Archive for the Bach J.S. Category

Bach, J.S. (1685-1750) Sonates et Partitas. Leila Schayegh, violon baroque.

Posted in Bach J.S. with tags on 6 février 2021 by René François Auclair

 

Sonates et Partitas bwv 1001-1006

Violon Guarnerius, Crémone 1675

Enregistré en sept. 2019 et janv. 2020

Salle de Musique, La Chaux-des-Fonds, Suisse.

Glossa. 2021. GCD 924205. 130 m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

 

Preludio de la Partita bwv 1006

Extrait de la Chaconne de la Partita bwv 1004

Gigue de la Partita bwv 1004

Allons droit au but et disons le simplement. Cette interprétation magistrale de la violoniste suisse est d’une rare perfection. Laissons de côté momentanément toute tentative de comparer ce qui a été fait dans un passé lointain ou récent. 

Effaçons de nos mémoires les grands noms du violon, les différentes approches traditionnelles ou baroques. Profitons plutôt du moment présent. Il ne reste que la sublime musique de Bach, les notes qui s’élèvent dans le silence et la réverbération qui les transportent. C’est le discours intérieur de l’esprit qui s’illumine dans une sorte de danse polyphonique des sons.

Dans cette ambiance éthérée, la technique de l’exécution se dissout dans l’espace-temps. L’instrument se transcende et la musicienne n’est plus là. C’est le triomphe de l’esprit sur la matière. 

Ceci n’est pas un disque ou des fichiers numériques. Ceci est la magie des ondes qui atteint les neurones et les font vibrer. Le confinement devient alors une porte ouverte. L’année 2021 et tout le reste n’existe plus. C’est l’effet Bach qui poursuit son oeuvre et fait que ces lignes soient écrites pour tenter d’en expliquer l’essence.

 

 

 

Bach, J.S. (1685-1750) Oeuvres pour luth o cembal. Sean Shibe, guitare.

Posted in Bach J.S. with tags on 24 mai 2020 by René François Auclair

Suite en mi mineur bwv 996

Partita en do mineur bwv 997

Prélude, fugue, allegro bwv 998

Sean Shibe, guitare Bert Kwakkel Merula Special, 2008.

Enregistré à Crichton Collegiate Church, Midlothian.

Delphian. 2020. DCD34233. 46m.24s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Prélude bvw 996

Prélude bwv 998

Gigue et Double bwv 997

J’ai entendu ces pièces des centaines de fois dans le passé. Et j’en ai pratiqué quelques-unes à la guitare en tant qu’amateur. Les retrouver ici par le guitariste écossais Sean Shibe c’est comme les redécouvrir pour la première fois. Son jeu est d’une grande douceur, nuancé et coulant comme une eau limpide, en modulation constante, improvisé de phrasés libres et gracieux.

La suite bwv 996 n’a jamais été aussi française de ton, raffinée et ornée de manière judicieuse. L’oeuvre de Bach pour le luth demeure succincte par rapport à son grand catalogue. Mais ce sont des pièces essentielles, d’une beauté intime inégalée. On espère maintenant que ces arrangements pour guitare de Sean Shibe auront une suite, car son interprétation est tout simplement magnifique.

Bach, J.S. (1685-1750) Clavier bien Tempéré et Petits Préludes. Kenneth Gilbert.

Posted in Bach J.S. on 19 avril 2020 by René François Auclair

Clavier Bien Tempéré Livre I et II (1722 et 1742)

Clavecin Couchet (1671) restauré par Blanchet/Taskin.

Enregistré au Musée de Chartres en 1983.

Archiv Produktion. 1984. 413 439-2. 4cds.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Prélude et Fugue do dièse majeur (Livre I)

Prélude et Fugue ré mineur (Livre I)

Prélude et Fugue do dièse majeur (Livre II)

Prélude et Fugue mib majeur (Livre II)

 

Kenneth Gilbert (1931-2020) a marqué l’histoire interprétative de la musique ancienne au clavecin. Il a redonné une place de choix à ces vieux instruments de musée. C’est grâce à lui et autres pionniers musiciens (Kirkpatrick, Leonhardt, Curtis…) mais également aux artisans-facteurs d’instruments que l’on a redécouvert le clavecin en bonne et due forme. Les enregistrements consacrés à Bach avec Archiv au début des années 80 demeurent des références. Gilbert fut reconnu comme un grand pédagogue. Homme discret, il a eu pourtant une influence décisive sur beaucoup de musiciens.

Quarante-huit préludes et fugues en deux volumes, écrits à vingt ans d’intervalle, dans tous les tons majeurs et mineurs. C’est le grand chef-d’oeuvre de Bach pour le clavier. Un recueil mythique qui a influencé tant de pianistes et de compositeurs dans l’histoire de la musique. Mais c’est d’abord au clavecin que tout cela a commencé. L’instrument Jan Couchet d’Anvers de 1671 est magnifique. Il a d’ailleurs fait partie de la collection de Kenneth Gilbert. La clarté des voix est étincelante, le phrasé généreux. Aucune virtuosité frénétique dans le jeu du claveciniste canadien. C’est l’assurance et la noblesse d’âme au service du Cantor. La musicalité s’y déploie comme sous une voûte étoilée. La quintessence du clavecin. Essentiel.

 

Petits Préludes pour Wilhelm Friedmann Bach (1720)

Préludes et fugues diverses, Fantasia…

Clavecin Couchet 1671.

Enregistré au Musée du Cloître, Chartres en 1984.

Archiv Produktion. 1986. 447 278-2. 60m.38s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Sept Préludes bwv 933-939

Les petits préludes que Bach a écrit pour son fils aîné Wilhelm Friedmann sont de véritables bijoux. Joués sur un authentique clavecin Couchet de 1671, Kenneth Gilbert impose un phrasé régulier et rassurant à ces petits chefs-d’œuvre. Son style de jeu est soutenu de pulsations paisibles, réglé comme une horloge, mais d’une élégance somptueuse. L’instrument dégage une sonorité cristalline et aérienne, jamais agressive. À l’heure où le clavecin est souvent remplacé par le piano moderne, ce disque admirable fait figure d’exception. Élémentaire mais essentiel.

 

 

 

 

 

Bach, J.S. (1685-1750) Passion selon St-Matthieu. Bach Collegium Japan. Masaaki Suzuki.

Posted in Bach J.S. with tags on 23 février 2020 by René François Auclair

Benjamin Bruns, ténor, l’Évangéliste.

Christian Immler, basse, Jésus.

Carolyn Sampson, Aki Matsui, sopranos.

Damien Guillon, Clint van der Linde, altos.

Makoto Sakaruda, Zachary Wilder, ténors.

Toru, Kabu, basse.

Enregistré en avril 2019 à Saitama Arts Theater, Japon.

Bis Records. 2019. Bis-2500. 161m.59s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Chorale O Mensh

Aria Erbame dich (Damien Guillon)

Aus Liebe (Carolyn Sampson)

Mein Jesu gute Nacht et Wir setzen uns mit Tränen

Vingt ans plus tard, Masaaki Suzuki revisite le grand chef-d’oeuvre sacré de Jean-Sébastien Bach. L’exécution d’ensemble a atteint une perfection formelle indiscutable. L’acoustique, moins évasive que dans la première production, est plus près des timbres et des reliefs du double choeur, comme des instruments. Je considère cet enregistrement supérieur et d’une réussite exemplaire. C’est une expérience sonore et spirituelle magnifique. On est au coeur de la mélancolie la plus tendre, du pathos et de l’action, du recueillement et la transcendance. C’est l’éternelle histoire de l’homme-dieu, mise en scène avec amour et déférence.

Les solistes sont de haute qualité. Benjamin Bruns en évangéliste est une révélation, très intense et convaincant. Christian Immler, en Jésus, a toute la profondeur vocale souhaitée pour le rôle. Carolyn Sampson et Aki Matsui éclairent la partition par leurs voix cristallines, irréprochables, d’une grâce humble et retenue. Damien Guillon, excellent contre-ténor, est émouvant, fébrile, théâtral. Pour lui, c’est la consécration. Son interprétation du fameux Erbame dich est un moment unique. Le chef japonais, dont la vie entière fut consacrée à Bach, conduit l’ensemble avec toutes les nuances possibles, toujours à la recherche de la perfection et de l’émotion. Dans toute l’histoire de la grande discographie de cette Passion, Masaaki Suzuki vient de signer son véritable testament. Admirable.