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Graun, J.G. (1703-1771) Trios. Ensemble Les Récréations.

Posted in Graun, J.G. on 19 août 2018 by rfauclair

71Bc8b8UVmL._SL1500_Trio pour deux violons et continuo en do mineur

Quatro avec viole de gambe en sol mineur

Trio pour clavecin et alto en do mineur

Trio pour deux violons et continuo en Sol majeur

Enregistré à l’église St-Joseph en Frasne-le-Château en 2010

Raumklang. 2012. RK2008. 70m.29s.

Appréciation: Superbe*****

Adagio du trio en do mineur 

Piu tosto allegro du quatro en sol mineur

Allegro ma non troppo  pour alto et clavecin en do mineur

Allegro du trio en sol majeur

Johann Gottlieb Graun était un musicien réputé en son temps. Avec son frère Carl Hendrich, il a fait partie de l’orchestre de la cour royale de Frédéric de Prusse au milieu du 18e siècle. À l’instar de son frère qui a composé surtout pour l’opéra, Johann Gottlieb a beaucoup écrit de musique instrumentale. On a retrouvé de lui une quantité formidable de manuscrits, dont plus de 130 trios! Sa réputation de violoniste virtuose était telle que J.S.Bach n’hésita pas à lui confier son fils Wilhelm Friedmann pour l’apprentissage de l’instrument.

La musique de J.G. Graun est à classer dans la période tardive du baroque. Il y a beaucoup de sensibilité dans sa manière de composer. Les harmonies complexes des voix supérieures sont souvent traitées avec une pleine recherche d’effets émotifs. Il y a ici la présence d’une musique d’une qualité surprenante qui rejoint celle du grand Bach. Les deux violons sont en dialogue constant, s’enlaçant ou s’éloignant l’un de l’autre furtivement pour ensuite se réunifier à nouveau. L’atmosphère est chargée d’un noble pathos où l’auditeur n’a jamais l’impression d’être enfermé dans un contrepoint trop savant. Graun a donné à ces pages la liberté et la fluidité d’une musique qui est beaucoup plus qu’un simple divertissement. Comme disait son collègue C.P.E. Bach: « Il faut toucher le coeur avant tout. »

Les musiciens s’exécutent au sein d’une vaste réverbération qui dissout un peu le langage musical. Mais l’évanescence de cette acoustique apporte également une aspect quasi-mystique à l’ensemble. Il est relevé par un art du violon extrêmement raffiné. Il y a plusieurs morceaux dignes de mention sur ce disque unique. Comme cette rare sonate pour alto et clavecin, longue élaboration de pur empfindsamkeit, qui semble à elle seule, annoncer la fin de cette grande période de la musique ancienne. Captivant.