Archive for the Bach CPE Category

Bach, C.P.E. (1714-1788) Volume 4 des Concertos pour clavier. Michael Rische.

Posted in Bach CPE on 10 février 2016 by rfauclair

51MmNApceTLConcerto Wq.26 (1750)

Concerto Wq.44 (1778)

Concertos Wq.20 (1748)

Michael Rische, piano.

Kammersymphonie Leipzig.

Enregistré à Leipzig mars et juin 2015. Hanssler Classics. 2015.

HC15046. 55m.47s. Appréciation: Très Bien ****

Allegro assai du Concerto Wq.26

Adagio ma non troppo du Concerto Wq.20

Allegro assai du Concerto Wq.20

Quatrième volume d’une série que l’on espère complète, ces interprétations des concertos pour clavier de Carl Philip Emmanuel Bach nous transporte dans la zone curieuse du rococo et de l’empfinsamkeit, période hybride d’avant Haydn et Mozart.

Enfin, C.P.E. sur piano moderne! L’instrument prend toute sa place en remplissant l’espace sonore. Les cordes sont aussi d’aujourd’hui, mais jouées à l’ancienne avec peu de vibrato. Le résultat est très satisfaisant, bien meilleur que l’intégrale Bis Records, sur pianofortes, clavecins et autres petites boîtes insonores. Avec Michael Rische, les notes sont toujours à notre portée, voltigeantes et virtuoses, visibles dans leur discours éloquents. Un toucher un peu sage enlève cependant quelques contrastes à ce Bach qui aime pourtant les emportements expressifs. La présence des cordes ajoute la charge émotive que demande ces pièces particulières.

Cette musique a pourtant ses limites. Les motifs restreints se répètent trop souvent en ritournelles, usant l’oreille inutilement. On est encore loin de Mozart et de sa merveilleuse inventivité, ensoleillée par les mélodies des airs italiens. Bach restera confiné en Allemagne, loin de toute influence, se créant un langage bien à lui. Pourtant, aux détours d’adagios et de lenteurs pathétiques on s’y retrouvent aux confins d’une expression encore mal définie, mais transcendante et unique. Des concertos…déconcertants, mais essentiels pour comprendre cette période transitoire de la musique.

Bach, C.P.E (1714-1788) Sonates pour Connaisseurs et Amateurs. Pieter-Jan Belder.

Posted in Bach CPE on 21 mars 2014 by rfauclair

51bTVMaBwzLSonates, rondos et fantaisies wq.55-61

Pieter-Jan Belder, pianoforte G.Kobald d’après Walter.

Clavicorde G.Karman d’après Friederici.

Enregistré entre 2012-2013 à la Chapelle Kapucijner, Velp, Pays-Bas.

Brilliant Classics. 2013. 94486. 5cds.

Appréciation: Superbe *****

Sonate no.1 en do majeur wq.55 (pianoforte)

Sonate no.2 en fa majeur wq.55 (clavicorde)

«Après le dîner, écrit-il, je l’ai persuadé à se rasseoir au clavicorde et il a joué presque sans interruption jusqu’autour de onze heures du soir. Pendant ce temps, il est devenu si animé et comme possédé qu’il a non seulement joué mais a semblé comme quelqu’un d’inspiré. Ses yeux étaient fixes, sa lèvre inférieure tombante, et des gouttes d’effervescence perlaient sur sa personne. Il a dit que s’il avait eu à travailler souvent de la sorte, il redeviendrait jeune.»  Charles Burney en visite chez Bach en 1772.

Imprévisible, déconcertante, transcendante. Ce sont les mots pouvant décrire la musique de CPE Bach. Sur les 875 œuvres du catalogue Helm, près de la moitié fut conçues pour le clavier solo.

On s’entend pour décrire le mot « clavier », tout ce qui touche au clavecin, le pianoforte et le clavicorde, instrument préféré de Bach. Petit en taille et en résonnance, son timbre intime et délicat rappelle parfois le luth. Le musicien a un contact direct avec les cordes frappées, et peut même, comme les guitaristes, créer un étonnant vibrato. Les pièces de CPE Bach sur cet instrument prennent parfois des intonations bizarres. Les humeurs changeantes et capricieuses du « maître de la sensibilité », trouvent en cette petite boîte de bois, un idéal compagnon de la solitude. Plus qu’une curiosité instrumentale, le clavicorde devient un prolongement de l’artiste. Et ses motivations deviennent comme à nues, dépouillées par l’instant éphémère de chaque son.

Par contre, le pianoforte séduit par la brillance de sa sonorité, par une carrure plus imposante. Instrument bien-aimé des salles de concert de cette époque, qui était beaucoup plus modestes qu’aujourd’hui, le pianoforte s’est taillé une place de choix auprès des compositeurs. La musique de Bach y trouve un médium puissant, d’où les rayons fusent de toute part. Peut-on entendre ces pièces sur un piano moderne? L’effet grandiloquent beaucoup trop emphatique d’un Steinway peut sûrement dénaturer les intentions du compositeur!

L’infatigable Pieter-Jan Belder (plus de 100 enregistrements!) s’exécute brillement dans cette intégrale fascinante du Bach de Hambourg. Publiées entre 1779 et 1787, ces sonates pour « connaisseurs et amateurs » se vendirent comme des « petits gâteaux » selon l’éditeur de l’époque. L’imagination sans fin de Bach et l’expressivité à fleur de peau sont bien rendues par le jeu vigoureux et plein d’affects de Belder. La prise de son vaste, captée dans une chapelle, permet aux notes de ces petits instruments de s’allonger dans l’espace. Parfois, le clavicorde émet des sons particulièrement saisissants dans la réverbération, comme si un vent étrange servait d’arrière-plan aux visions transcendantes de Bach. Ce coffre au trésor, plein de petites et grandes surprises, est à découvrir.

Bach, C.P.E. (1714-1788) Les Sonates pour violon et clavier. Amandine Beyer et Edna Stern.

Posted in Bach CPE on 20 mars 2014 by rfauclair

61gCg4hZwLLSonate en si mineur h.512

Sonate en sib majeur h.513

Sonate en do mineur h.514

Sonate en sol mineur h.545 (bwv 1020)

Amandine Beyer, violon baroque Pierre Jacquier 1996.

Edna Stern, pianoforte P.M.Nulty d’après Walter.

Zig Zag Territoires. 2005.zzt050902. 61m.57s.

Appréciation: Superbe *****

Sonate en sol mineur H.545 (bwv 1020)

Adagio ma non troppo H.514

Allegretto siciliano H.512

L’étiquette Zig Zag est un exemple de nouveauté et de fraîcheur dans le monde du disque. Les pochettes créées par la peintre Anne Peultier, selon l’inspiration de la musique proposée, donnent une belle présentation originale à la production.

La musique est celle de Carl Philip Emanuel Bach, maître du style sensible dans trois sonates encore peu enregistrées au catalogue. En supplément, la sonate en sol mineur, attribuée dans le passé à J.S.Bach au numéro bwv 1020, très connue à la flûte. Selon quelques sources, elle peut être jouée au violon. Le résultat sonore semble mieux adapté à celle-ci. La sonate est beaucoup plus expressive au violon et pianoforte.

Amandine Beyer (n.1974), violoniste française formée auprès de Chiara Banchini et Edna Stern (n.1977) pianiste bruxelloise au parcours impressionnant (Argerich, Zimerman, Larrocha, Staier et P.Cohen!) sont des artistes de choix de cette nouvelle génération qui apporte une bouffée d’air frais au répertoire de la musique ancienne.

Il y a ici un raffinement exceptionnel de la sonorité, le synchronisme époustouflant des deux musiciennes, allié à l’éloquence de phrasés primesautiers! Tout cela au service de la musique de CPE Bach, dont la sensibilité est soulignée subtilement, sans effort, dans une démonstration d’un savoir-faire artistique indéniable. Un des plus beaux disques consacrés à son œuvre de musique de chambre.

Bach, C.P.E (1714-1788) Les Ultimes Souffrances du Christ. Sigiswald Kuijken.

Posted in Bach CPE with tags on 2 avril 2012 by rfauclair

91mErOqnw6L._SX522_Barbara Schlick, G.de Reyghere, C.Patriasz.

Christophe Prégardien, Max van Egmond.

Collegium Vocale Gent. La Petite Bande.

Enregistré à Doopsgezinde Gemeende, Pays-Bas en 1986.

Harmonia Mundi. 1990. 77042-2. 2cds. 119m.46s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Ouverture et récitatif pour soprano

Duetto Muster der Geduld und Liebe pour deux sopranos

Coro Heiliger Schöpfer

Arioso pour basse

L’Oratorio de 1770 suit les derniers moments du Christ. L’ambiance est sombre, parfois à la limite du désespoir. Le texte, écrit par la poète Anna Luise Karsh, est d’une grande sensibilité. Bach en a tiré le meilleur. C’est sûrement son chef-d’oeuvre sacré, encore mal connu de nos jours. Éloigné des Passions du grand Sébastien par son style axé sur l’émotion et l’impressionnisme de l’action, cet oratorio reste tout de même ancré dans la grande tradition germanique. Kuijken a pris le temps d’établir des climats saisissants en s’entourant des meilleurs solistes du temps. Ténèbres et transfiguration…

Bach, C.P.E (1714-1788) Les Symphonies Wq.182. Christopher Hogwood.

Posted in Bach CPE with tags on 2 avril 2012 by rfauclair

5115aX79mNLLes Six Symphonies pour cordes wq.182

Deux symphonies wq.174-176

Trois Quartets et une fantaisie.

Academy of Ancient Music. Christopher Hogwood, direction.

Enregistré Rosslyn Hill Chapel, Londres en 1977. (symphonies).

Decca/Oiseau-Lyre. 1979. 455715-2. 2cds. 138m.34s. Appréciation: Sommet du Parnasse******

Symphonie no.6 h.662 en ré

En 1773, une commission du Baron van Swieten demandait à Bach « d’écrire à sa guise, sans tenir compte des difficultés techniques ». Bach a pris le mot du baron à la lettre. Ces symphonies uniques dans leur style sont encore surprenantes à écouter. Emmanuel Bach semble tirer de toutes les flèches de son inventivité et se libère enfin de toute contrainte. Hogwood fut le premier à enregistrer ces oeuvres sur instruments d’époque. Des sons cristallins diffusent de toute part la lumière au coeur d’un baroque en plein changement. Rococo en effervescence.

 

Bach, C.P.E (1714-1788) Les Concertos pour violoncelle. Hidemi Suzuki. Bach Collegium Japan.

Posted in Bach CPE on 2 avril 2012 by rfauclair

51ENp7EeAaLConcertos wq.170-172

Hidemi Suzuki, violoncelle Bart Visser, d’après H.Jacobs.

Bach Collegium Japan.

Enregistré à Kobe Shoin University, Japon en mai 1996.

Bis Records.1996.CD-807. 67m.33s. Appréciation: Superbe*****

Concerto en la majeur wq.172 

Le grand triptyque de violoncelle de C.P.E Bach est connu depuis longtemps. Le style syncopé et dramatique de Bach trouve au violoncelle son médium idéal. Le pionnier Anner Bylsma, dont Suzuki fut l’élève à Hague, a établi la base de l’interprétation de ces concertos particuliers. Le musicien japonais y a apporté sa contribution par une finition exemplaire, irradiée par une résonance somptueuse. Irrésistible.

Bach, C.P.E (1714-1788) Magnificat (1749). Basler Madrigalisten. Fritz Näf.

Posted in Bach CPE on 2 avril 2012 by rfauclair

51DqHYmDFxLMagnificat (1749).

Cantate de Noël « Die Himmel erzälen » (1774)

Monika Mauch, M.Rexroth, H.J.Mammel, G.Schwartz.

Basler Madrigalisten, L’Arpa Festante. Fritz Näf, direction.

Enregistré à Reformierte Kirche Arlesheim, en janv.2008.

Carus. 2008. 83.412. 62m.37s. Appréciation: Superbe*****

Magnificat

Quia respexit pour soprano

Et Misericordia pour soprano, alto et choeur.

L’oeuvre vocale chez Emmanuel Bach est d’inégale valeur. Pourtant son Magnificat, composé à l’aube d’un nouveau jour dans la musique du 18e siècle, a gagné depuis beaucoup d’adeptes parmi les mélomanes. À la fin de sa vie, le compositeur gardait en haute estime cette oeuvre magnifique et parfois bouleversante (Et misericordia eius). À souligner la présence exquise de Monika Mauch et des interprètes tous férus de ce style mi-baroque mi-classique parfaitement maîtrisé. Magnificat anima mea Dominum.