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Porpora, Nicola (1686-1768) Arias pour Farinelli. Philippe Jaroussky. Venice Baroque Orchestra.

Posted in Porpora on 23 mars 2014 by rfauclair

81R8tUBOIZL__SL1500_Arias tirés d’opéras de Porpora.

Arriane e teseo. (1728). Semiramide (1729). Polifemo (1735).

Mitridate (1736). Ifigenia in Aulide (1735). Orfeo (1736).

Cecilia Bartoli, mezzo-soprano.

Philippe Jaroussky, contre-ténor.

Venice Baroque Orchestra. Andrea Marcon, direction.

Erato (Warner). 2013. 50999-9341332-9. 70m.11s.

Appréciation: Superbe *****

Come nave in ria tempesta de Semiramide. 

Alto giove de Polifemo.

Le limpid’onde de Ifigenia in Aulide.

« Lorsque, épris d’un autre beau visage, Phoebus sera revenu sur ces rives, l’onde limpide de l’Amphrysos verra paître alors le troupeau. »

Avons-nous déjà entendu quelque chose de semblable? L’effet sidérant de la voix de Jaroussky rappelle un extrait du film Amadeus, lorsque Salieri découvre le talent de Mozart…Ici, tous les regrettables préjugés, de toutes natures, tombent comme les feuilles des mains du musicien. Jaroussky est le demi-dieu de la voix humaine, au sommet d’un Olympe inatteignable.

Phénomène de la nature, d’un don renversant, la voix du contre-ténor ne donne jamais l’impression d’un fausset. Tout semble si naturel, et vrai. Et cette agilité déconcertante dans les plus incroyables passages de Porpora, nous fait à la fois l’effet d’un sourire béat et d’une incrédulité bien légitime. Est-ce possible? Tout lui est permis. Aucune note ne lui échappe!

L’expression quasi-irréelle des airs dramatiques, comme le très beau Alto Giove est enivrante. Les reprises des arias sont toujours agrémentées de fabuleux ornements, démontrant des cordes vocales d’une souplesse inouïe.

La musique de Porpora, tout de même d’une belle écriture, n’aurait pas le même effet sans cet artiste prodigieux. Entre Vivaldi et Handel, Porpora reste un compositeur à découvrir. Au-delà des vocalises amusantes du bel canto, il y a ici un Farinelli des temps modernes qui sait émouvoir. Bravo! Livret somptueux.

Handel et Porpora. Airs d’opéra. Julie Boulianne, mezzo-soprano. Clavecin en concert. Luc Beauséjour.

Posted in Handel, Nouveautés 2014, Porpora on 14 mars 2014 by rfauclair

 

5108lFwi60LPorpora: Polifemo: Alto giove et Dolci freschi aurette.

La Festa d’Imeneo: Vaghi amori.

Handel: Serse: Se bramate d’amar, Ombra mai fu.

Alcina: Stà nell’Ircana pietrosa tana.

Ariodante: Scherza infida et Dopo notte, atra e funesta.

Ensemble Clavecin en concert.

Luc Beauséjour, clavecin et direction.

Analekta. 2014. an28764. 55m.45s.

Appréciation: Très Bien ****

Récitatif et Aria Ombra mai fu de Handel

« Douces et charmantes branches de mon cher platane, le destin vous sourit. Que le tonnerre, l’éclair et la tempête ne troublent jamais votre précieuse paix. Et le rapace vent du sud ne vienne pas non plus vous violenter! » « Jamais l’ombre d’aucun arbre, ne fut plus douce, plus précieuse, plus agréable. »

Dopo notte, atra e funesta d’Ariodante de Handel

« Après une nuit sombre et épouvantable, le soleil brille plus vivement dans le ciel et remplit la terre de joie. »

La rivalité du Royal Academy de Handel et l’Opéra de la Noblesse de Nicola Porpora (1686-1768) sert de propos à ce disque consacré à quelques airs de ces monstres sacrés de l’opéra baroque. À Londres, dans les années 1730, ces deux maisons d’opéra engloutirent des sommes colossales dans une farouche concurrence.

Dans cette guerre démente, il était plutôt difficile à l’équipe Porpora de gagner sur le grand Handel, dont les pulsations irrésistibles de sa musique et l’émotion incomparable de certains airs sont tirés de la plume d’un génie. Par contre, Porpora, proposait au public les plus grands castratti : Senesino et Farinelli, vedettes incontestées de cette époque. Porpora a tout de même produit une musique de qualité, dont un beau lyrisme annonçant la période classique.

Après avoir chanté sur plusieurs scènes internationales, dans des rôles variés et de différents genres, la mezzo-soprano Julie Boulianne s’offre une entrée fracassante dans le monde du baroque. C’est une révélation!

Au milieu d’une virtuosité jubilatoire et aérienne, sa musicalité est d’une aisance étonnante. Convaincante et théâtrale, elle sait rendre le texte vibrant et touche la cible. Nous recevons ses flèches en plein cœur! Du célèbre Ombra mai fu, en passant par le déchirant Scherza infida d’Ariodante…elle sait tirer les larmes. Et du même opéra de Handel, Doppo notte e funesta est tout simplement conquérant. De ce tour de force vocal, elle laisse échapper des rayons de pure joie!

Triée parmi les meilleurs musiciens baroques du grand Montréal, l’équipe de Luc Beauséjour, offre un accompagnement juste et dynamique. Seul bémol à cette belle réussite, le navrant livret qui ne contient aucun texte des airs. Sur le site Analekta.com, les paroles n’ont aucune traduction. Le manque de considération aux mélomanes par cette grande maison du disque est plutôt gênant. Prise de son correcte dans son ensemble, mais on aurait souhaité un traitement un peu plus charnu de la voix. Tout de même, un beau disque pour apprécier le bel canto de l’époque baroque.