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Bach, J.S. (1685-1750) Les Suites pour violoncelle. Jean-Guihen Queyras.

Posted in Bach J.S. with tags on 12 février 2026 by René François Auclair

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Jean-Guihen Queyras (n.1967)

Violoncelle Gioffredo Cappa (1696).

Enregistré à Vereenigde Doopsgezinde Gemeente, Haarlem en octobre 2023.

Ingénieur: Olivier Rosset.

Harmonia Mundi. 2024. HMM 902388.89. 2h14m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Prélude no.6 en ré majeur

Allemande no.6 en ré majeur

C’est la deuxième fois que Jean-Guihen Queyras enregistre les Suites de Bach. En 2007, sa première intégrale fut gravée pour le même label et sur le même instrument baroque. En comparant les deux versions, on note une approche stylistique complètement différente. Celle de 2024 s’inspire largement du jeu des gambistes, très ornée à la française, d’une impulsion légère et planante, parsemée de libres improvisations des plus exquises.

Et puis, une voix humaine semble apparaître. Elle nous parle en toute liberté, se livre à nous, racontant ses malheurs et ses joies. Ses discours captivent, hypnotisent, se réinventent au sein des silences. Queyras offre à son instrument toutes les nuances possibles, d’une finesse inouïe. Les plus beaux diminuendos sont ici, dessinés par un archet d’une rare poésie. Les notes s’élèvent puis s’éteignent, vivent et meurent l’espace d’un instant. Le silence devient musique. Magistral.

Bach, J.S. (1685-1750) Sonates et Partitas pour violon seul. Christian Tetzlaff.

Posted in Bach J.S. with tags on 1 février 2026 by René François Auclair

Sonates et Partitas bwv 1001-1006.

Enregistré à Sendesaal, Bremen en 2016.

Ondine. 2017. ODE 1299-2D. 2cds. 130m.50s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Choisir les mots pour exprimer l’inexplicable est vain. Il faut écouter Christian Tetzlaff pour comprendre. C’est comme entrer dans un espace hors du temps. On pourrait analyser longtemps le jeu du violoniste, le pourquoi des choses, le comment de l’émotion. Non, cette fois j’arrête cette prétention que je n’ai pas. Quand on touche au sublime, on ne dit plus rien.

Enregistrées par les plus grands violonistes, les Sonates et Partitas demeurent un Everest pour tous musiciens qui osent s’y aventurer. Elles peuvent être casse-gueule, même pour les mieux aguerris. La deuxième proposition de Tetzlaff est prenante. Bach est un génie. Tetzlaff est l’humble serviteur au service du maître.

Sonate bwv 1001 en sol mineur (Fuga)

Sonate bwv 1003 en la mineur (Andante)

Partita bwv 1004 en ré mineur (Chaconne)

Bach, J.S. (1685-1750) Sonates et Partitas pour violon seul. Isabelle Faust.

Posted in Bach J.S. on 1 février 2026 by René François Auclair

Sonates et Partitas bwv 1001-1006.

Violon Stradivarius 1704.

Enregistré à Teldex Studio, Berlin en 2009-2011.

HM. 2016. HMX 2908474.75. 2cds. 129m.19s.

Appréciation: Superbe*****

L’arrivée d’Isabelle Faust dans l’univers Bach a marqué les esprits. On est en présence d’une violoniste si douée qu’elle a transformé, à sa façon, son langage musicale. Elle a bouleversé les codes violonistiques par une vélocité d’exécution absolument inouïe. La finesse de son jeu a atteint un degré de sophistication extrême (incroyable Allegro assai bwv 1005!). Possédant une technique des dieux, elle transforme la matière en volatilité, mais dénature un peu l’aspect dansant des pièces. C’est ce qui explique l’étrange impression de rester parfois à la surface des choses. D’un lissage parfait, son violon s’anime sans vraiment faire vibrer les cordes intérieures de l’âme. À défaut d’émouvoir, Faust hypnotise. Une extraordinaire performance.

Partita bwv 1002 (extraits)

Sonate bwv 1005 (Allegro assai)

Partita bwv 1006 (Prélude)

Bach, J.S. (1685-1750) Sonates et Partitas pour violon. Sergiu Luca, violon baroque.

Posted in Bach J.S. on 1 février 2026 by René François Auclair

Sonates et Partitas bwv 1001-1006.

Violon Amati 1669.

Archet baroque c.1650, anonyme.

Cordes de boyaux. Diapason 415 hz.

Enregistré en 1977.

Nonesuch. 1977. 973030-2. 2cds. 129m09s.

Appréciation: Très Bien****

Sonate bwv 1003 en la mineur

Partita bwv 1004 en ré mineur (Gigue)

Le violoniste d’origine roumaine Sergiu Luca (1943-2010) fut un violoniste réputé, même s’il est demeuré plutôt discret. En 1961, il s’installa aux États-Unis sous la tutelle d’Isaac Stern. Il côtoya Leonard Bernstein, fit plusieurs concerts dans les grandes villes d’Amérique. En parallèle d’une carrière traditionnelle, il s’intéressa aussi à la musique baroque et à l’exécution historiquement bien informée. Il fut l’un des premiers à jouer Bach sur un violon ancien selon les usages du 18e siècle. Les violonistes de la tradition moderne s’obstinaient jusque là à des vibratos lourds, aux coups d’archet rageurs et puissants.

Sergiu Luca a proposé au contraire un son moins tendu, plus léger et articulé. L’aspect dansant et fluide de son interprétation a créé de forts beaux moments de poésie. Ce fut une révélation. Cependant avec le temps, son aura s’est un peu étiolée depuis l’apparition d’une nouvelle génération de violonistes. Le manque de justesse et de souffle se perçoivent sur certains passages ainsi qu’une qualité d’enregistrement inégale. La Chaconne, par exemple, n’est certainement pas la mieux réussie et les deux grandes Fuga sont à la traîne et peine à maintenir le rythme. Reste quelques morceaux incomparables comme la Gigue bwv 1004, une de mes pièces préférées, entendue pour la première fois de ma vie sur ce disque. Depuis, elle est restée cristallisée dans mon esprit, portée dans l’air, dansant au gré d’un balancement continu des notes. De la musique pure, sans artifice, sans égo. Juste un violon qui s’anime librement dans la beauté du silence.