Bach, J.C. (1735-1782) Concertos pour piano op.1 et op.7 Ingrid Haebler.

Posted in Bach J.C. on 24 novembre 2025 by René François Auclair

6 Concertos op.1 (1763)

6 Concertos op.7 (1770)

Capella Academica Wien (instr.d’époque)

Eduard Melkus, direction.

Enregistré à Vienne entre 1969-1977.

Philips. 1993. 438712-2. 2cds. 2h.28m.

Appréciation: Très Bien****

Concerto op.1 no.6 « God save the King »

Concerto op.7 no.3 en ré majeur

L’autrichienne Ingrid Haebler (1929-2023) fut l’une des premières à jouer ces concertinos sur pianoforte. Sur ce petit hammerklavier, un brin métallique, les notes apparaissent fragiles comme des porcelaines. Ce sont des pièces faciles au charme innocent de l’enfance. Elles pourraient facilement être jouées sur une harpe, tellement elles semblent délicates.

En 1762, Johann Christian Bach arriva à Londres avec un bagage musical plein d’idées nouvelles, fort déjà d’une vingtaine d’opéras italiens! Le Bach de Milan deviendra vite le Bach de Londres. Des confidences de ce dernier au critique musical Charles Burney révèlent que Bach avait, à ce moment, les mains « torturées par les crampes et paralysées à force de tenir la plume ». Son écriture pianistique n’était pas très développée et sa musique pouvait être facilement jouée « par des dames »(sic). Mais qu’importe, pendant près de 20 ans, Bach eu une grande influence sur la vie musicale de Londres, et sur un tout jeune Mozart qui passait par là.

Il y a dans ces concertos une bonne humeur constante, très aristocratique de musique de salon. L’orchestre est réduit à deux parties de violon et basse. Bien que joué sur instruments d’époque, l’ensemble d’Eduard Melkus possède un son un peu vieillot, mais de bon goût. À noter, le dernier mouvement de l’op.1 no.6 qui est nul autre que God save the King traité en variations. Lovely.

Bach, Johann Christian (1735-1782). Sonates opus 5. Bart van Oort, pianoforte.

Posted in Bach J.C. on 23 novembre 2025 by René François Auclair

Six Sonates op.5 (1766)

Pianoforte C.Maene d’après Walter c.1795.

Enregistré à Capuchin Monastery, Velp en 2013.

Brilliant Classics. 2013. 94634. 56m.

Appréciation: Très Bien****

Le peintre Thomas Gainsborough (1727-1788) a immortalisé le visage de Johann Christian Bach vers 1776 à Londres. La ressemblance d’avec son célèbre paternel est frappante. On y décèle un homme plein d’esprit. Au moment du portrait, Bach avait déjà acquis une grande réputation en Angleterre. Il fut au service de la famille royale, auprès de la Reine Charlotte et ses enfants. Ses sonates op.5, composées peu de temps après son arrivée à Londres, sont de petites choses galantes bien agréables, qui se jouaient dans les salons de cette époque. Elles demandent tout de même un bon niveau technique.

Sonata no.3 en Sol majeur Allegro

Sonata no.5 en Mi majeur

Sonata no.6 en Do mineur

Le son croustillant du pianoforte leur conviennent parfaitement, et on ne voit pas comment un piano moderne pourrait leur apporter plus de charme, au contraire. Bart van Oort s’est fait une réputation en enregistrant beaucoup de disques du répertoire classique, dont une intégrale Mozart. Il est l’un des meilleurs pianofortistes qui sait comment injecter la vie et l’expressivité à cet ancêtre du piano. À noter, la 6e sonate, oeuvre étonnante en do mineur. Bach n’a pas oublié l’extraordinaire legs de sa famille. Cette oeuvre est faite de gravité, de polyphonies et d’affects typiques de ses années de formation à Leipzig et Berlin.

Bach, Johann Christian (1735-1782) Missa da Requiem. Rias Kammerchor. Rademann.

Posted in Bach J.C. on 23 novembre 2025 by René François Auclair

Missa da Requiem.

Miserere en Sib majeur.

Akademie für Alte Musik.

Hans-Christoph Rademann, direction.

Enregistré à Jesus-Christus Kirche, Berlin en 2010.

Harmonia Mundi. 2011. 902098. 74m.55s.

Appréciation: Superbe*****

Missa da Requiem (extraits)

Cor mundum/Coro final du Miserere

C’est en 1755 que Jean-Chrétien Bach quitta Berlin pour l’Italie. Il rencontra le Padre Martini à Bologne et, sous sa supervision, a composé le Requiem et le Miserere vers 1757, année de ses 22 ans. Le jeune Bach a fait sensation et s’est ensuite établi à Milan où il composa plusieurs opéras. Pratiquement absentes du catalogue depuis longtemps, ces oeuvres religieuses sont une sacrée surprise. Par ses accents à la fois baroques et galants, cette messe des morts étonne par son originalité. Elle débute dans un climat contemplatif d’une grande beauté, avec un cantus firmus chanté aux basses. Le Dies Iraes et Quantus tremor sont assez dramatiques, dignes du Don Giovanni de Mozart. S’enchaînent ensuite des arias proches de l’opéra italien. Le Miserere est léger et lumineux, dont le magnifique Cor mundum crea, chanté ici par la soprano Lenneke Ruiten, parfaite dans cette pièce qui ne contient pas une once de pénitence! Superbe prise de son.

Bach, Johann Bernhard (1676-1749). Suites Orchestrales. Freiburger Barockorchester.

Posted in Bach J.B. on 22 novembre 2025 by René François Auclair

4 Suites Orchestrales.

Thomas Hengelbrock, direction.

Enregistré à Reformierte Kirche, Arlesheim en 1991.

Virgin Veritas. 1993. 724356148529. 74m.22s.

Appréciation: Très Bien****

Ouverture en sol mineur

Suite no.2 en sol majeur (extraits)

Suite no.4 en ré majeur (extraits)

Dans la généalogie que Jean-Sébastien a rédigé en 1735, il mentionne « Joh.Bernhard Bach, no.18, né à Erfurt Anno 1676. Il vit encore aujourd’hui et est musicien de chambre et organiste à Eisenach, sucesseur de Joh.Christophe Bach no.13 sus-mentionné. » Il est donc…le fils d’un cousin du père de Jean-Sébastien…me suivez-vous? On présume qu’il semblait bien connaître et entretenir ces liens familiaux, éloignés ou proches, de la grande dynastie des Bach. « Tous les membres de la famille avaient l’un pour l’autre le plus vif attachement. Ne pouvant vivre tous ensemble dans une même localité, ils résolurent du moins de se réunir une fois l’an…et durant ses réunions ils chantaient en choeur des cantiques…ou des bouffonneries! » (J.N.Forkel, biographe de Bach.)

La musique des Bach est une affaire de famille depuis longtemps. Ainsi s’est retrouvé les manuscrits de ces quatre Ouvertures de Joh.Bernhard entre les mains du cousin Bach de Leipzig. Celui-ci les a soigneusement copiés en vue d’une exécution, peut-être pour le Café Zimmerman? On sait qu’elles étaient connues et appréciées en leur temps.

De nos jours, elles ont été gravées plus d’une fois sur disque. Johann Bernhard semble avoir eu le don de la mélodie accrocheuse et bien fignolée. Ce sont des musiques élégantes et inspirées, faciles à mémoriser et à siffloter, dans le style de Telemann. L’Orchestre baroque de Fribourg est l’un des premiers à nous avoir fait découvrir les oeuvres de ce cousin méconnu. C’est divertissant et entraînant, et on se plait à imaginer la famille Bach en train de jouer ces morceaux qui venaient tout juste d’arriver du cousin d’Eisenach. Festif.