Bach, Johann Christian (1735-1782). Sonates opus 5. Bart van Oort, pianoforte.

Posted in Bach J.C. on 23 novembre 2025 by René François Auclair

Six Sonates op.5 (1766)

Pianoforte C.Maene d’après Walter c.1795.

Enregistré à Capuchin Monastery, Velp en 2013.

Brilliant Classics. 2013. 94634. 56m.

Appréciation: Très Bien****

Le peintre Thomas Gainsborough (1727-1788) a immortalisé le visage de Johann Christian Bach vers 1776 à Londres. La ressemblance d’avec son célèbre paternel est frappante. On y décèle un homme plein d’esprit. Au moment du portrait, Bach avait déjà acquis une grande réputation en Angleterre. Il fut au service de la famille royale, auprès de la Reine Charlotte et ses enfants. Ses sonates op.5, composées peu de temps après son arrivée à Londres, sont de petites choses galantes bien agréables, qui se jouaient dans les salons de cette époque. Elles demandent tout de même un bon niveau technique.

Sonata no.3 en Sol majeur Allegro

Sonata no.5 en Mi majeur

Sonata no.6 en Do mineur

Le son croustillant du pianoforte leur conviennent parfaitement, et on ne voit pas comment un piano moderne pourrait leur apporter plus de charme, au contraire. Bart van Oort s’est fait une réputation en enregistrant beaucoup de disques du répertoire classique, dont une intégrale Mozart. Il est l’un des meilleurs pianofortistes qui sait comment injecter la vie et l’expressivité à cet ancêtre du piano. À noter, la 6e sonate, oeuvre étonnante en do mineur. Bach n’a pas oublié l’extraordinaire legs de sa famille. Cette oeuvre est faite de gravité, de polyphonies et d’affects typiques de ses années de formation à Leipzig et Berlin.

Bach, Johann Christian (1735-1782) Missa da Requiem. Rias Kammerchor. Rademann.

Posted in Bach J.C. on 23 novembre 2025 by René François Auclair

Missa da Requiem.

Miserere en Sib majeur.

Akademie für Alte Musik.

Hans-Christoph Rademann, direction.

Enregistré à Jesus-Christus Kirche, Berlin en 2010.

Harmonia Mundi. 2011. 902098. 74m.55s.

Appréciation: Superbe*****

Missa da Requiem (extraits)

Cor mundum/Coro final du Miserere

C’est en 1755 que Jean-Chrétien Bach quitta Berlin pour l’Italie. Il rencontra le Padre Martini à Bologne et, sous sa supervision, a composé le Requiem et le Miserere vers 1757, année de ses 22 ans. Le jeune Bach a fait sensation et s’est ensuite établi à Milan où il composa plusieurs opéras. Pratiquement absentes du catalogue depuis longtemps, ces oeuvres religieuses sont une sacrée surprise. Par ses accents à la fois baroques et galants, cette messe des morts étonne par son originalité. Elle débute dans un climat contemplatif d’une grande beauté, avec un cantus firmus chanté aux basses. Le Dies Iraes et Quantus tremor sont assez dramatiques, dignes du Don Giovanni de Mozart. S’enchaînent ensuite des arias proches de l’opéra italien. Le Miserere est léger et lumineux, dont le magnifique Cor mundum crea, chanté ici par la soprano Lenneke Ruiten, parfaite dans cette pièce qui ne contient pas une once de pénitence! Superbe prise de son.

Bach, Johann Bernhard (1676-1749). Suites Orchestrales. Freiburger Barockorchester.

Posted in Bach J.B. on 22 novembre 2025 by René François Auclair

4 Suites Orchestrales.

Thomas Hengelbrock, direction.

Enregistré à Reformierte Kirche, Arlesheim en 1991.

Virgin Veritas. 1993. 724356148529. 74m.22s.

Appréciation: Très Bien****

Ouverture en sol mineur

Suite no.2 en sol majeur (extraits)

Suite no.4 en ré majeur (extraits)

Dans la généalogie que Jean-Sébastien a rédigé en 1735, il mentionne « Joh.Bernhard Bach, no.18, né à Erfurt Anno 1676. Il vit encore aujourd’hui et est musicien de chambre et organiste à Eisenach, sucesseur de Joh.Christophe Bach no.13 sus-mentionné. » Il est donc…le fils d’un cousin du père de Jean-Sébastien…me suivez-vous? On présume qu’il semblait bien connaître et entretenir ces liens familiaux, éloignés ou proches, de la grande dynastie des Bach. « Tous les membres de la famille avaient l’un pour l’autre le plus vif attachement. Ne pouvant vivre tous ensemble dans une même localité, ils résolurent du moins de se réunir une fois l’an…et durant ses réunions ils chantaient en choeur des cantiques…ou des bouffonneries! » (J.N.Forkel, biographe de Bach.)

La musique des Bach est une affaire de famille depuis longtemps. Ainsi s’est retrouvé les manuscrits de ces quatre Ouvertures de Joh.Bernhard entre les mains du cousin Bach de Leipzig. Celui-ci les a soigneusement copiés en vue d’une exécution, peut-être pour le Café Zimmerman? On sait qu’elles étaient connues et appréciées en leur temps.

De nos jours, elles ont été gravées plus d’une fois sur disque. Johann Bernhard semble avoir eu le don de la mélodie accrocheuse et bien fignolée. Ce sont des musiques élégantes et inspirées, faciles à mémoriser et à siffloter, dans le style de Telemann. L’Orchestre baroque de Fribourg est l’un des premiers à nous avoir fait découvrir les oeuvres de ce cousin méconnu. C’est divertissant et entraînant, et on se plait à imaginer la famille Bach en train de jouer ces morceaux qui venaient tout juste d’arriver du cousin d’Eisenach. Festif.

Bach, CPE (1714-1788) Les Ultimes Souffrances du Sauveur. La Petite Bande. Sigiswald Kuijken.

Posted in Bach CPE with tags on 21 novembre 2025 by René François Auclair

Die Letzen Leiden des Erlösers (1770).

Barbara Schlick et Greta de Reyghere, sopranos.

Catherine Patriasz, alto.

Christophe Prégardien, ténor. Max van Egmond, basse.

Collegium Vocale Gent. La Petite Bande.

Enregistré à Doopsgezinde Gemeende en 1986.

Harmonia Mundi. 1990. 77042-2-RG. 2 cds. 120m.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Récitatif et Choeur d’entrée

Duetto/Soprani Muster der Geduld (extrait)

Choral Heiliger Schöpfer et Coro Lasset uns aufsehen 

Coro Preiset ihn! (extrait)

L’oeuvre vocale de CPE Bach n’a pas eu autant de popularité que celle de JS Bach ou Handel par exemple. Mis à part son brillant Magnificat, le reste de son oeuvre dédié au sacré demeure moins connu. Bien entendu, Les Ultimes Souffrances du Sauveur, n’est certes pas un titre pour attirer les foules. Mais je crois que c’est son chef-d’oeuvre le plus personnel, tous genres confondus. Il se rapproche le plus de l’Esprit de la grande Passion St-Matthieu de son paternel. Quatre décennies séparent les deux oeuvres. Tandis que Jean-Sébastien demeure le maître de la polyphonie, Carl Philipp est devenu le maître de la sensibilité. Sa musique laisse tomber les grandes architectures au profit de formes moins complexes pour se concentrer avant tout sur l’affect.

Les textes, écrits par la poète Anna Louisa Karsch (1722-1791) suivent les dernières heures du Christ en décrivant surtout les pensées et les sentiments des différents témoins de la Passion. Bach a trouvé ici le terroir idéal pour émanciper sa musique si particulière. Des ténèbres à la lumière, une oeuvre saisissante servie par des interprètes inoubliables. Sommet de l’empfindsamkeit.