Bach, J.S. (1685-1750) Clavier bien Tempéré et Petits Préludes. Kenneth Gilbert.

Posted in Bach J.S. on 23 février 2026 by René François Auclair

Clavier Bien Tempéré Livre I et II (1722 et 1742)

Clavecin Couchet (1671) restauré par Blanchet/Taskin.

Diapason La: 392hz

Accords et tempéraments: Davitt Moroney

Enregistré au Musée de Chartres en 1983.

Archiv Produktion. 1984. 413 439-2. 4cds.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Préludes et Fugues no.1 à 3 Livre I

Préludes et Fugues no.1 à 3 Livre II

Kenneth Gilbert (1931-2020) a marqué l’histoire interprétative de la musique ancienne au clavecin. Il a redonné une place de choix à ces vieux instruments de musée. C’est grâce à lui et autres pionniers musiciens (Kirkpatrick, Leonhardt, Curtis…) mais également aux artisans-facteurs d’instruments que l’on a redécouvert le clavecin en bonne et due forme. Ses enregistrements consacrés à Bach avec Archiv au début des années 80 demeurent des références. Gilbert fut reconnu comme un grand pédagogue. Homme discret, il a eu pourtant une influence décisive sur beaucoup de musiciens.

Quarante-huit préludes et fugues en deux volumes, écrits à vingt ans d’intervalle, dans tous les tons majeurs et mineurs. C’est le grand chef-d’oeuvre de Bach pour le clavier. Un recueil mythique qui a influencé tant de pianistes et de compositeurs dans l’histoire de la musique. Mais c’est d’abord au clavecin que tout cela a commencé. L’instrument Jan Couchet d’Anvers de 1671 est magnifique. Il a d’ailleurs fait partie de la collection de Kenneth Gilbert. La clarté des voix est étincelante, le phrasé généreux. Aucune virtuosité frénétique dans le jeu du claveciniste canadien. C’est l’assurance et la noblesse d’âme au service du Cantor. La musicalité s’y déploie comme sous une voûte étoilée. La quintessence du clavecin. Essentiel.

 

Petits Préludes pour Wilhelm Friedmann Bach (1720)

Préludes et fugues diverses, Fantasia…

Clavecin Couchet 1671.

Enregistré au Musée du Cloître, Chartres en 1984.

Archiv Produktion. 1986. 447 278-2. 60m.38s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Sept Préludes bwv 933-939

Les petits préludes que Bach a écrit pour son fils aîné Wilhelm Friedmann sont de véritables bijoux. Joués sur un authentique clavecin Couchet de 1671, Kenneth Gilbert impose un phrasé régulier et rassurant à ces petits chefs-d’œuvre. Son style de jeu est soutenu de pulsations paisibles, réglé comme une horloge, mais d’une élégance somptueuse. L’instrument dégage une sonorité cristalline et aérienne, jamais agressive. À l’heure où le clavecin est souvent remplacé par le piano moderne, ce disque admirable fait figure d’exception. Élémentaire mais essentiel.

 

 

 

 

 

Bach, J.S. (1685-1750) Les Partitas. Scott Ross, clavecin.

Posted in Bach J.S. with tags on 21 février 2026 by René François Auclair

Six Partitas bwv 825-830.

Enregistré au Temple Sommières en 1988.

Erato. 1989. 3984-28167-2. 2cds. 145m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Né à Pittsburg, Scott Ross s’installa en France dès 1964. C’est là qu’il étudia l’histoire et la facture des clavecins. Il devint une sommité dans le domaine. Cet infatigable musicien fut le premier à graver les 555 sonates de Scarlatti dans un marathon de plus d’un an qu’il compléta en 1985. Par la suite il entreprit de tout enregistrer Bach, mais fut malheureusement emporté par la maladie à l’âge de 38 ans.

Les Partitas de Bach, qu’il a gravées un an avant sa mort, sont vues comme un inestimable testament dans le genre. La Revue Diapason parlait alors d’une illumination. Son jeu tout en souplesse, ses phrasés soutenus et calmes forcent l’admiration. La musique de Bach est présentée avec ce sens éclairé du détail rythmique qui agrémente le discours. La clarté, le scintillement des notes et la sensibilité précieuse de son interprétation transfigurent ses chefs-d’oeuvre dans une aura indéfinissable. Scott Ross, le maître de la lumière.

Partita no.1 bwv 825 en Sib majeur

Partita no.4 bwv 828 en Ré majeur (Allemande)

Partita no.6 bwv 830 en Mi mineur (Toccata)

Bach, J.S. (1685-1750) Suites Françaises et Anglaises. Toccatas. Blandine Rannou.

Posted in Bach J.S. with tags on 19 février 2026 by René François Auclair

Suites Françaises bwv 812-817

Suites Anglaises bwv 806-811

Toccatas bwv 910-916

Clavecin A.Sidey d’après Ruckers-Hemsch (1636-1763)

Enregistré entre 2001-2005 à Paris et Bruxelles.

Zig-Zag/Outhere.2011.ZZT111002. 5cds. 5h25m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Suite Française no.3 en Si mineur

Suite Anglaise no.4 en Fa majeur

Toccata bwv 911 en Do mineur (Fugue)

Le clavecin, on l’aime ou pas du tout. Il peut parfois être astringent, grinçant pour les oreilles. Peu fréquent des salles de concert, il garde encore la réputation d’être peu expressif ou de servir de décorations dans un musée. C’est pourtant sur ce médium à cordes pincées que Bach a composé ses plus admirables pièces pour clavier, mis à part son oeuvre pour orgue.

Primo, le choix de l’instrument est primordial, ses résonnances internes, son éclat lumineux. La prise de son est cruciale: il faut trouver le juste milieu pour le permettre de s’exprimer élégamment, sans agressivité. Le jeu de l’interprète est encore plus important. Il faut éviter la raideur mécanique, la verticalité et la rapidité d’une machine à écrire. Du gigantisme de Wanda Landowska jusqu’à la subtilité d’une Blandine Rannou, il y a eu une longue évolution. L’instrument a gagné en grâce. De nos jours, sa place est essentielle pour comprendre la musique des Bach, Couperin, Scarlatti ou Rameau.

Bach exige beaucoup, mais donne beaucoup en retour. Blandine Rannou est ici fabuleuse. Richesse sonore, pulsation souple, intériorisation prenante, elle joue autant sur la beauté que du drame bouleversant. On est doucement bercé ou aspiré dans un vortex puissant. Allemandes et Sarabandes sont particulièrement allongées, méditatives et mélancoliques à souhait. Le mouvement, l’être, l’esprit et l’âme, qu’importe comment cela se nomme, l’anima de la musique de Bach est entière. L’apothéose du clavecin.

Bach, J.S. (1685-1750) Oeuvres pour le luth. Evangelina Mascardi.

Posted in Bach J.S. with tags on 16 février 2026 by René François Auclair

Suites bwv 995-997

Partita bwv 1006a

Prélude/Fugue/Allegro bwv 998

Prélude bwv 999

Fugue bwv 1000

Luths baroques de 13 et 14 jeux par Cezar Mateus.

Enregistré à Montis Regalis Academy, Mondovi en 2020-2021.

Arcana. 2022. A529. 2 cds. 110m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Suite bwv 997 en do mineur

À son décès, un inventaire des biens de Bach fut documenté. En plus d’une belle collection de livres, un grand et petit pot de café et divers objets domestiques, une liste assez longue d’instruments fut dressée. Bach possédait 7 clavecins, dont deux luth-clavecins et un luth, dont personne ne doute qu’il savait très bien en jouer. Mais la plupart des oeuvres du catalogue bwv, que l’on croyait dédiées au luth, sont en fait écrites pour le luth-clavecin, instrument à clavier à cordes de boyaux dont la sonorité fragile rappelle le luth. Par ailleurs certains des amis luthistes de Bach, dont le célèbre Sylvius Leopold Weiss, avaient la maîtrise nécessaire pour exécuter ces oeuvres techniquement très difficiles, considérées à l’époque comme injouables au luth.

D’origine brésilienne, Evangelina Mascardi s’est imposée comme l’une des meilleures luthistes à ce jour. On l’a vu récemment sur les médias sociaux dans quelques vidéos où l’on a apprit à la connaître. Elle interprète la musique de Bach avec beaucoup de sensibilité. Son visage semble parfois communiquer toute la douleur inhérente à cet instrument dont Bach a parfois utilisé le caractère funèbre dans son oeuvre sacrée. On aime l’aspect coulant de son jeu, la délicatesse des ornements, la modération des tempos qui révèlent subtilement les danses. La splendide Suite bwv 997, oeuvre de la maturité, trouve en Mme Mascardi une interprète idéale. Une réussite exemplaire.