Bach, J.S. (1685-1750) Les Cantates Sacrées. Nikolaus Harnoncourt. Gustav Leonhardt.
Les Cantates bwv 1-199.
Concentus Musicus (Vienne)
Leonhardt-Consort (Amsterdam)
Enregistré entre 1971-1989.
Teldec. 1994. 4509-91765-2. 60cds.
Appréciation: Sommet du Parnasse******
Erfreut euch, ihr Herzen bwv 66 (extraits) Leonhardt
« Que les coeurs se réjouissent, que les maux et les peines s’enfuient »
Ein feste Burg ist unser Gott bwv 80 (extraits) Harnoncourt
« C’est un rempart que notre Dieu, il est pour nous arme et défense ».
Herr, gehe nicht ins Gericht bwv 105 (extraits) Harnoncourt
« Seigneur, n’entre pas en jugement avec ton serviteur, car nul vivant n’est justifié devant toi. »
Gott Zeit ist die allerbeste Zeit bwv 106. Leonhardt
« Le règne de Dieu est le meilleur de tous. C’est en lui que nous avons le mouvement et l’être, aussi longtemps qu’il le veut. »
Quand Harnoncourt accentue, Leonhardt articule! Ça pourrait résumer les styles de ces pionniers du baroque qui ont été les premiers à compléter l’intégrale des cantates sacrées. Ce projet dit historiquement authentique a demandé près de 20 ans de travail et est encore vue comme la Bible référentielle de ces oeuvres. Malgré la qualité inégale de la production, ce coffret légendaire possède une grande valeur historique. Débutant en 1971, les premiers enregistrements manquaient certes de finition, les instruments originaux grinçaient ou faussaient et les rythmes étaient plutôt à la traîne. Par la suite, les exécutions se sont passablement améliorées et raffinées avec l’arrivée de nouveaux musiciens, surtout dans l’entourage de Gustav Leonhardt. Ce dernier fit également appel au chef de choeur Philippe Herreweghe qui débutait alors sa carrière. Les sopranos garçons demeurent cependant le maillon faible, tant du côté d’Harnoncourt que de Leonhardt. Leurs voix fragiles ne sont pas souvent à la hauteur des défis techniques de Bach. Pourtant, quelques garçons y sont parvenus avec une étonnante maîtrise et nous ont donné des moments inoubliables. (Sebastian Hennig en particulier).
Pour les autres solistes, trois noms à retenir: Paul Esswood, Kurt Equiluz et le magnifique Max van Egmond. Tout au long de cette aventure ils sont restés dans une classe à part et ont marqué pour toujours des pièces qui leur appartiennent désormais. René Jacobs s’est également illustré avec sa voix particulière, claire et vibrante, parfois maniérée, mais toujours d’une grande justesse d’émotion.
Parlons maintenant du travail inlassable de Bach. En tout, il aurait composé 300 cantates au cours de sa vie, mais une centaine furent perdues. Une grande partie furent écrites à Leipzig entre 1723-1726 où le Cantor devait en présenter une à tous les dimanches et pour d’autres fêtes. La diversité et l’originalité de l’oeuvre entière force l’admiration, et on se demande encore comment il y est parvenu malgré son emploi du temps très chargé. Bach a mis le meilleur de lui-même pour adapter les textes religieux en musique. Il a mis en lumière toutes les émotions, les images et toute la symbolique que ces textes suggèrent. Un génie comme lui, ne faisait jamais les choses à moitié! L’intégrale Teldec, qui éditait à l’époque les coffrets vinyles au fur et à mesure (avec toutes les partitions!), nous permettait de découvrir, pour la première fois, de véritables trésors qui avaient été longtemps enfouis. Mais qu’est-ce que nous enseignent ces cantates? En bref, quand tout va mal, que la souffrance ou le doute s’en prennent à nous; la joie et la paix finissent toujours par revenir. Car, comme un Choral qui clôt chaque oeuvre, ça finit toujours bien.

Laisser un commentaire