Archive for the Handel Category

Handel et Glück. Care Pupille. Samuel Marino, soprano.

Posted in Glück, Handel with tags on 23 mai 2020 by rfauclair

Oeuvres de Handel (1685-1759).

Oeuvres de Glück (1714-1787).

Orchestre du Festival Handel de Halle.

Michael Hofstetter, direction.

Enregistré à Volkspark, Halle en 2019.

Orfeo. 2020. C998201. 71m.36s.

 

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Non sarà poco de Atalanta de Handel

Già che morir degg’io de Antigono de Glück

Care pupille amate de Il Tigrane de Glück.

 

Samuel Marino est unique en son genre. Il chante en soprano! Phénomène très rare de nos jours, puisque tous les castrats ont disparu depuis longtemps, le chanteur, né en 1993 au Vénézuela, est tout à fait incroyable. C’est une révélation. Non seulement grâce à son registre aigu ( j’ai noté un contre-ré!) d’une justesse étonnante, mais également par sa projection vocale d’une maîtrise technique rare, le souffle expressif et passionné, et quoi d’autre? En fait, il est un mystère de la nature qui demeure sans réponse!

Devant un tel talent, c’est le pouvoir de la musique qui triomphe. Handel et Glück, grands maîtres du bel canto, ont ici un interprète idéal pour traduire l’émotion, le drame, le charme, et finalement la virtuosité la plus délirante qui soit. Incroyable et exceptionnel.

 

Glass et Handel. Anthony Roth Costanzo. Les Violons du Roy. Jonathan Cohen.

Posted in Glass, Handel with tags on 1 octobre 2018 by rfauclair

614u5BEB1YL._SL1210_Oeuvres de Phillip Glass (n.1937) et G.F.Handel (1685-1759)

Les Violons du Roy, direction Jonathan Cohen.

Enregistré au Palais Montcalm, Québec.

Decca Gold/Universal Music. 2018. 00028948171903. 61m.53s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Liquid days de Philip Glass

Stille amare tiré de Tolomeo de Handel

Hymn to the Sun (Akhnaten) de Philip Glass

Dès son apparition sur la scène de la Maison Symphonique, Anthony Roth Costanzo avait déjà le public dans sa poche. Souriant, petit de taille, fébrile et communicatif, il parlait aux spectateurs dans un français plus que respectable. Et lorsqu’il s’est mis à chanter, le contre-ténor américain nous a conquis pour de bon. Le volume sonore qui s’échappe de ce petit bonhomme est celui d’un grand!

Avec les Violons du Roy dirigé par Jonathan Cohen, nouveau directeur artistique, Costanzo venait présenter le tout nouvel enregistrement de leur collaboration. Pourquoi réunir Glass et Handel? Selon ses propres mots: « Handel m’a défini. Glass m’a transformé. » Leurs musiques, séparées par les siècles, se rejoignent pourtant par plusieurs aspects formels. La répétition des motifs simples et efficaces, l’amour de la voix humaine et la création de l’émotion pure sont communes aux deux compositeurs.

C’est là que Costanzo nous chavire. Il nous emporte avec lui dans l’univers mythologique de Handel et ses personnages, puis vers l’imaginaire mystique de Philip Glass, à la fois contemporain et intemporel. Ce balancement continuel dans le temps fait de ce disque une expérience nouvelle, inusitée, d’un alliage artistique unique.

La voix et la présence scénique de Costanzo sont conquérantes. Le contre-ténor vibre et vit toute cette musique. Il s’en accapare et en créé une chose qui lui appartient entièrement. Son timbre particulier nous fait penser au regretté Klaus Nomi, iconoclaste et inclassable individu de la scène allemande des années 80. Cependant, Costanzo possède la technique et le contrôle vocal des plus grands contre-ténors. À 36 ans, il est déjà en pleine maturité, et on s’étonne que ce soit seulement son premier disque.

Désormais, Les Violons du Roy ne peuvent plus être seulement classés dans le 18e siècle où Bernard Labadie les avait souvent confinés. Maintenant, les portes sont grandes ouvertes pour explorer tous les genres. Ce passage leur réussit très bien. On le discerne de belle façon dans l’extrait de l’opéra Akhnaten de Philip Glass. Dans cette pièce étonnante, Jonathan Cohen révèle subtilement des textures apparentées aux cordes baroques. Le mélange de genre fonctionne admirablement bien. Ce disque sera une révélation pour plusieurs.

The Handel Album. Philippe Jaroussky, contre-ténor. Ensemble Artatserse.

Posted in Handel on 17 octobre 2017 by rfauclair

71I-H9u-ibL._SL1215_Airs d’opéras italiens de Handel.

Philippe Jaroussy, contre-ténor et direction.

Ensemble Artaserse.

Enregistré à Notre-Dame-du Liban, Paris en 2017.

Erato. 2017. 0190295759667. 71m.58s.

Appréciation: Superbe*****

Flavio hwv 16 (1723): Rompo i lacci 

Amadigi di Gaula hwv 11 (1715): Sussurrate, onde vezzose

Flavio: Bel contento

À l’aube de la quarantaine, Jaroussky nous offre un album tout Handel. On parle déjà, d’une manière prémonitoire, d’un testament définitif, d’un legs important pour les années à venir sur l’art de l’interprétation du chant baroque. Handel l’a développé. Jaroussky l’a perfectionné.

Sa voix androgyne étonne toujours par une panoplie de couleurs et d’expressions. Il maîtrise la virtuosité la plus délirante qui soit, traitée triomphalement à l’image des personnages qu’il incarne. Sa voix, incroyablement affûtée pour les plus airs les plus redoutables, fait fi de toutes les difficultés techniques, provocant l’admiration la plus complète.

Cependant, le disque aurait bénéficié de quelques intermèdes musicaux. Car la voix haut-perchée du contre-ténor, malgré ses qualités indéniables, finit par lasser l’oreille. Des micros placés trop près de l’artiste peuvent sûrement expliquer une partie du phénomène.

Enfin, Jaroussky a bien pris soin de nous épargner les trop célèbres Ombra mai fu, ou Lascia ch’io pianga repris souvent ailleurs. Il a choisi dans l’immense catalogue du maître de véritables trésors lyriques. Ils exploitent autant le talent extraordinaire de son interprète que toutes les émotions humaines. On rit, on pleure, on s’émerveille. Tous les drames de la vie et ses triomphes dans un seul et unique disque. Gloria alle Handel!

 

 

 

 

Handel, G.F. (1685-1759) The Messiah. Musica Fiorita. Daniela Dolci.

Posted in Handel on 12 avril 2017 by rfauclair

81O53BWLHHL._SL1200_Miriam Feuersinger, soprano.

Flavio Ferri-Benedetti, contre-ténor.

Dino Lüthy, ténor. Raitis Grigalis, bariton.

Musica Fiorita. Daniela Dolci, direction.

Enregistré en 2015 à Pfarrei Heilig Kreuz Binningen, Suisse.

Pan Classics. 2016. PC 10351. 2cds. 141m. Appréciation: Superbe*****

Ouverture

Comfort ye my people

He shall feed is flock

Lift up your heads

Hallelujah

C’est l’oeuvre la plus connue de Handel. Composée en seulement 24 jours en 1741, elle fut exécutée pour la première fois le 13 avril 1742 à Dublin pour un concert bénéfice à l’occasion de la Semaine Sainte. L’Oratorio en trois actes sur la vie du Christ est beaucoup plus approprié pour le temps de Pâques que les traditionnelles exécutions d’avant Noël.

L’originalité de cette version de l’équipe suisse se situe par une réduction sommaire des effectifs instrumentaux et vocaux. Bien souvent, les cordes sont réduites au quatuor de chambre, apportant une douceur d’expression nouvelle au Messie. Par ailleurs, la chef Daniela Dolci, a opté pour un choeur de 8 voix seulement. La fraîcheur et la légèreté sont au rendez-vous par une lecture généralement intelligente et sensible. L’oeuvre s’en trouve transfigurée, non seulement par l’intimité du moment qu’elle propose, mais par une atmosphère de piété chaleureuse et tendre.

Du quatuor vocal, très respectable au demeurant, la soprano et le ténor se démarquent par une qualité d’expression très satisfaisante. Il y a dans la voix de Mme Feuersinger ce soupçon d’humilité et d’innocence qui convient à l’aspect semi-religieux de l’oeuvre. La troisième partie, triomphale et grandiose, n’a plus cet effet de masse sur-dimensionnée traditionnelle. Mais c’est la musicalité qui en ressort gagnante, sublime comme toujours, heureusement traduite par ce petit ensemble qui possède une grandeur d’âme. Excellent.

Alma Oppressa. Vivaldi et Handel. Julie Boulianne, mezzo-soprano.

Posted in Handel on 31 janvier 2017 by rfauclair

thumbOeuvres tirées d’opéras de Vivaldi et Handel.

Clavecin en Concert, direction Luc Beauséjour.

Enregistré à l’Eglise St-Matthieu de Beloeil à l’été 2016.

Analekta. 2017. An2 8780. 58m.53s.

Appréciation: Très Bien****

Se potessero i sospir’ tiré de Imeneo hwv 41

Salda quercia in erta tiré de Arianna in Creta hwv 32

Trois ans plus tard, Julie Boulianne revient en force avec le même ensemble dirigé par le claveciniste Luc Beauséjour. Cette fois-ci, on a jumelé Vivaldi avec Handel dans des airs italiens. Encore une fois, la mezzo-soprano fait la pluie et le beau temps, se livre dans une virtuosité inouïe, intense et habitée par ces rôles de personnages tragiques ou triomphants.

Il faut l’avouer, Vivaldi reste moins intéressant que le glorieux Handel. Il y a bien sûr cet air épouvantablement difficile à chanter qu’est l’Alma oppressa, d’où la mezzo s’exécute avec brio, utilisant toute la verticalité impressionnante de sa tessiture. Mais, au final, c’est le genre de musique un peu inutile qui ne sert qu’à la performance vocale. Par ailleurs, on aime moins quelques vocalises parsemées de vibratos instables et parfois irritants…

Mais lorsque le grand Handel apparaît, Julie Boulianne s’empare de ses lumières radieuses, donne vie et âme à ces musiques à la fois brillantes et émouvantes. Il n’y a, à vrai dire, rien de gratuit avec Handel. De la musique pure qui nous atteint, comme dans cette merveille tirée de Imeneo…d’une beauté sidérante. Ou cet extrait de Arianna in Creta, tout à fait réussi et qui nous éclaire d’un rare bonheur. On passera sur le fameux Laschia ch’io pianga, entendu trop souvent ailleurs, ici repris dans une lenteur trop appuyée et affectée…

Mention spéciale à la prise de son, grandement améliorée par rapport à la production précédente. Les cordes sont superbes et la voix de Julie Boulianne a gagné en présence.

Handel, G.F. (1685-1759) Water Music. Akademie für Alte Musik Berlin.

Posted in Handel with tags on 26 février 2016 by rfauclair

71w22dMF9vL._SL1200_Water Music hwv 348-50 (1717)

Akademie für Alte Musik.

Georg Kallweit, concertmaster.

Enregistré en novemvre 2015. Studio Teldex, Berlin.

Harmonia Mundi. 2016. HMC 902216. 48m.36s.

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Ouverture

Menuet

Hornpipe

Bourrée

Coro final (menuet)

L’ensemble berlinois, jouant sur instruments d’époque, aurait pu se nommer avec humour la démocratie de musique ancienne. En fait, l’orchestre ne possède aucun chef pour les diriger, sauf exception. Cela donne beaucoup de latitude aux musiciens. Des individualités variées au service d’un son unique et conquérant.

Chaque groupe ou solistes font leur entrée en scène, exploitant librement leur talent. Pour la Water Music, les musiciens se sont payés une joyeuse barque sur la Tamise. Et que la fête commence!

Des cordes toutes en souplesse, des hautbois inventifs, des cors jacassants et rieurs, et un timbalier qui se permet des folies, l’Akademie s’exécute avec un plaisir évident. Du legato à profusion, des danses relevées avec panache redonnent à ces airs, que l’on connait par coeur, un nouvel élan jubilatoire. Définitivement, une bonne brise s’est levée sur la Tamise!

Handel, G.F. (1685-1759) Oeuvres de jeunesse en Italie. Julia Lezhneva, soprano.

Posted in Handel with tags on 7 janvier 2016 by rfauclair

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Oeuvres italiennes composées entre 1707-1709.

Extraits de la Resurrezione, Rodrigo, Dixit Dominus, Salve Regina, Agrippina

Il Giardino Armonico. Giovanni Antonini, direction.                                         Enregistré à Crémone en janv.2015.

Decca. 2015. 4786766. 69m.50s.

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Extrait de Rodrigo, « Pour donner tout son prix à mon amour. »

Extrait de Il Trionfo del Tempo… »Laisse l’épine, cueille la rose« 

D’un seul trait de voix, elle nous fait oublier une myriade de sopranos derrière elle…Née en 1989, la jeune soprano russe possède le timbre, la technique et une présence vocale irrésistible. Pour incarner les personnages éplorés et théâtrales dont Handel a si bien dépeints en musique, Julia Lezhnova a l’instrument idéal. Un oiseau rare qui apparaît parfois au tournant d’une décennie, au hasard de quelques bontés de la nature…

Elle est, en effet, d’un naturel déconcertant. Son chant est d’une telle qualité, que cela semble sans effort. Un art que personne ne peut apprendre dirait-on. Accompagné et guidé par Antonini, elle se libère complètement dans d’impossibles reprises, mélismes incroyablement bien exécutés. Le chef italien va loin dans sa recherche d’affects, d’abruptes changements dramatiques, mais créé également des climats extatiques, laissant la cantatrice improviser de forts beaux moments (splendide Lascia la spina). Et lorsque que Lezhneva reprend les paroles « Laisse l’épine, cueille la rose »… de partout la lumière apparaît dans ce jardin merveilleux. Un album lyrique absolument radieux.

 

 

Handel, G.F. L’Allegro il Penseroso ed il Moderato. Gabrieli Consort and Players.

Posted in Handel with tags on 12 juillet 2015 by rfauclair

41tKw2f9phL._SL1000_Gillian Webster, soprano.

Laurence Kilsby, soprano enfant.

Jeremy Ovenden, ténor. Peter Harvey, bariton. A.Riches, basse.

Gabrieli Consort and Players, Paul McCreesh, direction.

Signum Records. 2015. SIGCD 932. 2cds. 141m.38s (+2 concertos op.6 et concerto op.7 pour orgue)

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Haste thee nymph, and bring with thee (J.Ovenden)

O let the merry bells ring round (L.Kilsby et choeur)

Myrth, admit me of thy crew (A. Riches)

As steals the morn upon the night (G.Webster et J.Ovenden)

Handel composa, en 1740, cette ode pastorale à partir de poèmes de John Milton (1608-1674). À mi-chemin entre l’opéra et l’oratorio, cette oeuvre chantée en anglais a dû réjouir le public londonien, qui avait souffert d’un hiver particulièrement rigoureux où tous les théâtres furent fermés…À la fois légère et bucolique, d’un réjouissant folklore rustique ou d’une aura presque religieuse, cette composition vocale est encore vue comme une exception dans la production abondante de Handel.

L’Allégresse, la Mélancolie et la Modération, pourrait être une libre traduction du titre original. C’est une allégorie sur les sentiments humains au sein d’une nature mythologique. La nature agit sur l’humain, et celui-ci lui répond par ses états d’âmes, parfois joyeux, parfois tristes. La Modération essaie de concilier les deux, par le raisonnement et la pensée. Elle y réussit plutôt bien, culminant dans un très beau duo, où ces personnages se réunissent finalement dans l’harmonie. Comme dans l’Ode à Ste-Cécile, créée un an auparavant, Handel semble vouloir y démontrer toute la puissance de la musique, en contrastes et en diversités, par les plus remarquables effets dont lui seul a le génie.

Cet enregistrement de l’équipe Paul McCreesh est une réussite totale. L’ensemble nous fait découvrir une oeuvre amusante et vivante, sans temps mort. On rit de bon coeur avec le ténor dans l’irrésistible Haste thee, nymph…! On est ravi d’entendre Gillian Webster dans Sweet bird, fabuleux aria, qui vaut à lui seul l’achat de l’album! Le jeune Kilsby, dont la voix exceptionnelle a déjà mué depuis ce temps, apporte la fraîcheur nécessaire à ce portrait musical des plus ravissant. Le choeur, aux textures bien charnues, est intense et chaleureux à souhait. La liste des tubes serait trop longue à énumérer tellement c’est du bon Handel. Un autre coffret au Panthéon des dieux.

 

Handel, G.F. (1685-1759) Le Messie. Le Concert d’Astrée. Emmanuelle Haïm.

Posted in Handel on 5 décembre 2014 by rfauclair

 

COVER%20MESSIAH%20HD%20cropLucy Crowe, soprano. Tim Mead, contre-ténor. Andrew Staples, ténor. Christopher Purves, basse.

Le Concert et Chœur d’Astrée. Emmanuelle Haïm, direction.

Version 1752 Covent Garden Theater.

Enregistré en déc.2013 à l’Opéra de Lille.

Erato/Warner. 2014. 0825646240555. 2cds. 135m.28s.

Appréciation: Superbe *****

For unto us a child is born 

He shall feed his flock

Lift up your heads

Halleluja!

Le Messie, c’est avant tout une belle histoire qu’on aime se faire raconter. Tout ceci a commencé avec le librettiste Charles Jennens (1700-1773) qui a ardemment proposé l’œuvre à Handel. Tiré des Saintes Écritures, cet assemblage de versets bibliques est l’histoire d’un personnage unique. Que l’on soit croyant ou non, ce parcours singulier du Christ en trois actes suscite encore aujourd’hui la fascination, dans ce qu’on appelait déjà à l’époque une musique « à la fois divertissante et exaltante ».

Emmanuelle Haïm a choisi d’excellents collaborateurs, pour proposer, encore une fois (!), une autre gravure de cette œuvre entendue des milliers de fois. Les chanteurs et les membres du chœur sont tous anglais. Elle s’est ainsi adjointe l’expertise d’un consultant pour le chœur, David Clegg, qui a fait partie des Sixteen de Harry Christophers. Car après tout, The Messiah demeure ancré dans une tradition très britannique. Ce choix bienheureux de la chef française est plus que souhaitable. Ainsi, la prononciation et l’intonation des voix sont toujours justes et crédibles. Cette vraisemblance se ressent aussi bien dans l’orchestre qui suit les moindres directives de la chef. Elle a donné aux instruments une voix bien distincte, comme un personnage faisant partie de l’action théâtrale. Les cordes sont fébriles, sensibles et précises. Elles accompagnent admirablement bien les différents intervenants. Les solistes improvisent parfois de belles libertés quant à leur parties vocales, mais sans jamais outrepasser le bon goût.

En bref, Haïm et son équipe, ont su nous captiver dans ce récit que l’on connait par cœur, ce qui est un exploit en soi.Le résultat d’ensemble est très vivant, dans une sonorité bien aérée. On apprécie aussi le relief apporté aux chœur, d’où l’on perçoit sans difficulté les quatre groupes de chanteurs dans l’espace. Une très belle réussite. Alléluia!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Handel et Porpora. Airs d’opéra. Julie Boulianne, mezzo-soprano. Clavecin en concert. Luc Beauséjour.

Posted in Handel, Porpora on 14 mars 2014 by rfauclair

 

5108lFwi60LPorpora: Polifemo: Alto giove et Dolci freschi aurette.

La Festa d’Imeneo: Vaghi amori.

Handel: Serse: Se bramate d’amar, Ombra mai fu.

Alcina: Stà nell’Ircana pietrosa tana.

Ariodante: Scherza infida et Dopo notte, atra e funesta.

Ensemble Clavecin en concert.

Luc Beauséjour, clavecin et direction.

Analekta. 2014. an28764. 55m.45s.

Appréciation: Très Bien ****

Récitatif et Aria Ombra mai fu de Handel

« Douces et charmantes branches de mon cher platane, le destin vous sourit. Que le tonnerre, l’éclair et la tempête ne troublent jamais votre précieuse paix. Et le rapace vent du sud ne vienne pas non plus vous violenter! » « Jamais l’ombre d’aucun arbre, ne fut plus douce, plus précieuse, plus agréable. »

Dopo notte, atra e funesta d’Ariodante de Handel

« Après une nuit sombre et épouvantable, le soleil brille plus vivement dans le ciel et remplit la terre de joie. »

La rivalité du Royal Academy de Handel et l’Opéra de la Noblesse de Nicola Porpora (1686-1768) sert de propos à ce disque consacré à quelques airs de ces monstres sacrés de l’opéra baroque. À Londres, dans les années 1730, ces deux maisons d’opéra engloutirent des sommes colossales dans une farouche concurrence.

Dans cette guerre démente, il était plutôt difficile à l’équipe Porpora de gagner sur le grand Handel, dont les pulsations irrésistibles de sa musique et l’émotion incomparable de certains airs sont tirés de la plume d’un génie. Par contre, Porpora, proposait au public les plus grands castratti : Senesino et Farinelli, vedettes incontestées de cette époque. Porpora a tout de même produit une musique de qualité, dont un beau lyrisme annonçant la période classique.

Après avoir chanté sur plusieurs scènes internationales, dans des rôles variés et de différents genres, la mezzo-soprano Julie Boulianne s’offre une entrée fracassante dans le monde du baroque. C’est une révélation!

Au milieu d’une virtuosité jubilatoire et aérienne, sa musicalité est d’une aisance étonnante. Convaincante et théâtrale, elle sait rendre le texte vibrant et touche la cible. Nous recevons ses flèches en plein cœur! Du célèbre Ombra mai fu, en passant par le déchirant Scherza infida d’Ariodante…elle sait tirer les larmes. Et du même opéra de Handel, Doppo notte e funesta est tout simplement conquérant. De ce tour de force vocal, elle laisse échapper des rayons de pure joie!

Triée parmi les meilleurs musiciens baroques du grand Montréal, l’équipe de Luc Beauséjour, offre un accompagnement juste et dynamique. Seul bémol à cette belle réussite, le navrant livret qui ne contient aucun texte des airs. Sur le site Analekta.com, les paroles n’ont aucune traduction. Le manque de considération aux mélomanes par cette grande maison du disque est plutôt gênant. Prise de son correcte dans son ensemble, mais on aurait souhaité un traitement un peu plus charnu de la voix. Tout de même, un beau disque pour apprécier le bel canto de l’époque baroque.