cher. Sublime.

O Sacrum Convivium. Choir of Royal Holloway. University of London.

Posted in Holst, Jackson, G., Walker, R. on 24 février 2018 by rfauclair

51-ZOcYoRHLOeuvres de Byrd, Victoria, Weelkes, Pärt, Holst, Jackson, Bruckner, Wood, Walker et Stanford.

Enregistré à Douai Abbey, Woolhampton, UK en 2006

Rupert Gough, direction. Samuel Rathbone, orgue.

Signum Records. 2008. Sigcd127. 47m.13s.

Appréciation: Superbe*****

Gustav Holst (1874-1934) Nunc Dimittis 

Gabriel Jackson (n.1962) O Sacrum Convivium 

O banquet sacré où l’on reçoit le Christ! On célèbre le mémorial de sa passion, l’âme est remplie de grâce. De la gloire future, le gage nous est donné. Alleluia!

Robert Walker (n.1946) As the apple tree 

 »As the apple tree among the trees of the wood, so is my beloved among the sons. I sat down under his shadow with great delight, and his fruit was sweet to my taste. My beloved spake, and said unto me, rise up, my love, my fair one and come away. »

Le label britannique Signum s’est fait une place importante dans la musique chorale depuis quelques années. Bien entendu, la qualité et le nombre important d’ensembles vocales en Angleterre et leur réputation légendaire ont créé un bassin extraordinaire de talents. Ici est représenté le choeur de l’Université de Londres, où une vingtaine d’étudiants est choisie selon des critères extrêmement sélectifs. D’ailleurs, quelques scholars de cet institution vénérable se retrouveront au sein d’ensembles aussi prestigieux que les Tallis Scholars, the Sixteen ou le Gabrieli Consort…

Ce disque de qualité irréprochable représente plus de 500 ans en musique. Le choix des oeuvres provient d’aussi loin que William Byrd (1540-1623), fidèle représentant de la renaissance anglaise, en passant par Bruckner (1824-1896), les anglais Stanford, Holst, Walker et puis Arvo Pärt (n.1935) l’estonien le plus influent du 20e siècle qui a renouvelé à lui seul toute la musique chorale contemporaine. De cette influence particulière, un nom à retenir; le britannique Gabriel Jackson (n.1962) qui fait la synthèse du minimalisme de Pärt et l’amalgame de nouvelles textures et techniques vocales surprenantes.

O Sacrum Convivium est si beau, qu’il en devient le coeur de ce disque essentiel. À la fois un exemple parfait du savoir faire des choeurs anglais et de l’aboutissement d’une longue tradition vocale, cette pièce magnifique assure une continuité à la musique sacrée. Plus le temps passe, plus l’avenir se dessine sur un fond sombre, mais plus le besoin de se retrouver au coeur de la sérénité se fait sentir…

Schubert (1797-1828) Les Sonates pour piano. Paul Badura-Skoda.

Posted in Schubert with tags on 10 février 2018 by rfauclair

81ccLe9XQ-L._SL1500_Intégrale des sonates pour piano.

Mouvements complétés par Badura-Skoda.

Enregistré entre 1967-71 au Studio Grayson, Vienne.

Sony Classical/ Rca Read Seal. 2017. 88985395492. 12 cd.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Rondo allegro moderato de la sonate d.850 Gasteiner

Molto moderato e cantabile de la sonate d.894 

Menuetto de la sonate d.894 

Allegretto de la sonate d.894 

Enregistrée il y a plus de 50 ans, cette intégrale Schubert n’a rien perdu de sa fraîcheur. Le piano est capté de près sans aucune pudeur, renforçant le sentiment de proximité et d’intimité avec la musique de Schubert. Le pianiste viennois, qui avait 40 ans à l’époque, évoque avec joie cette période de sa vie: « Que c’est émouvant de tenir entre ses mains une feuille (manuscrite) portant l’écriture de Schubert! ».

Paul Badura-Skoda s’est impliqué dans la redécouverte des partitions de Schubert. Jusque là, seulement 11 sonates connues étaient complètes. Il a travaillé de près chacun des manuscrits autographes des autres pièces, disparates et inachevées, les agençant selon leurs tonalités pour former des sonates entières. Il a dû compléter lui-même certains morceaux.

Ce que l’on retient de son jeu, est la manière d’exposer Schubert dans une clarté irréprochable. Cette façon très rythmique de présenter la musique est non seulement  très viennois dans son essence, mais fait également partie du jeu reconnu du pianiste. Un subtil contretemps marqué par la danse et la légèreté des notes donnent à Schubert une candeur particulière, loin des grandes expansions de d’autres médiums qui ont recherché plutôt la gravité pathétique du compositeur.

Jeu intelligent et réfléchi, pas toujours fluide ou d’un lyrisme voluptueux, cet esthétisme sobre et pur sert pourtant admirablement bien Schubert. Maintenant à 90 ans, Paul Badura-Skoda serait prêt à revisiter ces chefs d’oeuvre… » je suis aujourd’hui plus proche de l’esprit de la dernière sonate, écrites aux portes de l’éternité, que je ne l’étais à 40 ans. Peut-être devrais-je la réenregistrer… »

Wranitzky, Paul (1756-1808). Trios pour cordes. Ensemble Cordia.

Posted in Wranitzky, P on 27 janvier 2018 by rfauclair

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Trios op.3 no.1 et 3

Premier enregistrement mondial.

Enregistré à Eroica Saal  du palais Lobkowitz à Vienne en 2010.

Stanley Ritchie, violon Zygmuntowicz d’après Guarneri, 1736.

Stefano Marcocchi, alto Jacob Petz 1769.

Stefano Veggetti, violoncelle Gagliano, 1717. Brilliant Classics. 2012. 94339. 56m.02s.

Appréciation: Très Bien****

Trio op.3 no.3 en sol majeur: 

Allegro moderato 

Adagio 

Menuetto-Allegretto 

Paul Wranistky a côtoyé les plus grands de son époque… Mozart, Haydn, Beethoven entre autres. Compositeur accompli et chef d’orchestre, il dirigea d’ailleurs la Création de Haydn ainsi que la première symphonie de Beethoven en 1800. Sa musique est en général de bon goût et sans surprise. Elle suit les schémas et les formes des compositions typiques de la fin du 18e siècle viennois.

Ses fréquentations de la haute bourgeoisie de Vienne lui apporta fortune et gloire. Il composa beaucoup dans tous les domaines. Sa musique de chambre est particulièrement volumineuse. Il créa une trentaine de trios pour violon, alto et violoncelle, un genre que ses collègues compositeurs délaissèrent plutôt pour le quatuor.

Enregistrés dans la vaste salle Eroica au palais historique Lobkowitz de Vienne, les trios, proposés ici dans une acoustique réverbérée, semblent s’envelopper d’une beauté presque onirique. Témoin d’un passé somptueux, la musique de Wranitzky semble avoir des ailes, s’élève dans l’air ambiant comme une nostalgie de jours heureux. Cette salle richement décorée est à l’image de cette musique simple, finement élaborée et conçue avant tout pour plaire à une aristocratie élégante et fortunée.

La sonorité des lieux est un peu trop spacieuse pour ce genre d’ensemble. Mais les musiciens l’exploitent bien en allongeant parcimonieusement les notes, en ajustant le discours au gré du mouvement des ondes. L’effet est un peu spécial, il est vrai. Mais les voix sont malgré tout bien différenciées et on peut apprécier le traitement que Wranitzky a offert à chaque instrument. Ces trois voix sont parvenues jusqu’à nous. Elles nous racontent au moins trois choses essentielles…Noblesse, Plaisir et Beauté.

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The Curious Bards. Extradition. Musiques celtiques et écossaises.

Posted in O'Carolan on 20 janvier 2018 by rfauclair

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Musiques traditionnelles d’Irlande et d’Écosse

Alix Boivert, violon de Jean-Nicolas Lambert, Paris, 1760
Jean-Christophe Morel, cistre irlandais Frank Tate, 2016, d’après W.Gibson (1772).
Sarah Van Oudenhove, viole de gambe d’A.Giral, 2014, d’après Michel Colichon (1693).
Louis Capeille, harpe triple baroque de Claude Bioley, Grandson (CH), 2004
Bruno Harlé, flûte traversière de J.J. Melzer, 2015, d’après Rottenburgh (c.1730)
tin whistle de Gilles Reymond, Lyon, 2014.
Ilektra Platiopoulou, mezzo- soprano.

Enregistré à La Courroie, Entraigues-sur-la-Sorgue en 2017.

Harmonia mundi. 2017. HMM916102. 58m. Appréciation: Superbe*****

Two Irish airs. John Nugent, Bumper Squire Jones, de Turlough O’Carolan.

Three Airs from Ireland & Scotland

En puisant dans le répertoire celtique et écossais de la musique ancienne traditionnelle, le jeune ensemble français The Curious Bards propose un voyage fascinant sur une époque et un folklore qui nous rejoint encore. Autant dans les rythmes dansants familiers, on retrouve également l’inspiration franche et évocatrice du chant enraciné dans une culture qui nous interpelle.

Les instruments magnifiques, le choix et l’agencement des pièces, la virtuosité à la fois inspirée et époustouflante des musiciens font de ce disque de qualité supérieure, un des plus beaux consacrés à ce genre. On pense notamment au Baltimore Consort (Dorian), qui avait jadis visité avec bonheur le même répertoire.

La musique a besoin de liberté et doit laisser parfois son côté savant. Elle veut tout simplement vivre, danser et chanter. Cette superbe réalisation de la prestigieuse maison Harmonia mundi est un album à conserver près de soi. Rêver et danser…

Fiorillo, Federigo (1755-1823) Six Quatuors avec flûte. Ensemble à l’Antica.

Posted in Fiorillo on 7 janvier 2018 by rfauclair

61mxZymj+2LLuigi Lupo, copie d’un traverso de J.H.Grenser.

Rossella Croce, violon. Luca Ronconi, alto.

Rebecca Ferri, violoncelle.

Enregistré à Chiesa Parrocchiale di Ala trento, Italie, en 2004.

Tactus. 2006. TC750601. 72m.29s. Appréciation: Très Bien****

Allegro Moderato du Quartetto no.3 en sol majeur. 

Allegro/Larghetto/Minuetto du Quartetto no.5 en ré majeur 

Federigo Fiorillo est un compositeur né en Allemagne d’ascendance italienne. Il est un contemporain de Mozart. Excellent violoniste, il s’est retrouvé au côté de l’imprésario Salomon à Londres où il tenait le premier violon du Quartet portant le même nom. Il a donc exécuté quelques quatuors du célèbre Haydn, en visite en Angleterre.

Fiorillo a eu une certaine renommée en Europe. Il a vécu à Paris et a participé aux Concert Spirituel, alors très en vogue à l’époque. Mozart s’y retrouvera aussi à quelques occasions. Ces six quatuors avec flûte ont été composés vers 1788 et ont eu un certain succès, puisqu’ils ont été édités plus d’une fois.

En parallèle des quatuors de Mozart dans le même genre, ces pièces sont d’une égale valeur, de style galant, d’une légèreté bien agréable. Fiorillo propose une attachante et belle musique fluide qui s’écoule dans une insouciance bienheureuse (superbe Larghetto du 5e quatuor). Parfois il élabore généreusement quelques mouvements et nous surprend par des développements riches en émotions (Allegro moderato du 3e).

Le label italien Tactus s’est fait la spécialité de nous faire découvrir le répertoire de ces compositeurs méconnus. La plupart de leurs enregistrements sont faits avec soin. Ici, la présence de musiciens jouant sur des copies d’instruments d’époque est toujours appréciée. Les timbres savoureux du traverso et des cordes à l’ancienne fait toujours son effet. Authenticité, vivacité du jeu des interprètes, et voilà qu’on s’attache à ce Fiorillo, témoin d’une époque fait de divertissements intelligents et éclairés d’une lumière radieuse.

 

 

 

Sibelius, Jean (1865-1957) Les Symphonies. Helsinki Philharmonic. Paavo Berglund.

Posted in Sibelius with tags on 22 décembre 2017 by rfauclair

91jd980dtuL._SL1500_Les sept symphonies (1899-1924)

Poèmes symphoniques: Océanides, Finlandia, Tapiola, Kullervo…

Enregistré entre 1984-1987 au Culture Hall à Helsinki, Finlande.

Parlophone/Warner. 2017. 0190295869151. 5 cds.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Vivacissimo et Finale de la 2e symphonie op.43 

Allegro moderato de la 3e symphonie op.52 

Paavo Berglund (1929-2012), chef finlandais émérite, a probablement réussi sa plus belle et convaincante incursion dans l’oeuvre symphonique du grand Sibelius. On sent la connivence avec l’orchestre d’Helsinki, robuste et intense, et cette proximité avec le compositeur finlandais, dans une vision enracinée par la tradition et les valeurs de ce créateur singulier. Le chef dispose devant lui d’un orchestre aux sonorités rugueuses et vives. Il en exploite toute la charge émotive par une prestation engagée des musiciens qui semblent vivre, sans compromis, toute la musique de Sibelius.

Les symphonies de Sibelius sont remarquables en tous points. Autant au niveau de leurs formes imprévisibles que par la description d’une nature sauvage et impitoyable. Mais il y a aussi dans cette musique, un désespoir profond sur fond de guerre… Sibelius se tournera alors vers les forces de la nature pour s’y soustraire. Cette volonté se traduira par des hymnes triomphants et inspirés qui feront de lui un héros national (Finlandia op.26 et Finale de la 2e symphonie par exemple)

Sa musique, d’une grande richesse, nous invite à un périple étonnant au coeur de ce pays de glace et de forêts. Supportée par des progressions tonales déstabilisantes et imprévisibles, la musique de Sibelius s’éloigne des parcours déjà tracés. Parfois, au cours de ce pèlerinage, l’auditeur s’abandonne aux plus fortes images. Il s’arrête à l’improviste devant un paysage fait de grands espaces blancs, pour s’engager ensuite dans une lutte éprouvante contre les vents mordants du froid, pour enfin se retrouver dans la nuit devant la plus exaltante des aurores boréales. C’est le triomphe de l’esprit humain devant le grand inconnu. C’est un peu tout ça Sibelius… Le plus original compositeur et symphoniste du 20e siècle.