Archive for the Schubert Category

Schubert (1797-1828) Oeuvres pour piano Volume II. Mathieu Gaudet.

Posted in Schubert on 29 mars 2020 by René François Auclair

Sonate en mi majeur d.459 (1816)

Mélodie hongroise en si mineur d.817 (1824)

Trois Klavierstücke d.946 (1828)

Mathieu Gaudet, piano Steinway.

Enregistré au Palais Montcalm, Québec en 2019

Analekta. 2020. AN 2 9182. 62m.50s.

Appréciation: Superbe*****

Allegro moderato Sonate d .459

Klavierstücke no.2 Allegretto (extrait)

Débuté l’an dernier, le projet intégral des oeuvres de Schubert regroupera douze disques sur une période de six ans. La musique de Schubert, présentée par Mathieu Gaudet, est traduite avec soin, stylisée de manière retenue, éclairée par une approche sensible des oeuvres. L’interprétation est limpide, parfois subtilement décorée, dessinée comme à l’aquarelle. Les notes, jouées avec l’art d’un impressionnisme rêveur, semble miroiter doucement à la surface d’une eau touchée par la lumière. C’est vraiment très beau.

Le pianiste évite tout contact brutal au clavier, et nous invite plutôt à l’introspection par des phrasés relâchés, détendus. L’acoustique d’ensemble est aérée, légèrement diffuse, propice à une écoute idéale. C’est Schubert que l’on accueille chez soi avec joie, bien enveloppé dans la poésie de l’instant présent, de sa mélancolie douce-amère, de son chant inimitable qui apaise et réconforte. Excellent.

Schubert (1797-1828) Les Sonates pour piano. Paul Badura-Skoda.

Posted in Schubert with tags on 10 février 2018 by René François Auclair

81ccLe9XQ-L._SL1500_Intégrale des sonates pour piano.

Mouvements complétés par Badura-Skoda.

Enregistré entre 1967-71 au Studio Grayson, Vienne.

Sony Classical/ Rca Read Seal. 2017. 88985395492. 12 cd.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Rondo allegro moderato de la sonate d.850 Gasteiner

Molto moderato e cantabile de la sonate d.894 

Menuetto de la sonate d.894 

Allegretto de la sonate d.894 

Enregistrée il y a plus de 50 ans, cette intégrale Schubert n’a rien perdu de sa fraîcheur. Le piano est capté de près sans aucune pudeur, renforçant le sentiment de proximité et d’intimité avec la musique de Schubert. Le pianiste viennois, qui avait 40 ans à l’époque, évoque avec joie cette période de sa vie: « Que c’est émouvant de tenir entre ses mains une feuille (manuscrite) portant l’écriture de Schubert! ».

Paul Badura-Skoda s’est impliqué dans la redécouverte des partitions de Schubert. Jusque là, seulement 11 sonates connues étaient complètes. Il a travaillé de près chacun des manuscrits autographes des autres pièces, disparates et inachevées, les agençant selon leurs tonalités pour former des sonates entières. Il a dû compléter lui-même certains morceaux.

Ce que l’on retient de son jeu, est la manière d’exposer Schubert dans une clarté irréprochable. Cette façon très rythmique de présenter la musique est non seulement  très viennois dans son essence, mais fait également partie du jeu reconnu du pianiste. Un subtil contretemps marqué par la danse et la légèreté des notes donnent à Schubert une candeur particulière, loin des grandes expansions de d’autres médiums qui ont recherché plutôt la gravité pathétique du compositeur.

Jeu intelligent et réfléchi, pas toujours fluide ou d’un lyrisme voluptueux, cet esthétisme sobre et pur sert pourtant admirablement bien Schubert. Maintenant à 90 ans, Paul Badura-Skoda serait prêt à revisiter ces chefs d’oeuvre… » je suis aujourd’hui plus proche de l’esprit de la dernière sonate, écrites aux portes de l’éternité, que je ne l’étais à 40 ans. Peut-être devrais-je la réenregistrer… »

Schubert. Szymanowski. Lucas Debargue.

Posted in Schubert, Szymanowski with tags on 28 novembre 2017 by René François Auclair

81tRpTujgOL._SL1500_Schubert, F. (1797-1828) Sonates d.784 et d.664.

Szymanowski, K. (1882-1937) Sonate op. 21

Enregistré à La Grange au Lac, France en juillet 2017.

Sony Classical. 2017. 8985465632. 67m.45s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Allegro giusto de la sonate d.784 de Schubert 

Allegro de la sonate d.664 de Schubert

Allegro assai op.21 de Szymanowski

Pianiste atypique, non seulement par son jeu libre et audacieux, mais également par un parcours non-conventionnel, Lucas Debargue (n.1990) nous arrive déjà avec son troisième disque.

Le Schubert qu’il propose est à cent lieux des grands pianistes du passé. Il aime prendre des risques, semble avoir l’intuition et le génie d’atteindre des zones que la partition gardait dans l’ombre. Ce sont des choses qui ne s’enseigne pas. Le papier ne suffira jamais à révéler réellement les intentions originales et l’état d’esprit du compositeur. En lisant les mesures tout en effaçant leur contour, en jouant subtilement sur les silences et le temps, Debargue nous révèle certains secrets cachés sur la page.

La sonate d.784 est si convaincante, si prenante, qu’on peut dorénavant la nommer « La Funèbre ». Car c’est ce qu’elle a toujours été. Mais seul Debargue semble l’avoir compris entièrement. Du début de la marche funèbre, en passant par le motif tragique d’un glas mortuaire jusqu’à l’hymne émouvant qui s’élève pour l’ami disparu, tout prend son sens. C’est de la poésie que plusieurs pianistes n’ont jamais saisi.

D’un toucher fait de murmures, de confessions intimes qui invitent à l’écoute la plus silencieuse qui soit, la musique de Schubert a t’elle trouvé ici son alter ego le plus près de ses aspirations? L’avenir nous le dira.

Pour l’instant, on peut s’attendre à tout, on peut rêver à d’autres Schubert ou rien du tout. Car ce genre de génie peut tout se permettre (impressionnant Szymanowski), ou simplement cesser d’être le pianiste qu’on s’attend de lui.

 

Schubert, Franz (1797-1828) An Die Musik.

Posted in Schubert on 20 septembre 2017 by René François Auclair

844_SchubertOeuvres de Schubert transcrites pour contrebasse.

Lieders, Sonate « Arpegionne »d.821, Sonatine d.384.

Joel Quarrington, contrebasse G.P.Maggini, 1630.

David Jalbert, piano.

Enregistré à Isabel Bader Theatre, Kingston, Ontario en déc. 2016.

Joel Quarrington. 2017. 60m.33s. Appréciation: Superbe*****

Du bist die Ruh d.776 (Tu es Paix)

Allegro Moderato de la sonate Arpegionne d.821

Lorsque l’on entend Joel Quarrington s’exécuter sur sa contrebasse, on oublie rapidement l’aspect lourdaud et un peu maladroit de l’instrument. Le lyrisme dont il fait preuve, sur un instrument de cette taille, tient du prodige, malgré les énormes difficultés techniques que l’on devine!

Le disque nous fait redécouvrir, grâce à la qualité d’interprétation, la voix de Schubert. Il y a la profondeur des sentiments, ce sens de l’indolence et du rêve. Le chant des lieder s’élève comme s’il prenait la place d’un baryton, vibrant et nuancé. L’Arpegionne, interprétée un octave complet en dessous du violoncelle, a gagné en expression étonnante. Ici, Quarrington nous emmène dans un espace fait de gravité prenante, un abysse poétique où les notes les plus basses viennent faire vibrer quelque chose en nous.

David Jalbert accompagne avec grâce le contrebassiste, par un jeu élégant et large. Les sonorités enveloppantes du piano et ses progressions lentes se marient parfaitement bien à la contrebasse. Un disque splendide. La révélation d’un grand instrument au coeur tendre.