Archive for the Bruckner Category

Bruckner (1824-1896) Les Symphonies. Orchestre de la Suisse Romande. Marek Janowski.

Posted in Bruckner with tags on 22 décembre 2016 by rfauclair

71pwbqsclgl-_sl1500_Symphonies no.1 à 9 sous différentes éditions.

Enregistré entre 2007 et 2012. Victoria Hall, Genève.

Pentatone. 2015. PTC 5186 520. 9cds. 557m.51s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

 

Misterioso de la 3e symphonie

Scherzo de la 3e symphonie

S’il fallait décrire en un mot cet immense coffret…c’est chose presque impossible. Car la musique de Bruckner est trop grande. Elle est d’une richesse disproportionnée et harmoniquement audacieuse. Elle défie le temps par ses longueurs inhumaines, tant pour les musiciens que pour les auditeurs!

Marek Janowsky (n.1939) a eu le bonheur de choisir judicieusement parmi plusieurs éditions disponibles, en les reliant parfois à l’intérieur d’une même symphonie. Au niveau du minutage général on se rapproche de l’interprétation de Jochum et la Radio Bavaroise. C’est l’une des plus « rapides »dans le temps. L’élan qui y est insufflé permet à l’auditeur de rester captivé, ce qui est un exploit en soi. Les idées sont mieux rassemblées, toujours en mouvement où rien ne traîne inutilement, sans jamais se soustraire à la musicalité. Pour ces oeuvres de grandes envergures, il faut une longue pré-organisation des différents tableaux musicaux du grand Bruckner.

Et puis cela nous frappe de plein fouet. Ces tableaux ont l’apparence de véritables opéras, digne de Wagner. Les images sont nombreuses et on a parfois l’impression d’entrer dans le Valhalla des dieux. On sait que Janowsky est l’un des plus grand experts wagnérien. Ça se voit. Et bon dieu que c’est grandiose, intense, et passionné. Bruckner est mis en scène de brillante façon, variée par des tempi changeants et une panoplie de nuances dramatiques. C’est une version visionnaire et totalement convaincante. Mahler n’a jamais paru si près…

Superbe prise de son équilibrée qui évite toute agressivité malgré la puissance de l’orchestre. Un seul mot pour décrire cet admirable coffret? Peut-être celui-ci…Respect! (n.b. L’interprétation de la 3e…dorénavant seule au sommet de toute la discographie!)

 

 

Bruckner, Anton. Symphonie no. 4 « Romantique ». Pittsburgh Symphony. Manfred Honeck.

Posted in Bruckner, Nouveautés 2015 on 19 mars 2015 by rfauclair

71Jqi6d9PCL._SL1425_Symphonie no.4 en mib majeur

Version 1878/80. Édition Nowak.

Pittsburgh Symphony Orchestra.

Manfred Honeck. Enregistré live en déc.2013 au Heinz Hall, Pittsburgh.

Reference Recordings. 2015. fr-713sacd. 66m.07s.

Appréciation: Superbe*****

Scherzo et Trio

Voilà un chef qui sait lire entre les lignes. De son propre avis, la musique de Bruckner doit se libérer du carcan organistique dont plusieurs chefs se sont obstinés à respecter les carrures. S’inspirant des nombreux commentaires descriptifs du compositeur, le chef autrichien propose plutôt une version impressionnante de liberté et de fraîcheur.

Le travail remarquable qu’il a fait avec les musiciens de Pittsburgh (on imagine les nombreuses répétitions!) offre à cette bien-aimée symphonie un élan surprenant et de nouvelles images sonores que l’on découvre comme si c’était la première fois. Il y a bien cette force épique que l’on associe de façon naturelle à Bruckner. Mais aussi des milliers de détails que nos sens perçoivent, au coeur d’une forêt peuplée de héros et de légendes. En cela, il faut saluer la section des instruments à vent, qui soulignent joyeusement le piaillement d’oiseaux et autres créatures. Honeck leur a donné des indications très précises et l’effet est un pur ravissement.

La partition bouge constamment. Ça respire, ça chante et ça danse. On perçoit facilement l’aspect folklorique que Bruckner a voulu intégrer à sa symphonie. Loin des grandes mystifications de ses autres oeuvres, la quatrième demeure plus près de la nature comme jamais. Et Honeck, est l’un des seul qui réussit à en décrire autant la grandeur majestueuse que la vie grouillante qui s’y épanouie. Superbe.

 

Bruckner, Anton (1824-1896) Les Symphonies. Gewandhausorchester de Leipzig. Kurt Masur.

Posted in Bruckner, Nouveautés 2014 on 3 octobre 2014 by rfauclair

71nB7phKMsL__SL1500_Les Symphonies no.1-9 (Versions originales, sauf no.1 et 3)

Enregistrées entre 1974-1978.

Paul-Gerhardt Kirche/Leipzig et Lucaskirche /Dresde.

Gewandhausorchester de Leipzig.

Sony Music (RCA Red Seal) 2014. 8884306682. 9 cds.

Appréciation: Magnifique *****

Adagio de la 7e symphonie. Version originale de 1883

Kurt Masur (1927-2015) a toujours été perçu comme étant un chef d’exception, d’une grande rigueur. La plupart de ses productions laissent toujours un sentiment de pleine satisfaction. Ceci s’explique sûrement par le fait que le chef allemand a su éviter les excès et est en recherche constante d’équilibre. Chef sobre en gestuelle, ce qui étonne chez lui, c’est cette façon de rester à l’intérieur d’une conception très rigoureuse, mais inexplicablement non-cérébrale. Tout semble se passer près du cœur. Chez Masur, les cordes sont souvent somptueuses, insufflées par un je-ne-sais-quoi de vibrations chaleureuses.

Ces qualités se retrouvent dans cette intégrale Bruckner, qui n’était plus disponible depuis plusieurs années et dont on ne citait que rarement dans les critiques. C’est donc une première fois que l’on l’entend ici ce coffret « Masters » de RCA Red Seal, au prix plus qu’avantageux. Re-masterisé avec classe, ce Bruckner peut se définir en ces quelques mots: L’équilibre des forces! Tous les instruments sont bien représentés de gauche à droite. Les cuivres, bien étagés vers le haut, d’une puissance retenue, mais pleinement convaincants. Le Gewandhaus est dépeint dans toute sa profondeur, mais semble parfois baigné dans une certaine pâte onctueuse, ce qui prive l’audiophile de certains détails. Cette impression s’estompe heureusement dans les enregistrements de la 4e, 7e et 9e symphonies, captées en la Lukaskirche de Dresde. Là, le résultat sonore passe de très bien à… sensationnel. On a ici probablement les plus belles versions de ces œuvres au catalogue.

Reste la musique de Bruckner. Grandiose à souhait, dont Masur prend le temps d’y donner souffle dans plusieurs passages, et d’ajuster les tempos pour quelques relances au besoin. D’autres auraient aimé des attaques plus fulgurantes, des phrases plus découpées. Mais Masur donne à ce Bruckner des angles plus adoucis, plus réfléchis. D’un lyrisme au parfum d’éternité, ces symphonies deviennent d’immenses chants pour la Terre, où l’auditeur semble transporté au-dessus d’un monde encore inaltéré…

Bruckner, Anton (1833-1896) Symphonie no.3 « Wagner-Symphonie ». Orchestre Métropolitain. Y.N.Séguin

Posted in Bruckner, Nouveautés 2014 on 22 septembre 2014 by rfauclair

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Symphonie no.3 en ré mineur

« Wagner-Symphonie » version 1873.

Orchestre Métropolitain.

Enregistré « live »en juin 2014 à la Maison Symphonique, Montréal.

Atma. 2014. ACD2 2700. 66m.45s

Appréciation: Très Bien ****

Scherzo Ziemlich schnell

Depuis le début de ce cycle Bruckner par l’OM, l’auteur de ces lignes est toujours resté quelque peu perplexe par rapport à ce projet d’envergure. Quelques préjugés bien tenaces peuvent expliquer le manque d’adhésion complète à l’ensemble. Pour un si jeune chef, on se demande encore pourquoi Yannick Nézet-Séguin (n.1975) ose aborder Bruckner si tôt dans sa carrière. C’est que d’autres maestros ont longtemps patienté avant d’aborder ces « plaques tectoniques de la musique » (R.Rival). Alors que certains chefs ont carrément éviter de plonger dans cet univers particulier.

Ici, l’orchestre montre les mêmes points faibles par rapport aux autres gravures. Manque de couleur significative dans la sonorité, effectif quelque peu réduit, section des cuivres un peu discrète… Il y a tant de références grandioses: Jochum, Karajan, Sckrowaczewski… L’OM ne résonne pas comme un ensemble de premier ordre. On n’entend pratiquement pas la trompette au début du mouvement initial. Ce fameux thème que Wagner affectionnait tant. Cela s’écoute avec plus ou moins d’intérêt et plusieurs passages passent inaperçus.

Pourtant il y a ici une vigueur peu commune, notamment au Scherzo. L’Adagio est probablement le plus réussi, avec cette chaleur vibrante que YNS a réussi à communiquer. Il semble avoir mûri son Bruckner avec les années. Reste que la troisième symphonie, en tant que telle, vaut le détour. Cette vaste fresque demeure une des meilleures qu’il a composé au début de sa carrière. Et si l’on doit commencer à s’imprégner de l’art de Bruckner, on peut choisir ce disque sans hésitation…en attendant.