Sibélius, Jean (1865-1957) Musique pour la scène. Turku Philharmonic. Leif Segerstam.

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Kuolema. King Christian II.

Belshazzar’s feast. Pélléas et Mélissande…

Orchestre Philharmonique de Turku.

Leif Segerstam. Enregistré à Turku Concert Hall, Finlande.

Naxos. 2015. 8.573299/ 8.573300/ 8.573301. Appréciation: Superbe *****

 

 

 

Moderato tiré de Kuolema

Musette tiré de King Christian II

Andantino pastoral tiré de Pelléas et Mélissande

Allegretto tiré de Pelléas et Mélissande

Valse lyrique op.96

Le chef finlandais Leif Segerstam, véritable star dans toute la Scandinavie, a enregistré une série de disques en 2015, tous consacrés à Sibélius. Personnage coloré et attachant, il a depuis 2012 pris la direction de l’orchestre de Turku, citée comme la plus médiévale ville de Finlande. L’ensemble possède une riche tradition, puisque il a été fondé en 1790.

À propos de sa 6e symphonie, Jean Sibélius déclarait qu’elle était « une pure eau froide ». En fait, cette citation pourrait décrire toute son œuvre. Limpide, cristalline, se résumant à l’essentiel, sa musique évoque souvent le grand froid de paysages nordiques et de ses légendes hivernales. Même dans le genre de la musique de scène où l’action se passe dans des univers étrangers, les mêmes sensations reviennent inévitablement à notre imaginaire.

Les trois disques présentés ici sont en marge des poèmes et des sept symphonies. Ce sont, pour la plupart, des pièces très rarement entendues, écrites pour le théâtre et le ballet. Sibélius ne cesse de nous surprendre par une écriture bien personnelle. Chaque morceau est composé avec raffinement, sans jamais se répéter. Les reprises des mélodies, souvent fort belles, sont traitées différemment, par une orchestration audacieuse. Pourtant, tout cela reste tonal, relié parfois par Tchaïkovski qu’il gardait en haute estime. Sibélius propose des climats sombres, des envoûtements brumeux et mélancoliques pour supporter l’action théâtrale. (Valse triste de Kuolema). Par contre, les autres danses des ballets sont brillantes, jamais banales, vives en couleur. Ce sont des pièces heureuses qui s’harmonisent naturellement à nos hivers d’ici.

Je considère ces enregistrements supérieurs aux productions suédoises BIS, qui ont tout gravé Sibélius il y a quelques années. C’était soigneusement bien fait, mais offrait en générale l’impression d’une surface un peu trop glacée. Avec Segerstam, on entre dans le vif de l’action plus profondément. Les cordes sont plus chaudes et l’orchestre de Turku résonne avec splendeur, supportée par une prise de son généreuse. Cette « trilogie d’hiver » vaut le grand détour par le Nord, à mille lieux des villes peuplées de l’empire austro-allemand. Là-bas, un géant de la musique a défié le temps et les modes pour offrir les plus originales compositions du début 20e siècle et qu’on ne cesse de redécouvrir.

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