Archive pour Les Sommets

Bach, J.S. (1685-1750) Les Motets. Philippe Herreweghe.

Posted in Bach J.S. with tags on 18 mars 2026 by René François Auclair

Motets bwv 225-230.

La Chapelle Royale, Choeur et Orchestre.

Collegium Vocale Gent.

Enregistré à Gent en 1986.

HM. 1986. 901231. 66m46s

Appréciation: Sommet du Parnasse******

L’éloquence des lignes vocales et le soin méticuleux apporté à la clarté polyphonique sont les points forts de cette interprétation des Motets de Bach. Jusque là, la direction des choeurs traditionnels n’avait jamais atteint cette pureté musicale. Herreweghe a apporté à la musique vocale de Bach une luminosité nouvelle. Dès lors, le texte sacré est révélé par la rhétorique sublime des mots et leur signification profonde. Un des grands moments de cet album est le motet Jesus meine Freunde que le chef belge a réduit à 5 voix solistes. Moment de grâce. Gute nacht, gute nacht…

Singet dem Herrn bwv 225 pour double choeur

Der Geist hilft bwv 226 pour double choeur

Jesu meine Freude bwv 227 à 5 voix (extrait)

Bach, J.S. (1685-1750) La Messe en Si mineur. Gustav Leonhardt.

Posted in Bach J.S. with tags on 17 mars 2026 by René François Auclair

Messe en Si mineur bwv 232.

Isabelle Poulenard, Guillemette Laurens, sopranos.

René Jacobs, alto. John Elwes, ténor.

Max van Egmond, Harry van der Kamp, basses.

Collegium Musicum Nederlandse.

La Petite Bande. Gustav Leonhardt, direction.

Enregistré à Doopsgezinde Kerk, Pays-Bas en 1985.

HM. 1990. 77040-2RG. 2cds. 111m28s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Credo in unum Deum

Et in unum Dominum (Isabelle Poulenard/René Jacobs)

Confiteor/Et Expecto resurrectionem

Gustav Leonhardt (1928-2012). Ce seul nom est garant de la redécouverte de tout le répertoire ancien. Après avoir travaillé une quinzaine d’années sur les cantates de Bach, le chef néerlandais s’est joint à la Petite Bande de Sigiswald Kuijken, auquel s’ajoute un superbe choeur mixte ainsi que des solistes rompus au style baroque. Leonhardt suggère plus qu’il ne dirige. Il écoute, ne s’impose pas, et agit plutôt comme un révélateur. Sa grande connaissance et son expérience sont au service du texte religieux. La lecture est transparente révélant toute la beauté savante et polyphonique de l’oeuvre. Au-delà des passions, l’indéfinissable et le mystère apparaissent au fil de l’écoute. Fascinant.

Bach, J.S. (1685-1750) Les Suites Françaises. Peter Hill, piano.

Posted in Bach J.S. with tags on 14 mars 2026 by René François Auclair

Six Suites bwv 812-817.

Mozart K.399 et K.574.

Piano Steinway Model D.

Enregistré à University Cardiff en 2015.

Delphian Records. 2015. DCD34166. 2cds. 114m16s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Suite no.2 en Do mineur

Suite no.4 en Mib majeur

Suite no.5 en Sol majeur (extraits)

Le jeu du britannique Peter Hill est d’une grande douceur. Il y a cette réserve, cette sobriété du toucher. L’ivoire semble à peine effleuré, d’une infime sensibilité. L’instrument s’épanouit en délicatesse, offrant à la musique de Bach une intimité profonde. On imagine alors Bach sur son petit clavicorde chez lui, alors que toute la maisonnée est endormie. Une chandelle est allumée tout près de l’instrument. La musique lui permet de s’évader un peu, le temps d’oublier ses tracas quotidiens. Bach était comme nous. La solitude vaut parfois de l’or. Cet album est l’exemple parfait du « moins c’est mieux ». Sublime.

Bach, J.S. (1685-1750) Les Suites Anglaises. Andrea Bacchetti, piano.

Posted in Bach J.S. with tags on 13 mars 2026 by René François Auclair

Six Suites Anglaises bwv 806-811.

Enregistré à Fazioli Concert Hall en 2005.

Decca. 2005. 476 3127. 2cds. 143m13s

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Les Suites Anglaises sont des oeuvres que Bach a composées vers 1720. Différentes de la légèreté des Françaises, il a élaboré une musique plus dense et d’une gravité musicale prenante. Chaque suite débute par un Prélude assez imposant et souvent dans la forme du concerto. À l’écoute, elles sont parfois très noires. Est-ce l’une des raisons qui explique leur relative présence au disque? Les Anglaises ne sont certes pas l’oeuvre la plus populaire chez Bach. Pourtant, il y a bien sûr des moments de pur génie.

Suite no.3 en Sol mineur (extraits)

Suite no.5 en mi mineur (Prélude)

Suite no.6 en ré mineur (extraits)

Au piano, pas facile de trouver une version idéale. Il y a d’excellents pianistes qui ont abordé l’intégrale des suites. À commencer par l’iconoclaste Glenn Gould et son jeu extrêmement mécanique qui fini vite par lasser. Pourtant, il garde encore un réseau inconditionnel de fans acharnés! Chacun ses goûts. Pour ma part: NON. Le claveciniste Scott Ross s’était vertement opposé à lui: « Il n’a absolument rien compris. Rien du tout. » Avec le temps, les pianistes ont délié Bach de la motricité insensée de Gould. On pense ici à Zhu Xiao Mei, éminente perfectionniste de Bach. Sur le label Accentus, elle a livré récemment une excellente intégrale. Elle va très loin dans son analyse, décortique chaque voix, articule et nuance chaque passage. On loue sa dextérité fabuleuse, sa façon concise et concentrée de tout expliquer. On lui donne un 10/10 sans réserve. Mais…

…il y a aussi Andrea Bacchetti. En l’écoutant, j’ai perçu avant tout sa force tranquille. Il a su maintenir la musique de Bach sur un dynamisme modéré, et de ce fait, en libère pleinement toute la richesse interne du piano. Certes, il n’atteindra probablement jamais la technicité de Mei ou la concentration inhumaine d’un Gould. Et alors? Le jeu de Bacchetti repose sur le chant, la globalité des phrases plutôt que les détails. Son approche est réfléchie, d’un toucher souvent éclatant, parfois subtil, et faite d’ornements fort bien dessinés. En modérant les tempi, il a réussi à installer paisiblement la musique en soi. Pourquoi se précipiter avec Bach? L’expression prend parfois bien son temps. Le musicien italien semble avoir saisi tout ce qui en fait la force. Chaudement recommandé. (l’album est disponible en fichiers numériques seulement).

Prélude no.3 par Glenn Gould

Prélude no.3 par Zhu Xiao Mei