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Chaplin, Charlie (1889-1977) Modern Times. Philharmonie Hannover. Timothy Brock.

Posted in Chaplin on 16 octobre 2015 by rfauclair

81JWyc2Wz-L._SX522_Restauration de Timothy Brock.

Orchestrations: E.Powell et D.Raksin.

NDR Philharmonie de Hanovre.

Timothy Brock, direction.

CPO.2015. 777286-2. 79m.49s. Appréciation: Superbe*****

Mechanic’s assistant/Lunch Break/On strike/Gamin’s dance

Finale (Smile’s song)

Chaplin a composé beaucoup de musique pour le cinéma. Pour son dernier film muet, un effort considérable fut déployé. Cette fois, un grand orchestre d’envergure fut formé. Avec l’aide de plusieurs collaborateurs, dont Alfred Newman à la direction, Chaplin a réussi un tour de force en livrant une musique exceptionnelle qui nous rappelle tant d’images de ce chef-d’oeuvre.

En fait, Chaplin ne savait même pas lire une partition musicale! Modern Times est surtout l’œuvre de David Raksin (1912-2004) jeune compositeur et élève de Schönberg. Il avait été recommandé par Gershwin aux studios de Chaplin. Il a noté et arrangé la plupart des mélodies que le cinéaste lui fredonnait ou sifflotait. De ces airs improvisés, Smile est devenu une chanson célèbre qui a été reprise de nombreuses fois. Pour chaque plan visuel, la musique est omniprésente pendant les 87 minutes du long métrage. Une orchestration variée supporte l’action, dont une panoplie extravagante d’instruments à percussion. La musique est un tourbillon de notes des plus amusantes, parfois étourdissantes, dont la fameuse scène des chaînes d’assemblage où Charlot peine à suivre une cadence frénétique qui le rendra fou…

C’est là qu’on se rend compte du travail dément que ces artistes ont accompli à cette époque, tant par les copistes, arrangeurs, ainsi qu’aux musiciens à qui l’on demandait l’impossible. De nombreux changements de tempos étaient imposés, sans parler de la synchronisation méticuleuse qui devait être parfaite avec l’image. Timothy Brock a ressuscité ces musiques en puisant dans de nombreux documents, dont plusieurs étaient encore écrits à la main. Il s’est adjoint un orchestre de premier plan pour livrer une œuvre inoubliable qui survivra à travers bien des temps modernes. Une réussite.