Beethoven, L.V. (1770-1827) Les Symphonies. Orchestre Symphonique Montréal. K.Nagano

thumbLes Symphonies no.1-9

Les Créatures de Prométhée op.43

Ouverture Egmont op.84

Grande Fugue op.133 (arr.Weingartner)

Enregistré à Montréal entre 2007-2014.

Université McGill (no.3 et 8)

 

Salle Wilfrid-Pelletier (no.5-6)

Maison Symphonique (no.1-2,4,7 et 9)

Analekta. 2014. AN29150-5. 6 cds.

Appréciation:  Bien ***

Scherzo de la 2e symphonie

Molto vivace-Presto de la 9e symphonie

La venue du chef américain à Montréal en 2006 a apporté à cet orchestre de réputation mondiale une continuité, voire un nouveau souffle rafraîchissant. Ses conceptions mystico-philosophiques sur la musique, parfois évasives et abstraites, sont la base de son approche du répertoire symphonique. Joindre à une noble volonté le besoin de démocratiser la musique classique au plus grand nombre, voilà en résumé, la pensée de Kent Nagano. Pour lui, les symphonies de Beethoven tendent vers un but: « L’idée d’une humanité meilleure…et d’une nouvelle compréhension de l’art dans la société ».

Cette idéologie bien moderne de vouloir expliquer la musique, de l’intellectualiser dans ses moindres détails, se ressent inévitablement dans sa direction musicale. Le chef nous fait découvrir Beethoven dans un langage toujours clair et précis. N’utilisant que peu de vibrato aux cordes, allégeant le discours, Nagano épure les lignes, et propose une version bien contemporaine. Tel un architecte minutieux, il dessine de fines décorations à ces colossales structures, lui ajoutant ici et là de petits détails qui nous échappaient du premier regard. De ce point de vue, c’est une réussite. Les musiciens de l’OSM s’accomplissent de la tâche, dans des tempos rapides et légers, par le raffinement virtuose qui leur est habituellement reconnu par tous.

Malheureusement, cette volonté de ne jamais vraiment s’engager physiquement, d’éviter tout choc émotif avec le compositeur, demeure le grand point faible de cette version, qui ne bouleverse rien. Nagano reste à une certaine distance de Beethoven, tout comme la prise de son plutôt terne, éloignée de l’orchestre. Ainsi, nous avons ici le plus grand des paradoxes. Un immense compositeur toujours bouleversant, mais servi par chef qui refuse de nous le montrer tel quel. Entre lumières et révolution, il y a au final, ni l’un ni l’autre.

 

Comparatif: Scherzo 2e symphonie: Royal Concertgebouw/W.Sawallisch

 

 

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