
Concerto pour cordes (1948)
Symphonie pour cordes (1946)
Piano Quintet no.1 (1952/arr.2013)
Mariusz Smolij, direction.
Enregistré à Bydogoszc, Pologne en 2013.
Naxos. 2014. 8.573229. 65m.11s. Appréciation: Superbe*****
Grazyna Bacewicz est l’un des esprits les plus distinctifs de la musique du 20e siècle, rien de moins. À son époque on reconnaissait sans ambiguïté son talent extraordinaire. Sa musique est forte, virile, et d’une implacable logique. On pourrait la comparer aux pairs de son temps, à son compatriote polonais Szymanowski, puis Bartok ou à Shostakovich par exemple. Mais mettons les comparaisons de côté. Il suffit de lancer le disque pour se faire capter par la vivacité de ses idées originales. « S’il n’y a pas de structure, qu’importe le style, tout va s’écrouler » disait elle. Elle refusait toutes formes d’étiquettes à son oeuvre, étant constamment ouverte aux changements durant sa carrière.
Sa musique est palpitante grâce notamment à ses formes très précises. L’audace du modernisme est bien présent, mais reste encore très enraciné dans un genre de néo-classicisme fulgurant. L’aspect minéral et robuste de ses créations n’en contiennent pas moins des passages tout à fait ludiques. Son puissant Concerto pour Orchestre à cordes demeure une de ses oeuvres les plus connues. D’emblée très bachienne, on perçoit dans son écriture des traits d’archets syncopés proche du folklore polonais. Elle même excellente violoniste, elle utilise tout l’arsenal des techniques propres à celui-ci pour en diversifier son langage. Bacewicz, d’une certaine façon, reprend les formes d’antan et les catapulte au 20e siècle. Interprétation engageante de la Capella Bygostientis. Excellente prise de son. À découvrir.