Archive for the Mozart Category

Mozart, W.A. (1756-1791) Les Quatuors dédiés à Haydn. Quatuor Cambini-Paris.

Posted in Mozart with tags on 17 mai 2015 by rfauclair

91z++PZPw3L._SL1500_Quatuor Cambini-Paris (sur instruments d’époque)

Enregistré en janv.2013 au Théâtre Impérial Compègne (k.428,458)

Enregistré en déc.2013 et janv.2014 à Galerie dorée Banque de France.

Naïve. 2014. AM2013. 3cds. 3h.32m.

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Allegro k.464 en la majeur

Menuetto k.464 en la majeur    

Écrits entre 1782-1785, les six quatuors dédiés à Haydn ont été pour Mozart un « long et dur labeur ». Ce sont des oeuvres de maturité, pleinement maîtrisées, en lien avec sa récente découverte de la science musicale de Bach. Haydn en fit une éloge particulièrement chaleureuse et admirative de son jeune confrère.

Six quatuors illuminés par Mozart. Six façons de dépeindre la lumière pour ensuite l’assombrir perceptiblement en clair-obscurs. Puis surgir des pénombres vers de nouvelles couleurs, irradiantes. Tel est l’art de Mozart. Oeuvre dense où les quatre voix ont leur indépendance, cette musique reste tout de même en marge par l’exigence qu’elle demande à l’écoute. Il faut prendre son temps pour bien l’assimiler. Et lorsque à l’intérieur de cet espace-temps, l’esprit se joint à ces teintes abstraites, alors le mystère Mozart prend tout son sens.

Et c’est justement là que ces quatre artistes nous amènent. Loin des tracas du monde et de la matérialité. Quatre artistes dont cordes et archets servent de plumes et de pinceaux pour en dessiner un monde superbe, celui de Mozart. Les musiciens proposent avant tout la transparence et la légèreté dans la complexité. Les résonances sont particulièrement belles, alliant profondeur et musicalité. La prise de son est d’un rare bonheur, ouverte et sans contrainte, qui nous atteint dans la beauté des timbres. On y voit clair en tout temps. Magnifique.

 

Mozart, W.A. (1756-1791) Les Sonates pour piano. Alicia de Larrocha.

Posted in Mozart with tags on 9 avril 2015 by rfauclair

71lIBnIKVwL._SL1500_Les 18 sonates pour piano.

Fantaisies et rondos.

Enregistré à New York entre 1989-1991.

Sony Music/RCA. 2014. 8883798592. 5cds.

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

 

Allegro con spirito k.309

Andante con espressionne k.311

Rondo allegretto k.533

La pianiste espagnole (1923-2009) a eut une longue carrière, s’attardant à faire connaître la musique de Albéniz, Granados, et Falla entre autres. Femme de petite taille, elle a développé une technique exceptionnelle, malgré ses petites mains.

Elle s’est tout de même distinguée à interpréter le répertoire dit « classique ». Son Mozart est impeccable, d’un style assuré et rassurant. À vrai dire…il n’y a rien à dire. Tout est là. La candeur et l’esprit mozartien n’ont jamais paru aussi évident. Ce mystère d’un talent génial est passé au travers du prisme de la musicienne. Des tempos modérés, un sens de la mélodie aérienne… et voilà qu’on aime tout simplement Mozart. Simple et beau. Que demander de plus?

 

Mozart, W.A. (1756-1791) Sonates pour piano. Marc-André Hamelin.

Posted in Mozart, Nouveautés 2015 on 6 avril 2015 by rfauclair

034571280295-2Sonates k.282-283-330-332-333

Sonates k.545-570-576

Rondos k.485 et 511. Gigue k.574

Fantasia k.397

Marc-André Hamelin, piano Steinway. Enregistré à Henry Wood Hall, Londres en juillet 2013.

Hypérion. 2015. CDA68029. 2cds. 154m.33s.

Appréciation: ***

Allegro de la sonate k.332

Adagio de la sonate k.570

Allegro de la sonate k.545

Le très méticuleux pianiste canadien propose un Mozart d’une blancheur immaculée. D’une netteté irréprochable, mais parfois à la limite de l’immobilité, Hamelin a choisi une approche qui dépouille cette musique de tout artifice. Pour ceux qui cherchent une vision révolutionnaire de la part d’un des plus grands virtuoses des temps modernes, il faut regarder ailleurs…

Respectueux du génie mozartien, le jeu du pianiste est louable dans le sens qu’il ne cherche pas à épater la galerie. Mais dans son essence, on se demande toujours pourquoi un si formidable technicien, ne réussit si peu à nous émouvoir. À peine un sourire est esquissé. Pourtant on connait tous notre Wolfgang, sa joie de vivre et son impertinence juvénile. On le reconnait à peine sous ces traits virtuoses, lancés pourtant dans une facilité déconcertante. Parfois, quelques accents incongrus nous laissent perplexes. Nous nous questionnons alors sur la réelle compréhension du pianiste par rapport à Mozart. Pour certains, il demeure insaisissable, malheureusement.

 

Mozart, W.A. (1756-1791) Requiem k.626. Accentus. Insula Orchestra. Laurence Equilbey.

Posted in Mozart, Nouveautés 2014 on 27 septembre 2014 by rfauclair

713hXlTSYTL__SL1500_Sandrine Piau, soprano

Sara Mingardo, contralto

Werner Güra, ténor. Christopher Purves, Basse.

Accentus. Insula Orchestra (instruments d’époque)

Laurence Equilbey, direction.

Enregistré en fév.2014 à la Chapelle Royale, Versailles.

Naïve. 2014. v5370. 48m.

Appréciation: Magnifique *****

Rex tremendae

« Ô Roi, dont la majesté est redoutable…sauvez-moi, ô source de miséricorde. »

Recordare

« Souvenez-vous ô doux Jésus, que je suis la cause de votre venue sur terre… »

Lorsqu’on reçoit un autre Requiem, on l’écoute avec une oreille plutôt critique, s’attendant à quelques maniérismes et certaines idées pas toujours convenables, pour se démarquer de la masse d’enregistrements. En effet, la dernière œuvre de Mozart fut traité par toutes sortes de moyens, grandiloquents ou historiquement bien informés, grands ou petits ensembles. On a sorti dernièrement plusieurs versions dites « originales« , revues et corrigées. Le mélomane a devant lui, un choix des plus divers, pour apprécier une œuvre qui n’a pas tant besoin de ces manipulations.

Le Requiem, est avant tout, une œuvre religieuse. Même Mozart, en fin de parcours, a proposé une messe des morts étonnamment sobre en s’écartant des excès des airs d’opéras qui excitaient tant les foules. La chef d’orchestre française semble avoir opté pour une approche beaucoup plus dans l’esprit du sacré et de l’intériorité. Rejoindre l’âme de l’auditeur semble ici sa priorité la plus simple. Sa démarche musicale est des plus touchantes.

Certains passages prennent ainsi une grande douceur. Avons-nous déjà entendu un Salve me si délicat dans le Rex tremendae? Le Recordare est (enfin!) traité avec tant de soin, avec une tendre émotion. Les solistes, très bien dirigés, semblent avoir reçu pour mandat de ne jamais crier…mais de chanter avec retenue. L’effet est magnifique. Osons-nous ici qualifier ce Requiem de profondément féminin? On a ici, dans tous les cas, un Mozart d’une grande sensibilité.

Et que dire de l’acoustique de la Chapelle Royale? La réverbération très haute surprend d’abord l’auditeur. Heureusement, Equilbey s’en sert admirablement bien, en retardant brièvement les attaques de son ensemble. Ici, il faut souligner le travail extraordinaire des ingénieurs du son, qui ont capté dans un équilibre irréprochable, à la fois tous les détails et l’atmosphère grandiose de l’endroit. Après avoir écouté cette version en boucle plusieurs fois, on fini par baisser les bras. On ne trouve, à vrai dire, aucune faille. L’un des plus beaux Requiem depuis des lustres!

Mozart et Haydn. Concertos pour piano. Alexandre Tharaud. Les Violons du Roy.

Posted in Haydn, Mozart on 22 septembre 2014 by rfauclair

81oKr09YZQL__SL1500_Mozart: Concerto k.271 no.9 « Jeunehomme »

Rondo pour piano et orchestre k.386

Aria de concert « Ch’io mi scordi di te k.505

Haydn: Concerto en ré Hob.XVII no.11

Alexandre Tharaud, piano.

Joyce Didonato, mezzo-soprano.

Les Violons du Roy, direction Bernard Labadie.

Erato. 2014.

Appréciation: Excellent *****

Rondo k.386 en la majeur de Mozart.

Rondo à la « hongroise » du concerto en ré de Haydn.

À l’image du juvénile concerto k.271, duquel Mozart s’est amusé à déjouer les conventions, Alexandre Tharaud propose un disque où le plaisir et l’improvisation vont en surprendre plusieurs. Primo: les cadences qu’il a ajoutées de son propre crû au Rondo et au concerto d’Haydn, délirantes digressions qui s’incrustent très bien à ces œuvres connues, restent dans le ton espiègle dans lequel on devine les moqueries du jeune Mozart.

Secundo: l’enthousiasme évident des Violons du Roy. Ils sont tellement dynamiques (Rondo final à la hongroise de Haydn!). L’accompagnement du même concerto en ré avec le très sérieux M.A.Hamelin (Hypérion), apparaît tout à coup bien sage… Il faut écouter cette folle danse. Les coups d’archets percussifs (col legno) nous font taper du pied!

Tertio…il y a Didonato. Quelle voix. On ne peut que s’incliner devant un tel talent. Et quelle œuvre! Le k.505 possède à lui seul, tant de mesures surprenantes, tant de trouvailles musicales, qu’on ne peut l’écouter qu’une seule fois. À reprendre en boucle. Jouissif!

Mozart, W.A. (1756-1791) Trois quatuors dédiés à Haydn. Cuarteto Casals.

Posted in Mozart, Nouveautés 2014 on 2 septembre 2014 by rfauclair

81+zAnPkhgL__SL1500_Quatuor k.387 « Printemps » en sol majeur

Quatuor k.428 en mib majeur

Quatuor k.465 « Dissonances » en do majeur

Abel Tomàs Realp, violon

Vera Martinez Mehner, violon

Jonathan Brown, alto

Arnau Tomàs Realp, violoncelle

Enregistré au Studio Teldex Berlin, sept.2013

Harmonia mundi. 2014. hmc902186.82m.17s.

Appréciation: Très bien ****

Allegro non troppo du quatuor k.428

Menuetto, allegretto-trio du quatuor k.428

Les cordes de boyaux font désormais partie du paysage sonore de la musique de chambre de la fin 18e siècle. Après les excellentes contributions des Quatuor Mosaïques, Salomon, Esthérazy et cie, voici cet ensemble madrilène qui n’a pas tardé à s’imposer comme l’un des meilleurs quatuors à l’heure actuelle. Mais ces sonorités tranchantes et incisives ne plaisent pas à tous. Néanmoins, elles clarifient étonnamment le discours, chacun des instruments étant bien mis en évidence.

En comparaison avec les Quartets ci-haut mentionnés, on notera, en plus de la précision et la cohésion d’ensemble, un raffinement hors du commun, une fébrilité toute espagnole, très « bocchérinienne « . Ce qui donne à ces pages un côté ensoleillé. À quand les trois autres quatuors de la série? On en redemande.

Mozart W.A. (1756-1791) Transcriptions de fugues de J.S.Bach. Akademie für Alte Musik Berlin.

Posted in Mozart, Nouveautés 2014 on 21 avril 2014 by rfauclair

81gkOGZmXAL__SL1500_Préludes et fugues k.405 no.3-5

Adagio et fugue en la mineur

Allegro et fugue pour deux clavier k.426

Adagio et fugue en mib majeur

Adagio et fugue k.546

Adagio et fugue en si mineur et ré mineur.

Akademie für Alte Musik de Berlin.

Harmonia Mundi. 2014.hmc902159. 51m.18s

Appréciation: Superbe *****

Prélude et fugue en ré mineur k.405 no.4

Adagio et fugue en mi majeur k.405 no.3

Adagio et fugue en ré mineur (arr. pour cordes et vents)

« Tous les dimanches midi, je vais chez le baron Swieten. On n’y joue rien d’autre que Handel et Bach. »

Ainsi s’adressait Mozart à son père en 1782, alors que celui-ci découvrait la musique des grands maîtres baroques. Mozart adapta des fugues du Clavier bien tempéré pour quatuor à cordes en vu d’accroître sa maîtrise du contrepoint.

Les manuscrits, qui ont été découverts en lien avec ces matinées chez le baron, contiennent certains préludes composés en guise d’ouverture aux fugues. On ne sait rien sur les auteurs de ces pièces. On a longtemps pensé à Mozart, mais leur style quelque peu archaïque semble étranger à sa plume. Pourtant ce sont de belles pièces lumineuses, proches de Boccherini ou Haydn. Et la transition prélude-fugue, qui mêle le galant au baroque se marie plutôt bien à l’écoute. Parfois, le souvenir des Sept Paroles du Christ de Haydn se fait subtilement entendre…

Au départ, simples études du contrepoint, les fugues sont transformées par l’Akademie de Berlin, leurs donnant expressivité et dynamisme. Tel à travers un prisme, la musique de Bach jaillit en de fascinantes couleurs. Il se dégage de ce magnifique enregistrement une ambiance fait de piété et d’introspection. L’ensemble s’est permis la liberté d’interpréter ces œuvres en groupes distincts, soit le quatuor à cordes, l’orchestre à cordes et finalement les vents, se joignant dans la dernière fugue du disque en une mosaïque impressionnante de timbres. Prise de son cristalline. Splendide.