Archive for the Bach J.S. Category

Bach, J.S. (1685-1750) Passion selon St-Matthieu. Bach Collegium Japan. Masaaki Suzuki.

Posted in Bach J.S. with tags on 23 février 2020 by rfauclair

Benjamin Bruns, ténor, l’Évangéliste.

Christian Immler, basse, Jésus.

Carolyn Sampson, Aki Matsui, sopranos.

Damien Guillon, Clint van der Linde, altos.

Makoto Sakaruda, Zachary Wilder, ténors.

Toru, Kabu, basse.

Enregistré en avril 2019 à Saitama Arts Theater, Japon.

Bis Records. 2019. Bis-2500. 161m.59s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Chorale O Mensh

Aria Erbame dich (Damien Guillon)

Aus Liebe (Carolyn Sampson)

Mein Jesu gute Nacht et Wir setzen uns mit Tränen

Vingt ans plus tard, Masaaki Suzuki revisite le grand chef-d’oeuvre sacré de Jean-Sébastien Bach. L’exécution d’ensemble a atteint une perfection formelle indiscutable. L’acoustique, moins évasive que dans la première production, est plus près des timbres et des reliefs du double choeur, comme des instruments. Je considère cet enregistrement supérieur et d’une réussite exemplaire. C’est une expérience sonore et spirituelle magnifique. On est au coeur de la mélancolie la plus tendre, du pathos et de l’action, du recueillement et la transcendance. C’est l’éternelle histoire de l’homme-dieu, mise en scène avec amour et déférence.

Les solistes sont de haute qualité. Benjamin Bruns en évangéliste est une révélation, très intense et convaincant. Christian Immler, en Jésus, a toute la profondeur vocale souhaitée pour le rôle. Carolyn Sampson et Aki Matsui éclairent la partition par leurs voix cristallines, irréprochables, d’une grâce humble et retenue. Damien Guillon, excellent contre-ténor, est émouvant, fébrile, théâtral. Pour lui, c’est la consécration. Son interprétation du fameux Erbame dich est un moment unique. Le chef japonais, dont la vie entière fut consacrée à Bach, conduit l’ensemble avec toutes les nuances possibles, toujours à la recherche de la perfection et de l’émotion. Dans toute l’histoire de la grande discographie de cette Passion, Masaaki Suzuki vient de signer son véritable testament. Admirable.

Bach, J.S.(1685-1750) Le Clavier bien Tempéré Livres I et II. George Lepauw, piano.

Posted in Bach J.S. with tags on 15 février 2020 by rfauclair

48 Préludes et Fugues bwv 846-893.

George Lepauw, piano Steinway D.

Enregistré en 2017 à Jacobskirche, Weimar.

Orchid Classics. 2019. ORC100107. 5cds. 5h.10m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

 

Prélude et Fugue en do majeur Livre I

Prélude et Fugue en fa mineur Livre I

Prélude et Fugue en do majeur Livre II

Prélude et Fugue en fa mineur Livre II

George Lepauw (n.1980) présente un Clavier bien différent de ce qu’on entend habituellement. Entre l’ombre et la lumière, le pianiste français nous invite à une expérience bien personnelle dans sa façon de traduire cet Ancien Testament du piano. Les libertés de tempos, que l’on jugera du premier regard d’une lenteur excessive, vont progressivement nous captiver. On finit par s’installer, à se résoudre et s’abandonner à cet univers intemporel. L’improvisation est omniprésente, d’une recréation magnifique de l’instant présent, constamment mouvante, imprévisible comme une eau qui s’écoule. Elle nous porte dans son courant continu, vers l’indéfinissable, le mystère. Ce Clavier bien tempéré est admirable et essentiel. Prise de son irréprochable.

 

 

Bach et Buxtehude. La Rencontre de Lübeck. Vincent Boucher.

Posted in Bach J.S., Buxtehude on 23 novembre 2019 by rfauclair

Dietrich Buxtehude (1637-1707): Prélude, fugue, chaconne buxwv 137. Prélude buxwv 149. Nun komm Heiden Heiland buxwv 211. Passacaille buxwv 161.

Jean-Sébastien Bach (1685-1750): Toccata bwv 564. Prélude et fugue bwv 535. Nun komm Heiden Heiland, bwv 659. Passacaille bwv 582.

Vincent Boucher, Orgue Beckerath 1960, restauré en 2012.

Enregistré à Oratoire St-Joseph, Montréal en 2017 et 2019.

Atma Classique. 2019. ACD2 2777. 62m.15s.

Appréciation: Superbe*****

Prélude-fugue-chaconne en do de Buxtehude

Toccata-adagio-fugue en do bwv 564 de Bach

Lorsqu’on découvre le Prélude-fugue-chaconne de Buxtehude, on comprend pourquoi le jeune Bach de 20 ans a parcouru 400 km à pied pour le rencontrer! C’est une musique pleine de passion qui fuse de toute part comme les nombreuses flèches d’églises qui percent le ciel de la ville hanséatique. Bach y demeura finalement plus de trois mois et ramena avec lui de précieuses copies de cette musique flamboyante.

De retour à Arnstadt, Bach n’en fait qu’à sa tête à son poste d’organiste. Les fidèles sont choqués par ses libertés fantasques et ses « …curieuses variations mêlées d’accord étranges… » (Bach. Paule du Bouchet. Gaillimard). Aujourd’hui, l’oeuvre de Bach à l’orgue demeure encore la plus appréciée. À l’Oratoire St-Joseph, c’est toujours Bach qui attire le plus grand nombre de mélomanes lors des concerts organisés. C’est dans ce vaste lieu que Vincent Boucher a enregistré cet album très bien réalisé.

Le choix du programme permet de faire un parallèle intéressant entre le vieux maître et le nouveau génie de Bach. Les pièces s’alternent entre les deux compositeurs dans les mêmes tonalités comme dans leurs formes: chorals, préludes, passacailles…Au final, on apprécie autant la luminosité de Buxtehude que les grandes architectures de Bach.

Vincent Boucher, véritable gardien de la grande tradition de l’orgue à Montréal, est un musicien complet, sensible et doué d’une grande connaissance des textes musicaux. Son jeu pourrait être qualifié de respectueux, mais animé d’un feu intérieur à la fois maîtrisé et passionné. L’articulation est toujours claire, très attentive et adaptée à l’immense acoustique de l’Oratoire. Les tempos sont modérés, mais d’une grandiose respiration. La prise de son est étonnamment réussie. Elle transmet autant la proximité de l’instrument que la réverbération spectaculaire de l’endroit. Superbe*****.

 

Bach, J.S.(1685-1750) Les Brandebourgeois. Concerto Copenhagen.

Posted in Bach J.S. with tags on 17 novembre 2018 by rfauclair

71QmK7b376L._SL1203_Les six concertos brandebourgeois bwv 1046-1051

Concerto Copenhagen

Lars Ulrik Mortensen, clavecin et direction.

Enregistré à Eslöv Kirka, Suède en 2017.

CPO. 2018. CPO 555 158-2. 94m.26s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Concerto no.3 bwv 1048

Allegro du concerto no.5 bwv 1050 

Allegro du concerto no.6 bwv 1051 

Encore les brandebourgeois! Après de nombreuses écoutes de l’oeuvre jusqu’à n’en plus soif au courant des trente dernières années par l’amateur que je suis, voici qu’ils reviennent dans une version flambant neuve par les musiciens danois sous la direction du claveciniste et musicologue d’expérience Lars Ulrik Mortensen.

Quelques secondes d’écoute en mode « scan » ont été suffisantes pour une adhésion complète à ce nouvel enregistrement. Pourquoi? Parce qu’enfin ça respire! Les tempis ont été heureusement réajustés en mode relax, vers quelque chose de plus équilibré finalement.

Sur la tonne de versions existantes, il y a eu toutes sortes de parti pris esthétique historiquement informés ou pas du tout. Même Karajan les avait gravé dans une pâte sonore incroyablement épaisse avec ses Berliner. À l’autre extrême, plus près de nous, il y a le délirant Matthias Maute qui a imposé ses folles rapidités aux concertos. C’était trop!

Avec l’équipe danoise, on retrouve des brandebourgeois bien tempérés. Car Bach a besoin parfois d’espace pour bien s’exprimer. Mortensen offre ainsi de la place pour ses musiciens. Ils ont le temps de jouer, de résonner, de se faire valoir. Évidemment tout cela reste très baroque d’essence. Il y a du mordant, des accents bien placés, du rythme bien marqué.

Et c’est surtout le plaisir de Bach qui se remet à virevolter, à s’animer de la manière la plus rigoureuse possible, mais également au sein d’une irrésistible pulsation dont lui seul est le maître. C’est maintenant à nous, princes et princesses d’aujourd’hui, que ces oeuvres sont dédicacées.

 

 

Bach, J.S.(1685-1750) Le Clavier bien tempéré. Livre I et II. Cédric Pescia.

Posted in Bach J.S. with tags on 6 novembre 2018 by rfauclair

61m7LNCGgML._SY355_Les 48 préludes et fugues bwv 846-893

Cédric Pescia, piano Steinway D

Enregistré en 2017 à Reitstadl, Newmarkt, Allemagne.

La Dolce Vita. 2018. LDV 38.1. 262m. 4 cds.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

 

Préludes et fugues no.1 à 3 du Livre I 

Préludes et fugues no.7 à 9 du Livre II 

Fugues no.16 et 20 du Livre II 

« Ce qui m’intéresse, c’est la sincérité et la quête de la beauté. La beauté se découvre dans la dimension vocale de la musique vers laquelle je reviens toujours. Bach ne doit jamais cesser de chanter! »

Le pianiste franco-suisse (n.1976) présente un Clavier très libre de pensée, enrobé la plupart du temps d’une poésie schumanienne aussi près du coeur que d’esprit.

Parfois très rapide et dur avec la partition, puis d’une lenteur quasi organistique, ou d’une douceur voilée d’impressionnisme, Cédric Pescia alterne constamment les contrastes, les couleurs, les nuances, dans une mosaïque incroyablement variée.

Tous les états d’âme possible sont révélés au travers de ces deux grands recueils que Schumann considérait comme son « pain quotidien ». L’écoute de cette nouvelle version offre au mélomane une satisfaction complète et durable, à l’image de ce chef-d’oeuvre d’ingéniosité, d’intériorité et d’exubérance. C’est de la pure musique. Bach nous rejoint encore une fois et pour toujours.

 

 

Bach, J.S. Six Evolutions. Yo-Yo Ma.

Posted in Bach J.S. with tags on 2 septembre 2018 by rfauclair

61MGb7QhNxL._SL1200_Suites pour violoncelle bwv 1007-1012

Enregistré à Mechanics Hall, Worcester, MA en 2017

Sony Classical. 2018. 19075854652. 133m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

 

Allemande no.4 bwv 1010

Allemande no.6 bwv 1012

Gigue no.6 bwv bwv 1012

Yo-Yo Ma (n.1955) n’est plus à présenter à qui que ce soit. C’est un artiste complet, engagé, ouvert et extrêmement doué. On n’est pas surpris d’une troisième intégrale de Bach en son nom. C’est un musicien qui a beaucoup évolué. Une comparaison rapide de son premier enregistrement de Bach et celui d’aujourd’hui montre à quel point tout est différent maintenant.

Je n’étais pas particulièrement motivé à reprendre encore les Suites, puisqu’il existe déjà des tonnes de versions au disque. J’ai commencé l’écoute de ce nouvel album par la 6e, ma préférée. C’est la plus radieuse de tout le corpus. Du Prélude à la Gigue finale, impossible de m’en sortir. J’étais complètement absorbé par la musique de Bach.

Si Bach est un fleuve ou une rivière, puisque son nom se traduit ainsi, le violoncelle de Yo-Yo Ma devient autre chose. Il est tout simplement musique. Il s’évanouit dans une immatérialité inexplicable… Nous sommes à des années-lumière des interprétations romantiques et robustes des légendes de l’instrument où le médium prenait toute la place. Maintenant, c’est la perfection des lignes, tracées soigneusement comme une calligraphie. La musique s’élève au-dessus du terrestre et nous interpelle en même temps à l’intérieur. Quelque chose s’ouvre en soi.

Yo-Yo Ma a dépouillé son jeu avec le temps. Les notes sont légères, dansantes, aériennes. La virtuosité est d’une finesse inouïe, inventive à toutes les mesures. Tout coule de source. Comme Bach, son instrument devient une rivière finalement. Indispensable.

Bach, J.S. (1685-1750) Variations Goldberg. Sachiko Kato, piano.

Posted in Bach J.S. with tags on 21 juillet 2018 by rfauclair

044747320229Enregistré à Klavierhauss Hall à New York en 2011.

Centaur Records. 2012. CRC 3202. 59m.15s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

 

 

Aria

Variations 21 à 24 

C’est en voguant sur le Naxos Music Library, immense océan de musique, que j’ai découvert cette île déserte dans le monde de la musique classique. Une pianiste méconnue, un label modeste, et une oeuvre bénie des dieux depuis toujours.

Il y a beaucoup de poésie dans le jeu de la pianiste américaine. Elle y met du relief, de la profondeur, la délicatesse et la rigueur, la modération et la vigueur, autant ce qui lui permet de varier le temps qui passe, d’exposer les voix entre elles de la manière la plus claire possible.

Ces Variations nous parlent de l’intérieur. La musicienne s’efface. Tout ce qui reste est la beauté du discours. Enregistrées dans des conditions idéales, ces Goldberg nous livrent quelques secrets cachés. Le temps s’estompe et on ne veut plus quitter ce lieu magnifique.