Archive for the Bach J.S. Category

Bach, J.S. (1685-1750) Cantates pour l’éternité. Montréal Baroque. Eric Milnes.

Posted in Bach J.S. with tags on 3 mai 2017 by rfauclair

71GtSEaTWOL._SL1200_Cantates bwv 4, 106, 9 et 181.

Odéi Bilodeau, soprano. Élaine Lachica, alto.

Philippe Gagné, ténor. Drew Santini, basse.

Montréal Baroque. Eric Milnes, orgue et direction.

Enregistré à St-Augustin de Mirabel en juin 2014.

Atma Classique. 2017. ACD2 2406. 75m.03s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Den Tod niemand bwv 4 pour soprano et alto

In deinen hande bwv 106 pour alto et basse Entre tes mains je remets mon esprit; Tu m’as racheté, Seigneur, toi Dieu fidèle. Mon coeur et mon esprit sont confiants, en paix et sereins. Comme Dieu me l’a promis: La mort est devenue mon sommeil.

Herr du siehst bwv 9 pour soprano et alto

Eric Milnes et Montréal Baroque ont réalisé ici probablement le plus bel album de la série Atma consacrée aux cantates de Bach. L’interprétation est minimaliste, et le traitement des voix, en particulier la soprano et l’alto, est dépouillé et d’une simplicité désarmante.

L’aspect désincarné et détaché de la prestation se lient naturellement aux textes sacrés. Les vibratos sont exclus, conférant aux lignes vocales une pureté qui invite au recueillement le plus profond. Musiciens et chanteurs semblent s’être livrés humblement au service de la musique de Bach.

Christ gisait dans les liens de la mort bwv 4, et la cantate funèbre Actus Tragicus bwv 106 sont des oeuvres d’un jeune Bach aux idées étonnantes, encore proche d’un 17e siècle archaïsant et lié aux modes anciens. Les musiciens montréalais en ont fait une lecture très respectueuse, qui se rapproche et surpasse parfois en qualité les meilleures interprétations du passé.

L’intimité, la beauté, et des moments qui touchent au sublime éclairent ce disque essentiel sur le thème de la mort et l’éternité.

 

 

 

 

Bach, J.S. (1685-1750) Les Concertos pour violon. Concerto Copenhagen.

Posted in Bach J.S. on 27 avril 2017 by rfauclair

510EPurwTqLConcertos bwv 1041-42-43.

Concerto bwv 1060r violon et hautbois.

Concerto Copenhagen, Lars Ulrik Mortensen, direction.

Enregistré à Garnisons Kirke, Copenhagen en 2011.

CPO. 2014. 777904-2. 55m.10s.

Appréciation: Superbe*****

Allegro concerto bwv 1042

Largo concerto pour deux violons bwv 1043

Allegro final concerto pour violon et hautbois bwv 1060r

Ce sont des chefs-d’oeuvre connus depuis longtemps. Mais ils ont perdu leur saveur avec le temps. On les a trop écouté. Le marché nous a inondé d’une panoplie de versions qui contiennent le meilleur et le pire. Marketing oblige, plusieurs violonistes s’y essaient pour l’exploitation de leur vedettariat. Bach et ses concertos ont certes perdu de leur authenticité.

Par curiosité on y revient parfois. Et on se laisse prendre au jeu. L’image de la pochette de ce disque CPO exprime bien ce qu’est la musique de Bach. L’équilibre entre la structure et la finesse. Le Concerto Copenhagen répond en tous points à ce qu’on attend d’une interprétation à l’ancienne. Un son léger, très fin dans les détails, des timbres accrocheurs et une allure primesautière convergent tous pour en faire une écoute des plus joyeuses qui soit.

Aucun égo n’est mis de l’avant, car on a confié les solos aux membres de l’orchestre. Le claveciniste-chef y va de nouvelles idées, subtils certes, mais qui en agrémentent l’écoute. L’invention et l’originalité permettent d’apprécier, encore une fois, ces concertos qui vont traverser le temps. Un seul mot: joie!

Bach, J.S (1685-1750) Inventions et Sinfonias. Karin Kei Nagano.

Posted in Bach J.S. on 9 mars 2017 by rfauclair

51wqAHZoeOLInventions à deux voix bwv 772-786.

Sinfonias à trois voix bwv 787-801

Enregistré en juillet 2016 à Radio-Canada, Montréal.

Analekta. 2017. AN2 8771. 54m.15s.

Appréciation: Très Bien ****

Inventions bwv 772-775-778-779

Karin Kei Nagano est née en 1998 en Californie. Entourée d’une mère pianiste émérite et d’un père chef d’orchestre, elle a pour ainsi dire baignée dans la musique dès le ventre maternel.

Son deuxième disque Analekta est consacré à Bach. L’oeuvre est simple, pédagogique, mais directe, sans artifice. Elle annonce de plus grandes pages du cantor de Leipzig qui fut également un excellent professeur. Les enfants de Bach ont appris la technique dans ces petites musiques de clavier. Pour rendre vivants ces cahiers d’apprentissage, il faut cependant un peu plus. La musicalité et la poésie sont nécessaires pour rendre ces pièces intéressantes.

Karin Kei Nagano offre ce qu’il faut pour illuminer ces musiques un peu didactiques. Son jeu est précis, détaillé, dont on apprécie, à la fois, la sobriété et les humeurs pétillantes. Elle y met le mordant nécessaire et une certaine espièglerie pour embellir les contrepoints d’une belle broderie.

Elle a fait ses classes depuis longtemps et le ton juvénile qu’elle propose est plus que bienvenu. Une bonne leçon de piano qui s’écoute avec joie.

Bach, J.S. (1685-1750) Magnificat bwv 243 avec laudes de Noël. Ensemble Arion.

Posted in Bach J.S. on 11 décembre 2016 by rfauclair

61y1fdwo8gl-_sl1000_Magnificat bwv 243 en ré majeur.

Avec quatre laudes (cantiques de Noël) de la version originale bwv 243a.

Johann Kuhnau (1660-1722). Cantate « Wie schön leuchtet der Morgenstern ».

Johanna Winkel et Johannette Zomer, sopranos.

James Laing, contreténor. Zachary Wilder, ténor.

Matthew Brook, baryton.

Arion Orchestre Baroque. Alexandre Weimann, direction.

Enregistré à St-Augustin de Mirabel en déc. 2015.

Atma. 2016. ACD2 2727. 49m.55s. Appréciation: Superbe*****

Magnificat

Vom Himmel hoch pour 4 voix a cappela

Et misericordia pour alto et ténor

Arioso et Choral final de la cantate de Kuhnau

Les quatres laudes intercalés dans le Magnificat d’origine étaient destinés pour les vêpres de Noël de 1723. Ce sont des pièces rarement entendues. Simon Preston et Christopher Hogwood ont été les premiers en 1975 à les réintroduire dans l’enregistrement sur Oiseau-Lyre/Decca. L’oeuvre, ainsi augmentée, prend alors des couleurs semblables à l’Oratorio de Noël que nous connaissons bien.

Le choix d’un soliste par partie pour le choeur semble bien à la mode depuis quelques temps. Disons le tout de suite, c’est le seul point faible de cet enregistrement. À Noël, nous voulons entendre des choeurs!  Cette mode des solistes est facilement justifiée pour des questions budgétaires, on imagine…En contrepartie la musique de Bach devient beaucoup plus détaillée, c’est évident. Surtout dans cette partition qui nécessite une formation de deux sopranos, alto, ténor et basse. La version Simon Preston présentait un choeur d’enfants pas toujours juste et un peu confus.

Weimann, quant à lui, a choisi des voix vraiment excellentes. Le quintette vocal est irréprochable. Son esthétisme se situe entre les voix blanches sans vibratos des premières exécutions baroques, et les grandes voix d’opéra à la Verdi. Un juste milieu, où tous les solistes brillent chacun à sa façon. L’exécution d’ensemble est brillante, d’où on notera la justesse des trompettes naturelles. Et parfois, l’émotion nous prend au passage comme dans le misericordia pour alto et ténor, enrobé par la sourdines des cordes. Les pupitres d’Arion sont ici traités avec toute la douceur requise. Poignant.

La cantate de Noël de Johann Kuhnau est le complément idéal pour clore le disque. Écrite avant Bach, elle étonne par sa luminosité et ne laisse transparaître aucune austérité du style ancien de cette époque. Le ténor Zachary Wilder fait une remarquable présence par ses talents de récitants au travers de cette oeuvre courte, mais d’une réelle beauté.

Bach, J.S. (1685-1750) Les Suites Françaises. Peter Hill, piano.

Posted in Bach J.S. with tags on 26 novembre 2016 by rfauclair

61hwfzey4l-_sl1000_Les six suites bwv 812-817.

Mozart: Suite en do k.399 et gigue k.574

Enregistré à University Concert Hall, Cardiff en juillet 2015.

Peter Hill, piano Steinway model D, 2004.

Delphian Records. 2015. DCD34166. 2cds. 114m.16s.

 

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Allemande de la suite no.3

Menuet 1-2 de la suite no.3

Air de la suite no.4

Gigue de la suite no.4

Le jeu du pianiste britannique (n.1948) est dépouillé, dans un refus constant de tout effet superflu. Il est à la rencontre d’un pianissimo d’une telle délicatesse, qu’il demande à l’auditeur de laisser tomber toutes ses attentes, mais aussi toutes ses agitations intérieures. Nous sommes en présence d’un artiste qui nous offre Bach dans ses moindres secrets, dans une sorte d’apologie des silences les plus subtils qui soient.

C’est aussi l’art du chant intérieur de l’âme qui se perd dans le temps et l’espace. Les Suites Françaises deviennent ainsi une expérience en soi. C’est là qu’on se retrouve, seul avec soi-même…et avec Bach. Cet album est d’une indispensable et exquise beauté, à réécouter sans cesse.

Bach, J.S. (1685-1750) Les Suites Françaises. Murray Perahia, piano.

Posted in Bach J.S. on 16 novembre 2016 by rfauclair

71508eogll-_sl1200_Les suites no.1 à 6 bwv 812-817

Enregistré à Funkhauss Nalepastrasse, Berlin en 2013.

Deutsche Grammophon. 2016. 4796565. 2cds. 43m.20s et 48m.19s.

Appréciation: Bien***

 

Allemande de la suite no.2

Sarabande de la suite no.2

Gigue de la suite no.2

Les suites françaises sont connues pour leur légèreté et leur grâce toute simple. Bach en a inclus quelques pièces dans le cahier offert à sa deuxième épouse, Anna Magdalena, pour l’exercice et le divertissement en famille. C’est peut-être à cause de leur apparente facilité que la plupart des grands pianistes ne les ont pas mis à leur programme. Quelques disques ont été gravés au piano dans le passé avec des résultats mitigés.( Gould, Gavrilov, Feltsman, Hewitt…)

Murray Perahia (n.1947), récemment passé sous contrat avec DG, offre une version très soignée et impeccable. Il semble avoir trouvé le ton juste et l’ambiance intériorisée pour traduire ces pièces qui ne demandent pas tant de virtuosité. Perahia est connu pour son toucher délicat et cette façon du bout des doigts de tracer finement la musique. Depuis quelques années, il s’est remis à Bach et à pris le temps d’en approfondir les subtilités. Çela s’entend dans les ornements qu’il applique de belle façon aux reprises, bien ficelés comme les clavecinistes savent si bien le faire.

Il écrit: « …les suites sont parfois tristes ou tendres. Les sarabandes sont particulièrement émouvantes. En tonalités majeures, elles sont gaies, radieuses... ». On aimerait bien avoir les mêmes impressions, le même constat affectif du pianiste. À l’évidence cela ne se produit pas comme on l’aurait souhaité. Il y a partout cette quasi immobilité du discours, le respect infaillible d’un métronome qui hésite à prendre une pause entre les phrases. Le mouvement est linéaire, et les sarabandes s’accommodent plutôt mal de la situation. Elles sont restreintes dans leur chant pourtant si mélancolique. Et la gigue de la deuxième suite est bourrée de trilles inopportuns, qu’on pourrait la surnommer La Bizarre

Mais il y reste Bach. Posé et zen. L’aspect dansant est à peine esquissé, mais la pureté de la musique est omniprésente. Pour certains cela suffit. Prise de son limpide.

Bach, J.S. (1685-1750) Les Sonates et Partitas pour violon. James Ehnes.

Posted in Bach J.S. on 26 septembre 2016 by rfauclair

71u1nmzgol-_sl1500_Sonates et Partitas bwv 1001-1006

James Ehnes, violon Stradivarius « Marsick« , 1715.

Enregistré en 1999 et 2000 à l’Église St-Augustin Mirabel, Québec.

Analekta. 2016. An2 8772-3. 2 cds.

Appréciation: Suberbe *****

Andante de la sonate bwv 1003

Allegro de la sonate bwv 1003

Le jeune violoniste canadien, dont c’est le 40e anniversaire cette année, avait enregistré l’oeuvre de Bach il y a maintenant plus de 15 ans. Pour tout violoniste qui se respecte, cette entreprise peut parfois ressembler à l’Everest. Certains peuvent le gravir…mais peu en redescendent avec honneur.

Ce n’est pas le cas de ce formidable artiste, qui ne cesse d’étonner dans tous les répertoires possibles. On pense notamment à son incursion récente dans le monde de Bartok. Pour le grand Sébastien, il s’est donné pour mission de nous le raconter, de nous le présenter dans un bel équilibre de styles. Un juste milieu, entre l’historique et le présent. Ce violon nous parle encore et nous captive, nous atteint souvent en plein coeur. Il n’y manque à peu près rien. L’essentiel s’y trouve. Et la prise de son nous fait bénéficier de la belle acoustique de St-Augustin, conférant à ces monologues une atmosphère aérée et lumineuse.

On aurait souhaité à quelques endroits un peu plus de raffinement dans les contrastes, une approche plus souple dans la virtuosité parfois très technique. Ce sera sûrement pour une autre fois, dans quelques années. Comme il le dit lui-même dans la préface de ce remastering réussi, « au fil du temps…et tout au long de ma vie »…Bach sera encore revisité.