Archive for the Bach J.S. Category

Bach, J.S.(1685-1750) Les Brandebourgeois. Concerto Copenhagen.

Posted in Bach J.S. with tags on 17 novembre 2018 by rfauclair

71QmK7b376L._SL1203_Les six concertos brandebourgeois bwv 1046-1051

Concerto Copenhagen

Lars Ulrik Mortensen, clavecin et direction.

Enregistré à Eslöv Kirka, Suède en 2017.

CPO. 2018. CPO 555 158-2. 94m.26s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Concerto no.3 bwv 1048

Allegro du concerto no.5 bwv 1050 

Allegro du concerto no.6 bwv 1051 

Encore les brandebourgeois! Après de nombreuses écoutes de l’oeuvre jusqu’à n’en plus soif au courant des trente dernières années par l’amateur que je suis, voici qu’ils reviennent dans une version flambant neuve par les musiciens danois sous la direction du claveciniste et musicologue d’expérience Lars Ulrik Mortensen.

Quelques secondes d’écoute en mode « scan » ont été suffisantes pour une adhésion complète à ce nouvel enregistrement. Pourquoi? Parce qu’enfin ça respire! Les tempis ont été heureusement réajustés en mode relax, vers quelque chose de plus équilibré finalement.

Sur la tonne de versions existantes, il y a eu toutes sortes de parti pris esthétique historiquement informés ou pas du tout. Même Karajan les avait gravé dans une pâte sonore incroyablement épaisse avec ses Berliner. À l’autre extrême, plus près de nous, il y a le délirant Matthias Maute qui a imposé ses folles rapidités aux concertos. C’était trop!

Avec l’équipe danoise, on retrouve des brandebourgeois bien tempérés. Car Bach a besoin parfois d’espace pour bien s’exprimer. Mortensen offre ainsi de la place pour ses musiciens. Ils ont le temps de jouer, de résonner, de se faire valoir. Évidemment tout cela reste très baroque d’essence. Il y a du mordant, des accents bien placés, du rythme bien marqué.

Et c’est surtout le plaisir de Bach qui se remet à virevolter, à s’animer de la manière la plus rigoureuse possible, mais également au sein d’une irrésistible pulsation dont lui seul est le maître. C’est maintenant à nous, princes et princesses d’aujourd’hui, que ces oeuvres sont dédicacées.

 

 

Bach, J.S.(1685-1750) Le Clavier bien tempéré. Livre I et II. Cédric Pescia.

Posted in Bach J.S. with tags on 6 novembre 2018 by rfauclair

61m7LNCGgML._SY355_Les 48 préludes et fugues bwv 846-893

Cédric Pescia, piano Steinway D

Enregistré en 2017 à Reitstadl, Newmarkt, Allemagne.

La Dolce Vita. 2018. LDV 38.1. 262m. 4 cds.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

 

Préludes et fugues no.1 à 3 du Livre I 

Préludes et fugues no.7 à 9 du Livre II 

Fugues no.16 et 20 du Livre II 

« Ce qui m’intéresse, c’est la sincérité et la quête de la beauté. La beauté se découvre dans la dimension vocale de la musique vers laquelle je reviens toujours. Bach ne doit jamais cesser de chanter! »

Le pianiste franco-suisse (n.1976) présente un Clavier très libre de pensée, enrobé la plupart du temps d’une poésie schumanienne aussi près du coeur que d’esprit.

Parfois très rapide et dur avec la partition, puis d’une lenteur quasi organistique, ou d’une douceur voilée d’impressionnisme, Cédric Pescia alterne constamment les contrastes, les couleurs, les nuances, dans une mosaïque incroyablement variée.

Tous les états d’âme possible sont révélés au travers de ces deux grands recueils que Schumann considérait comme son « pain quotidien ». L’écoute de cette nouvelle version offre au mélomane une satisfaction complète et durable, à l’image de ce chef-d’oeuvre d’ingéniosité, d’intériorité et d’exubérance. C’est de la pure musique. Bach nous rejoint encore une fois et pour toujours.

 

 

Bach, J.S. Six Evolutions. Yo-Yo Ma.

Posted in Bach J.S. with tags on 2 septembre 2018 by rfauclair

61MGb7QhNxL._SL1200_Suites pour violoncelle bwv 1007-1012

Enregistré à Mechanics Hall, Worcester, MA en 2017

Sony Classical. 2018. 19075854652. 133m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

 

Allemande no.4 bwv 1010

Allemande no.6 bwv 1012

Gigue no.6 bwv bwv 1012

Yo-Yo Ma (n.1955) n’est plus à présenter à qui que ce soit. C’est un artiste complet, engagé, ouvert et extrêmement doué. On n’est pas surpris d’une troisième intégrale de Bach en son nom. C’est un musicien qui a beaucoup évolué. Une comparaison rapide de son premier enregistrement de Bach et celui d’aujourd’hui montre à quel point tout est différent maintenant.

Je n’étais pas particulièrement motivé à reprendre encore les Suites, puisqu’il existe déjà des tonnes de versions au disque. J’ai commencé l’écoute de ce nouvel album par la 6e, ma préférée. C’est la plus radieuse de tout le corpus. Du Prélude à la Gigue finale, impossible de m’en sortir. J’étais complètement absorbé par la musique de Bach.

Si Bach est un fleuve ou une rivière, puisque son nom se traduit ainsi, le violoncelle de Yo-Yo Ma devient autre chose. Il est tout simplement musique. Il s’évanouit dans une immatérialité inexplicable… Nous sommes à des années-lumière des interprétations romantiques et robustes des légendes de l’instrument où le médium prenait toute la place. Maintenant, c’est la perfection des lignes, tracées soigneusement comme une calligraphie. La musique s’élève au-dessus du terrestre et nous interpelle en même temps à l’intérieur. Quelque chose s’ouvre en soi.

Yo-Yo Ma a dépouillé son jeu avec le temps. Les notes sont légères, dansantes, aériennes. La virtuosité est d’une finesse inouïe, inventive à toutes les mesures. Tout coule de source. Comme Bach, son instrument devient une rivière finalement. Indispensable.

Bach, J.S. (1685-1750) Variations Goldberg. Sachiko Kato, piano.

Posted in Bach J.S. with tags on 21 juillet 2018 by rfauclair

044747320229Enregistré à Klavierhauss Hall à New York en 2011.

Centaur Records. 2012. CRC 3202. 59m.15s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

 

 

Aria

Variations 21 à 24 

C’est en voguant sur le Naxos Music Library, immense océan de musique, que j’ai découvert cette île déserte dans le monde de la musique classique. Une pianiste méconnue, un label modeste, et une oeuvre bénie des dieux depuis toujours.

Il y a beaucoup de poésie dans le jeu de la pianiste américaine. Elle y met du relief, de la profondeur, la délicatesse et la rigueur, la modération et la vigueur, autant ce qui lui permet de varier le temps qui passe, d’exposer les voix entre elles de la manière la plus claire possible.

Ces Variations nous parlent de l’intérieur. La musicienne s’efface. Tout ce qui reste est la beauté du discours. Enregistrées dans des conditions idéales, ces Goldberg nous livrent quelques secrets cachés. Le temps s’estompe et on ne veut plus quitter ce lieu magnifique.

Bach, J.S. Concertos pour violon et Partita bwv 1004. Daniel Lozakovich.

Posted in Bach J.S. with tags on 23 juin 2018 by rfauclair

61qlglEb2qL._SL1200_Concertos bwv 1041 et 1042

Partita bwv 1004

Daniel Lozakovich, violon Stradivarius 1713.

Orchestre de chambre de la Radio Bavaroise.

Enregistré à August Everding Saal, Musikschule Grünwald,
et Studio Teldex, Berlin en 2017.

DG. 2018. 002894799372. 63m.48s. Appréciation: Sommet du Parnasse******

Concerto bwv 1041 en la mineur 

Chaconne bwv 1004 en ré mineur 

La première impression auditive est celle d’un bon vieux vinyle des années 60 que la vénérable Deutsche Grammophon a toujours produit avec soin. Les cordes sont vibrantes, bien définies et espacées dans un beau discours moderato rassurant et pleinement satisfaisant. Nous sommes en plein territoire des violons modernes, loin du style frénétique des baroqueux.

Et lorsque le soliste apparaît, tout se confirme. Nous avons ici un artiste d’exception. Un violon à l’archet généreux et souple qui transcende Bach. Comme si cet instrument était au main d’un grand disparu, la réincarnation inexplicable d’un musicien rare.

Ce jeune homme n’a que…17 ans! Daniel Lozakovich, né à Stockholm en 2001, a le don rare de tout faire disparaître autour de lui. La virtuosité fait place à la musique. Le respect est partout dans sa manière de jouer. Lorsqu’on lui demande quels sont ses modèles d’interprètes, c’est l’étonnement complet: Menuhin, Heifetz, Kagan, Szeryng…

La monumentale Chaconne pour violon seul est bouleversante, un grand moment de musique pure, désincarnée, métaphysique. Lozakovich prétend que « Bach nous rapproche de Dieu ». Je dirais que c’est plutôt lui et toutes les légendes du violon qui se penchent pour écouter ce mystère du 21e siècle.

Bach, J.S. (1685-1750) Matthäus-Passion. La Petite Bande. Sigiswald Kuijken.

Posted in Bach J.S. with tags on 1 avril 2018 by rfauclair

71Is6dr1c4L._SL1019_Passion selon St-Matthieu bwv 244

Évangéliste: Christoph Genz, ténor.

Jésus: Jan Van der Crabben, basse.

Ensemble La Petite Bande. S. Kuijken, direction.

Enregistré à Predikherenkerk, Leuven, Pays-Bas en 2009.

Challenge Classics. 2010. CC72357. 3cds. 157m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Venez, ô vous, mes filles et lamentez vous avec moi! 

Prends pitié, mon Dieu, prends pitié de mes larmes 

Nous nous asseyons en pleurant et implorons sur ta tombe. Repose en paix! 

Sigiswald Kuijken (n.1944) offre une vision intimiste de la grande St-Matthieu de Bach. Ayant déjà collaboré avec Gustav Leonhardt à l’enregistrement légendaire de 1989 sur Harmonia Mundi, le violoniste et chef d’orchestre y revient avec de nouvelles idées sur l’exécution à l’ancienne de la grande Passion.

Il a réduit l’effectif vocal à seulement huit chanteurs, répartis en deux choeurs. Ce sont, bien entendu, d’excellentes voix, choisies expressément pour leur qualité. Se basant sur les recherches connues en la matière, Kuijken défend cette approche avec conviction. On sait qu’en son temps, Bach n’avait que quelques solistes à sa disposition. Ils prenaient part autant aux parties de ripieno qu’aux solos. Et on croit que le cantor de Leipzig devait se résoudre à n’exécuter ses grandes passions qu’avec de modestes et regrettables moyens…

Ici, l’interprétation chambriste de la Passion, n’enlève absolument rien à la grandeur d’âme qui s’y trouve. Grâce à ce dépouillement, je dirais que la poésie funèbre de ce chef-d’oeuvre n’a jamais paru aussi évidente. Au coeur de cette ode sur la mort et l’amour, il nous reste l’essentiel. Celui d’un contact vibrant et bouleversant sur une histoire qui fascine toujours.

La prise de son est d’une douceur incomparable, large et profonde. Tous les solistes y prenent place à tour de rôle dans une ambiance faite d’introspection. Magnifique.

Bach, J.S.(1685-1750) Les Motets. Norwegian Soloist’s Choir. Grete Pedersen.

Posted in Bach J.S. with tags on 26 novembre 2017 by rfauclair

5014947-origpic-5a0ca5Motets bwv 225-230.

Motet bwv 118.

Det Norske Solistkor (Le Choeur de Solistes norvégiens).

Ensemble Allegria. Grete Pedersen, direction.

Enregistré à Ris Kirke, Oslo entre 2015 et 2017.

Bis Records. 2017. Bis-2251. 67m.39s.

 

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Komm, Jesu, komm bwv 229

Gute nacht tiré du motet Jesu mein freude bwv 227

Wie sich ein Vater erbarmet tité du motet Singet dem Herrn bwv 225

L’exécution des motets de Bach par les Solistes norvégiens est à classer parmi les meilleures de la discographie. En comparaison des plus inestimables interprétations (Herreweghe, Gardiner, Fasiolis…) celle de l’ensemble norvégien se distingue par une douceur et une chaleur d’expression rare.

La rhétorique que propose Grete Pedersen, c’est à dire l’art de chanter les textes sacrés, amène l’auditeur à une expérience proche de la béatitude. L’alternance entre les solistes et le choeur, le choix des timbres, la différenciation des voix et la beauté éthérée des sopranos en font tout simplement le plus beau disque Bach de l’année 2017.

Signalons l’excellence de la prise de son où solistes et choeur sont bien détachés en relief. Il y a quelque chose de sublime dans l’oeuvre de Bach. Lorsque ces motets, d’une perfection d’écriture inégalée, sont passés au travers d’une interprétation d’une telle qualité, on a parfois l’impression fascinante que nous ne sommes plus seul dans l’univers. Que nous participons à quelque chose qui nous dépasse. Écrite pour des services funèbres, cette musique sublime transcende l’esprit vers l’infini. Amen.