Bach, J.S. (1685-1750) Sonates et Partitas pour violon. Sergiu Luca, violon baroque.

Sonates et Partitas bwv 1001-1006.

Violon Amati 1669.

Archet baroque c.1650, anonyme.

Cordes de boyaux. Diapason 415 hz.

Enregistré en 1977.

Nonesuch. 1977. 973030-2. 2cds. 129m09s.

Appréciation: Très Bien****

Sonate bwv 1003 en la mineur

Partita bwv 1004 en ré mineur (Gigue)

Le violoniste d’origine roumaine Sergiu Luca (1943-2010) fut un violoniste réputé, même s’il est demeuré plutôt discret. En 1961, il s’installa aux États-Unis sous la tutelle d’Isaac Stern. Il côtoya Leonard Bernstein, fit plusieurs concerts dans les grandes villes d’Amérique. En parallèle d’une carrière traditionnelle, il s’intéressa aussi à la musique baroque et à l’exécution historiquement bien informée. Il fut l’un des premiers à jouer Bach sur un violon ancien selon les usages du 18e siècle. Les violonistes de la tradition moderne s’obstinaient jusque là à des vibratos lourds, aux coups d’archet rageurs et puissants.

Sergiu Luca a proposé au contraire un son moins tendu, plus léger et articulé. L’aspect dansant et fluide de son interprétation a créé de forts beaux moments de poésie. Ce fut une révélation. Cependant avec le temps, son aura s’est un peu étiolée depuis l’apparition d’une nouvelle génération de violonistes. Le manque de justesse et de souffle se perçoivent sur certains passages ainsi qu’une qualité d’enregistrement inégale. La Chaconne, par exemple, n’est certainement pas la mieux réussie et les deux grandes Fuga sont à la traîne et peine à maintenir le rythme. Reste quelques morceaux incomparables comme la Gigue bwv 1004, une de mes pièces préférées, entendue pour la première fois de ma vie sur ce disque. Depuis, elle est restée cristallisée dans mon esprit, portée dans l’air, dansant au gré d’un balancement continu des notes. De la musique pure, sans artifice, sans égo. Juste un violon qui s’anime librement dans la beauté du silence.

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