Rhapsody. Orchestre de la Radio Bavaroise. Denis Matsuev. Mariss Jansons.

Posted in Gershwin, Liszt with tags on 27 septembre 2016 by rfauclair

81xqx8hrgll-_sl1200_Chabrier: Espana. Gershwin: Rhapsody in Blue.

Enescu: Rhapsodie roumaine. Ravel: Rapsodie espagnole.

Liszt: Rhapsodie hongroise no.2 (transcription pour orchestre).

Denis Matsuev, piano (Gershwin). Mariss Jansons, direction.

Enregistré live à Herkulessaal, Munich en octobre 2015.

Br Klassik. 2016. 900146. 63m.57s.

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Rhapsody in Blue (extrait)

Rhapsodie no.2 de Liszt (transc.K.Müller-Berghaus)

C’est le Super Disque de l’année 2016. Le genre que l’on fait joué à fond la caisse chez soi, ou dans la voiture! Le choix des pièces, la qualité exceptionnelle de l’orchestre bavarois, le très estimé et charismatique chef Mariss Jansons, et Denis Matsuev complètement déchaîné dans Gershwin, font de cet enregistrement un must qui peut rejoindre à peu près tout le monde qui aime la musique en général.

Enregistré devant le public de Munich, on sent la connivence entre le chef et son orchestre où tout semble possible. L’ensemble est organique et malléable et Jansons se fait un immense plaisir à le faire bouger à sa guise. La rhapsodie peut être définie comme un enchaînement varié de mélodies, de danses et d’humeurs tantôt cocasses ou dramatiques. C’est cette variété, tant musicale que régionale qui donne au disque son élan irrésistible. De l’Espagne à l’Amérique, de la Roumanie à l’Hongrie, la musique devient alors universelle.

Mais le véritable clou de la soirée revient indubitablement à la transcription pour orchestre de la rhapsodie de Liszt. Le chant pathétique des cordes qui débute l’oeuvre est un moment unique. Ah! Ces contrebasses que Jansons fait résonner dans tout leur drame! Et puis c’est le triomphe. Le public bavarois, très poli jusqu’à présent, devient alors exubérant et applaudie sans retenue. Une réussite.

 

Bach, J.S. (1685-1750) Les Sonates et Partitas pour violon. James Ehnes.

Posted in Bach J.S. on 26 septembre 2016 by rfauclair

71u1nmzgol-_sl1500_Sonates et Partitas bwv 1001-1006

James Ehnes, violon Stradivarius « Marsick« , 1715.

Enregistré en 1999 et 2000 à l’Église St-Augustin Mirabel, Québec.

Analekta. 2016. An2 8772-3. 2 cds.

Appréciation: Suberbe *****

Andante de la sonate bwv 1003

Allegro de la sonate bwv 1003

Le jeune violoniste canadien, dont c’est le 40e anniversaire cette année, avait enregistré l’oeuvre de Bach il y a maintenant plus de 15 ans. Pour tout violoniste qui se respecte, cette entreprise peut parfois ressembler à l’Everest. Certains peuvent le gravir…mais peu en redescendent avec honneur.

Ce n’est pas le cas de ce formidable artiste, qui ne cesse d’étonner dans tous les répertoires possibles. On pense notamment à son incursion récente dans le monde de Bartok. Pour le grand Sébastien, il s’est donné pour mission de nous le raconter, de nous le présenter dans un bel équilibre de styles. Un juste milieu, entre l’historique et le présent. Ce violon nous parle encore et nous captive, nous atteint souvent en plein coeur. Il n’y manque à peu près rien. L’essentiel s’y trouve. Et la prise de son nous fait bénéficier de la belle acoustique de St-Augustin, conférant à ces monologues une atmosphère aérée et lumineuse.

On aurait souhaité à quelques endroits un peu plus de raffinement dans les contrastes, une approche plus souple dans la virtuosité parfois très technique. Ce sera sûrement pour une autre fois, dans quelques années. Comme il le dit lui-même dans la préface de ce remastering réussi, « au fil du temps…et tout au long de ma vie »…Bach sera encore revisité.

 

Trésors Baroques. Centre National des Arts du Canada. Pinchas Zuckerman.

Posted in Bach J.S., Telemann on 26 septembre 2016 by rfauclair

81wlnn7uicl-_sl1425_Handel: Sinfonia « La Reine de Saba »

Bach: Concerto pour hautbois et violon bwv 1060.

Ouverture bwv 1068 en ré.

Telemann: Concerto pour alto en sol majeur.

 

Vivaldi: Concerto pour violon et violoncelle rv 547.

Tartini: Pastorale pour violon (arr.Respighi).

Pinchas Zuckerman, violon et alto. Amanda Forsyth, violoncelle. Charles Hamann, hautbois.

Enregistré à Southam Hall, Ottawa en novembre 2015.

Analekta. 2016. AN2 8783. 74m.29s. Appréciation: Bien ***

Largo-Allegro du concerto pour alto de Telemann

Aria de la suite en ré de Bach

Par son programme traditionnel de musique baroque, ce disque confortable et sans surprise est un pur produit de masse. On a entendu ce genre mille fois ailleurs dans tous les styles d’interprétation. Le consommateur peu averti qui ne désire meubler son salon que de cette façon y trouvera son compte.

En 2016, cette approche historiquement peu informée peut provoquer une indifférence complète chez le mélomane habitué aux sonorités des instruments historiques. On a ici plutôt l’impression d’entendre l’Orchestre Jean-François Paillard… Cela nous fait reculer profondément dans les 60’s. (L’Ouverture en ré de Bach peut faire sourire quelques baroqueux par l’anachronisme de ses lourdes notes pointées…ouf!).

Pourtant, cette manière onctueuse classique/nostalgique de livrer Bach et compagnie, est de bon aloi. Cela s’écoute sans peine, dans une belle paresse de matinée dominicale. Payer, emporter, relaxer.

 

 

Charles Richard-Hamelin. Live. Beethoven-Enescu-Chopin.

Posted in Beethoven, Chopin, Enescu on 3 septembre 2016 by rfauclair

718psTvoBHL._SL1425_

Beethoven: Rondos op.51 no.1 et 2

G.Enescu (1881-1955): Suite no.2 op.10

Chopin: Ballade op.47. Nocturne op.55 no.2

Introduction et rondo op. 16 et Polonaise op.53.

Enregistré en public en mai 2016 au Palais Montcalm, Québec.

Analekta. 2016. AN2 9129. 69m.23 s. Appréciation: Superbe*****

Toccata de la Suite no.2 d’Enescu

Polonaise op.53 Héroïque de Chopin.

Il a raflé avec panache la deuxième place et a reçu le prix Krystian Zimerman au Concours Chopin d’octobre 2015. Du jamais vu pour un artiste canadien. On évalue encore mal tout ce que cela a représenté pour le pianiste de travail ardu, de stress, et sûrement d’insomnies…pour en arriver là. Sur ce sommet d’un Olympe très difficile d’accès, Charles Richard-Hamelin a réussi l’impossible.

Après la consécration, c’est maintenant la libération vers un répertoire presque infini pour le musicien. Suite à l’immersion totale dans Chopin, la petite incursion dans Beethoven est rafraîchissante. Les rondos sont très mozartiens de style. Légers et fébriles, mais pas du tout dénués d’intérêt. Ces envolées très fluides et parfaitement maîtrisées semblent naître d’un langage propre au pianiste. Une signature que l’on voit déjà très personnel. Lyrisme voluptueux, très fin dans les détails, satisfaisant et convaincant.

La Suite d’Enescu est une une révélation. En fait, c’est la pièce maîtresse du disque. Faite de cloches et de tintamarres réjouissants, la musique exploite toute la largeur du piano. Hamelin s’amuse à faire résonner tout cela avec splendeur. Le plaisir qu’il y met est d’une ampleur irrésistible. Le Chopin est un choix qui va de soit dans le programme. Un Chopin de haute qualité. De la musique en grandes vagues, mais toujours contrôlées, d’où la mélodie reste chantante…On comprend pourquoi le jury de Varsovie a adoré!

Quand C.R.H. s’assoie au piano, le mélomane comme le néophyte, peut s’installer confortablement dans le fauteuil. Lorsque les mains se posent sur la musique, une chaleur indéfinissable s’y ressent dès le premières notes. (Le répertoire hispanique serait à explorer sans hésitation!). Ces mains un peu rondes et menues créent pourtant un monde rassurant, fait de plans sonores puissants. C’est l’univers de Charles Richard-Hamelin. Mais qui a gagné le premier prix déjà…? On l’a oublié! (Soulignons la captation du live par l’équipe Musicom…irréprochable).

Catoire, Georgy (1861-1926) Oeuvres pour violon et piano. Breuninger-Zassimova.

Posted in Catoire on 9 août 2016 by rfauclair

61nPj1cE7TLSonates op.15 et 20. Élégie op.26.

Romanze op.1 no.4.

Laurent Albrecht Breuniger, violon.

Anna Zassimova, piano.

Enregistré au Studio Karlsruhe, Allemagne en 2008.

CPO. 2009. 777378-2. 66m.21s. Appréciation: Superbe *****

Barcarolle de l’opus 15

Allegro con spirito de l’opus 15

Il y a bien une version historique du légendaire David Oistrakh, preuve que les oeuvres de Catoire ont probablement toujours eu une grande estime dans le milieu russe de la musique de chambre. En fait, pratiquement personne n’a enregistré ses oeuvres. Cependant, Marc-André Hamelin s’y est consacré dans les pièces pour piano.

La musique est dense et passionnée. Elle demande aux interprètes une force vitale de tous les instants. Les deux sonates paraissent exigeantes autant physiquement que mentalement. Le duo allemand-russe livre sûrement la meilleure version jusqu’à maintenant. Ce qui fait la différence n’est pas seulement le talent, mais l’engagement! La présence du violon de Breuninger est extraordinaire d’intensité. Il devient alors un personnage véritable, vivant devant nous toutes les émotions humaines.

Quand on oublie les instruments, c’est l’essentiel qui nous prend à la gorge. La performance est brute, très russe, violente. Mais il y a aussi la poésie rêveuse d’un Debussy qui flotte dans un air d’été brumeux dont Catoire semble s’être inspiré. Excellent.

Bruhns, Nicolaus (1665-1697) Les Cantates. Harmonices Mundi. Claudio Astronio.

Posted in Bruhns on 9 août 2016 by rfauclair

71yxVnB+JpL._SL1200_Harmonices Mundi.

Claudio Astronio, direction.

Enregistré à Bolzano, Italie en mai 2015.

Brilliant Classics. 2016. 95138. 2cds.

Appréciation: Très Bien ****

 

O werter heil’ger Geist

Nicolaus Bruhns eut une courte vie. Fauché dans la fleur de l’âge à 32 ans, il laissa pourtant une œuvre déterminante qui influença beaucoup le jeune J.S.Bach. D’ailleurs on reconnait les similitudes de ses premières cantates.

La musique de Bruhns a un effet apaisant et édifiant sur l’âme. On l’adopte immédiatement à l’écoute. Le mélange concertant et vocal juxtaposé à la variété de rythmes et d’humeurs est très satisfaisant, musicalement parlant. Parfois, le pathos émouvants des déclamations vocales et la poésie funèbre qui s’en dégagent semblent prémonitoires, à plus d’un siècle d’intervalle et de style, au lied de Schubert, dont la vie s’arrêta aussi brusquement que Bruhns…

L’ensemble italien a réunit les douze cantates pour la première fois au disque. L’interprétation d’ensemble est honorable. Les voix sont expertes dans ce domaine du baroque allemand. Les mélismes virtuoses sont bien exécutés. Un seul bémol cependant au baryton, dont le timbre trop différencié défait quelque peu l’homogénéité d’ensemble. La prise de son un peu sèche et restreinte en espace empêchent librement la musique de nous atteindre. Il faut alors retourner à l’excellent « Heart’s Refuge » du Early Theater of Music de Daniel Taylor (Analekta. 2014) dont une cantate de Bruhns fut reprise, mais cette fois-ci, dans une atmosphère tout à fait sublime.

Catoire, Georgy (1861-1926) Oeuvres pour violon et piano. Laurence Kayaleh, Stéphane Lemelin.

Posted in Catoire on 9 août 2016 by rfauclair

81OtCNZ9LfL._SL1200_Sonates op.15 (1906) et op.20 (1906).

Elegy op.26 (1916)

Laurence Kayaleh, violon Guarneri (1742).

Stéphane Lemelin, piano.

Enregistré à la Salle Pollack, Université McGill, Montréal en juin 2015.

Naxos. 2016. 8.573345. 52m.31s.

Appréciation: Bien***

Allegro appassionato op.15 (extrait)

Elegy en ré mineur op.26

Ayant vécu dans l’entourage de Tchaïkovski et encouragé par celui-ci, Catoire a longtemps été éclipsé par les grands compositeurs russes de son époque. Pourtant, ces pièces pour violon et piano sont de haute qualité, tout en largesse d’écriture, passionnées et profondes. Elles annoncent à la fois Rachmaninov et Debussy.

Catoire, d’ascendance française, rejoint en effet, par plusieurs traits, l’œuvre de Debussy. Il faut souligner ici les « jeux d’eaux » du pianiste montréalais (faculté McGill tout comme Kayaleh), excellent dans ses phrasés coulants et éloquents. Son piano est sans reproche, en grandeur d’âme, qui nous interpelle par le romantisme exacerbé de cette musique.

Malheureusement, le violon n’est jamais vraiment convaincant. Il semble détaché du drame. Pourtant la partition souligne par elle-même la violence des sentiments qui s’y trouve. Pour une oreille sensible, on y décèle péniblement quelques fautes de justesse. La prise de son n’aide en rien l’artiste, l’exposant de très près dans ses moindres imperfections. Par contre, elle se reprend de belle façon grâce à la prestance sonore de son Guarneri pour les parties plus introspectives. (Élégie op.26). Il faut entendre le duo Breuninger-Zassimova (CPO 2009) pour comprendre et apprécier totalement la dramaturgie de Catoire, véritable romantique que l’on redécouvre aujourd’hui.

Comparatif: Laurent Albrecht Breuninger et Anna Zassimova. CPO. 2009.

Allegro appassionato:

Elegy: