Bach, J.S.(1685-1750) Le Clavier bien Tempéré Livres I et II. George Lepauw, piano.

Posted in Bach J.S. with tags on 15 février 2020 by rfauclair

48 Préludes et Fugues bwv 846-893.

George Lepauw, piano Steinway D.

Enregistré en 2017 à Jacobskirche, Weimar.

Orchid Classics. 2019. ORC100107. 5cds. 5h.10m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

 

Prélude et Fugue en do majeur Livre I

Prélude et Fugue en fa mineur Livre I

Prélude et Fugue en do majeur Livre II

Prélude et Fugue en fa mineur Livre II

George Lepauw (n.1980) présente un Clavier bien différent de ce qu’on entend habituellement. Entre l’ombre et la lumière, le pianiste français nous invite à une expérience bien personnelle dans sa façon de traduire cet Ancien Testament du piano. Les libertés de tempos, que l’on jugera du premier regard d’une lenteur excessive, vont progressivement nous captiver. On finit par s’installer, à se résoudre et s’abandonner à cet univers intemporel. L’improvisation est omniprésente, d’une recréation magnifique de l’instant présent, constamment mouvante, imprévisible comme une eau qui s’écoule. Elle nous porte dans son courant continu, vers l’indéfinissable, le mystère. Ce Clavier bien tempéré est admirable et essentiel. Prise de son irréprochable.

 

 

Beethoven (1770-1827). Les Sonates pour piano. Quelques intégrales.

Posted in Beethoven on 9 février 2020 by rfauclair

Pour le 250e anniversaire de Beethoven cette année, voici des intégrales qui ont marqué la discographie depuis près de 60 ans. Elles sont classées par ordre chronologique. Il y a dans cette sélection des incontournables, mais également des choix discutables, car il y a autant de pianistes que d’interprétations différentes. Les grandes légendes du piano d’avant 1960 ne sont pas présentées ici, seulement pour une question de qualité d’enregistrement.

Les 32 sonates (35 si l’on compte les sonatines d’adolescence) vont toujours demeurer dans le paysage de la musique classique. Jamais un compositeur nous a parlé si directement par sa musique. Son exubérance, ses passions et déceptions, ses luttes intérieures, son désespoir. Par le piano, véritable catharsis de sa vie faite d’échecs et de triomphes, il nous livre autant son génie que ses plus grands secrets. Le premier mouvement de la sonate op.109 servira de comparatif à toutes les interprétations.

 

Claudio Arrau (1903-1991). Plus personne n’ose jouer de cette façon aujourd’hui. Le pianiste chilien, véritable légende, impose des phrasés très larges et d’une lenteur ineffable, comme suspendue dans le temps. C’est du grand piano, parfois lourd, mais riche en climat méditatif, d’un lyrisme émouvant, transcendant. Sa deuxième intégrale, mieux enregistrée, qu’il entreprendra une vingtaine d’année plus tard, presque achevée, ira encore plus loin dans ce style qui appartient à lui seul, d’une ampleur inégalée. Phillips/Decca. 1962-1966. Prise de son acceptable, un peu compacte. Appréciation: Très Bien****

Sonate op.2 no.3 en do majeur (1795).

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Wilhelm Kempff (1895-1991). Pour plusieurs mélomanes et musiciens, il demeure encore la référence. Il est complètement à l’opposé du grand Arrau. Son articulation est toujours claire, structurée, mais d’une irrésistible humeur. C’est du piano sans maniérisme, d’une apparente simplicité. Avec lui, Beethoven sourit ou s’épanouit librement. Kempff demeure le modèle pianistique, l’idéal sonore qui sert admirablement bien toutes les périodes du compositeur. Lumineux et d’une rigueur indiscutable. Deutsche Grammophon. 1964-65. Prise de son très claire, manquant un peu de rondeur au piano. Appréciation: Sommet du Parnasse******

Sonate op.2 no.2 en la majeur (1795).

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Daniel Barenboïm (1942-). Il jouait déjà tout Beethoven dans son adolescence. Il a enregistré cette intégrale des sonates à 24 ans seulement. Ce pianiste bourré de talent fut la sensation des années 60, la star de la musique classique de l’époque. Son style est parfois très dur, échevelé et souvent spectaculaire. À l’autre extrême, il sait s’effacer devant des pianissimos à fleur de peau, mue par de longues divagations en état de transcendance. Parmi les légendes de son temps, le jeune Barenboïm s’est imposé de manière convaincante. EMI/Warner. 1966-69. Remasterisé en 2012. Prise de son bien enrobée et homogène. Appréciation: Superbe*****

Sonate op.10 no.1 en do mineur (1798)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Paul Badura-Skoda (1927-2019). Grand pianiste et musicologue autrichien jusqu’au bout des doigts, il a choisi pour cet enregistrement un Bösendorfer Impérial, car « L’instrument possède un son tout à fait viennois« . Curieux de restituer les intentions premières du compositeur, Badura-Skoda s’est spécialisé dans la recherche historique. Par la suite il fera d’ailleurs une intégrale des sonates sur instruments d’époque. Le musicien décortique, analyse la partition avec intelligence. Son jeu est dynamique, précis, d’une articulation intuitive, marqué souvent par la danse. Enregistré dans des conditions idéales pour le 200e anniversaire de Beethoven, ce coffret respire l’authenticité d’un bout à l’autre. Prise de son détaillée. Gramola. 1969-70. Appréciation: Sommet du Parnasse******

Sonate op.2 no.1 en fa mineur (1795).

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Alfred Brendel (1931-) Le pianiste allemand préconise un jeu dépouillé, réfléchi, toujours attentif à la moindre nuance, d’un respect quasi fanatique de la partition. Cependant, avec Beethoven, ça ne fonctionne pas toujours. Brendel a ses admirateurs, comme ses détracteurs. Il demeure un musicien peu engagé émotionnellement, encore perçu comme un cérébral. Cependant, son toucher inimitable, impressionniste, créé de belles rêveries en demi-teintes. Brendel est à son mieux dans les climats de grisaille poétique. Version à écouter par jour de pluie. Phillips/Decca. 1970-77. Prise de son de qualité. Appréciation: Bien***

Sonate op.22 en sib majeur (1800)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Vladimir Ashkenazy (1937-) Le pianiste et chef d’orchestre russe propose une lecture grandiloquente des oeuvres de Beethoven. C’est un anti-Brendel qui aime la démesure. Son interprétation, d’une ampleur symphonique, martelant au fer rouge l’instrument, est impressionnante. Il mord à pleines dents dans les passages rapides grâce à un doigté très percutant, d’une grande force tellurique. La fameuse réplique de Beethoven« Il faut briser le piano! » lui convient tout à fait, mais pas toujours pour les auditeurs! Comme un chef d’orchestre, il exploite toutes les palettes sonores du piano. Mais il sait également s’attendrir, et certains passages sont d’une douceur lyrique sublime que l’on perçoit comme au travers d’un voile. Du grand piano qui a marqué la discographie. Decca. 1971-80. Prise de son riche en médium-basse, un peu réverbérée. Appréciation: Superbe*****

Sonate op.7 « Grande Sonate » en mib majeur (1797)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Anton Kuerti (1938-) Né à Vienne, il s’installa ensuite définitivement au Canada. Pianiste atypique, il a abordé à peu près tous les genres. Son intégrale de Beethoven a marqué les esprits de manière indélébile. Il n’hésite pas à prendre des risques grâce à une lecture très personnelle. Il transfigure la partition, à la limite de la trahir, en la contrastant fortement ou en modifiant les tempos à sa guise. Imprévisible, parfois outrancier, Anton Kuerti ne laisse personne indifférent. On aime ou pas du tout. Aquitaine/Analekta. 1975-76. Prise de son moyenne, un peu sèche. Appréciation: Bien***

Sonate op.27 no.2 en do dièse mineur « Clair de Lune » (1801)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Annie Fisher (1914-1995) Née à Budapest, Annie Fisher fut une pianiste admirée en son temps. Elle est reconnue comme une musicienne intransigeante, très auto-critique. Elle refusa que ses enregistrements des sonates de Beethoven soient publiés dans les années 70. Ce n’est qu’après sa mort que Hungaroton les a offert au public. On a alors découvert une pianiste exceptionnelle. Cette maxime pourrait s’appliquer à elle…« Tout ce que vouliez entendre de Beethoven sans avoir oser le demander »! Nos conceptions d’un Beethoven rageur, colérique, passionné se retrouvent ici, sous les mains de cette artiste extraordinaire. Il y a ce piano capté de manière directe, sans pudeur, d’une présence intimidante. L’exécution intense, dynamique et extravertie de la pianiste ne laisse aucun doute quant à ses motivations. C’est de l’expression pure et dure, sans concession, sans compromis. Magistral. Hungaroton. 1976-77. Prise de son très proche, détaillée. Appréciation: Sommet du Parnasse******

Sonate op.13 « Pathétique » en do mineur (1798)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Maurizio Pollini (1942-) La grande classe du piano. Pollini représente la tradition du piano classique comme on l’entend. Son Beethoven est à la hauteur des attentes. Mais qui est Pollini? En quoi se démarque t’il? Mis à part ses chantonnements qui sont typiques de sa personne, sa prestation n’ajoute rien de vraiment original aux sonates. Sa contribution est tout de même de grande valeur. Cependant, cette intégrale enregistrée sur plusieurs années, live ou en studio, demeure inégale. Deutsche Grammophon. 1976-2014. Prise de son généralement bonne. Appréciation: Très Bien****

Sonate op.26 en lab majeur « Marche funèbre »(1801)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Paul Badura-Skoda (1927-2019) Le musicien viennois a choisit sept instruments authentiques pour interpréter Beethoven. Les pianofortes datent de 1790 à 1830, tous restaurés. Il font partie, pour la plupart, de la collection personnelle du pianiste. Ces enregistrements légendaires avaient disparu des catalogues depuis longtemps. On les retrouve avec joie, comme de vieux manuscrits que l’on avait perdu. L’éminent pianiste, récemment disparu, a laissé un héritage important quant à l’interprétation historique de la musique de Beethoven. Le livret, très élaboré et passionnant, a été écrit par le musicologue Harry Halbreich. Ses commentaires sur chaque sonate sont inestimables. Véritable guide spirituel, il nous fait entrer en détails à l’intérieur de chaque oeuvre. La prise de son va dans le même sens, elle est d’une expérience immersive avec les instruments. On vit au sein de leurs charmes nostalgiques; des petits bruits de mécaniques imparfaites, du bourdonnement singulier des graves aux délicates intonations des aiguës, d’une maladresse parfois amusante. On voyage dans le temps à mesure que les sonates changent et se développent, tout comme les instruments gagnent en profondeur et en expressions étonnantes. Badura-Skoda réussit à nous émouvoir, à pénétrer nos âmes. Son jeu naturel nous chavire, nous captive malgré la fragilité de ces antiquités. Dans le vieux salon feutré, tapissé de souvenirs, la silhouette de Ludwig semble se profiler au mur. Unique et indispensable. Arcana/Outhere Music. 1979-1990. Appréciation: Sommet du Parnasse******

Sonate op.27 no.1 en mib majeur (1801) Fortepiano A.Walter, 1790.

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820) Fortepiano C.Graf, 1824.

 

 

 

Bernard Roberts (1933-2013) Le pianiste britannique offre une version solide des sonates. Sans prétention, il livre un Beethoven bien charpenté, très satisfaisant. Ce spécialiste de Bach semble avoir transféré le même style de jeu à son Beethoven. Cela donne une articulation un peu verticale, raide par moment, qui ne déroge pas trop du cadre. Parfois, on croit entendre du Bach. Tout cela est très germanique! Dommage que ce massif instrument soit baigné dans une sorte de brume acoustique. Nimbus. 1982-88. Prise de son éloignée. Appréciation: Très Bien****

Sonate op.31 no.3 « La Chasse » en mib majeur (1802)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Stephen Kovacevich (1940-) Kovacevich transmet aux sonates une énergie spontanée, vivifiante, leur donnant un aspect de quasi-fantasia. C’est le mouvement et l’être de la musique qui prend forme. Il redessine les courbes musicales, libérant chaque mesure dans un élan jubilatoire. Les mouvements méditatifs ne se perdent jamais en conjecture, ni ne s’enlisent en lenteurs excessives. On discerne parfois une sorte de magie poétique qui s’élève dans l’air. Son cantabile est volatil, sublime. À mesure que les sonates progressent et se complexifient, on saisit toute la portée de son talent. Véritable acrobate, toujours sur le qui-vive, rien n’est à son épreuve. On dit que son interprétation de la Hammerklavier op.106 est l’une des plus grandes. Je le crois. Dans cette oeuvre de la démesure, le pianiste américain a tout donné. C’est l’intégrale la plus passionnante. Warner/EMI. 1991-2003. Prise de son inégale mais de bonne qualité. Appréciation: Sommet du Parnasse******

Allegro de la Sonate op.106 Hammerklavier en Sib majeur (1819)

Moderato cantabile op.110 en lab majeur (1821)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Louis Lortie (1959-) Entrepris sous la supervision de Chandos en 1991, ce n’est qu’en 2010 que Louis Lortie compléta son cycle Beethoven. La qualité exceptionnelle des enregistrements est restée homogène d’un album à l’autre. La luminosité introspective, le soin impeccable de son jeu et la recherche constante de la pureté des résonances sont les grandes qualités du pianiste canadien. En fait, je dirais que ce cycle fut le début de quelque chose de neuf, une cassure évidente entre l’ancien et le nouveau. Jamais un piano n’avait aussi bien résonné! Mais ce Beethoven un peu trop lisse et sage nous laisse momentanément en marge de sa véritable nature. Lortie a choisi de nous le présenter ainsi, d’une manière immaculée. Chandos. 1991-2010. Prise de son très soignée, un peu distante. Appréciation: Superbe*****

Sonate op.28 en ré majeur « Pastorale » (1801)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Idil Biret (1941-) Impossible de ne pas parler de cette grande dame du piano. La pianiste turque a eu comme maîtres Nadia Boulanger, Alfred Cortot, Wilhelm Kempff. Rien de moins. Elle a enregistré une multitude de disques: Tout Brahms, Chopin, Schumann…La plupart, comme les 32 sonates de Beethoven, furent gravées sur son propre label (Idil Biret Archive). Avec elle, c’est le respect du chant avant tout. Lorsque la touche s’éteint, la note semble vivre d’elle-même, vibrant une infime parcelle de temps. C’est l’art secret des grands pianistes, je crois. Elle sait se restreindre à l’intimité la plus précieuse, l’humilité du moment, l’absence du moi devant la musique. Le piano est là, tout près de soi. C’est l’instrument des confidences. Cette musicienne sait en raconter tous les secrets. Mais elle est également d’un magnétisme conquérant, les tempos étant toujours bien marqués et accentués, d’un caractère irrésistible. Il y a tant à découvrir dans ce coffret. IBA. 1994-2008. Prise de son rapprochée, très claire. Appréciation: Sommet du Parnasse****** 

Sonate op.31 no.2 « Tempête » en ré mineur (1802)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Mari Kodama (1967-) La pianiste japonaise, de nationalité française, a enregistré le cycle sur une période de 10 ans dans une petite salle de concert en campagne néerlandaise. Sous la direction des ingénieurs de Pentatone, les même conditions d’enregistrement ont été préservées. D’un bout à l’autre de cette aventure musicale, il y a cette ambiance feutrée, d’une grande douceur. Cela correspond tout à fait à l’image de cette musicienne qui privilégie la délicatesse et la subtilité dans ses interprétations. Son jeu est soigné, bien phrasé et équilibré. Jamais on n’est heurté de plein fouet. En fait, elle effleure la personnalité de Beethoven, sans trop s’y engagée. La beauté paisible de sa prestation nous berce la plupart du temps. Une version pour se reposer. Pentatone. 2003-2013. Prise de son douce, un peu distante. Appréciation: Superbe*****

Sonate op.54 en fa majeur (1804)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Gerhard Oppitz (1953-) Pianiste allemand, pédagogue reconnu et respecté, Oppitz est considéré comme une valeur sûre dans le milieu. Il vénère Claudio Arrau, dont il fut son disciple. Il aime les grandes phrases musicales, le grand piano classique noble et puissant. Il se dégage de sa prestance une force tranquille, respectueuse de la tradition. Il a enregistré tout Schubert et tout Brahms. Il a reçu le prestigieux prix Brahms, décerné pour sa contribution au patrimoine du célèbre compositeur. Toute cette culture se sent dans sa manière d’aborder Beethoven. Il suffit d’écouter la sonate Waldstein pour en saisir l’amplitude, la force d’expression de ce pianiste d’exception. Une des plus grandes interprétations que j’ai entendu. Dommage que le piano soit un peu loin, comme si l’on était au fond d’une salle. Hanssler. 2004-2006. Prise de son lointaine. Appréciation: Superbe*****

Sonate op.53 « Waldstein » en do majeur (1803)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Ronald Brautigam (1954-) À l’époque de Beethoven, les pianofortes étaient encore en pleine évolution. Lui-même restait insatisfait de leur performance. Leur son est compact et raide, d’une portée de chant limité. Mais ils possèdent aussi quelques charmes distinctifs qui peuvent séduire et surprendre. Brautigam joue sur trois copies d’instruments du facteur Paul McNulty qui correspondent aux trois périodes du compositeur. Le pianiste fait usage de toutes les techniques de jeux possibles et de pédales variées pour allonger le son ou en modifier les timbres. Avec Ronald Brautigam, force est d’admettre que tous ses efforts pour faire passer la musique de Beethoven en valait la peine. Son jeu est d’un dynamisme électrisant, d’une virtuosité démentielle!  Les limites des pianofortes ont poussé le musicien à aller au bout de ses capacités techniques et expressives. Mais au fil d’arrivée le grand gagnant sera toujours le piano moderne. Bis Records. 2004-2010. Prise de son soignée, un peu distante et réverbérée. Appréciation: Très Bien****

Sonate op.57 « Appasionnata » en fa mineur (1805)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Andras Schiff (1953-) Le pianiste hongrois est considéré comme un musicien méthodique, d’une rigueur technique extrême. Il épure la musique, en se détachant de tout affect sentimental. Il va encore plus loin dans sa démarche avec Beethoven. Son Bösendorfer translucide émet des sons cristallins, miroitant dans une sorte d’éther intemporel. Dans cet absolu, glacé et sans relief, la musique de Beethoven est désincarnée. Il n’y a rien d’autre. De l’autre coté de ce beau miroir, on ne ressent plus rien. Une intégrale bien particulière, qui fascine autant qu’elle déçoit. ECM. 2005-2008. Prise de son limpide, très réverbérée. Appréciation: Bien***

Sonate op.78 « À Thérèse » en fa dièse majeur (1809)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Paul Lewis (1972-) Pianiste reconnu comme l’un des plus grands de notre temps, Paul Lewis a bouleversé le monde de la musique avec son intégrale Beethoven. Dès lors, les interprétations que l’on considéraient comme les meilleures ont perdu quelques étoiles…D’un immense respect envers la musique, son style pourrait se résumer à un seul mot: Splendeur! Ses tempos sont amples et magnifiques. De cette relative lenteur apparaît toute la beauté du chant, enveloppé de chaleur humaine et spirituelle. La recherche constante de ce lyrisme tendre et mélancolique se retrouve même au sein de passages les plus furieux de Beethoven. L’émotion est noble, béatifiée par le sens des couleurs les plus nuancées, comme des plus profondes. Ce piano est beau à faire pleurer. Lewis a créé des mouvements de vagues incessantes, de flux et de reflux dynamique, comme si le piano prenait la forme d’un grand navire sur la mer. Cet art interprétatif du génie Beethoven nous transporte bien au-delà de l’horizon. Indispensable. Prise de son irréprochable. Le coffret inclue les Concertos et les Diabelli. Harmonia Mundi. 2005-2008. Appréciation: Sommet du Parnasse******

1er mouvement Sonate op.101 en la majeur (1816)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

3e mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Jean-Efflam Bavouzet (1962-) Rien ne nous vient vraiment à l’esprit quand on écoute Bavouzet. C’est du beau piano, sans faute, bien réglé, élégant. Très linéaire, simple, d’un caractère intime. La musique suit son cours sans que rien ne vienne la perturber. Il n’y a ni esbroufe d’un musicien qui en fait trop, ni d’un technicien qui se contente de faire des sons. Bavouzet est situé au juste milieu de tous les styles. Dans ces conditions, impossible à l’auditeur d’être déstabilisé. Dans ce cas, le plaisir et l’ennui se tiennent la main. Une version en zone neutre. Chandos. 2008-2016. Bonne prise de son. Appréciation: Bien***

Andante Favori Woo57 en fa majeur (1804)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Martino Tirimo (1942-) En 16 disques, le pianiste chypriote a enregistré l’oeuvre complète pour piano de Beethoven. Le coffret inclue toute la période de jeunesse, les bagatelles, les nombreuses danses, les variations et diverses pièces isolées encore peu connues. Beethoven demeure un génie de l’invention musicale. Même les premières sonatines écrites à douze ans possèdent un talent d’écriture étonnant. Marino Tirimo est un pianiste de qualité et de grande expérience qui présente un jeu très caractéristique, qui semble tributaire de Wilhelm Kempff. Au sein de tempos plutôt modérés, son articulation a quelque chose de mordant, de truculent, d’une narration toujours pertinente. Brillant sans être trop expansif. Expressif sans débordement. Il est d’une virtuosité solidement ancrée dans le respect du cadre rythmique qu’il s’impose, mais qui freine parfois certains élans dynamiques. La musique est vive, contrastée, soulignant la variété des caractères psychologiques de chacune des sonates. Après plusieurs heures d’écoute, le plaisir est encore là. On en redemande! Un excellent pianiste à découvrir. Hanssler. 2008-2018. Prise de son aérée et précise. Appréciation: Superbe*****

Sonate op.81a « Les Adieux » en mib majeur (1810)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

HJ Lim (1986-) À 25 ans seulement, la pianiste sud-coréenne a complété cette intégrale. Son apparition au catalogue fut très médiatisé. L’accueil général de la critique est très partagé. On reconnait sa virtuosité époustouflante, mais les libertés qu’elle prend globalement sur le cycle sont condamnées avec véhémence. D’autres ont salué sa prise de risque et sa façon originale d’aborder Beethoven. Ses tempos expéditifs sont surprenants. (Le Clair de Lune passe si vite! ). Elle brise bien des conventions par des phrasés très libres, à la limite de la désinvolture. Version choquante, déstabilisante, il y a un malaise qui s’installe en cours de route. Dans une discographie déjà saturée, HJ Lim réussi a attirer l’attention sur elle, mais pas sur Beethoven. Warner Classics. 2011. Prise de son voilée, caverneuse. Appréciation: Moyen**

Sonate op.79 en sol majeur (1809)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

Igor Levit (1987-) Pianiste germano-russe, il s’est fait une grande réputation avec la sortie de cette intégrale de haute qualité chez Sony Classical. Avec Levit, on est en pleine modernité de l’interprétation pianistique. Son jeu est tout en fluidité, de haute voltige, d’un élan vivifié par une invention de tous les instants. Ça respire la fraîcheur, la nouveauté. Il y a cette main droite, particulièrement ornée, qui est d’un ravissement continuel. À la base cependant, il demeure prudent et traditionnel, la fondation de la structure n’étant jamais altérée. Et l’acoustique un peu flottante laisse l’auditeur à distance de ce monde de rêve. Envoûté par la beauté, mais étrangement, ni ému, ni ébranlé. Sony Classical. 2013-2019. Prise de son en belles résonances, un peu voilée et éloignée. Appréciation: Très Bien****

Sonate op.90 en mi mineur (1814)

1er mouvement Sonate op.109 en mi majeur (1820)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mozart (1756-1791) Concertos no.22 et 24. Charles Richard-Hamelin. Les Violons du Roy.

Posted in Mozart with tags on 25 janvier 2020 by rfauclair

Concerto pour piano no.22 k.482 en mib majeur (1785)

Concerto pour piano no.24 k.491 en do mineur (1786)

Charles Richard-Hamelin, piano.

Les Violons du Roy, Jonathan Cohen, direction.

Enregistré au Palais Montcalm, Québec, en juillet 2019.

Analekta. 2020. AN 2 9147. 64m.35s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Allegro du Concerto no.22

Enfin, du sang neuf pour Mozart! Dès l’ouverture du concerto en mi bémol, on est saisit par le souffle nouveau des Violons du Roy. Les lignes mélodiques sont sinueuses, expressives, traitées à la baroque sans vibrato. Mozart est ici irrésistible et exaltant, porté par une rythmique noble, évitant les emportements frénétiques. Le lyrisme est à la fois tendre et dynamique. Mais ce qui étonne le plus est la section des vents, d’une souplesse de phrasé magnifique, comme si on les découvrait pour la première fois. Jonathan Cohen, expert en musique ancienne, a modelé son orchestre, et a eu exactement le son qu’il voulait. Le travail des plans sonores est admirable, dont il faut souligner ici la prise de son qui a tout capté dans un équilibre exemplaire.

Charles Richard-Hamelin, égal à lui-même, confiant, propose du Mozart bien solide, sans maniérisme. Son instrument est chantant, voluptueux. Il invite et conduit l’auditeur à s’élever avec lui. Le mystère Mozart est là, quelque part en hauteur. La sonorité est riche et pleine, somptueuse. Ses propres cadences qu’il a créé sont justes. Elles s’installent naturellement au sein de la partition originale. Elles ajoutent un élément de nouveauté à l’ensemble, d’une poésie quasi-beethovénienne. Et Chopin n’est pas bien loin lui non plus! Un seul bémol, la brièveté des cadences nous laissent un peu sur notre faim. On en voulait plus!

Prise de son généreuse, très large en acoustique. Présence du piano tangible, très sonore. Un grand Mozart, chaudement recommandé. On espère maintenant tous les autres concertos avec la même équipe!

 

Ries, Ferdinand (1784-1838) Quatuors à cordes. Schuppanzigh-Quartett.

Posted in Ries on 15 décembre 2019 by rfauclair

Quatuors composés entre 1805-1827.

Schuppanzigh-Quartett (instruments d’époque).

Enregistré entre 2004-2016 par la Deutschlandfunk.

CPO. 777014/227/305-2. 3cds. 52m./60m./75m.

Appréciation: Superbe*****

Allegro du Quartet Woo37 (1827)

Larghetto con moto du Quartet Woo48 (1824)

Air russe du Quartet op.70 no.1 (1816)

Finale du Quartet op.126 no.2 (1824)

« Dans le quatuor, l’expression de toute idée musicale se limite à ses éléments les plus strictement nécessaires, les quatre voix, avec lesquelles elle ne peut capter l’attention que par son contenu même… » (Carl Maria von Weber).

Voilà une définition qui résume bien le quatuor à cordes. Une réduction à l’essentiel de la musique. On peut le comparer à quatre personnages discutant ensemble de manière intelligente, tout en s’écoutant les uns les autres. Cette forme d’art complexe, rigide et exigeante, c’est surtout à Haydn que l’on doit d’en avoir fixé les règles de base. Il a voué presque toute sa vie au genre. Beethoven a trimé dur pour créer ses propres quatuors, comme en témoigne les nombreuses esquisses inachevées et les ratures sur les manuscrits originaux. Quant à Mozart, pourtant habitué à travailler très rapidement, il s’est retrouvé souvent bloqué devant la difficulté de la tache. « Ce fut un long et dur labeur » dira t’il des quatuors dédiés à Haydn.

Le quatuor à cordes révèle bien souvent les motivations les plus personnelles du compositeur. En dehors des goûts du public, ces oeuvres sont souvent exécutées dans un espace intime par le compositeur lui-même qui en assume une des parties. La plupart du temps, des amis proches du musicien se joignent à lui. Ce fut le cas de Ferdinand Ries, élève et ami de Beethoven qui le fréquenta pendant quelques années à Vienne. Ries était un excellent violoniste et compositeur. Il fut cependant complètement éclipsé par le géant Beethoven. Ces oeuvres ne furent que peu publiées de son vivant. On dit qu’à la fin de sa vie il demeura amer de cette situation.

Depuis quelques années, la maison de disque CPO s’est consacrée à nous le faire redécouvrir par un nombre appréciable d’enregistrements. La musique de Ries est à la croisée des chemins. Un mélange classique/romantique. Une première impression de ses quatuors nous fait évidemment penser à Haydn et au jeune Beethoven. Mais la richesse et l’inventivité que Ries a apporté à ses quatuors force l’admiration. Très méticuleux et exigeant dans son travail, (il n’a d’ailleurs publié qu’une dizaine de quatuors sur les 26 qu’il a créé), sa musique étonne par sa densité, tissée très serrée, tout en demeurant accessible et harmonieuse. Le cerveau est fortement stimulé, autant que le coeur qui en ressent toutes les passions!

Après plusieurs écoutes, l’auditeur se surprend à découvrir sans cesse de nouveaux éléments à la musique de Ries. Composés entre 1805 et 1827, les quatuors proposés ici par le Schuppanzigh-Quartett sont interprétés sur instruments d’époque avec une précision remarquable. Les instrumentistes ont accompli, à tous égards, une réussite exemplaire et totalement satisfaisante. On espère d’autres volumes du même ensemble, car Ferdinand Ries le mérite amplement.

 

 

Tessarini, Carlo (1690-1766?) Sonates pour violon et Sonates en trio.

Posted in Tessarini on 14 décembre 2019 by rfauclair

Six sonates pour violon op.14 (1748)

Six sonates en trio op.9 (1737)

Valerio Losito et Paolo Perrone, violons baroques.

Carlo Calegari, contrebasse. Diego Leveric, archiluth.

Federico del Sordo, clavecin.

Enregistré à Église de la Visitation, Rome en 2018.

Brilliant Classics. 2019. 95861. 2cds. 48m.52s./57m.42s.

Appréciation: Superbe*****

Sonate op.14 no.1

Sonate op.14 no.3

Sonate en trio op.9 no.5

Voilà un album des plus agréables qui nous présente un compositeur encore méconnu de l’époque baroque. Carlo Tessarini fut un brillant violoniste qui voyagea beaucoup à travers l’Europe. Né à Rimini au tournant du 18e siècle, Tessarini était l’un de ces innombrables musiciens italiens dont on admirait la technique virtuose. À la fin de sa vie il s’installa en Hollande où il mourut autour de 1766. Il représente de belle façon l’après-Vivaldi en proposant une musique au souffle nouveau qui se situe juste avant le style galant. L’expression est simple, d’une beauté rayonnante, sans être extravagante. La musique est d’une fluidité constante qui évite les pièges de la répétition. Fait que l’on retrouve souvent chez Vivaldi par exemple.

Le violon de Valerio Losito est juste et beau. D’un timbre séduisant, le violoniste italien possède un coup d’archet ultra léger qui permet à la musique de prendre son envol avec aisance. Il est accompagné d’une basse continue experte et créative. L’archiluth de Diego Leveric est particulièrement remarquable. Ses parties obligées sont très bien écrites. Elles apportent une poésie touchante à certains adagios. Par ailleurs, son accompagnement permet également de belles relances rythmiques. Chose plutôt inusitée, on a choisit une contrebasse qui apporte une profondeur particulière à la basse continue.

Aucun ennui ne s’est installé pendant l’écoute de ces deux disques. L’album est une réussite, grâce à l’interprétation, du choix varié de l’accompagnement, et de l’acoustique expansive qui permet aux sons de s’épanouir avec douceur. Mais c’est surtout grâce à l’art de Tessarini qui a su doser la clarté d’une écriture savante au bonheur simple d’une écoute sans souci. Chaudement recommandé.

 

Scarlatti, Domenico (1685-1757) 52 Sonates. Lucas Debargue.

Posted in Scarlatti D. with tags on 9 décembre 2019 by rfauclair

52 sonates.

Lucas Debargue, piano Bösendorfer.

Enregistré à Jesus-Kirche de Berlin en 2018.

Sony Classical. 2019. 19075944462. 4 cds.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

« Chaque sonate célèbre le miracle de l’harmonie tonale. On y trouve des éléments baroques, préclassiques et classiques, mais la légitimité de ces termes pâlit devant l’intemporalité des pièces, où l’équilibre entre rigueur formelle et invention débridée atteint quasi systématiquement la perfection. »(Lucas Debargue).

Sous les doigts de Lucas Debargue, il y a une inventivité précieuse à tous les instants. Son interprétation est à l’image de la musique de Scarlatti, pétillante, faite d’imprévisibilité et d’un foissonement d’idées surprenantes. Ce parcours de 52 sonates, la plupart présentées en dyptique de mêmes tonalités, s’écoute avec un plaisir constant. On entre dans un espace de couleurs et d’émotions en kaléidoscope. La verve du propos, le soulignement subtil des états d’âme les plus diverses, voilà l’art de Lucas Debargue. Celui-ci ne cessera jamais de nous surprendre. Cet album est d’une joie absolue, un véritable coffre aux trésors rempli de merveilles.

Sonate K.443 en ré majeur

Sonate K.27 en si mineur

Sonate K.491 en ré majeur 

 

Karlsons, Juris (n.1948) Oeuvres chorales sacrées. Latvian Radio Choir. Sigvards Klava.

Posted in Karlsons, Juris with tags on 1 décembre 2019 by rfauclair

Oremus (2018).

Adoratio (2010) pour choeur et orchestre.

La lagrime dell’anima (2013).

Ora pro nobis (2019).

Sinfonietta Riga. Latvian Radio Choir.

Sigvards Klava, direction.

Enregistré à St-John’s Church, Riga entre 2014 et 2019.

Ondine. 2019. ODE 1342-2. 65m.30s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Ora pro nobis

Adoratio (extrait début et fin)

Juris Karlsons est un compositeur de la Lettonie. Ce petit pays de l’Europe du nord est situé entre la Lituanie et l’Estonie sur le bord la mer Baltique. Sa population est de seulement 2 millions d’habitants. Selon les statistiques, 50% des lettons auraient accès à l’éducation musicale dès l’enfance. Cela fait beaucoup de personnes qui connaissent et pratiquent la musique! Les gens participent activement à toutes sortes de festivals à travers le pays. Karlsons demeure jusqu’à ce jour, l’un de ses compositeurs les plus connus.

Ce disque admirable présente quelques oeuvres sacrées de Karlsons. La première impression est celle de la pureté des sons, autant par l’interprétation chorale et orchestrale, qui est ici d’une sublime perfection. Adoratio est l’oeuvre la plus substantielle de l’album. C’est une symphonie pour choeur et orchestre. Elle débute par un lento instrumental auquel s’ajoute au fur et à mesure le choeur, en différentes strates harmoniques fascinantes.

Puis un récitant déclame fortement des mots de la liturgie auquel répondent, comme des fidèles, les voix entremêlées du choeur au-dessus des cordes. Il en résulte un climat étrange, extatique. On est en présence de différentes influences, du chant grégorien et de la renaissance en passant par Ligeti, Pärt, Schnittke, liés ensemble par une sorte de magie inexplicable. Le point culminant de l’oeuvre est un clash de percussions démentielles, comme si on se retrouvait tout à coup devant un grand vide cosmique. L’effet est terrifiant. C’est un vertige musical que j’ai rarement éprouvé.

Après ce climax imposant, les sonorités du début de l’oeuvre reviennent doucement dans une ambiance sereine, se réconciliant au Grand Tout, digne des plus belles oeuvres symphoniques de Mahler. Adoratio est certainement une des plus puissantes compositions du post-modernisme qu’il m’a été donné d’entendre. Un chef-d’oeuvre d’aujourd’hui qui se poursuivra vers le futur incertain de nos civilisations.