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Couperin, François (1668-1733) L’Art de toucher le Clavecin. Olivier Fortin.

Posted in Couperin, F. on 6 octobre 2018 by rfauclair

61z50DI6U4L._SL1200_Pièces tirées de différents ordres.

Enregistré aux Écuries du Château Chaumont en 2017.

Clavecin Skowronceck, 1984 d’après Hemsch, surnommé N.Lefebvre 1755.

Alpha Classics. 2018. Alpha 408. 69m.59s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Premier prélude en do majeur

Les ombres errantes

Le Garnier et les Menuets croisés 

Le clavecin du facteur hollandais Skowroneck résonne magnifiquement, bien en chair, d’une profondeur et d’un médium sonore particulièrement sombre. La prise de son est heureusement bien balancée. Un soupçon de réverbération et une certaine distance de l’instrument sont dosés dans cet équilibre fragile, où tout peut s’écrouler en un instant. Car un clavecin mal enregistré peut devenir une expérience pénible. Ici, nous sommes dans une zone de confort d’une bienfaisance rare.

Olivier Fortin présente la musique de Couperin dans une ambiance feutrée et propice à l’introspection. Il semble avoir pris bien son temps pour penser son Couperin. Il a mûri chaque phrasés, chaque inflexions, d’une gestuelle semblable à de larges ondes. Elles s’épanouissent doucement comme à la surface de l’eau. Avec lui, rien ne presse. C’est la profondeur de l’expression qu’il recherche avant tout. C’est l’art de toucher le clavecin, mais c’est également l’art de composer les couleurs les plus diverses, les sons subtils de la lumière et de la pénombre, en les entrecroisant avec grâce et volupté.

La musique du maître baroque français est d’un naturel envoûtant. L’interpréter au piano fait perdre un peu de son âme, de cette poésie étincelante, de ces éclats lumineux qui font vaguer l’esprit vers quelques hauteurs mystérieuses. Sur son clavecin, Olivier Fortin a réussi tous ces aspects artistiques. Et finalement, il possède aussi l’Art de toucher le coeur. Un sommet.