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Mozart, W.A. (1756-1791) Seong-Jin Cho. Yannick Nézet-Séguin.

Posted in Mozart on 1 décembre 2018 by rfauclair

712k2FdutLL._SL1200_Sonates k.281 et k.332

Concerto no.20 k.466 en ré mineur.

Orchestre de chambre d’Europe.

Yannick Nézet-Séguin, direction

Enregistré en 2018, Hamburg et Baden-Baden.

DG. 2018. 4835522. 63m.46s.

Appréciation: Bien***

Allegro assai k.466

Allegro de la sonate k.332

Adagio de la sonate k.332

Mozart est interprété par le gagnant du Concours Chopin 2015. Le pianiste coréen de 24 ans joue deux sonates juvéniles et le dramatique concerto k.466. Pour le mélomane, c’est le genre de produit incomplet qui pullule le marché discographique. Une carte de visite, ou d’affaire, que la grande maison Deutsche aime à promouvoir. On a déjà tout de Mozart. Pourquoi un de plus? Tant qu’à l’aimer, nous on préfère les intégrales!

C’est bien joué évidemment. Rien de vraiment nouveau, on s’entend. Le son du piano est très pur, très soigné. C’est du bon Mozart, en beaux habits tous neufs. Les sonates sont en évidence bien analysées. Un peu trop réfléchies, à bien y penser. La technique est indiscutable. Et l’émotion? Il faut alors s’installer près d’une Alicia de Larrocha pour tenter de comprendre le mystère de l’émotion. Qu’est-ce que c’est? Peut-être de petits détails anodins qui parsèment le clavier. Quelques imperfections de jeu, ni trop calculé, ni réellement prévu. En fait, c’est tout ce qui rend la musique vivante. Vous savez, celle qui réchauffe le plexus solaire? Celle qui rend les yeux mélancoliques ou fait rêver? Bien souvent, ça reste indéfinissable tout simplement.

Avec Monsieur Cho, la perfection devient un problème. Tout est trop clair, trop évident. Le concerto k.466 est d’une belle exécution sans tache avec un instrument très en évidence. Par contre, l’orchestre semble étrangement ailleurs, en retrait, comme dans un autre studio…Il s’y produit un son un peu sec, malingre, sans réelle profondeur.

Nézet-Séguin est survolté comme à son habitude. On reconnait bien ses manières. Cherchant constamment à renouveler chaque trait, chaque mesure de ce chef-d’oeuvre, il semble pourtant laisser au passage quelques parcelles de Mozart. Le drame du k.466 est finalement plus démonstratif que tragique.

Bref, c’est un disque Mozart juste bien. Dans son cas, ce n’est pas suffisant. Et parfois un 2e prix d’un concours serait mieux. C.R.Hamelin dans Mozart? N’importe quand!

Comparatif: Adagio sonate k.332 Alicia de Larrocha 

 

Mozart, W.A. (1756-1791) Les Quatuors dédiés à Haydn. Quatuor Cambini-Paris.

Posted in Mozart with tags on 17 mai 2015 by rfauclair

91z++PZPw3L._SL1500_Quatuor Cambini-Paris (sur instruments d’époque)

Enregistré en janv.2013 au Théâtre Impérial Compègne (k.428,458)

Enregistré en déc.2013 et janv.2014 à Galerie dorée Banque de France.

Naïve. 2014. AM2013. 3cds. 3h.32m.

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Allegro k.464 en la majeur

Menuetto k.464 en la majeur    

Écrits entre 1782-1785, les six quatuors dédiés à Haydn ont été pour Mozart un « long et dur labeur ». Ce sont des oeuvres de maturité, pleinement maîtrisées, en lien avec sa récente découverte de la science musicale de Bach. Haydn en fit une éloge particulièrement chaleureuse et admirative de son jeune confrère.

Six quatuors illuminés par Mozart. Six façons de dépeindre la lumière pour ensuite l’assombrir perceptiblement en clair-obscurs. Puis surgir des pénombres vers de nouvelles couleurs, irradiantes. Tel est l’art de Mozart. Oeuvre dense où les quatre voix ont leur indépendance, cette musique reste tout de même en marge par l’exigence qu’elle demande à l’écoute. Il faut prendre son temps pour bien l’assimiler. Et lorsque à l’intérieur de cet espace-temps, l’esprit se joint à ces teintes abstraites, alors le mystère Mozart prend tout son sens.

Et c’est justement là que ces quatre artistes nous amènent. Loin des tracas du monde et de la matérialité. Quatre artistes dont cordes et archets servent de plumes et de pinceaux pour en dessiner un monde superbe, celui de Mozart. Les musiciens proposent avant tout la transparence et la légèreté dans la complexité. Les résonances sont particulièrement belles, alliant profondeur et musicalité. La prise de son est d’un rare bonheur, ouverte et sans contrainte, qui nous atteint dans la beauté des timbres. On y voit clair en tout temps. Magnifique.

 

Mozart, W.A. (1756-1791) Les Sonates pour piano. Alicia de Larrocha.

Posted in Mozart with tags on 9 avril 2015 by rfauclair

71lIBnIKVwL._SL1500_Les 18 sonates pour piano.

Fantaisies et rondos.

Enregistré à New York entre 1989-1991.

Sony Music/RCA. 2014. 8883798592. 5cds.

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

 

Allegro con spirito k.309

Andante con espressionne k.311

Rondo allegretto k.533

La pianiste espagnole (1923-2009) a eut une longue carrière, s’attardant à faire connaître la musique de Albéniz, Granados, et Falla entre autres. Femme de petite taille, elle a développé une technique exceptionnelle, malgré ses petites mains.

Elle s’est tout de même distinguée à interpréter le répertoire dit « classique ». Son Mozart est impeccable, d’un style assuré et rassurant. À vrai dire…il n’y a rien à dire. Tout est là. La candeur et l’esprit mozartien n’ont jamais paru aussi évident. Ce mystère d’un talent génial est passé au travers du prisme de la musicienne. Des tempos modérés, un sens de la mélodie aérienne… et voilà qu’on aime tout simplement Mozart. Simple et beau. Que demander de plus?

 

Mozart, W.A. (1756-1791) Sonates pour piano. Marc-André Hamelin.

Posted in Mozart on 6 avril 2015 by rfauclair

034571280295-2Sonates k.282-283-330-332-333

Sonates k.545-570-576

Rondos k.485 et 511. Gigue k.574

Fantasia k.397

Marc-André Hamelin, piano Steinway. Enregistré à Henry Wood Hall, Londres en juillet 2013.

Hypérion. 2015. CDA68029. 2cds. 154m.33s.

Appréciation: ***

Allegro de la sonate k.332

Adagio de la sonate k.570

Allegro de la sonate k.545

Le très méticuleux pianiste canadien propose un Mozart d’une blancheur immaculée. D’une netteté irréprochable, mais parfois à la limite de l’immobilité, Hamelin a choisi une approche qui dépouille cette musique de tout artifice. Pour ceux qui cherchent une vision révolutionnaire de la part d’un des plus grands virtuoses des temps modernes, il faut regarder ailleurs…

Respectueux du génie mozartien, le jeu du pianiste est louable dans le sens qu’il ne cherche pas à épater la galerie. Mais dans son essence, on se demande toujours pourquoi un si formidable technicien, ne réussit si peu à nous émouvoir. À peine un sourire est esquissé. Pourtant on connait tous notre Wolfgang, sa joie de vivre et son impertinence juvénile. On le reconnait à peine sous ces traits virtuoses, lancés pourtant dans une facilité déconcertante. Parfois, quelques accents incongrus nous laissent perplexes. Nous nous questionnons alors sur la réelle compréhension du pianiste par rapport à Mozart. Pour certains, il demeure insaisissable, malheureusement.

 

Mozart, W.A. (1756-1791) Requiem k.626. Accentus. Insula Orchestra. Laurence Equilbey.

Posted in Mozart on 27 septembre 2014 by rfauclair

713hXlTSYTL__SL1500_Sandrine Piau, soprano

Sara Mingardo, contralto

Werner Güra, ténor. Christopher Purves, Basse.

Accentus. Insula Orchestra (instruments d’époque)

Laurence Equilbey, direction.

Enregistré en fév.2014 à la Chapelle Royale, Versailles.

Naïve. 2014. v5370. 48m.

Appréciation: Magnifique *****

Rex tremendae

« Ô Roi, dont la majesté est redoutable…sauvez-moi, ô source de miséricorde. »

Recordare

« Souvenez-vous ô doux Jésus, que je suis la cause de votre venue sur terre… »

Lorsqu’on reçoit un autre Requiem, on l’écoute avec une oreille plutôt critique, s’attendant à quelques maniérismes et certaines idées pas toujours convenables, pour se démarquer de la masse d’enregistrements. En effet, la dernière œuvre de Mozart fut traité par toutes sortes de moyens, grandiloquents ou historiquement bien informés, grands ou petits ensembles. On a sorti dernièrement plusieurs versions dites « originales« , revues et corrigées. Le mélomane a devant lui, un choix des plus divers, pour apprécier une œuvre qui n’a pas tant besoin de ces manipulations.

Le Requiem, est avant tout, une œuvre religieuse. Même Mozart, en fin de parcours, a proposé une messe des morts étonnamment sobre en s’écartant des excès des airs d’opéras qui excitaient tant les foules. La chef d’orchestre française semble avoir opté pour une approche beaucoup plus dans l’esprit du sacré et de l’intériorité. Rejoindre l’âme de l’auditeur semble ici sa priorité la plus simple. Sa démarche musicale est des plus touchantes.

Certains passages prennent ainsi une grande douceur. Avons-nous déjà entendu un Salve me si délicat dans le Rex tremendae? Le Recordare est (enfin!) traité avec tant de soin, avec une tendre émotion. Les solistes, très bien dirigés, semblent avoir reçu pour mandat de ne jamais crier…mais de chanter avec retenue. L’effet est magnifique. Osons-nous ici qualifier ce Requiem de profondément féminin? On a ici, dans tous les cas, un Mozart d’une grande sensibilité.

Et que dire de l’acoustique de la Chapelle Royale? La réverbération très haute surprend d’abord l’auditeur. Heureusement, Equilbey s’en sert admirablement bien, en retardant brièvement les attaques de son ensemble. Ici, il faut souligner le travail extraordinaire des ingénieurs du son, qui ont capté dans un équilibre irréprochable, à la fois tous les détails et l’atmosphère grandiose de l’endroit. Après avoir écouté cette version en boucle plusieurs fois, on fini par baisser les bras. On ne trouve, à vrai dire, aucune faille. L’un des plus beaux Requiem depuis des lustres!

Mozart et Haydn. Concertos pour piano. Alexandre Tharaud. Les Violons du Roy.

Posted in Haydn, Mozart on 22 septembre 2014 by rfauclair

81oKr09YZQL__SL1500_Mozart: Concerto k.271 no.9 « Jeunehomme »

Rondo pour piano et orchestre k.386

Aria de concert « Ch’io mi scordi di te k.505

Haydn: Concerto en ré Hob.XVII no.11

Alexandre Tharaud, piano.

Joyce Didonato, mezzo-soprano.

Les Violons du Roy, direction Bernard Labadie.

Erato. 2014.

Appréciation: Excellent *****

Rondo k.386 en la majeur de Mozart.

Rondo à la « hongroise » du concerto en ré de Haydn.

À l’image du juvénile concerto k.271, duquel Mozart s’est amusé à déjouer les conventions, Alexandre Tharaud propose un disque où le plaisir et l’improvisation vont en surprendre plusieurs. Primo: les cadences qu’il a ajoutées de son propre crû au Rondo et au concerto d’Haydn, délirantes digressions qui s’incrustent très bien à ces œuvres connues, restent dans le ton espiègle dans lequel on devine les moqueries du jeune Mozart.

Secundo: l’enthousiasme évident des Violons du Roy. Ils sont tellement dynamiques (Rondo final à la hongroise de Haydn!). L’accompagnement du même concerto en ré avec le très sérieux M.A.Hamelin (Hypérion), apparaît tout à coup bien sage… Il faut écouter cette folle danse. Les coups d’archets percussifs (col legno) nous font taper du pied!

Tertio…il y a Didonato. Quelle voix. On ne peut que s’incliner devant un tel talent. Et quelle œuvre! Le k.505 possède à lui seul, tant de mesures surprenantes, tant de trouvailles musicales, qu’on ne peut l’écouter qu’une seule fois. À reprendre en boucle. Jouissif!

Mozart, W.A. (1756-1791) Trois quatuors dédiés à Haydn. Cuarteto Casals.

Posted in Mozart on 2 septembre 2014 by rfauclair

81+zAnPkhgL__SL1500_Quatuor k.387 « Printemps » en sol majeur

Quatuor k.428 en mib majeur

Quatuor k.465 « Dissonances » en do majeur

Abel Tomàs Realp, violon

Vera Martinez Mehner, violon

Jonathan Brown, alto

Arnau Tomàs Realp, violoncelle

Enregistré au Studio Teldex Berlin, sept.2013

Harmonia mundi. 2014. hmc902186.82m.17s.

Appréciation: Très bien ****

Allegro non troppo du quatuor k.428

Menuetto, allegretto-trio du quatuor k.428

Les cordes de boyaux font désormais partie du paysage sonore de la musique de chambre de la fin 18e siècle. Après les excellentes contributions des Quatuor Mosaïques, Salomon, Esthérazy et cie, voici cet ensemble madrilène qui n’a pas tardé à s’imposer comme l’un des meilleurs quatuors à l’heure actuelle. Mais ces sonorités tranchantes et incisives ne plaisent pas à tous. Néanmoins, elles clarifient étonnamment le discours, chacun des instruments étant bien mis en évidence.

En comparaison avec les Quartets ci-haut mentionnés, on notera, en plus de la précision et la cohésion d’ensemble, un raffinement hors du commun, une fébrilité toute espagnole, très « bocchérinienne « . Ce qui donne à ces pages un côté ensoleillé. À quand les trois autres quatuors de la série? On en redemande.