Bach, J.S. (1685-1750). Cantates. Les Années Harmonia Mundi. Philippe Herreweghe.

Posted in Bach J.S. with tags on 30 mars 2026 by René François Auclair

48 Cantates de Bach.

La Chapelle Royale.

Collegium Vocale de Gand.

Enregistré entre 1987 et 2007.

HM. 2023. HMX 2904070.86. 17 cds.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Liebster Gott, wenn werd ich sterben bwv 8 (extraits)

Die Elenden sollen essen bwv 75 (extraits)

Vergnügte Ruh bwv 170 & Widerstehe doch der Sünde bwv 54 (Andreas Scholl) extraits

Harmonia Mundi a récemment réunit les enregistrements des cantates que Philippe Herreweghe a gravés entre 1987-2007. Le chef belge est reconnu pour le soin indéfectible qu’il offre à la musique de Bach. La transparence et l’intonation du Collegium Vocale sont parfaitement en phase avec les mots et la musique du Cantor. Le superbe choeur mixte de Gand est le point central de cette anthologie d’une grande beauté. Ce fut également de belles années pour les solistes réunis autour de cette production lumineuse, dont la basse Peter Kooy fut l’un de ses piliers. Au sein d’excellents musiciens, mentionnons la participation du hautboïste baroque Marcel Ponseele, fidèle collaborateur de l’ensemble. En continuité de l’intégrale Teldec Harnoncourt/Leonhardt, le chef s’est distingué par un traitement raffiné autant vocal qu’instrumental. L’esprit s’élève, chante et danse les merveilles de la musique de Bach. Sublime.

Il faut également posséder l’album que Herreweghe et son équipe ont enregistré en 1990 pour Virgin Veritas. Il contient 6 cantates (bwv 39-73-93-105-107-131) qui ne se retrouvent pas dans le coffret de Harmonia Mundi. On a aussi les meilleurs solistes du temps comme Barbara Schlick, Agnès Mellon, Gérard Lesne, Howard Crook et bien entendu Peter Kooy. Un absolu dans l’interprétation de ces chefs-d’oeuvre de la musique sacrée, d’une richesse musicale incomparable.

Bach, J.S. (1685-1750) Les Cantates Sacrées. Bach Collegium Japan. Masaaki Suzuki.

Posted in Bach J.S. on 30 mars 2026 by René François Auclair

Intégrale des cantates sacrées de Bach.

Bach Collegium Japan.

Masaaki Suzuki, direction.

Enregistré entre 1995-2013.

Lieu: Kobe Schoin Women’s Chapel, Japon.

Bis Records. 2016. BIS-9055. 55cds. 63h12m13s.

Appréciation: Superbe*****

Gott ist mein König bwv 71 (1708)

Herz und Mund und Tat und Leben bwv 147 (1723)

Gott ist unsre Zuversicht bwv 197 (1740)

Qui l’eut crû? Ce grand coffret de luxe made in Japan est devenu un incontournable pour les fanatiques des cantates de Bach. L’équipe japonaise de Masaaki Suzuki s’est alliée avec le label suédois BIS et ont offert au monde de la musique un travail colossale de reconstitution historique. Le chef japonais, formé à la Mecque néerlandaise de la musique baroque, est connu pour son travail méticuleux dans toutes les phases de cette entreprise. En plus d’avoir réussi à franchir la barrière linguistique peu familière à la culture nippone, il a réussi à convaincre les sceptiques qui pensaient que seuls des européens pouvaient rendre crédible un projet de cette envergure. Suzuki a prouvé hors de tout doute que la musique de Bach est universelle.

Ce maniaque de l’exécution pure et cristalline nous a donné des morceaux d’une technicité remarquable. Le choix des solistes de très haut niveau, à l’international comme au Japon, a permis une lecture virtuose qui frôle souvent la perfection. Les passages exigeants des airs, auxquels Bach ajoute souvent des mélismes périlleux, sont exécutés avec précision et savoir-faire. À noter la contribution formidable du baryton Peter Kooy, qui a participé sur presque tous les 55 disques de cette somptueuse production.

On aime la grande acoustique de la Chapelle de Kobe qui créer des ambiances éthérées, sauf pour quelques enregistrements, il semble que la prise de son soit trop lointaine et réverbérée. La pureté, l’éclat instrumental, voilà les grandes qualités de cette intégrale. Mais on reste de glace devant certains passages, le tout étant trop lisse, le choeur manquant parfois de chaleur et de relief. À force de chercher la perfection, elle finit par nous échapper. Reste la musique de Bach, toujours aussi parfaite, qui a tout donné de sa personne et de sa foi pour écrire ces monuments à la gloire de Dieu. Superbe.

Bach, J.S. (1685-1750) Cantates. Une Année Litturgique. La Petite Bande. Sigiswald Kuijken.

Posted in Bach J.S. on 29 mars 2026 by René François Auclair

64 cantates.

Enregistré entre 2004-2012.

Sigiswald Kuijken: violon, viola da spalla.

Solistes principalement utilisés: Gerlinde Sämann, soprano.

Petra Noskaiova, alto (19cds). Christoph Genz, ténor.

Jan Van der Crabben, basse. (et autres artistes vocaux).

Accent. 2017. ACC25319. 19cds. 20h16m.

Appréciation: Très Bien****

Cette anthologie représente une année liturgique d’un cycle de cantates de Bach. Sigiswald Kuijken et son ensemble ont monté ce programme en respectant le calendrier religieux des offices de cette époque. À Leipzig, les obligations de Bach étaient de fournir une cantate à presque tous les dimanches, incluant les fêtes diverses ou autres occasions spéciales. Pour un cycle complet, il devait donc fournir une soixantaine d’oeuvres par année. La plupart des cantates de ce coffret ont été puisées parmi la grande production des trois premiers cycles de Leipzig, soit ceux de 1723-1726. Ensuite le Cantor a considérablement ralenti la cadence, en exécutant des oeuvres de d’autres compositeurs ou en recyclant son propre matériel.

Bleib bei uns bwv 6 « Reste avec nous »

Ich bin ein guter Hirt bwv 85 « Je suis le bon berger »

Süser Trost bwv 151 « Doux réconfort » (G. Sämann, soprano)

 

Le choix esthétique de Kuijken se résout à quelques instruments et à une voix par partie pour le choeur. L’ensemble est modeste et reste valable historiquement parlant. Le chef belge a réunit autour de lui quelques membres de sa famille et ses musiciens réguliers. Les solistes vocaux sont tous très doués, mais on aurait parfois souhaité qu’ils soient doublés pour les parties du choeur. Il se dégage de cette production un climat recueilli et sincère, sans grands épanchements émotifs. Le ton général est à la sobriété, au rapprochement convivial. La prise de son est dans le même sens, c’est-à-dire assez proche des exécutants. En dépit d’une interprétation très réservée et sans surprise, Kuijken et sa Petite Bande présente un Bach plus terre-à-terre, et très humain.

Bach, J.S.(1685-1750) Cantates sacrées. Montréal Baroque. Eric Milnes.

Posted in Bach J.S. on 28 mars 2026 by René François Auclair

28 cantates. Enregistré à l’Église de la Prairie et St-Augustin, Québec entre 2004-2016.

Sopranos: Odéi Bilodeau, Hélène Brunet, Suzie Leblanc, Monika Mauch.

Altos: Pascal Bertin, Élaine Lachica, F.Gottwald, David Lee, Daniel et Michael Taylor, Matthew White.

Ténors: Charles Daniels, Philippe Gagné, Jan Kobow.

Basses: Jesse Blumberg, Stephan Macleod, Drew Santini, J.C. Sarragosse, Harry van der Kamp.

Ingénieure: Johanne Goyette.

Atma Classique. 8cds. Livrets traduit en anglais et français.

Appréciation: Superbe*****

Christ gisait dans les lien de la mort bwv 4 (extraits)

Christ notre Seigneur est venu au Jourdain bwv 7 (extraits)

Les Hommes chantent la victoire et l’allégresse bwv 149 (extraits)

Je me tiens un pied dans la tombe bwv 156 (extraits)

 

Au total 28 cantates en huit volumes ont été regroupées selon des thèmes liturgiques bien spécifiques. On retrouve dans cette sélection des compositions célèbres et d’autres qui se révèlent comme de véritables pépites. Bach n’a jamais lésiné sur la qualité de ces oeuvres en offrant aux fidèles de son temps de superbes sermons en musique. Cependant, faute de moyens le Cantor devait se résoudre à un nombre limité d’exécutants de bonne qualité. Le choeur était souvent réduit à quelques voix solistes. Pour les grandes occasions, Bach réunissait plus de musiciens et chanteurs, comme dans le cas des Oratorios et Passions.

La démarche du claveciniste et chef d’orchestre Eric Milnes rejoint celle du musicologue Joshua Rifkin qui réduit considérablement l’effectif vocal et instrumental. Avouons le, question de budget, ce choix arrange parfois bien les choses! Donc, seulement quatre solistes pour chanter les chorals et les airs. Un dizaine de cordes et quelques instruments à vent, choisis parmi les meilleurs musiciens du grand Montréal, suffisent pour jouer ces oeuvres.

On aime la direction, pleine de verve et d’idées musicales, qui joue constamment sur les relances rythmiques. L’énergie qu’Eric Milnes a transmis à l’ensemble honore la musique de Bach au plus au point. La prise de son donne beaucoup de présence aux solistes ainsi que des reliefs profonds aux différents instruments. Il y a plusieurs moments réussis dans cette mini-intégrale, (bwv 4 et bwv 7 sont tout simplement parfaites) et les points faibles sont plutôt rares. Les ténors Charles Daniels et Philippe Gagné sont brillants, à la hauteur des défis et les sopranos sont très claires, parfaitement a l’aise avec les vocalises élaborées de Bach. Pour les basses signalons les excellents Harry van der Kamp et Stephen Macleod: deux voix en or! Cette production a confirmé encore une fois que Montréal est un centre important de la musique baroque. Dommage que cette entreprise se soit arrêtée à seulement huit disques…Superbe.