Archive for the Bach J.S. Category

Bach, J.S. (1685-1750) Matthäus-Passion. La Petite Bande. Sigiswald Kuijken.

Posted in Bach J.S. with tags on 1 avril 2018 by rfauclair

71Is6dr1c4L._SL1019_Passion selon St-Matthieu bwv 244

Évangéliste: Christoph Genz, ténor.

Jésus: Jan Van der Crabben, basse.

Ensemble La Petite Bande. S. Kuijken, direction.

Enregistré à Predikherenkerk, Leuven, Pays-Bas en 2009.

Challenge Classics. 2010. CC72357. 3cds. 157m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Venez, ô vous, mes filles et lamentez vous avec moi! 

Prends pitié, mon Dieu, prends pitié de mes larmes 

Nous nous asseyons en pleurant et implorons sur ta tombe. Repose en paix! 

Sigiswald Kuijken (n.1944) offre une vision intimiste de la grande St-Matthieu de Bach. Ayant déjà collaboré avec Gustav Leonhardt à l’enregistrement légendaire de 1989 sur Harmonia Mundi, le violoniste et chef d’orchestre y revient avec de nouvelles idées sur l’exécution à l’ancienne de la grande Passion.

Il a réduit l’effectif vocal à seulement huit chanteurs, répartis en deux choeurs. Ce sont, bien entendu, d’excellentes voix, choisies expressément pour leur qualité. Se basant sur les recherches connues en la matière, Kuijken défend cette approche avec conviction. On sait qu’en son temps, Bach n’avait que quelques solistes à sa disposition. Ils prenaient part autant aux parties de ripieno qu’aux solos. Et on croit que le cantor de Leipzig devait se résoudre à n’exécuter ses grandes passions qu’avec de modestes et regrettables moyens…

Ici, l’interprétation chambriste de la Passion, n’enlève absolument rien à la grandeur d’âme qui s’y trouve. Grâce à ce dépouillement, je dirais que la poésie funèbre de ce chef-d’oeuvre n’a jamais paru aussi évidente. Au coeur de cette ode sur la mort et l’amour, il nous reste l’essentiel. Celui d’un contact vibrant et bouleversant sur une histoire qui fascine toujours.

La prise de son est d’une douceur incomparable, large et profonde. Tous les solistes y prenent place à tour de rôle dans une ambiance faite d’introspection. Magnifique.

Bach, J.S.(1685-1750) Les Motets. Norwegian Soloist’s Choir. Grete Pedersen.

Posted in Bach J.S. with tags on 26 novembre 2017 by rfauclair

5014947-origpic-5a0ca5Motets bwv 225-230.

Motet bwv 118.

Det Norske Solistkor (Le Choeur de Solistes norvégiens).

Ensemble Allegria. Grete Pedersen, direction.

Enregistré à Ris Kirke, Oslo entre 2015 et 2017.

Bis Records. 2017. Bis-2251. 67m.39s.

 

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Komm, Jesu, komm bwv 229

Gute nacht tiré du motet Jesu mein freude bwv 227

Wie sich ein Vater erbarmet tité du motet Singet dem Herrn bwv 225

L’exécution des motets de Bach par les Solistes norvégiens est à classer parmi les meilleures de la discographie. En comparaison des plus inestimables interprétations (Herreweghe, Gardiner, Fasiolis…) celle de l’ensemble norvégien se distingue par une douceur et une chaleur d’expression rare.

La rhétorique que propose Grete Pedersen, c’est à dire l’art de chanter les textes sacrés, amène l’auditeur à une expérience proche de la béatitude. L’alternance entre les solistes et le choeur, le choix des timbres, la différenciation des voix et la beauté éthérée des sopranos en font tout simplement le plus beau disque Bach de l’année 2017.

Signalons l’excellence de la prise de son où solistes et choeur sont bien détachés en relief. Il y a quelque chose de sublime dans l’oeuvre de Bach. Lorsque ces motets, d’une perfection d’écriture inégalée, sont passés au travers d’une interprétation d’une telle qualité, on a parfois l’impression fascinante que nous ne sommes plus seul dans l’univers. Que nous participons à quelque chose qui nous dépasse. Écrite pour des services funèbres, cette musique sublime transcende l’esprit vers l’infini. Amen.

 

Bach, J.S. (1685-1750) Cantates pour l’éternité. Montréal Baroque. Eric Milnes.

Posted in Bach J.S. with tags on 3 mai 2017 by rfauclair

71GtSEaTWOL._SL1200_Cantates bwv 4, 106, 9 et 181.

Odéi Bilodeau, soprano. Élaine Lachica, alto.

Philippe Gagné, ténor. Drew Santini, basse.

Montréal Baroque. Eric Milnes, orgue et direction.

Enregistré à St-Augustin de Mirabel en juin 2014.

Atma Classique. 2017. ACD2 2406. 75m.03s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Den Tod niemand bwv 4 pour soprano et alto

In deinen hande bwv 106 pour alto et basse Entre tes mains je remets mon esprit; Tu m’as racheté, Seigneur, toi Dieu fidèle. Mon coeur et mon esprit sont confiants, en paix et sereins. Comme Dieu me l’a promis: La mort est devenue mon sommeil.

Herr du siehst bwv 9 pour soprano et alto

Eric Milnes et Montréal Baroque ont réalisé ici probablement le plus bel album de la série Atma consacrée aux cantates de Bach. L’interprétation est minimaliste, et le traitement des voix, en particulier la soprano et l’alto, est dépouillé et d’une simplicité désarmante.

L’aspect désincarné et détaché de la prestation se lient naturellement aux textes sacrés. Les vibratos sont exclus, conférant aux lignes vocales une pureté qui invite au recueillement le plus profond. Musiciens et chanteurs semblent s’être livrés humblement au service de la musique de Bach.

Christ gisait dans les liens de la mort bwv 4, et la cantate funèbre Actus Tragicus bwv 106 sont des oeuvres d’un jeune Bach aux idées étonnantes, encore proche d’un 17e siècle archaïsant et lié aux modes anciens. Les musiciens montréalais en ont fait une lecture très respectueuse, qui se rapproche et surpasse parfois en qualité les meilleures interprétations du passé.

L’intimité, la beauté, et des moments qui touchent au sublime éclairent ce disque essentiel sur le thème de la mort et l’éternité.

 

 

 

 

Bach, J.S. (1685-1750) Les Concertos pour violon. Concerto Copenhagen.

Posted in Bach J.S. on 27 avril 2017 by rfauclair

510EPurwTqLConcertos bwv 1041-42-43.

Concerto bwv 1060r violon et hautbois.

Concerto Copenhagen, Lars Ulrik Mortensen, direction.

Enregistré à Garnisons Kirke, Copenhagen en 2011.

CPO. 2014. 777904-2. 55m.10s.

Appréciation: Superbe*****

Allegro concerto bwv 1042

Largo concerto pour deux violons bwv 1043

Allegro final concerto pour violon et hautbois bwv 1060r

Ce sont des chefs-d’oeuvre connus depuis longtemps. Mais ils ont perdu leur saveur avec le temps. On les a trop écouté. Le marché nous a inondé d’une panoplie de versions qui contiennent le meilleur et le pire. Marketing oblige, plusieurs violonistes s’y essaient pour l’exploitation de leur vedettariat. Bach et ses concertos ont certes perdu de leur authenticité.

Par curiosité on y revient parfois. Et on se laisse prendre au jeu. L’image de la pochette de ce disque CPO exprime bien ce qu’est la musique de Bach. L’équilibre entre la structure et la finesse. Le Concerto Copenhagen répond en tous points à ce qu’on attend d’une interprétation à l’ancienne. Un son léger, très fin dans les détails, des timbres accrocheurs et une allure primesautière convergent tous pour en faire une écoute des plus joyeuses qui soit.

Aucun égo n’est mis de l’avant, car on a confié les solos aux membres de l’orchestre. Le claveciniste-chef y va de nouvelles idées, subtils certes, mais qui en agrémentent l’écoute. L’invention et l’originalité permettent d’apprécier, encore une fois, ces concertos qui vont traverser le temps. Un seul mot: joie!

Bach, J.S (1685-1750) Inventions et Sinfonias. Karin Kei Nagano.

Posted in Bach J.S. on 9 mars 2017 by rfauclair

51wqAHZoeOLInventions à deux voix bwv 772-786.

Sinfonias à trois voix bwv 787-801

Enregistré en juillet 2016 à Radio-Canada, Montréal.

Analekta. 2017. AN2 8771. 54m.15s.

Appréciation: Très Bien ****

Inventions bwv 772-775-778-779

Karin Kei Nagano est née en 1998 en Californie. Entourée d’une mère pianiste émérite et d’un père chef d’orchestre, elle a pour ainsi dire baignée dans la musique dès le ventre maternel.

Son deuxième disque Analekta est consacré à Bach. L’oeuvre est simple, pédagogique, mais directe, sans artifice. Elle annonce de plus grandes pages du cantor de Leipzig qui fut également un excellent professeur. Les enfants de Bach ont appris la technique dans ces petites musiques de clavier. Pour rendre vivants ces cahiers d’apprentissage, il faut cependant un peu plus. La musicalité et la poésie sont nécessaires pour rendre ces pièces intéressantes.

Karin Kei Nagano offre ce qu’il faut pour illuminer ces musiques un peu didactiques. Son jeu est précis, détaillé, dont on apprécie, à la fois, la sobriété et les humeurs pétillantes. Elle y met le mordant nécessaire et une certaine espièglerie pour embellir les contrepoints d’une belle broderie.

Elle a fait ses classes depuis longtemps et le ton juvénile qu’elle propose est plus que bienvenu. Une bonne leçon de piano qui s’écoute avec joie.

Bach, J.S. (1685-1750) Magnificat bwv 243 avec laudes de Noël. Ensemble Arion.

Posted in Bach J.S. on 11 décembre 2016 by rfauclair

61y1fdwo8gl-_sl1000_Magnificat bwv 243 en ré majeur.

Avec quatre laudes (cantiques de Noël) de la version originale bwv 243a.

Johann Kuhnau (1660-1722). Cantate « Wie schön leuchtet der Morgenstern ».

Johanna Winkel et Johannette Zomer, sopranos.

James Laing, contreténor. Zachary Wilder, ténor.

Matthew Brook, baryton.

Arion Orchestre Baroque. Alexandre Weimann, direction.

Enregistré à St-Augustin de Mirabel en déc. 2015.

Atma. 2016. ACD2 2727. 49m.55s. Appréciation: Superbe*****

Magnificat

Vom Himmel hoch pour 4 voix a cappela

Et misericordia pour alto et ténor

Arioso et Choral final de la cantate de Kuhnau

Les quatres laudes intercalés dans le Magnificat d’origine étaient destinés pour les vêpres de Noël de 1723. Ce sont des pièces rarement entendues. Simon Preston et Christopher Hogwood ont été les premiers en 1975 à les réintroduire dans l’enregistrement sur Oiseau-Lyre/Decca. L’oeuvre, ainsi augmentée, prend alors des couleurs semblables à l’Oratorio de Noël que nous connaissons bien.

Le choix d’un soliste par partie pour le choeur semble bien à la mode depuis quelques temps. Disons le tout de suite, c’est le seul point faible de cet enregistrement. À Noël, nous voulons entendre des choeurs!  Cette mode des solistes est facilement justifiée pour des questions budgétaires, on imagine…En contrepartie la musique de Bach devient beaucoup plus détaillée, c’est évident. Surtout dans cette partition qui nécessite une formation de deux sopranos, alto, ténor et basse. La version Simon Preston présentait un choeur d’enfants pas toujours juste et un peu confus.

Weimann, quant à lui, a choisi des voix vraiment excellentes. Le quintette vocal est irréprochable. Son esthétisme se situe entre les voix blanches sans vibratos des premières exécutions baroques, et les grandes voix d’opéra à la Verdi. Un juste milieu, où tous les solistes brillent chacun à sa façon. L’exécution d’ensemble est brillante, d’où on notera la justesse des trompettes naturelles. Et parfois, l’émotion nous prend au passage comme dans le misericordia pour alto et ténor, enrobé par la sourdines des cordes. Les pupitres d’Arion sont ici traités avec toute la douceur requise. Poignant.

La cantate de Noël de Johann Kuhnau est le complément idéal pour clore le disque. Écrite avant Bach, elle étonne par sa luminosité et ne laisse transparaître aucune austérité du style ancien de cette époque. Le ténor Zachary Wilder fait une remarquable présence par ses talents de récitants au travers de cette oeuvre courte, mais d’une réelle beauté.

Bach, J.S. (1685-1750) Les Suites Françaises. Peter Hill, piano.

Posted in Bach J.S. with tags on 26 novembre 2016 by rfauclair

61hwfzey4l-_sl1000_Les six suites bwv 812-817.

Mozart: Suite en do k.399 et gigue k.574

Enregistré à University Concert Hall, Cardiff en juillet 2015.

Peter Hill, piano Steinway model D, 2004.

Delphian Records. 2015. DCD34166. 2cds. 114m.16s.

 

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Allemande de la suite no.3

Menuet 1-2 de la suite no.3

Air de la suite no.4

Gigue de la suite no.4

Le jeu du pianiste britannique (n.1948) est dépouillé, dans un refus constant de tout effet superflu. Il est à la rencontre d’un pianissimo d’une telle délicatesse, qu’il demande à l’auditeur de laisser tomber toutes ses attentes, mais aussi toutes ses agitations intérieures. Nous sommes en présence d’un artiste qui nous offre Bach dans ses moindres secrets, dans une sorte d’apologie des silences les plus subtils qui soient.

C’est aussi l’art du chant intérieur de l’âme qui se perd dans le temps et l’espace. Les Suites Françaises deviennent ainsi une expérience en soi. C’est là qu’on se retrouve, seul avec soi-même…et avec Bach. Cet album est d’une indispensable et exquise beauté, à réécouter sans cesse.