Archive for the Bach J.S. Category

Bach, J.S. (1685-1750) Sonates en trio. London Baroque.

Posted in Bach J.S. on 31 janvier 2026 by René François Auclair

Six Sonates en trio bwv 525-530.

Ingrid Seifert, violon.

Richard Gwilt, violon et alto.

Charles Medlam, violoncelle.

Terence Charlston, clavecin&orgue.

Enregistré à St-Martin, East Woodhay, Hampshire en 2001.

Bis Records. 2002. BIS-CD-1345. 74m.38s.

Appréciation: Superbe*****

Sonate bwv 526 pour violon, alto, b.c.

Sonate bwv 529 pour deux violons, b.c. (extraits)

Sonate bwv 530 pour deux violons, b.c. (Vivace)

Composées originalement pour orgue, les Sonates en trio ont été arrangés par le violoniste Richard Gwilt. Les tonalités sont demeurées intactes, sauf pour la première sonate. Dans l’univers de Bach, la transcription était courante. Il est tout à fait légitime d’adapter ces oeuvres, puisqu’il procédait lui-même à ce travail. On pense notamment à la Sinfonia bwv 76 écrite pour hautbois, violon et basse continue, qui fait partie également de la 4e sonate de ce cycle.

Malgré le format stricte de l’écriture à trois voix, Bach l’a allégé en simplifiant la ligne de basse. C’est pourquoi ces Sonates, bien que très savantes, restent légères à l’écoute. Le traitement des deux voix principales demeure fascinant, faite de beaux échanges aérés, se répondant ou s’enchaînant l’un dans l’autre. Entendre le London Baroque jouées ces sonates, c’est comme invité Bach à l’extérieur. Après la messe, on se retrouve au Café Zimmerman. Tu sais, au jardin? L’art de la discussion selon Bach. Savant et plaisant.

Bach, J.S. (1685-1750) Les Sonates pour flûte. Frans Brüggen. Gustav Leonhardt.

Posted in Bach J.S. with tags on 25 janvier 2026 by René François Auclair

Sonates bwv 1030, 1032, 1034-1035.

Partita pour flûte solo bwv 1013.

Arrangements bwv 1013 et bwv 1030.

Enregistré à Doopsgezinde Kerk, Amsterdam en 1975.

Seon/Sony. 2012. 2cds. 97m.6s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Sonate bwv 1030 en Si mineur

Sonate bwv 1034 en Mi mineur (Andante)

Partita bwv 1013 en La mineur (Allemande)

Le coeur de cet enregistrement légendaire repose sur la fameuse sonate en Si mineur bwv 1030. Bach a élaboré une grande conversation entre la flûte et le clavecin. L’Andante initial, véritable joyau noir du 18e siècle, est parcouru d’une plainte languissante, faite de chromatisme audacieux et chargé d’émotion. Qui de mieux pour en traduire l’essence que le flûtiste et chef d’orchestre Frans Brüggen? À mon avis, personne n’est arrivé à ce degré d’expression. Son interprétation est marquée d’un grand souffle qui fait ployer le discours, le fait fléchir à sa guise, offrant à son instrument une grande âme. Au clavecin, maître Leonhardt articule lentement et sûrement le texte pour en dévoiler toute la splendeur. Unique et poétique.

Bach, J.S. (1685-1750) Sonates pour flûte. Sonate en trio. Ensemble Trazom.

Posted in Bach CPE, Bach J.S. on 25 janvier 2026 by René François Auclair

Sonate en trio bwv 1038

Sonates bwv 1031,1034,1035.

Sonate bwv 1020 (attr.CPE Bach)

Julia Dickson, traverso. Susanne Bausznern, violon.

Stefan Fuchs, violoncelle.. Urte Lutch, clavecin&pianoforte.

Enregistré à Église Évangélique Wollbach en 2000.

Arte Nova. 2000. 74321 75504-2. 55m.51s.

Appréciation: Superbe*****

Sonate en trio bwv 1038 en Sol majeur

Sonate bwv 1031 en Mib majeur

Sonate bwv 1034 en Mi mineur (Allegro)

J’aime beaucoup ce disque consacré à quelques sonates pour flûte de Bach. La présence du pianoforte, une copie d’un Silbermann, est tout à fait justifiée. Il apporte un nouvel éclairage du style sensible qui commençait à s’imposer vers le milieu 18e siècle. Bach était ouvert à ce style, plus émotif, moins archaïque qu’à ses débuts comme compositeur. Était ce dû par l’arrivée d’une nouvelle génération d’élèves dans son entourage? La Sonate en trio bwv 1038 est probablement une collaboration enseignant-élève, peut-être un travail d’étude que le maître a supervisé. C’est une très belle sonate, qui semble étrangère à l’écriture sévère du grand Bach. Le motif du premier mouvement, ascendant est gracieux, est une petite merveille. Les échanges flûte/violon, lumineux et tendres, sont un bel exemple de l’Empfindsamkeit qui pointait à l’horizon de cette période.

Il y a aussi dans cet album la présence du fils, Carl Philipp Emmanuel, compositeur à la cour du roi flûtiste Frederic. La sonate bwv 1020 fut longtemps attribuée à Jean-Sébastien. Mais à l’écoute, on savait bien qu’elle n’était pas de lui. On croit d’ailleurs qu’il y a, (un peu beaucoup!) du fiston dans la sonate bwv 1031 qui présente le fameux Siciliano, une des plus belles pièces du répertoire. Le pianoforte, qui joue la partie obligée, convient parfaitement à cette sonate. On aime la truculence du propos, l’énergie et la rythmique imposée par l’instrument Silbermann. Un superbe disque qui s’écoute avec joie.

Bach, J.S. (1685-1750) Sonates pour violon et clavecin. Kuijken & Leonhardt.

Posted in Bach J.S. with tags on 18 janvier 2026 by René François Auclair

6 Sonates bwv 1014-1019.

Sigiswald Kuijken, violon Maggini 17e siècle.

Gustav Leonhardt, clavecin Skowroneck d’après Dulcken.

Enregistré à Schloss Amerongen, Pays-Bas en 1973.

DHM. 1990. 77170-2-RG. 2cds. 94m.19s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Sonate bwv 1016 en mi majeur

À la fin de mon adolescence, je me suis vraiment intéressé à la musique de Bach. Je voulais tout entendre de lui. À l’époque je ne connaissais rien du mouvement historiquement bien informé. Je m’étais procuré l’enregistrement de Henryk Szeryng et Helmut Walcha interprété selon la vieille tradition. La découverte du duo Kuijken/Leonhardt a changé ma perspective de cette musique. Une révélation. Étant jeune, je me suis tout de suite identifié à cette nouvelle manière de faire, qui abordait la musique baroque avec des idées neuves.

Désormais on va jouer Bach avec des instruments qui correspondent à son époque. Violons historiques, archets anciens, cordes de boyaux, et une volonté de s’approcher le plus possible du style de l’époque. Études des documents, des essais sur la manière de jouer, respect des annotations originales sur les manuscrits, tout a été scrupuleusement analysé et repensé.

La musique de Bach a pris un tout nouveau sens, celui de la pureté d’intention: plus pensif, méditatif et spirituel. Le jeu naturel de Kuijken, sans forcé quoi que ce soit, donne des ailes aux notes. La musique s’élève, se met à danser. Leonhardt au clavecin est impérial, d’un geste ample. L’articulation est détachée, libre et d’une grande plénitude. Cet album est la quintessence incarnée. Il peut paraître maintenant éloigné de nous, mais reste un phare inébranlable de l’interprétation à l’ancienne.






Szeryng/Walcha bwv 1016 (extrait) enregistré en 1969.