Archive for the Vivaldi Category

Vivaldi, Antonio (1678-1741) Les Concertos pour viole d’amour. Rachel Barton Pine.

Posted in Nouveautés 2015, Vivaldi on 20 septembre 2015 by rfauclair

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Concerto rv.97

Concerto rv.540 avec luth.

Rachel Barton Pine, viole d’amour 12 cordes N.Gagliano 1774.

Hopkinson Smith, luth. Ensemble Ars Antiqua (Chicago).

Enregistré à Nichols Hall Institute, Chicago en 2011 et 2014.

Cedille. 2015. CDR 90000-159. 79m.11s.

Appréciation: Superbe*****

Concerto en la majeur rv.396

Concerto en ré mineur rv.540 pour viole d’amour et luth.

La très éclectique violoniste américaine propose un disque consacré à cet instrument inusité qu’est la viole d’amour. Vivaldi est celui qui a le plus écrit pour ce violon à douze cordes (ou 14 parfois), dont la moité résonne en sympathie par une facture de conception originale. Les six autres sont accordées différemment selon la tonalité des compositions. L’archet frotte ainsi plusieurs cordes à la fois à la manière de quelques violes folkloriques. Les sonorités sont très douces et d’un charme rustique parfois hypnotisant.

Il y a eu peu d’enregistrement dédié à la viole d’amour. Hypérion les a gravé en 1995 avec Catherine Mackintosh et l’OAE, ensemble d’instruments d’époque britannique. Cette version très honnête nous faisait découvrir un instrument séduisant et original. Mais le côté très formel de la musique de Vivaldi finit parfois par lasser. Ce n’est pas le cas ici avec l’ensemble américain. Alacrité des rythmes, dynamisme énergisant sont mis en évidence par le jeu flamboyant de Barton Pine qui communique cette ardeur aux musiciens de l’Ars Antigua.

On a judicieusement ajouté deux très beaux concertos au programme. Le rv.97 à l’orchestration variée, pour deux hautbois et deux cors est coloré à souhait et vraiment amusant. Le sublime rv.540, très connu par tous les vivaldiens de ce monde est un morceau de choix. Il met en valeur toutes les qualités de cet instrument merveilleux, auquel Vivaldi lui offre de beaux dialogues avec le luth. Poésie italienne sur des résonances d’autrefois. Splendido!

Giuliano Carmignola. The Sony Recordings. Venice Baroque. Andrea Marcon.

Posted in Bach J.S., Locatelli, Nouveautés 2015, Vivaldi on 18 juillet 2015 by rfauclair

816Tk6QdLFL._SL1500_Quatre Saisons op.8 et 12 concertos tardifs de Vivaldi.

Les Six Sonates pour violon et clavier de Bach.

4 Concertos de Locatelli de l’arte del violoni op.3

Oeuvres pour luth et violon de Weiss, Kropfgans, Kohaut et Rust.

Enregistré entre 1999-2002 à Manzano et Venise. Sony Music. 2015. 88875051512. 7cds.

Appréciation: Excellent*****

Largo-Andante molto RV 258 de Vivaldi 

Allegro-Capriccio op.3 no.11 de Locatelli 

Largo et Allegro de la sonate bwv 1018 de Bach

Le grand Carmignola nous revient dans ce coffret abordable qui fait le survol d’une carrière exceptionnelle. L’archet vigoureux du violoniste italien redonne vie aux sempiternelles Saisons de Vivaldi et à quelques concertos de sa dernière période. Enregistrés en première mondiale, ces concerti étonnent par leur souffle magnanime et la quiétude qui s’en dégage et ce, malgré une signature qui nous est très familière. Mais ici, nul place à l’ennui. Carmignola est libre comme l’air et ses fabuleux staccatos éblouissent toujours. Le Venice Baroque est d’une richesse de son, efficace et profond, sans faute de goût ou d’extravagance.

Pour les sublimes sonates de Bach, Carmignola est … surprenant de sobriété, si l’on peut dire. On s’attendait à une désinvolture toute italienne aux ardents prestissimo ou à un ego démesuré. Il n’est n’est rien, heureusement. Bach est traité avec respect et émotion. Andrea Marcon, au clavecin souple et bien en chair, est le compagnon idéal sur ce parcours de pèlerins en quête d’absolu…Dès lors, beaucoup de versions que nous avions entendues perdent de leur éclat.

Fidèle représentant de l’après Vivaldi, le frivole Locatelli en met plein la vue dans l’ Arte del violono. La démesure est au rendez-vous, notamment dans les cappriccio, sorte de cadence improvisée et souvent très difficile à jouer. Carmignola s’empare de ces difficultés et les transforme en…facilité! Tout de même, la musique de Locatelli demeure de seconde zone et frise parfois le ridicule tellement elle est gratuite. Mais en concert, l’effet de performance est toujours apprécié, bien sûr!

Le dernier disque est de moindre valeur, puisqu’il est dédié à des oeuvres pour luth et violon, sans que ni l’un ou l’autre des l’interprètes puisse briller réellement. Dans l’ensemble un très bon coffret…et pas cher du tout.

Vivaldi, Antonio (1678-1741) L’Estro Armonico. op.3. Brecon Baroque. Rachel Podger.

Posted in Nouveautés 2015, Vivaldi on 9 avril 2015 by rfauclair

71Pm9lT5TSL._SL1500_Les 12 concertos op.3 de l’Estro Armonico.

Enregistré à St-John Evangelist, Londres en fév./sept.2014

Channel Classics. 2015. CCSSA36515. 2cds. 96m.54s.

Appréciation: *****

 

Concerto pour deux violons no.5 en la majeur

Allegro du concerto no.8 en la mineur

Larghetto du concerto no.9 en ré majeur

La violoniste britannique (n.1968) s’est adjoint une dizaine de musiciens dans cet ensemble qu’elle a fondé. Dans le domaine de la musique baroque, sa réputation n’est plus à faire. Elle provient de ces ensembles qui ont marqué la musique ancienne, comme The English Consort, Academy of  Ancient Music, Age of Enlightenment…Mais loin d’être resté figée dans un passé nostalgique, Rachel Podger injecte à ce répertoire fort connu, une dose d’énergie nouvelle.

L’Estro Armonico (qu’on peut traduire comme l’Invention et/ou l’Enchantement Harmonique) est le recueil le plus célèbre de Vivaldi, mis à part l’opus 8 (Les Saisons). On dit qu’il a marqué profondément le 18e siècle musical. Bach admirait ces pages, dont il en transcrit la moitié pour orgue, clavecin et orchestre.

L’interprétation est fort vivante, mais sans cette stravaganza parfois outrancière des ensembles italiens. Le ton demeure juste, mais assez coloré pour en mettre plein la vue…et l’ouïe! Probablement ce recueil n’a jamais été aussi bien servi par une prise de son de cette qualité. Quel bonheur! Tous ces timbres bien différenciés, cet espace d’une belle aération entre solistes. Autour de ces somptueuses cordes, une basse continue richement décorée de deux théorbes et parfois d’un orgue dont on perçoit la légère soufflerie.

Bref, ce Vivaldi est palpitant à tout point de vue. La sève monte facilement pour en créer un magnifique florilège à la gloire de l’Italie d’il Prete rosso.

 

Un Printemps sans frontière. Suggestions d’écoute.

Posted in Boccherini, Moeran, Roman, Schumann, Vivaldi, Wagenaar on 6 avril 2015 by rfauclair

Voici quelques musiques festives et énergisantes qui célèbrent le retour de la belle saison. Les différentes facettes d’un printemps qui nous invitent au voyage…

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Schumann. Les Symphonies. Robert-Schumann-Philharmonie. Frank Beermann.CPO. 777536-2. 2010.

Allegro animato de la symphonie « Printemps » op.38

Lebhaft, 1er mouvement de la symphonie « Rhénane »op.97

On connait bien la symphonie « Le Printemps », composée en seulement quelques jours en janvier 1841. Mais toute l’œuvre symphonique de Schumann est en fait un hommage vibrant à la belle saison. Sa musique regorge de santé et de vigueur, évoquant des scènes vivantes d’une nature qu’il chérissait. De l’appel de la forêt, en passant par les paysages magnifiques de la vallée du Rhin, Schumann nous convie à ses propres impressions d’un bonheur idyllique. Cette nouvelle édition préparée par le musicologue J.Draheim, met à jour le perfectionnisme du compositeur qui a donné des indications très précises sur ses derniers manuscrits révisés. Beermann en donne une lecture aérée, légère sans être frivole, qu’on reçoit comme une bouffée d’air frais. À découvrir.

 

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Vivaldi. Les Quatre Saisons, version de Dresde avec instruments à vents. L’Arte dell’Arco. Federico Guglielmo. CPO. 777037-2. 2004. 56m.24s. (+Saisons de G.A.Guido)

Allegro de la Primavera op.8 no.1

Allegro finale de L’Autunno op.8 no.3

Comme un inévitable retour du printemps, l’opus 8 de Vivaldi revient sans cesse à nos oreilles depuis sa redécouverte vers 1940. C’est sûrement l’œuvre la plus enregistrée de toute l’histoire du disque. Les musiciens italiens proposent ici une version enlevante, basée sur des spéculations bien légitimes. À la cour de Dresde, au 18e siècle, il était coutume d’ajouter des parties d’instruments à vent au gré des exécutions. À la lueur des ces pratiques historiques, les Saisons prennent ainsi de nouvelles couleurs. Ça fonctionne à merveille! Quoi de plus évocateur qu’une flûte pour imiter le piaillement des oiseaux ou les sifflements d’une tempête. Le basson jappe, et les cors appellent pour la chasse! Réjouissant.

 

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Boccherini. Quintettes avec 2 altos op.60 et 62. Ensemble 415. Chiara Banchini. HMA 1901402. 1993. 67m.49s.

Allegro vivace op.60 no.1 en do majeur

Allegro giusto op.60 no.5 en sol majeur

Ces ultimes pièces du maître italien, conçues alors qu’il traversait une grave crise personnelle et financière, ne laissent à peine transparaître la tristesse de ces jours difficiles. Au contraire, ces quintettes sont gorgés de soleil et des chaleurs madrilènes où Boccherini vécut longtemps comme compositeur de la cour. Ces jours heureux sont maintenant derrière lui et il doit chercher d’autres mécènes. Quelques pointes de nostalgie sont soulignées au travers d’une écriture toujours riche et élégante. Les allusions au flamenco et aux rythmes des castagnettes sont abondantes. Musique irradiante de bonheur, Chiara Banchini et ses amis en communique toute l’énergie solaire.

 

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Moeran (1894-1950). Rhapsodies, Serenade, In the Mountain Country. Ulster Orchestra. Vernon Handley. Chandos 10235. 1988-89. 69m.22s.

Forlana de la Sérénade en sol majeur

Air. Lento, ma non troppo de la Sérénade en sol majeur

Ernest John Moeran est un compositeur anglais d’ascendance irlandaise. Il vécut longtemps dans le Norfolk, fréquentant les gens ordinaires des pubs villageois. Il s’y attardait en écoutant les folks-songs. Il collectionna ainsi plus de 150 chansons. Grand amateur de plein air, il parcourait à pied de grandes distances le long des côtes anglaises et irlandaises. Sa musique en est grandement inspirée. Elle est un amalgame de tradition et de modernité, évoquant à la fois, les chansons d’un terroir près de ses racines et le souffle épique de grands paysages côtiers. La prise de son exceptionnelle de l’équipe Chandos en traduit toutes les images verdoyantes et venteuses de cette musique qui nous appelle au voyage.

 

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J.H.Roman (1694-1758). Drottningholmsmusiken. Musique pour un mariage royal. Ensemble 1700 Lund. Göran Karlsson. CPO 777589-2. 2010. 62m.12s.

Allegro d’ouverture

Andante

Allegro pour flûte à bec

Le retour des jours heureux est souvent l’occasion de mariages entre amoureux. Celui qui a eu lieu à l’été 1744 au palais de Drottningholm a marqué toute l’histoire de la Suède. Le duc Frederik et la princesse Ulrika se marièrent en grande pompe. Les festivités durèrent quatre jours, et les musiciens semblent avoir été grandement occupés! Roman, appelé le « Handel de Suède », y a composé un florilège de pièces exquises pour accompagner les repas et le cérémonial des dignitaires. Entre l’intimiste et le solennel, cette musique de qualité, souvent teintée d’une certaine mélancolie, est à la fois tendre et joyeuse. Le petit ensemble suédois a soigneusement préparé ce bouquet aux parfums du baroque. Irrésistible.

 

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Johan Wagenaar (1862-1941). Poèmes symphoniques vol.2. Nordwestdeutsche Philharmonie. Antony Hermus. CPO 777933-2. 2014. 55m.26s.

Molto allegro de la Sinfonietta op.32

Frülingsgewalt op.11

Ce compositeur néerlandais peu connu a tenté, au tournant du 20e siècle, de faire connaître un art musical typiquement hollandais. Pour lui, l’identité de la musique de son pays se qualifie de « joyeuse et simple, naïve, au style mélodique presque populaire et humoristique ». Malgré sa belle intention de se démarquer de la grande Allemagne, la musique de Wagenaar demeure de moindre intérêt. Il se rapproche plutôt des scandinaves par des similitudes évidentes. Mêmes goûts pour de petits motifs inspirés d’un folklore national. Mis à part un certain romantisme désuet, le charme de son œuvre est relevé par de riches orchestrations vives et colorées. Une belle toile de musique primesautière et souriante à découvrir.

 

Venice: The Golden Age. Akademie für Alte Musik. Xenia Löffler, hautbois baroque.

Posted in Marcello, Nouveautés 2014, Vivaldi on 3 septembre 2014 by rfauclair

 

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Uri Rom (n.1969): Concerto L’Olimpiade en ré d’après Vivaldi et Tessarini

Antonio Vivaldi (1678-1741): Concertos rv.134-rv.364-rv.576 et rv.450

Alessandro Marcello (1669-1747): Concerto en ré mineur

Giovanni Porta (1675-1755): Sinfonia en ré majeur

Carlo Tessarini (1690-1766): Ouverture en ré majeur op.4 La Stravaganza

Akademie für Alte Musik. Xenia Löffler, hautbois baroque.

Enregistré au Studio Teldex de Berlin oct.2013 et fév.2014.

Harmonia mundi. 2014. hmc902185. 68m.42s.

Appréciation: Superbe *****

Concerto en mi bémol pour violon, hautbois et cordes rv.364

Allegro final du concerto d’Allessandro Marcello

N’entre pas qui veut à l’Akademie! Cet ensemble de haute qualité fondé en 1982 possède les meilleurs musiciens spécialisés en musique baroque. Quand tu deviens hautbois principal d’un orchestre aussi prestigieux, alors tu as probablement atteint le haut d’une très grande pyramide. Il y a soudainement beaucoup de gens en dessous!

Le programme du disque a été entendu maintes fois dans le passé. Il y a une myriade de disques semblables. Pourtant quelques notes suffisent pour nous emballer. Le très beau Marcello, en passant par l’inépuisable Vivaldi et autres italiens, cette musique fait toujours son effet. C’est probablement à cause de Venise, de sa culture et sa joie de vivre. Mais aussi grâce à l’efficacité, la folle virtuosité, l’aisance éblouissante d’une musicienne et sa joyeuse bande de l’Akademie. Bravissimo!

 

Il Progetto Vivaldi 3. Sol Gabetta, violoncelle baroque. Capella Gabetta.

Posted in Platti, Vivaldi on 15 octobre 2013 by rfauclair

71-NSBE-ySL__SL1500_A.Vivaldi (1678-1741) Concertos rv.404-411-422

Concerto rv 532 pour 2 mandolines transcrit pour violon et violoncelle.

G.B.Platti (1697-1763) Concertos wd 646 et 669

A.Zani (1696-1757) Concerto wd 789

F.Chelleri (1687-1757) Concerto wd 531

Andres Gabetta, violon et direction.

Sony Classical. 2013. 88697953502. 73m.16s.

Appréciation: Superbe*****

Allegro du concerto k.532 pour 2 mandolines (tr.Sol et Andras Gabetta)

Largo du concerto wd.669 de G.B.Platti

Allegro final du concerto wd.531

 

Ce troisième volume du Projet Vivaldi poursuit l’exploration d’une des plus importantes bibliothèques musicales de l’Europe. La collection Schönborn de Wiesentheid regroupe près de 500 manuscrits. Le comte R.F.Erwein (1677-1754) était un mélomane et violoncelliste qui se passionnait pour la musique des maîtres baroques italiens. Il ramena en son château d’Allemagne de nombreuses partitions. La violoncelliste franco-argentine Sol Gabetta s’est donné pour mission d’en découvrir les richesses.

Vivaldi a composé près d’une trentaine de concertos pour violoncelle. Reconnu en son temps comme un incroyable virtuose du violon, il a transposé sur le violoncelle les mêmes défis techniques qui ont fait sa renommée.

Pour Sol Gabetta, il est clair que Vivaldi lui va comme un gant. Sous des textures soyeuses et raffinées, il y a toujours cette formidable vélocité où tout semble si facile!

Le dynamisme réjouissant du vénitien s’y transmet dans la transcription du concerto de mandolines, fort connu, revu et corrigé par les Gabetta. Le duo frère et sœur s’est permis cette plaisante relecture où les pizzicatos ont été heureusement préservés dans l’andante. Le résultat est vraiment charmant.

Ce disque intéressant et varié a évité le piège de tout miser sur un seul compositeur. En alternant avec les peu connus, mais colorés Platti, Zani et Chelleri de cette Italie ancienne, ce bouquet de musique n’en est plus que parfumé. Pour une troisième fois…bravo!