Archive for the Brahms Category

Brahms, Johannes (1833-1897) Les Sonates pour violon. Christian Tetzlaff. Lars Vogt.

Posted in Brahms on 22 octobre 2016 by rfauclair

81plfm0qiwl-_sl1394_Sonates op.78 op.100 et op.108

Scherzo F.A.E. WoO2

Christian Tetzlaff, violon Peter Greiner, Allemagne.

Lars Vogt, piano.

Enregistré à Sendesaal, Bremen en août 2015.

Ondine. 2016. ODE 1284-2. 72m.50s. Appréciation: Superbe*****

Vivace ma non troppo op.78

Adagio op.108

Avec Brahms, la sonate pour violon et piano est une sorte d’aboutissement de la musique de chambre du 19e siècle. Ce sont des oeuvres magnifiques dont on ne se lassent jamais. Car Brahms les a peaufiné avec soin, y mettant autant d’effusion sentimentale que de rigueur formelle. La généreuse discographie autour de ce triptyque bien-aimé donne au mélomane un choix d’interprétations des plus diverses.

La collaboration Tetzlaff-Vogt en est une des plus heureuses depuis longtemps. Leur vision de Brahms l’est tout autant. Nous ne sommes jamais déçu, et les attentes sont tout à fait comblées. Ils ont choisi une approche toute en douceur, très subtile et infiniment sensible. Tetzlaff joue avec retenue et évite les contrastes flamboyants. Le vibrato est utilisé avec parcimonie et parfois le contact du crin est à peine perceptible. Vogt ne martèle à peu près jamais le clavier. Il y offre une chaleur bienfaisante, jamais violente. Souvent, le duo ralentit le discours, allonge l’air du temps et nous plonge au coeur d’une émotion tangible et véritable.

Mais Brahms est aussi très bien servi ailleurs. Et ces lectures d’un autre temps seront revisitées. Certaines demeurent des références, par leur style plus traditionnel. On pense à Perlmann, Mütter et récemment à Augustin Dumay et Louis Lortie…Tant de nuances différentes pour tant d’états d’âme différents. La version Tetzlaff et Vogt est à ajouter sans hésiter au côté des plus excellentes.

 

Haydn, Schubert, Brahms. Stéphane Tétreault, violoncelle. Marie-Ève Scarfone, piano.

Posted in Brahms, Haydn, Nouveautés 2015, Saint-Saëns on 4 septembre 2015 by rfauclair

611xcWL0KOLDivertimento en ré de J.Haydn

Sonate « Arpeggione » de F.Schubert

Sonate op.38 de J.Brahms

Stéphane Tétreault, violoncelle Stradivarius 1707.

Enregistré à l’Église St-Augustin de Mirabel, Québec en oct.2014.

Analekta. 2015. AN2-9994. 66m.31s.

Appréciation: Superbe*****

Allegretto de la sonate Arpeggione de Schubert

Allegretto quasi menuetto de Brahms

Un fort beau récital tout en contrastes. À l’entrée il y a Haydn, le bien-heureux qui nous accueille. La conclusion est réservée à Brahms qui, malgré ses sombres états d’âme, offre à l’auditoire l’apothéose d’une sonate intense et difficile. Au coeur de ce programme se trouve le bien-aimé Schubert. Et c’est là que le jeune violoncelliste s’y livre avec tout l’amour et l’ineffable sens de la musique dont il maîtrise déjà à 22 ans… Autant il affectionne avec évidence la sonorité voluptueuse de son instrument, autant il se donne sans concession dans la plus admirable sonate qui a été composée pour l’arpeggione, ou communément appelé « guitare d’amour« …

L’oeuvre, dont le manuscrit original semble indiqué qu’il a été écrit avec empressement, est une sonate de forme libre, une quasi-fantaisie, irrégulière en rythmes, mais constamment mélodieuse, un art dont seul Schubert, malgré une vie rongée par la maladie et le désespoir, nous fait encore énormément de bien. Stéphane Tétreault et Marie-Ève Scarfone se suivent et se complètent très bien sur ces vagues incessantes, imprévisibles mouvements d’une musique qui s’abandonne totalement dans un chant libéré de toute contrainte.

Et c’est lorsque notre regard ne se pose plus sur l’artiste mais sur la musique elle-même, qu’on se rend compte de l’immense talent du violoncelliste. Cette façon de chanter chaque note, de sublimer le temps d’une mesure, de ralentir une cadence pour en faire surgir une émotion…on appelle cela de l’Art tout simplement. Probablement la plus belle version de l’Arpeggione que nous avons entendu jusqu’à ce jour et pour bien longtemps…

La prise de son, qui rend justice aux médiums et basses fréquences des instruments, a beau nous offrir une certaine douceur dans l’ensemble, mais manque un peu de transparence dans les hautes. Cela gâche quelque peu notre plaisir. On aurait aimé un meilleur traitement pour ces excellents artistes. On ne comprend pas encore pourquoi Analekta semble vouloir s’attacher à ce genre d’acoustique un peu brumeuse. Dommage…on était si près du ciel.

 

 

 

Brahms, Johannes (1833-1897) Les Sonates pour violon. Dumay et Lortie.

Posted in Brahms with tags on 26 novembre 2014 by rfauclair

 

71C0d7PeXOL__SX522_Sonate op.78 en sol majeur.

Sonate op.100 en la majeur.

Sonate op.108 en ré mineur.

Scherzo en do mineur.

Augustin Dumay, violon Guarneri del Gesù 1743.

Louis Lortie, piano Steinway.

Enregistré en mars/avril 2014 au Studio Teldex, Berlin.

Onyx. 2014. 4133. 77m.01s.

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Vivace ma non troppo op.78 (Sonate de la pluie)

Adagio de la sonate op.108

Un poco presto con sentimento op.108

Après avoir écouté de nombreuses fois de formidables duos comme Grumiaux/Sebok, Perlman/Barenboïm, Mütter/Orkis, pour en nommer quelques-uns, on ne saisit pas encore tout à fait pourquoi cette nouvelle gravure a un si grand impact émotif…

Est-ce l’admirable sonorité de l’instrument? Est-ce le musicien, son vécu, sa sensibilité unique qu’il transmet à son interprétation? Peut-être est-ce seulement la maturité et cette manière de prendre le temps de s’attarder sur chaque instant qui passe… Est-ce l’humilité de Lortie, constamment à l’écoute du violoniste? Cette approche discrète est tout à son honneur, laissant toute la place à Dumay. Son instrument est celui de l’âme. Il nous conduit et nous bouleverse au chant profond de l’inexplicable. Ce qui arrive ici est très rare…

Plusieurs fois, ce discours est celui des larmes, de l’eau, d’une rivière. De ce flot incessant venant du cœur d’un poète, amoureux fou comme Brahms, on reçoit cette tendresse chaleureuse comme jamais on l’a entendu. Une version d’une telle sensibilité, que l’on reconsidère alors toutes les autres. Mais on ne sait pas encore pourquoi tout ceci est…infiniment beau.