Bach, Johann Bernhard (1676-1749). Suites Orchestrales. Freiburger Barockorchester.

Posted in Bach J.B. on 22 novembre 2025 by René François Auclair

4 Suites Orchestrales.

Thomas Hengelbrock, direction.

Enregistré à Reformierte Kirche, Arlesheim en 1991.

Virgin Veritas. 1993. 724356148529. 74m.22s.

Appréciation: Très Bien****

Ouverture en sol mineur

Suite no.2 en sol majeur (extraits)

Suite no.4 en ré majeur (extraits)

Dans la généalogie que Jean-Sébastien a rédigé en 1735, il mentionne « Joh.Bernhard Bach, no.18, né à Erfurt Anno 1676. Il vit encore aujourd’hui et est musicien de chambre et organiste à Eisenach, sucesseur de Joh.Christophe Bach no.13 sus-mentionné. » Il est donc…le fils d’un cousin du père de Jean-Sébastien…me suivez-vous? On présume qu’il semblait bien connaître et entretenir ces liens familiaux, éloignés ou proches, de la grande dynastie des Bach. « Tous les membres de la famille avaient l’un pour l’autre le plus vif attachement. Ne pouvant vivre tous ensemble dans une même localité, ils résolurent du moins de se réunir une fois l’an…et durant ses réunions ils chantaient en choeur des cantiques…ou des bouffonneries! » (J.N.Forkel, biographe de Bach.)

La musique des Bach est une affaire de famille depuis longtemps. Ainsi s’est retrouvé les manuscrits de ces quatre Ouvertures de Joh.Bernhard entre les mains du cousin Bach de Leipzig. Celui-ci les a soigneusement copiés en vue d’une exécution, peut-être pour le Café Zimmerman? On sait qu’elles étaient connues et appréciées en leur temps.

De nos jours, elles ont été gravées plus d’une fois sur disque. Johann Bernhard semble avoir eu le don de la mélodie accrocheuse et bien fignolée. Ce sont des musiques élégantes et inspirées, faciles à mémoriser et à siffloter, dans le style de Telemann. L’Orchestre baroque de Fribourg est l’un des premiers à nous avoir fait découvrir les oeuvres de ce cousin méconnu. C’est divertissant et entraînant, et on se plait à imaginer la famille Bach en train de jouer ces morceaux qui venaient tout juste d’arriver du cousin d’Eisenach. Festif.

Bach, CPE (1714-1788) Les Ultimes Souffrances du Sauveur. La Petite Bande. Sigiswald Kuijken.

Posted in Bach CPE with tags on 21 novembre 2025 by René François Auclair

Die Letzen Leiden des Erlösers (1770).

Barbara Schlick et Greta de Reyghere, sopranos.

Catherine Patriasz, alto.

Christophe Prégardien, ténor. Max van Egmond, basse.

Collegium Vocale Gent. La Petite Bande.

Enregistré à Doopsgezinde Gemeende en 1986.

Harmonia Mundi. 1990. 77042-2-RG. 2 cds. 120m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Récitatif et Choeur d’entrée

Duetto/Soprani Muster der Geduld (extrait)

Choral Heiliger Schöpfer et Coro Lasset uns aufsehen 

Coro Preiset ihn! (extrait)

L’oeuvre vocale de CPE Bach n’a pas eu autant de popularité que celle de JS Bach ou Handel par exemple. Mis à part son brillant Magnificat, le reste de son oeuvre dédié au sacré demeure moins connu. Bien entendu, Les Ultimes Souffrances du Sauveur, n’est certes pas un titre pour attirer les foules. Mais je crois que c’est son chef-d’oeuvre le plus personnel, tous genres confondus. Il se rapproche le plus de l’Esprit de la grande Passion St-Matthieu de son paternel. Quatre décennies séparent les deux oeuvres. Tandis que Jean-Sébastien demeure le maître de la polyphonie, Carl Philipp est devenu le maître de la sensibilité. Sa musique laisse tomber les grandes architectures au profit de formes moins complexes pour se concentrer avant tout sur l’affect.

Les textes, écrits par la poète Anna Louisa Karsch (1722-1791) suivent les dernières heures du Christ en décrivant surtout les pensées et les sentiments des différents témoins de la Passion. Bach a trouvé ici le terroir idéal pour émanciper sa musique si particulière. Des ténèbres à la lumière, une oeuvre saisissante servie par des interprètes inoubliables. Sommet de l’empfindsamkeit.

Bach, CPE (1714-1788) Magnificat. L’Arpa Festante. Fritz Näf.

Posted in Bach CPE on 20 novembre 2025 by René François Auclair

Magnificat (1749)

Cantate de Noël Die Himmel (1773)

Monika Mauch, soprano. Matthias Rexroth, alto.

Hans Jörg Mammel, ténor. Gotthold Schwarz, basse.

Enregistré à Église Réformée Arlesheim en 2008.

Carus. 2008. 83.412. 62m.37s.

Appréciation: Superbe*****

Quia respexit pour soprano

Et misericordia (solo et choeur)

Suscepit Israel pour alto

Emmanuel Bach considérait cette oeuvre comme l’une de ses meilleures. En 1786, à l’occasion d’un concert bénéfice à Hambourg, il la dirigea à nouveau. Les raisons de sa composition en 1749 demeurent un peu vague, mais on croit qu’elle a servi à postuler comme Cantor de Leipzig dans le but de remplacer son père. Ce ne fut pas le cas, car Bach demeura à la cour de Berlin jusqu’en 1767, mais remplaça finalement son parrain, le grand Telemann à Hambourg. Le Magnificat est une oeuvre brillante, une grande composition qui requière de très bons solistes et un choeur imposant. Comme extraits, j’ai choisi les airs les plus expressifs. Emmanuel Bach, à 35 ans, était déjà au sommet de son art, celui d’émouvoir et de tirer quelques larmes au passage. La soprano Monika Mauch est magnifique.

Bach, CPE (1714-1788) Quartets pour flûte, alto, violoncelle et pianoforte.

Posted in Bach CPE on 19 novembre 2025 by René François Auclair

Quartet wq.93 en la mineur.

Quartet wq.94 en ré majeur.

Quartet wq.95 en sol majeur.

Fantasie wq.59 no.6 pour pianoforte.

Nicholas McGegan, flûte traversière George Astor, c.1790.

Catherine Mackintosh, violon alto Thompson c.1750.

Anthony Pleeth, violoncelle Rubio d’après Gagliano.

Christopher Hogwood, pianoforte Heilmann c.1770.

Enregistré à Bethersden, Kent en 1976.

Oiseau-Lyre/Decca. 1979. (même album que les Symphonies)

Appréciation: Superbe*****

Quartet wq.95 en sol majeur

Quartet wq.93 Andantino

Quartet wq.94 Allegretto

Christopher Hogwood et son équipe de baroqueux de Londres ont piqué au vif notre curiosité en présentant ces oeuvres à la fin des années 70. Ces Quartets hybrides et inclassables sont tout à fait typiques du génie original du Bach de Hambourg. Emmanuel, dont la seule influence provenait de son père, a forgé à lui tout seul son style particulier. Il est demeuré au nord de l’Allemagne, très loin des galanteries italiennes qui faisaient fureur à l’époque. Ces Quartets, écrits à la fin de sa vie, sont de petites friandises pleine de surprises, auxquelles le vieux maître a ajouté quelques pointes d’amertume, bien sûr. Style sensible oblige!