Archive for the Bach CPE Category

Bach, CPE (1714-1788) Concertos pour clavier. Miklos Spanyi. Concerto Armonico.

Posted in Bach CPE on 16 novembre 2025 by René François Auclair

Concertos wq.15,25 et 32.

Piano tangente G.Potvlieghe d’après Pastori 1799.

Concerto Armonico (instr. d’époque)

Enregistré à King Stephan Conservatory, Budapest en 1996.

BIS Records. 1998. Bis-cd-786. 72m.55s.

Appréciation: Très Bien****

Concerto wq.25 Allegro di molto

Concerto wq.25 Prestissimo

Concerto wq.32 Allegro

Bien qu’Emmanuel Bach a composé plus de 50 concertos pour clavier(!) ils demeurent plutôt marginaux pour le public mélomane. Avouons-le franchement, on lui préfère Haydn ou Mozart et même ceux de son demi-frère Jean-Chrétien. Les concertos de Bach sont transitoires, de forme hybride, mais tout de même très originaux. Miklos Spanyi les a tous enregistrés avec son ensemble de Budapest en 20 volumes de 1995 à 2014 sur toutes sortes d’instruments du temps de Bach: Clavicorde, clavecin, pianoforte, piano à tangente. Les enregistrements furent pour la plupart en première mondiale.

L’interprétation est excellente, mais j’ai toujours été déçu du trop grand écart de sonorité entre le solo et l’orchestre. Cependant, on y trouve des perles ici et là, comme dans ce volume 6, dont le Prestissimo du wq.25 qui est irrésistible. Mais je ne suis pas assez fanatique pour acheter les 19 autres albums!

Bach, CPE (1714-1788) Für Kenner und Liebhaber. Pièces pour clavier. Pieter-Jan Belder.

Posted in Bach CPE on 16 novembre 2025 by René François Auclair

Sonates, Rondos et Fantaisies.

Pieter-Jan Belder, pianoforte G.Kobald d’après Walter.

Clavicorde G.Karman d’après Friederici.

Enregistré à Chapel Kapucijner, Velp en 2012-2013.

Brilliant Classics. 2013. 94486. 5 cds.

Appréciation: Très Bien****

Sonate wq.55 no.4 en la majeur

Sonate wq.55 no.2 Allegro assai (clavicorde)

Sonate wq.55 no.3 Cantabile

Emmanuel Bach a publié six groupes de pièces entre 1779 et 1787 pour Connaisseurs et Amateurs. Le premier recueil s’était vendu comme « des petits gâteaux chauds », ce qui décida Bach d’en créer d’autres jusqu’à la fin de sa vie. Les pièces du Bach de Hambourg furent connues par beaucoup de compositeurs: Haydn, Mozart, Beethoven, Mendelssohn et même Brahms les jouaient. La renommée d’Emmanuel fut telle, qu’elle dépassa largement celle de son illustre père.

L’art étrange de Bach fourmillent d’idées capricieuses. Encore aujourd’hui, peu de musiciens les mettent à leur programme. Pourtant, elles sont souvent pétillantes, pleine de verve. Bach a le sens de la conversation et diable qu’il a des choses à dire! J’imagine un personnage délirant qui parle vite, s’arrête au milieu du discours, se questionne, frappe la table et se remet à gesticuler dans tous les sens! C’est complètement dingue. Par ailleurs, ses adagios sont flottants, fantomatiques ou même désespérants. Mais au final, Bach se reprend toujours dans ses cocasseries virtuoses, libre de faire ce qu’il lui plait.

Pieter-Jan Belder, infatigable musicien, se délecte de ses pièces au pianoforte et au clavicorde. Ce dernier était le préféré de Bach. Il y un contact direct avec sa musique, très intime. Cependant, on préfère l’éclat du pianoforte. Sur un piano moderne? Non, trop lisse et trop parfait pour jouer cette musique qui crépite comme le feu.

Bach, CPE (1714-1788) Concertos pour flûte. Alexis Kossenko. Arte dei Suonatori.

Posted in Bach CPE on 14 novembre 2025 by René François Auclair

Concertos wq.166 à 169.

Concerto wq.13 en ré majeur

Concerto wq.22 en ré mineur

Alexis Kossenko, flûte traversière J.J.Melzer à 2 clés d’après Quantz, ca 1745.

Enregistré en 2005 et 2008 au Séminaire Goscikowo-Paradys, Pologne.

Alpha. 2006-2009. Alpha 093 et 146.134m.

Appréciation: Superbe*****

Concerto wq.22 en ré mineur

Concerto wq.166 Andante

Concerto wq.168 Allegro

« Vous faites erreur en croyant que le roi aime la musique…il n’aime que sa flûte! » Ainsi s’exprimait CPE Bach à propos du roi flûtiste Frédéric le Grand. Cette déclaration teintée d’animosité n’est qu’une pointe des déceptions que Bach a endurées pendant près de 30 ans à la cour royale de Berlin.

De loin, Frédéric préférait son professeur de flûte et compositeur J.J.Quantz, d’un salaire sept fois supérieur à celui de Bach. On peut supposer que, frustré de sa situation, Bach ne s’est pas gêné pour transmettre ses états d’âme à contre-courant des goûts du souverain. Artiste indépendant et original, il a fait fi des démoniaques traits de virtuosité de ses concertos pour flûte. Ces oeuvres redoutables donnent au traverso des couleurs vives, loin des visions douces et pastorales associées à l’instrument. Néanmoins, il reste limité dans son registre expressif. Seulement son timbre particulier souligne à merveille la sombre mélancolie que Bach affectionne dans ses adagios. Le violoncelle conviendra mieux aux abrupts changements d’humeur du compositeur, qui lui donnera trois versions réussies des mêmes concertos.

Alexis Kossenko et son ensemble polonais souligne efficacement l’aspect tempétueux de cette musique où Bach s’est fortement démarqué de ses contemporains. On applaudit la virtuosité sans égale du soliste dans l’extraordinaire wq.22 en ré mineur, parfait exemple du Sturm und Drang, rageur et impétueux. Son dernier mouvement est d’une intensité diabolique!

Bach, CPE (1714-1788) Concertos pour violoncelle. Hidemi Suzuki.

Posted in Bach CPE with tags on 14 novembre 2025 by René François Auclair

Concertos wq.170-172. (vers 1750).

Hidemi Suzuki, violoncelle Visser d’après H.Jacobs.

Bach Collegium Japan.

Enregistré à Kobe Shoin University, Japon en 1996.

Bis Records. 1996. Bis-Cd-807. 67m.33s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Concerto wq.172 en La majeur

Les trois concertos pour violoncelle sont parmi les oeuvres les plus populaires chez Emmanuel Bach. Depuis le renouveau baroque, elles n’ont cessé d’apparaître au catalogue. Bien sûr, Anner Bylsma (1934-2019) fut l’un de ces interprètes fabuleux qui les ont remisent à jour. Hidemi Suzuki, grâce à une bourse du Japon, pu se rendre en Hollande pour parfaire son jeu auprès de Bylsma. Le jeu de Monsieur Suzuki (qui est le frère du chef et claveciniste Masaaki) est d’une perfection technique infaillible. Combiné à l’acoustique éthérée de l’ensemble japonais, on est en présence d’une réussite exemplaire dans le genre. La musique de Bach, est pour ainsi dire, libérée de la gravité terrestre!