Archive for the Schumann Category

Schumann, Robert (1810-1856) Le Concerto pour violon en ré mineur. Isabelle Faust.

Posted in Nouveautés 2015, Schumann with tags on 22 avril 2015 by rfauclair

71fZ6rB0CoL._SL1000_Concerto pour violon en ré mineur.

Trio pour piano op.110 no.3 en sol mineur.

Isabelle Faust, violon Stradivarius 1704.

Jean-Guihen Queyras, violoncelle G.Cappa 1696.

Alexandre Melnikov, pianoforte J.B.Streicher 1847. Enregistré au Teldex Studio, Berlin en 2014.

Freiburguer Barockorchester. Pablo Heras-Casado, direction. Harmonia mundi. 2015. hmc902196. 61m.37s. cd/dvd.

Appréciation: Sommet du Parnasse ******

Premier mouvement du concerto en ré mineur

Concerto mal-aimé ou mal compris? Le violoniste Joseph Joachim, qui en avait fait la commande à Schumann en 1853, l’avait jugé inapte à l’interprétation. Même Clara Schumann l’exclura du catalogue de son mari. Le manuscrit resta entre les mains de Joachim, qui en interdira la publication dans son testament pendant…100 ans!

Ainsi, une funeste réputation plana au-dessus de ce concerto en ré mineur, dernière grande composition de Schumann, alors grandement affecté de troubles mentaux. Ce n’est qu’en 1937 qu’il revit le jour. On le considéra alors injouable par plusieurs violonistes. Quelques modifications furent apportées pour le rendre plus accessible. En 1988, Thomas Zehetmair le repris selon le manuscrit original. Et un peu plus tard Gidon Kremer avec Nikolaus Harnoncourt. Malgré cela, le concerto est demeuré sous-estimé et mal perçu. Isabelle Faust et l’orchestre baroque de Fribourg vont désormais changé notre façon de voir les choses…

L’interprétation que nous avons ici est tout à fait sensationnelle. Isabelle Faust est d’un raffinement sonore exceptionnel. Sa virtuosité de haute voltige, combinée aux accents baroques de l’orchestre, redonne à ce concerto difficile d’approche, une fidèle et passionnante lecture. Le drame de Schumann et son combat des derniers jours de sa lucidité ne nous a jamais semblé aussi frappant. Du premier mouvement, réputé pour sa lourdeur, mais ici repris avec tant d’élan et de souffle, est maintenant d’une clarté admirable de pensée et d’émotion. Il y a cette impression de grandeur au travers d’une terrible tragédie. La perte de la raison d’un créateur, d’un homme d’exception. À peine peut on y percevoir quelques faiblesses répétitives… Et finalement, Schumann donne à ce concerto, en forme libre d’une fantaisie, une conclusion heureuse, dansante, triomphante. Une redécouverte.

Un Printemps sans frontière. Suggestions d’écoute.

Posted in Boccherini, Moeran, Roman, Schumann, Vivaldi, Wagenaar on 6 avril 2015 by rfauclair

Voici quelques musiques festives et énergisantes qui célèbrent le retour de la belle saison. Les différentes facettes d’un printemps qui nous invitent au voyage…

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Schumann. Les Symphonies. Robert-Schumann-Philharmonie. Frank Beermann.CPO. 777536-2. 2010.

Allegro animato de la symphonie « Printemps » op.38

Lebhaft, 1er mouvement de la symphonie « Rhénane »op.97

On connait bien la symphonie « Le Printemps », composée en seulement quelques jours en janvier 1841. Mais toute l’œuvre symphonique de Schumann est en fait un hommage vibrant à la belle saison. Sa musique regorge de santé et de vigueur, évoquant des scènes vivantes d’une nature qu’il chérissait. De l’appel de la forêt, en passant par les paysages magnifiques de la vallée du Rhin, Schumann nous convie à ses propres impressions d’un bonheur idyllique. Cette nouvelle édition préparée par le musicologue J.Draheim, met à jour le perfectionnisme du compositeur qui a donné des indications très précises sur ses derniers manuscrits révisés. Beermann en donne une lecture aérée, légère sans être frivole, qu’on reçoit comme une bouffée d’air frais. À découvrir.

 

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Vivaldi. Les Quatre Saisons, version de Dresde avec instruments à vents. L’Arte dell’Arco. Federico Guglielmo. CPO. 777037-2. 2004. 56m.24s. (+Saisons de G.A.Guido)

Allegro de la Primavera op.8 no.1

Allegro finale de L’Autunno op.8 no.3

Comme un inévitable retour du printemps, l’opus 8 de Vivaldi revient sans cesse à nos oreilles depuis sa redécouverte vers 1940. C’est sûrement l’œuvre la plus enregistrée de toute l’histoire du disque. Les musiciens italiens proposent ici une version enlevante, basée sur des spéculations bien légitimes. À la cour de Dresde, au 18e siècle, il était coutume d’ajouter des parties d’instruments à vent au gré des exécutions. À la lueur des ces pratiques historiques, les Saisons prennent ainsi de nouvelles couleurs. Ça fonctionne à merveille! Quoi de plus évocateur qu’une flûte pour imiter le piaillement des oiseaux ou les sifflements d’une tempête. Le basson jappe, et les cors appellent pour la chasse! Réjouissant.

 

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Boccherini. Quintettes avec 2 altos op.60 et 62. Ensemble 415. Chiara Banchini. HMA 1901402. 1993. 67m.49s.

Allegro vivace op.60 no.1 en do majeur

Allegro giusto op.60 no.5 en sol majeur

Ces ultimes pièces du maître italien, conçues alors qu’il traversait une grave crise personnelle et financière, ne laissent à peine transparaître la tristesse de ces jours difficiles. Au contraire, ces quintettes sont gorgés de soleil et des chaleurs madrilènes où Boccherini vécut longtemps comme compositeur de la cour. Ces jours heureux sont maintenant derrière lui et il doit chercher d’autres mécènes. Quelques pointes de nostalgie sont soulignées au travers d’une écriture toujours riche et élégante. Les allusions au flamenco et aux rythmes des castagnettes sont abondantes. Musique irradiante de bonheur, Chiara Banchini et ses amis en communique toute l’énergie solaire.

 

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Moeran (1894-1950). Rhapsodies, Serenade, In the Mountain Country. Ulster Orchestra. Vernon Handley. Chandos 10235. 1988-89. 69m.22s.

Forlana de la Sérénade en sol majeur

Air. Lento, ma non troppo de la Sérénade en sol majeur

Ernest John Moeran est un compositeur anglais d’ascendance irlandaise. Il vécut longtemps dans le Norfolk, fréquentant les gens ordinaires des pubs villageois. Il s’y attardait en écoutant les folks-songs. Il collectionna ainsi plus de 150 chansons. Grand amateur de plein air, il parcourait à pied de grandes distances le long des côtes anglaises et irlandaises. Sa musique en est grandement inspirée. Elle est un amalgame de tradition et de modernité, évoquant à la fois, les chansons d’un terroir près de ses racines et le souffle épique de grands paysages côtiers. La prise de son exceptionnelle de l’équipe Chandos en traduit toutes les images verdoyantes et venteuses de cette musique qui nous appelle au voyage.

 

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J.H.Roman (1694-1758). Drottningholmsmusiken. Musique pour un mariage royal. Ensemble 1700 Lund. Göran Karlsson. CPO 777589-2. 2010. 62m.12s.

Allegro d’ouverture

Andante

Allegro pour flûte à bec

Le retour des jours heureux est souvent l’occasion de mariages entre amoureux. Celui qui a eu lieu à l’été 1744 au palais de Drottningholm a marqué toute l’histoire de la Suède. Le duc Frederik et la princesse Ulrika se marièrent en grande pompe. Les festivités durèrent quatre jours, et les musiciens semblent avoir été grandement occupés! Roman, appelé le « Handel de Suède », y a composé un florilège de pièces exquises pour accompagner les repas et le cérémonial des dignitaires. Entre l’intimiste et le solennel, cette musique de qualité, souvent teintée d’une certaine mélancolie, est à la fois tendre et joyeuse. Le petit ensemble suédois a soigneusement préparé ce bouquet aux parfums du baroque. Irrésistible.

 

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Johan Wagenaar (1862-1941). Poèmes symphoniques vol.2. Nordwestdeutsche Philharmonie. Antony Hermus. CPO 777933-2. 2014. 55m.26s.

Molto allegro de la Sinfonietta op.32

Frülingsgewalt op.11

Ce compositeur néerlandais peu connu a tenté, au tournant du 20e siècle, de faire connaître un art musical typiquement hollandais. Pour lui, l’identité de la musique de son pays se qualifie de « joyeuse et simple, naïve, au style mélodique presque populaire et humoristique ». Malgré sa belle intention de se démarquer de la grande Allemagne, la musique de Wagenaar demeure de moindre intérêt. Il se rapproche plutôt des scandinaves par des similitudes évidentes. Mêmes goûts pour de petits motifs inspirés d’un folklore national. Mis à part un certain romantisme désuet, le charme de son œuvre est relevé par de riches orchestrations vives et colorées. Une belle toile de musique primesautière et souriante à découvrir.

 

Schumann, Robert (1810-1856) Kinderszenen et Waldszenen. Marc-André Hamelin.

Posted in Nouveautés 2014, Schumann on 12 mai 2014 by rfauclair

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Waldeszenen op.82

On the overgrown path (livre 1) de L.Janacek (1854-1928)

Enregistré au Henry Wood Hall, Londres en mars 2013.

Marc-André Hamelin, piano Steinway & Sons.

Hypérion. 2014.cda68030. 74m.28s.

Appréciation: Acceptable ***

Des pays lointains Scènes d’enfant op.15

l’Enfant prie Scènes d’enfant op.15

Rêverie Scène d’enfant op.15

Hamelin impose une vision épurée, toute en retenue de ces pièces si chères à Schumann. On appréciera la parfaite lisibilité, la clarté blanche d’une lecture concentrée et précise, où les rubatos sont millimétrés et reproduits à la perfection. Mais pourtant, tout ce soin apporté à l’esthétisme et à une conception parfaitement ciselé produit ici quelque chose de parfaitement…ennuyant! On veut du Schumann, et non du Satie!

À force de retenue et de suspension abstraite, on s’éloigne de la nature même de ces pièces…la magie et les joies de l’enfance. Où sont les charmes, les peurs, les humeurs cocasses, l’émerveillement du conte? Même le piano semble sans couleur, capté sans relief, désincarné de toute moelle vivante. Oui, il y a ici et là quelques beautés, mais sans les trépignements de la vie infantile et joyeuse. Bref, il y manque une certaine poésie, une liberté et un élan que l’on trouvera sous d’autres mains. Horowitz et Pirès ont compris que les plus grands virtuoses, ont parfois l’âme d’un poète, et surtout celle d’un enfant encore présent à l’intérieur.

 

Schumann, Robert (1810-1856) Les Symphonies. Staatkapelle Dresden. W.Sawallisch

Posted in Schumann with tags on 26 avril 2012 by rfauclair

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Staatkapelle de Dresde.

Wolfgang Sawallisch, direction.

Enregistré à Lukaskirche, Dresden en 1972.

EMI Classics. 2002. 156m.8s. Appréciation: Sommet du Parnasse******

Symphonie no.3 en Mib « Rhenish »

Lebhaft (1er mouv.)

Scherzo

Finale

L’interprétation est vaste et magnifique, comme l’endroit où cet album légendaire a été enregistré, la Lukaskirche à Dresde. L’orchestre résonne grand et large. Le dynamisme inégalé de certains passages donne à cette gravure l’impression d’une nature grouillante de vie. Les visions poétiques de la vallée du Rhin et des gens qui y vivent n’ont jamais été aussi bien dépeintes. Voyage au coeur du printemps et de l’été en quatre volets magnifiés par la musique, voilà l’essence de l’oeuvre symphonique de Schumann.