Bach, CPE (1714-1788) Sonates pour Violon. Amandine Beyer. Edna Stern.

Posted in Bach CPE on 17 novembre 2025 by René François Auclair

3 Sonates wq.76-78.

Sonate h.545 en sol mineur.

Amandine Beyer, violon baroque Pierre Jacquier 1996.

Edna Stern, pianoforte McNulty d’après Walter.

Enregistré au Studio Bohemia, Prague en 2005.

Alpha (Zig-Zag). 2017. Alpha 329. 61m.

Appréciation: Superbe*****

Sonate h.545 en sol mineur (bwv 1020)

Sonate wq.78 Adagio ma non troppo

Sonate wq.76 Allegretto siciliano

Si les sonates pour violon et pianoforte de Bach ne courent pas les rues, elles sont cependant dignes de mention par leur style sensible à mi-chemin entre le baroque et le classicisme. Ces oeuvres sont d’un divertissement agréable, sans plus. Mais quand vous les proposer à des musiciennes de talent comme Amandine Beyer et Edna Stern, là on monte d’un niveau et plus encore! Hyper douées, synchronisées au millième de seconde, elles propulsent ces pièces à l’excellence. C’est particulièrement vif, et en même temps très nuancé et musical. La Sonate H545, autrefois attribuée à JS.Bach pour la flûte, s’émancipe ici avec une vélocité surprenante, de la haute voltige où l’on redécouvre cette pièce sous un nouveau jour. Dans les mouvements lents, Amandine Beyer est d’un raffinement rare, d’une sonorité très fine et sensible. Or, le coeur de ce programme tout Bach se trouve à la Sonate wq.78 en do mineur. Son Adagio ma non troppo, subtilement joué en sourdine par les deux musiciennes, est comme une prémonition de la poésie rêveuse de Schumann. Intériorité, nostalgie. L’Art d’Emmanuel Bach à son meilleur.

Bach, CPE (1714-1788) Symphonies. Academy of Ancient Music. Christopher Hogwood.

Posted in Bach CPE with tags on 16 novembre 2025 by René François Auclair

6 Symphonies pour cordes wq.182 (1773)

Symphonies wq.174 et wq.176.

3 Quartets avec flûte.

Fantasie wq.59 no.6

Enregistré à Rosslyn Hill Chapel, Londres en 1977 (symphonies).

Ingénieur: John Dunkerley.

Decca/Oiseau-Lyre. 1979. 455715-2. 2 cds. 138m.34s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Sinfonia wq.182 no.1 en sol majeur

Sinfonia wq.182 no.2 (extrait)

Sinfonia wq.182 no.3 Allegretto

Après 30 ans au service du roi Frédéric, CPE Bach se retrouva à Hambourg enfin libéré du joug conservateur de son maître. Le baron van Swieten (1733-1803), grand amateur de musique, lui commissionna alors des symphonies l’encourageant expressément à composer comme bon lui plaira, sans tenir compte des difficultés d’exécution. Bach saisit l’occasion. Écrites en 1773, elles restent en marge du style galant de leur temps. Elles sont surprenantes, parfois bizarres, très émotives, à fleur de peau.

Cet enregistrement légendaire fut l’un des premiers à présenter les fameuses symphonies de Hambourg sur instruments d’époque. Christopher Hogwood et son Academy sont parfaits dans le genre. Au sein d’une approche très méthodique, l’ensemble résonne dans une clarté irréprochable. Quand l’album est sorti, on découvrait alors le nouveau monde de CPE Bach dans un genre d’illumination. Depuis ce temps, plusieurs ensembles ont repris ces Sinfonias, et maintenant cet album peut paraître un peu réservé et froid. Mais il garde encore son aspect fascinant du premier coup de coeur. Emmanuel Bach est l’un des compositeurs les plus sensationnels du 18e siècle.

Bach, CPE (1714-1788) Symphonies & Concertos. Arion Baroque. Gary Cooper, direction.

Posted in Bach CPE with tags on 16 novembre 2025 by René François Auclair

Symphonie wq.182 no.3

Symphonie wq.182 no.5

Concerto wq.38 pour clavecin.

Concerto wq.22 pour flûte traversière (Claire Guimond).

Enregistré à St-Augustin de Mirabel, Québec en 2009.

Ingénieur: Anton Kwiatkowski.

Early Music. 2009. EMCCD7771. 69m.36s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Sinfonia wq.182 no.3 en do majeur

Sinfonia wq.182 no.5 en si mineur

Concerto pour flûte wq.22 en ré mineur

Après que Christopher Hogwood eut jeté les bases de l’interprétation à l’ancienne, d’autres ensembles ont emboîté le pas pour jouer les Sinfonias wq.182 de Carl Philipp Emmanuel Bach. Dès lors, elles sont entrées dans le répertoire en plusieurs versions interprétatives. Arion Orchestre Baroque de Montréal a saisit l’occasion de se faire valoir avec ce Bach audacieux, avant-gardiste du style Empfindsamkeit qui a ouvert la voix à l’expression vive des sentiments en musique.

Honnêtement, je crois que c’est le meilleur disque d’Arion, EVER! Tant qu’à jouer Bach, allons-y à fond ! semble s’être dit l’orchestre et son chef invité, le claveciniste britannique Gary Cooper. D’une intensité peu commune, l’ensemble projette un son complet et impressionnant, décoiffant et tumultueux, comme on le souhaite avec ces symphonies délirantes. Et les mouvements lents? Ils sont d’une émotion exacerbée, prenants et même troublants. Le chef a su rallier les musiciens à sa vision très contrastée de cette musique. Seul regret, pourquoi ne pas avoir enregistré les 6 symphonies? Le programme est tout de même complété par un fulgurant concerto pour clavecin et le fameux wq.22 pour flûte, véritable exploit que Mme Claire Guimond relève avec brio. Ma symphonie préférée, la cinquième en si mineur, est ici tout simplement fantastique, renversante. À mon avis, personne n’a su la rendre mieux qu’Arion.

Bach, CPE (1714-1788) Concertos pour clavier. Miklos Spanyi. Concerto Armonico.

Posted in Bach CPE on 16 novembre 2025 by René François Auclair

Concertos wq.15,25 et 32.

Piano tangente G.Potvlieghe d’après Pastori 1799.

Concerto Armonico (instr. d’époque)

Enregistré à King Stephan Conservatory, Budapest en 1996.

BIS Records. 1998. Bis-cd-786. 72m.55s.

Appréciation: Très Bien****

Concerto wq.25 Allegro di molto

Concerto wq.25 Prestissimo

Concerto wq.32 Allegro

Bien qu’Emmanuel Bach a composé plus de 50 concertos pour clavier(!) ils demeurent plutôt marginaux pour le public mélomane. Avouons-le franchement, on lui préfère Haydn ou Mozart et même ceux de son demi-frère Jean-Chrétien. Les concertos de Bach sont transitoires, de forme hybride, mais tout de même très originaux. Miklos Spanyi les a tous enregistrés avec son ensemble de Budapest en 20 volumes de 1995 à 2014 sur toutes sortes d’instruments du temps de Bach: Clavicorde, clavecin, pianoforte, piano à tangente. Les enregistrements furent pour la plupart en première mondiale.

L’interprétation est excellente, mais j’ai toujours été déçu du trop grand écart de sonorité entre le solo et l’orchestre. Cependant, on y trouve des perles ici et là, comme dans ce volume 6, dont le Prestissimo du wq.25 qui est irrésistible. Mais je ne suis pas assez fanatique pour acheter les 19 autres albums!