Eybler, Joseph (1765-1846) Requiem en do mineur. Wolfgang Helbich.

Posted in Eybler on 1 novembre 2024 by René François Auclair

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Barbara Schlick, soprano. Isolde Assenheimer, alto.

Harry van Berne, ténor. Harry van der Kamp, basse.

Alsfelder Vokalensemble. Steintor Barock Bremen.

Enregistré en 1992 à la Cathédrale de Westlar, Allemagne.

CPO. 1993. 999234-2. 51m53s.

Appréciation: Superbe*****

Introït

Recordare

Domine

Joseph Leopold Eybler est surtout connu aujourd’hui pour avoir travaillé sur la partition incomplète du Requiem de Mozart (1791). Ami des Mozart, c’est à lui que Constance Weber demanda de parachever l’oeuvre de son défunt mari. On sait qu’il ajouta directement ses parties sur le manuscrit autographe. Ensuite, pour une raison inconnue, il abandonna les ébauches. Le tout fut complété par l’élève et assistant Süssmayer, dont on doute aujourd’hui qu’il ait pu, à lui seul, composer les parties manquantes (Sanctus, Benedictus, Agnus Dei).

Eybler était un compositeur très estimé en son temps. Il fut maître de chapelle, composa des oeuvres religieuses, dont ce Requiem en 1803 pour un office en mémoire de Leopold II (1747-1792). Anecdote étrange, trente ans plus tard, il eut une attaque cérébrale pendant qu’il dirigeait le Requiem de Mozart. Il resta paralysé, et mourut 13 ans plus tard à l’âge vénérable de 80 ans.

Son Requiem en do mineur est une oeuvre inspirée qui possède assez d’originalité et de richesse pour qu’elle perdure dans le temps. Encore peu jouée, cette messe serait en concert le complément idéal à celle de Mozart par sa similarité. Écrite pour double choeur et orchestre, elle impressionne autant par ses effets dramatiques que par ses beaux cantilènes. Le style d’écriture se situe entre la période classique et romantique. Il n’y a ici aucune virtuosité opératique, l’oeuvre demeurant pieuse et sincère. « Une tranquillité majestueuse » selon Ernst Herzog dans le livret.

L’interprétation est superbe quoique un peu gênée par la réverbération de l’endroit. La présence de Barbara Schlick et Harry van der Kamp ajoute à la qualité de cette production qui gagne à être connue.

Mozart (1756-1791) Requiem k.626 Sigiswald Kuijken.

Posted in Mozart on 30 octobre 2024 by René François Auclair

requiem

Ingrid Schmithüsen, soprano. Catherine Patriasz, alto.

Neil Mackie, ténor. Matthias Hölle, basse.

Nederlands Kamerkoor. La Petite Bande.

Enregistré live à Bruxelles en 1986.

Accent. 1986. ACC68645D. 54m.

Appréciation: Très Bien****

Confutatis

Lacrimosa

Domine Jesu & Hostias

Sigiswald Kuijken (n.1944) fut l’un des premiers à proposer le Requiem vu et corrigé par le mouvement baroque. Le chef et violoniste belge, dans son désir de reconstitution à l’ancienne, a appliqué les nouvelles idées des recherches historiques en ce sens. Masse orchestrale et vocale réduites, instruments d’époque, phrasés et articulation alla barroca, ont donné à l’oeuvre de Mozart une spontanéité nouvelle. Le temps a passé et aujourd’hui ce disque semble avoir perdu quelques auréoles. L’exécution est naturelle, sans faille, mais la sobriété et l’absence d’engagement émotif nous laisse un peu à l’écart. Il reste pourtant des passages fort réussis. Le Lacrimosa, traité comme une lente marche funèbre, demeure encore saisissant. Le choeur épuré, les vocalises prudentes des solistes, les tempos retenus, offrent à ce Requiem une belle intériorité. Une interprétation réfléchie.

Mozart (1756-1791) Requiem k.626. Nikolaus Harnoncourt.

Posted in Mozart with tags on 28 octobre 2024 by René François Auclair

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Rachel Yakar, soprano. Ortrun Wenkel, alto.

Kurt Equiluz, ténor. Robert Holl, basse.

Wiener Staatsopernchor. Concentus Musicus Wien.

Enregistré au Musikverein de Vienne en 1982.

Teldec. 1982. 2292-42911-2. 48m24s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Tuba mirum

Confutatis

Recordare

La vision du chef autrichien a profondément marqué les esprits lorsqu’il s’est attaqué (c’est le cas de le dire!) à cette grande oeuvre de Mozart. Le choc fut intense, détruisant la perception romantique qui s’était installée au courant des décennies ultérieures. Ici, place aux contrastes fulgurants, à la violence et aux cris désespérés d’un pénitent devant la mort, rien de moins! Mais il y a aussi dans cette messe, un apaisement profond, une libération des tourments de la vie. Harnoncourt souligne ces états d’esprit avec un sens du chant vibrant et chaleureux. Les solistes choisis, tous excellents, renforcent cette expérience qui se veut avant tout humaine. De ce lot d’intervenants se détache la voix surnaturelle de Rachel Yakar. Chacune de ses apparitions appelle à l’indéfinissable. Unique et bouleversant.

Mozart (1756-1791) Symphonie no.41 Jupiter. Frans Brüggen.

Posted in Mozart with tags on 25 octobre 2024 by René François Auclair

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Orchestre du 18e siècle (instruments d’époque).

Enregistré live en 1986 à Nijmegen, Pays-Bas.

Ingénieur: Dick van Schuppen.

Phillips. 1986. 420241-2. 40m. (k551) 5m.10s (k621)

Appreciation: Sommet du Parnasse******

Allegro vivace Symphonie no.41 k.551

Frans Brüggen (1934-2014), flûtiste et chef néerlandais, a imposé un style, un nouveau souffle au répertoire dit ancien. Avec lui, on a découvert un nouveau langage musical, très intuitif et créatif. Les phrases musicales sont accentuées, l’orchestre se libérant vers un nouvel élan dynamique. Percutant, flamboyant, l’effet Brüggen est avant tout celui du souffle! La musique de Mozart se gonfle puis se relâche comme un grand poumon. La Jupiter prend des proportions inusitées, s’accapare tout l’espace disponible. Une interprétation incomparable.