Bach, CPE (1714-1788) Concertos pour flûte. Alexis Kossenko. Arte dei Suonatori.

Posted in Bach CPE on 14 novembre 2025 by René François Auclair

Concertos wq.166 à 169.

Concerto wq.13 en ré majeur

Concerto wq.22 en ré mineur

Alexis Kossenko, flûte traversière J.J.Melzer à 2 clés d’après Quantz, ca 1745.

Enregistré en 2005 et 2008 au Séminaire Goscikowo-Paradys, Pologne.

Alpha. 2006-2009. Alpha 093 et 146.134m.

Appréciation: Superbe*****

Concerto wq.22 en ré mineur

Concerto wq.166 Andante

Concerto wq.168 Allegro

« Vous faites erreur en croyant que le roi aime la musique…il n’aime que sa flûte! » Ainsi s’exprimait CPE Bach à propos du roi flûtiste Frédéric le Grand. Cette déclaration teintée d’animosité n’est qu’une pointe des déceptions que Bach a endurées pendant près de 30 ans à la cour royale de Berlin.

De loin, Frédéric préférait son professeur de flûte et compositeur J.J.Quantz, d’un salaire sept fois supérieur à celui de Bach. On peut supposer que, frustré de sa situation, Bach ne s’est pas gêné pour transmettre ses états d’âme à contre-courant des goûts du souverain. Artiste indépendant et original, il a fait fi des démoniaques traits de virtuosité de ses concertos pour flûte. Ces oeuvres redoutables donnent au traverso des couleurs vives, loin des visions douces et pastorales associées à l’instrument. Néanmoins, il reste limité dans son registre expressif. Seulement son timbre particulier souligne à merveille la sombre mélancolie que Bach affectionne dans ses adagios. Le violoncelle conviendra mieux aux abrupts changements d’humeur du compositeur, qui lui donnera trois versions réussies des mêmes concertos.

Alexis Kossenko et son ensemble polonais souligne efficacement l’aspect tempétueux de cette musique où Bach s’est fortement démarqué de ses contemporains. On applaudit la virtuosité sans égale du soliste dans l’extraordinaire wq.22 en ré mineur, parfait exemple du Sturm und Drang, rageur et impétueux. Son dernier mouvement est d’une intensité diabolique!

Bach, CPE (1714-1788) Concertos pour violoncelle. Hidemi Suzuki.

Posted in Bach CPE with tags on 14 novembre 2025 by René François Auclair

Concertos wq.170-172. (vers 1750).

Hidemi Suzuki, violoncelle Visser d’après H.Jacobs.

Bach Collegium Japan.

Enregistré à Kobe Shoin University, Japon en 1996.

Bis Records. 1996. Bis-Cd-807. 67m.33s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Concerto wq.172 en La majeur

Les trois concertos pour violoncelle sont parmi les oeuvres les plus populaires chez Emmanuel Bach. Depuis le renouveau baroque, elles n’ont cessé d’apparaître au catalogue. Bien sûr, Anner Bylsma (1934-2019) fut l’un de ces interprètes fabuleux qui les ont remisent à jour. Hidemi Suzuki, grâce à une bourse du Japon, pu se rendre en Hollande pour parfaire son jeu auprès de Bylsma. Le jeu de Monsieur Suzuki (qui est le frère du chef et claveciniste Masaaki) est d’une perfection technique infaillible. Combiné à l’acoustique éthérée de l’ensemble japonais, on est en présence d’une réussite exemplaire dans le genre. La musique de Bach, est pour ainsi dire, libérée de la gravité terrestre!

Bach, CPE (1714-1788) Concertos pour hautbois. Anna Starr. Musica Poetica.

Posted in Bach CPE on 13 novembre 2025 by René François Auclair

Concerto wq.164 en Sib majeur

Concerto wq.165 en Mib majeur

Sonate wq.135 en Sol mineur

Pastorale en La mineur

Enregistré à Hervormde Kerk, Kethel en 2011.

Brilliant Classics. 2012. 94298. 53m.28s.

Appréciation: Superbe*****

Concerto wq.165

Sonate en Sol mineur Vivace

Concerto wq.164 Allegro moderato

Dans la catégorie « Petits Trésors », celui-ci fait figure d’exception. Dans le grand catalogue des oeuvres du deuxième fils de Bach, qui compte près de 900 oeuvres, seulement une poignée fut consacrée au hautbois. Deux concertos et une sonate furent authentifiés par les musicologues. Ce sont des oeuvres typiques de Bach qui auraient été composées vers 1765, à la fin de sa période berlinoise. On aime les ritournelles particulières d’Emmanuel et son sens de la surprise. À sa façon, il s’éloigne des modes italiens pour proposer quelque chose de nouveau. Ses adagios sont particulièrement saisissants, lugubres et noirs. Puis, il finit tout bonnement l’oeuvre dans la gaîté comme si rien ne s’était passé! Anna Starr, qui a étudié avec Bernardini et Ponseele, produit un beau son tout en rondeur. Son instrument est bien mis en valeur et on en apprécie toutes les textures. Le modeste ensemble Musica Poetica ne vient jamais la perturber. Superbe.

Arriaga, J.C. (1806-1826) Symphonie à grand orchestre. Il Fondamento. Paul Dombrecht.

Posted in Arriaga on 12 novembre 2025 by René François Auclair

Ouvertures op.1 et op.20

Obertura de Los esclavos felices.

Symphonie en ré mineur « à grand orchestre »

Enregistré à Lemmensinstuut, Leuven en 2006.

Fuga Libra. 2006. FUG522. 59m.06s

Appréciation: Superbe*****

Écrite à Paris, cette symphonie est l’oeuvre la plus remarquable du jeune Arriaga qui, à l’âge de 18 ans, a prouvé qu’il pouvait devenir un grand compositeur. Possédant un réel sens du drame et du punch, Arriaga en a étonné plus d’un à l’époque, comme son maître François-Joseph Fétis qui ne tarissait pas d’éloges en sa faveur. En écoutant l’oeuvre, d’aussi grande qualité que Schubert ou d’un jeune Beethoven, on s’imagine comment on aurait pu se développer un talent de cette envergure. L’équipe de Paul Dombrecht s’en donne à coeur joie en faisant ressortir tout le panache et les idées nouvelles du jeune espagnol, que la mort a fauché beaucoup trop tôt. Sa seule symphonie nous paraît alors d’une tragédie encore plus poignante.

Symphonie en ré mineur (extraits)