
Barbara Schlick, soprano. Isolde Assenheimer, alto.
Harry van Berne, ténor. Harry van der Kamp, basse.
Alsfelder Vokalensemble. Steintor Barock Bremen.
Enregistré en 1992 à la Cathédrale de Westlar, Allemagne.
CPO. 1993. 999234-2. 51m53s.
Appréciation: Superbe*****
Introït
Recordare
Domine
Joseph Leopold Eybler est surtout connu aujourd’hui pour avoir travaillé sur la partition incomplète du Requiem de Mozart (1791). Ami des Mozart, c’est à lui que Constance Weber demanda de parachever l’oeuvre de son défunt mari. On sait qu’il ajouta directement ses parties sur le manuscrit autographe. Ensuite, pour une raison inconnue, il abandonna les ébauches. Le tout fut complété par l’élève et assistant Süssmayer, dont on doute aujourd’hui qu’il ait pu, à lui seul, composer les parties manquantes (Sanctus, Benedictus, Agnus Dei).
Eybler était un compositeur très estimé en son temps. Il fut maître de chapelle, composa des oeuvres religieuses, dont ce Requiem en 1803 pour un office en mémoire de Leopold II (1747-1792). Anecdote étrange, trente ans plus tard, il eut une attaque cérébrale pendant qu’il dirigeait le Requiem de Mozart. Il resta paralysé, et mourut 13 ans plus tard à l’âge vénérable de 80 ans.
Son Requiem en do mineur est une oeuvre inspirée qui possède assez d’originalité et de richesse pour qu’elle perdure dans le temps. Encore peu jouée, cette messe serait en concert le complément idéal à celle de Mozart par sa similarité. Écrite pour double choeur et orchestre, elle impressionne autant par ses effets dramatiques que par ses beaux cantilènes. Le style d’écriture se situe entre la période classique et romantique. Il n’y a ici aucune virtuosité opératique, l’oeuvre demeurant pieuse et sincère. « Une tranquillité majestueuse » selon Ernst Herzog dans le livret.
L’interprétation est superbe quoique un peu gênée par la réverbération de l’endroit. La présence de Barbara Schlick et Harry van der Kamp ajoute à la qualité de cette production qui gagne à être connue.


