Archive for the Mozart Category

Mozart W.A. (1756-1791) Transcriptions de fugues de J.S.Bach. Akademie für Alte Musik Berlin.

Posted in Mozart on 21 avril 2014 by rfauclair

81gkOGZmXAL__SL1500_Préludes et fugues k.405 no.3-5

Adagio et fugue en la mineur

Allegro et fugue pour deux clavier k.426

Adagio et fugue en mib majeur

Adagio et fugue k.546

Adagio et fugue en si mineur et ré mineur.

Akademie für Alte Musik de Berlin.

Harmonia Mundi. 2014.hmc902159. 51m.18s

Appréciation: Superbe *****

Prélude et fugue en ré mineur k.405 no.4

Adagio et fugue en mi majeur k.405 no.3

Adagio et fugue en ré mineur (arr. pour cordes et vents)

« Tous les dimanches midi, je vais chez le baron Swieten. On n’y joue rien d’autre que Handel et Bach. »

Ainsi s’adressait Mozart à son père en 1782, alors que celui-ci découvrait la musique des grands maîtres baroques. Mozart adapta des fugues du Clavier bien tempéré pour quatuor à cordes en vu d’accroître sa maîtrise du contrepoint.

Les manuscrits, qui ont été découverts en lien avec ces matinées chez le baron, contiennent certains préludes composés en guise d’ouverture aux fugues. On ne sait rien sur les auteurs de ces pièces. On a longtemps pensé à Mozart, mais leur style quelque peu archaïque semble étranger à sa plume. Pourtant ce sont de belles pièces lumineuses, proches de Boccherini ou Haydn. Et la transition prélude-fugue, qui mêle le galant au baroque se marie plutôt bien à l’écoute. Parfois, le souvenir des Sept Paroles du Christ de Haydn se fait subtilement entendre…

Au départ, simples études du contrepoint, les fugues sont transformées par l’Akademie de Berlin, leurs donnant expressivité et dynamisme. Tel à travers un prisme, la musique de Bach jaillit en de fascinantes couleurs. Il se dégage de ce magnifique enregistrement une ambiance fait de piété et d’introspection. L’ensemble s’est permis la liberté d’interpréter ces œuvres en groupes distincts, soit le quatuor à cordes, l’orchestre à cordes et finalement les vents, se joignant dans la dernière fugue du disque en une mosaïque impressionnante de timbres. Prise de son cristalline. Splendide.

 

 

Mozart, W.A. (1756-1791) Le Requiem k.626. Reconstruction première exécution. Dunedin Consort.

Posted in Mozart on 4 avril 2014 by rfauclair

51IA80lTdWL__AA160_Requiem en ré mineur k.626.

Misericordias Domini en ré mineur k.222

Edition D.Black. Reconstruction de l’exécution 2 janvier 1793.

Joanne Lunn, soprano. Rowan Hellier, alto.

Thomas Hobbs, ténor. Matthew Brook, basse.

Dunedin Consort. John Butt, direction.

Linn Records. 2014. CDK 449. 61m.41s.

Appréciation: Superbe*****

Requiem aeternam

Tuba mirum 

Lacrimosa

Le Dunedin Consort est connu pour ses exécutions d’œuvres musicales à leur état d’origine. L’ensemble écossais a enregistré, entre autres, le Messie de Handel selon la première exécution publique de 1742. Ils ont tenté, avec le Requiem de Mozart, de respecter les premières intentions du compositeur, et surtout celles de Frans Xavier Süssmayr (1766-1803) son assistant de la dernière heure.

On est à peu près certain que Süssmayr a composé en entier le Sanctus et l’Agnus Dei. Suivant les indications de Mozart, il a orchestré plusieurs parties manquantes, dont le très beau Lacrimosa. Plus d’un an après la mort de Mozart, on organisa un concert-bénéfice pour sa veuve, Constance Weber. C’est le manuscrit complété par Süssmayr qui fut utilisé le 2 janvier 1793 et qui est considéré comme la « first public performance » du Requiem.

Les musicologues ont toujours vu dans le travail de Süssmayr des erreurs et quelques maladresses d’orchestrations dans l’ultime œuvre de Mozart. C’est pourquoi, il y a eu depuis plusieurs éditions « nouvelles » qui tentent de corriger ces irrégularités. L’édition de David Black tente un retour aux sources, en respectant tel quel le travail de Süssmayr et en tenant compte des pratiques courantes des exécutions de cette époque.

En premier lieu, l’effectif du chœur est réduit à 16 voix. Les solistes vocaux sont placés à même le chœur. Ils chantent à la fois les parties chorales et leurs solos, ce qui donne une belle lisibilité à l’ensemble. On est loin des grandes masses chorales souvent entendues dans le passé. Bien entendu, l’utilisation des instruments anciens est plus qu’approprié. Ils offrent une palette de couleurs et de timbres sonores beaucoup plus séduisants. Notons enfin, l’utilisation du pianoforte dans le continuo, car les dernières recherches ont prouvé qu’il n’y avait pas d’orgue dans la salle viennoise de 1793!

Toutes ces considérations demeurent plutôt sans intérêt pour le commun des mortels. Mais pour le directeur John Butt et ses musiciens, il semble que le retour à la genèse de cette œuvre mythique les a grandement inspirés! En effet, le chœur est vibrant et pleinement convaincant. Les solistes sont particulièrement beaux, tant dans leur esthétique que dans leur expression fervente et émouvante. L’orchestre est riche de musicalité et d’élan dynamique, parfois dramatique, parfois tendre et prenant. (merveilleux cors de basset!)

Nous avons ici une réussite exemplaire, et la musique de Mozart nous touche à nouveau. Véritable chant du cygne d’un génie, cet adieu au monde est bouleversant et unique. Prise de son de qualité audiophile.

Mozart, W.A. (1756-1791) Airs d’opéra et de concert. Karina Gauvin. Les Violons du Roy.

Posted in Mozart on 15 mars 2014 by rfauclair

71kYptsH2RL__SL1500_Aer tranquillo (Il Pastor fido k.208)

Giunse alfin il momento (Nozze di Figaro k.492)

Chi’o mi scordi di te? k.505

Ouverture Lucio Silla k.135

Misera dove son k.369

Ach, ich fühl’s (Zauberflöte k.620)

Ouverture (La Clemenza di Tita k.621)

Non più di Fiori.( La Clemenza k.621)

Come scoglio immoto resta (Cosi fan tutte k.588)

In uomini! In soldati (Cosi fan tutte k.588)

Benedetto Lupo, piano (k.505) et André Moisan, cor de basset (k.621). Les Violons du Roy. Bernard Labadie, direction.

Appréciation: Superbe *****

Aer tranquillo de Il Pastor fido k.208

« Un air tranquille des jours sereins, sources fraîches et prés verdoyants, font l’objet des meilleurs souhaits des troupeaux de bergers. »

Recitatif et aria Come scoglio immoto resta de Cosi fan tutte k.588

« Comme un roc demeure immobile contre les vents et la tempête, ainsi pour toujours cette âme est forte dans sa fidélité et son amour. Avec nous naquit cette flamme qui nous est chère et qui nous console et la mort seule pourra faire changer notre cœur de sentiment… »

Délicieuse Karina Gauvin, tout ce qu’elle chante se change en or. Et Mozart lui va comme des gants! L’accompagnement du très soigné ensemble Les Violons du Roy, est comme toujours, fidèle à sa réputation. Le programme du disque, bien agencé, permet d’entendre l’orchestre dans deux ouvertures bien relevées et accentuées comme il se doit, préservant l’éclat de la musique de Mozart. Seul regret…l’absence des timbres des instruments d’époque…que Maestro Labadie, pourtant féru des phrasés « à l’ancienne« , se refuse toujours d’accorder à ses musiciens. Tout est une question de goût, bien entendu. Il y manque un je-ne-sais-quoi de palpitant dans l’imperfection granuleuse et inégale des cordes de boyaux…Ah! Mozart entendait tout cela en son temps! (référence pour les Ouvertures: Tafelmusik et Bruno Weil. Sony Classical).

Reste Karina, dont on ne peut plus rien dire, tellement on reste bouche bée devant son art. Elle est parvenue à un tel degré de perfection! Mozart qui raffolait de l’opéra, a donné aux divas de son temps, des morceaux de bravoure étincelants. Pourtant, il obéissait bien souvent à des formules répétitives et conventionnelles, dans le but de créer le plus d’effet possible chez l’auditoire. Avant tout un divertissement de haut calibre, la musique de Mozart est bien souvent reliée aux applaudissements tant recherchés. Reste qu’à la fin de sa vie, ses opéras ont gagné en profondeur. Et lui seul avait le génie d’amener l’opéra à un autre niveau. Entre Il Pastor fido (écrit à 19 ans) et Cosi fan tutte (1790), l’évolution est considérable. L’aria Come scoglio, tiré de ce dernier, exige de l’interprète des prouesses vocales et expressives qui n’appartiennent qu’à quelques sopranos… Karina Gauvin relève le défi avec brio, très haut la main! Bravissimo!

Scènes d’enfants. Daniel Clarke-Bouchard et Oliver Jones.

Posted in Mozart on 1 novembre 2013 by rfauclair

718X6gO6iyL__SL1500_Mozart/O.Jones: « Ah je vous dirais-je maman » k.265

F.Schubert: Impromtus d.899 op.90

F.Mendelssohn : Rondo capriccioso op.14

Beethoven: Rondo op.129

J.Haydn: Menuet et Finale de la sonate Hob.16 no.32

Mozart: Sonate k.332 en la majeur

R.Schumann: Kinderszenen op.15 (extrait)

C.Debussy: Dr.Gradus et Parnassus

C.Leveillé/O.Jones: Grande valse fofolle à deux pianos.

Atma Classique. 2013. acd22698.52m.51s

Appréciation: Très Bien ****

Impromptu no.2 de F.Schubert

Allegro de la sonate k.332 de Mozart

Il n’a que 13 ans. Il est beau et a du talent. Ce jeune prince du grand Montréal a de quoi surprendre. Lorsqu’on entend ce Schubert ou ce Mozart tout en fluidité on est déjà conquis.

Cette truculence du propos, ce plaisir évident des notes et des accents bien placés en font un disque charmant. La présence d’Oliver Jones et ses improvisations jazzées au côté du jeune prodige sont amusantes. Ce jeune pianiste sait et comprend ce qu’il fait. Cela est évident dans l’Allegro de la sonate k.332. On est étonné de la justesse, du lyrisme mozartien bien souligné et approprié. Mais les quelques hésitations et irrégularités du dernier mouvement, nous montrent à quel point Mozart peut être impitoyable pour les pianistes, quelque soit leur âge…Cela prend du temps et des efforts considérables pour tout peaufiner.

C’est à se demander s’il aurait fallu attendre encore un peu avant de se lancer dans cette aventure. Lorsque la première surprise s’est estompée, on se questionne sur le bien fondé de cette entreprise. Opération marketing pour un large public? La formule aura sûrement du succès. Mais on met à l’avant-plan un jeune pianiste parmi d’autres probablement aussi bons et qui gagneraient à être connus. Mais pourquoi écouter ce Mozart ou ce Beethoven quand on peut avoir mieux ailleurs?

Ceci étant dit, avant de remettre cet album sur la tablette, laissons-lui au moins une chance de s’exprimer. Tiens…c’est tout de même très beau!

Mozart, Wolfgang Amadeus (1756-1791) Les Symphonies. Christopher Hogwood

Posted in Mozart with tags on 10 novembre 2012 by rfauclair

MI0000994286The Academy of Ancient Music

Christopher Hogwood, direction

Oiseau-Lyre/Decca. 1979-1986. 452496-2. 19cds

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Allegro con spirito de la 35e symphonie « Haffner »

Menuetto et trio de la 35e symphonie « Haffner »

Une intégrale légendaire. Un travail de reconstitution historique remarquable. Mozart renouvelé, dépoussiéré! Tout est clair maintenant. On ne parle plus de 41, mais plutôt 68 symphonies! Même les œuvres de jeunesse sont passionnantes à écouter. Les plus tardives ne font pas l’unanimité du public, habitué à une pâte sonore beaucoup plus épaisse (Karl Böhm par exemple). Ici les cordes sont incisives, d’une acidité presque corrosive. Mais quel dynamisme, quelle clarté! La musique est bondissante, vivante. Un Mozart juvénile, lumineux jusqu’à la fin!