Bach, J.S. (1685-1750) Sonates pour violon et clavecin. Kuijken & Leonhardt.

Posted in Bach J.S. with tags on 18 janvier 2026 by René François Auclair

6 Sonates bwv 1014-1019.

Sigiswald Kuijken, violon Maggini 17e siècle.

Gustav Leonhardt, clavecin Skowroneck d’après Dulcken.

Enregistré à Schloss Amerongen, Pays-Bas en 1973.

DHM. 1990. 77170-2-RG. 2cds. 94m.19s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Sonate bwv 1016 en mi majeur

À la fin de mon adolescence, je me suis vraiment intéressé à la musique de Bach. Je voulais tout entendre de lui. À l’époque je ne connaissais rien du mouvement historiquement bien informé. Je m’étais procuré l’enregistrement de Henryk Szeryng et Helmut Walcha interprété selon la vieille tradition. La découverte du duo Kuijken/Leonhardt a changé ma perspective de cette musique. Une révélation. Étant jeune, je me suis tout de suite identifié à cette nouvelle manière de faire, qui abordait la musique baroque avec des idées neuves.

Désormais on va jouer Bach avec des instruments qui correspondent à son époque. Violons historiques, archets anciens, cordes de boyaux, et une volonté de s’approcher le plus possible du style de l’époque. Études des documents, des essais sur la manière de jouer, respect des annotations originales sur les manuscrits, tout a été scrupuleusement analysé et repensé.

La musique de Bach a pris un tout nouveau sens, celui de la pureté d’intention: plus pensif, méditatif et spirituel. Le jeu naturel de Kuijken, sans forcé quoi que ce soit, donne des ailes aux notes. La musique s’élève, se met à danser. Leonhardt au clavecin est impérial, d’un geste ample. L’articulation est détachée, libre et d’une grande plénitude. Cet album est la quintessence incarnée. Il peut paraître maintenant éloigné de nous, mais reste un phare inébranlable de l’interprétation à l’ancienne.






Szeryng/Walcha bwv 1016 (extrait) enregistré en 1969.

Bach J.S. (1685-1750) Sonates pour Viole de gambe. Wieland Kuijken & Gustav Leonhardt.

Posted in Bach J.S. on 17 janvier 2026 by René François Auclair

Sonate bwv 1027 en sol majeur

Sonate bwv 1028 en ré majeur

Sonate bwv 1029 en sol mineur

Wieland Kuijken, viole de gambe anonyme 18e siècle.

Gustav Leonhardt, clavecin Skowroneck 1962 d’après Dulcken.

Enregistré à Schloss Wannegem-Lede en 1974.

HM. 1989. 77044-2-RG. 46m.26s.

Appréciation: Superbe*****

Sonate bwv 1027 en sol majeur

Sonate bwv 1029 en sol mineur (Vivace)

Deux maîtres incontestés se retrouvent sur ce disque, dans la lignée de l’authenticité historique. Wieland Kuijken et Gustav Leonhardt ont marqué leur époque en remettant à jour ces oeuvres, plutôt mineures, mais essentielles du grand Sébastien. Elles furent sans doute composées à Cöthen entre 1717-23, où le prince Leopold pratiquait lui-même la viole de gambe. Leur forme est celle de la sonate en trio, à trois voix obligées, strictes et savantes. L’interprétation est celle de l’épure et de la réserve. Leonhardt articule et délie la musique de Bach comme lui seul sait le faire. Il dépose également sur son clavier de légers retards créant des climats méditatifs et profonds. Kuijken fait résonner, avant tout, les subtilités propres à son instrument. La mélancolie, le chant parfois funèbre de sa viole hypnotise et touche à la fois le coeur (ténébreux andante bwv 1027). Tout en pudeur, du grand art.

Bach, J.S. (1685-1750) Suites orchestrales. Musica Antiqua Köln. Reinhard Goebel.

Posted in Bach J.S. with tags on 1 janvier 2026 by René François Auclair

Suites bwv 1066-1069.

Suite bwv 1070 (WF.Bach?)

Reinhard Goebel, violon et direction.

Wilbert Hazelzet, flûte traversière baroque.

Enregistré en 1982 à Cologne.

Archiv/DG. 1982. 415671-2. 2cds. 110m.32s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Ouverture bwv 1066 en do majeur

Rondeau de la suite bwv 1067

Aria de la suite bwv 1068

Ouverture bwv 1069 en ré majeur

L’arrivée du Musica Antiqua Köln a bousculé les convenances de la musique baroque, jusque là guindée dans un style un peu trop confortable. Leur jeu enlevant et rythmé a dynamisé les oeuvres de Bach comme l’aurait fait un groupe de rock and roll! Cette version des Ouvertures est demeurée la plus flamboyante. Le souffle et la vivacité de l’interprétation fait danser la musique de Bach comme jamais. Un incontournable.

Bach, J.S. (1685-1750) Ouvertures orchestrales. Il Fondamento. Paul Dombrecht.

Posted in Bach J.S. on 1 janvier 2026 by René François Auclair

Suites bwv 1066-1069. (Versions originales)

Enregistré au Clôitre St-Vincent-Paul, Gijzegem en 2010.

Fuga Libera. 2010. FUG580. 2cds. 101m.10s.

Appréciation: Superbe*****

Sans tambour, ni trompettes, ni flûte, Paul Dombrecht et son ensemble néerlandais propose les premières versions des célèbres suites de Bach. Mise à part la suite bwv 1066 qui est restée dans son état d’origine, les autres ont subies des remaniements importants par le compositeur. Ces dernières sont les plus connues, les plus éclatantes. Mais bon, comme tout bon chercheur d’authenticité historique du mouvement baroque, Dombrecht a jugé que ces oeuvres devaient être enregistrées. Le constat général est un peu mitigée lors de l’écoute. La fameuse Badinerie sans flûte? Vraiment? Nos habitudes sont tellement enracinées, qu’on est un peu déçu du résultat.

Ceci étant dit, l’interprétation est vraiment superbe. La sonorité générale est galbée, riche et voluptueuse. Les hautbois baroques (bwv 1069) sont bien mis en valeur, d’une belle rondeur de timbres. Les danses sont séduisantes, tendres et à la fois rythmées. Cet album demeure la meilleure alternative des Ouvertures de Bach. On aime beaucoup.

Suite bwv 1067 en la mineur pour cordes (extraits)

Suite bwv 1068 en ré pour cordes (extraits)

Suite bwv 1069 pour 3 hautbois et cordes (extraits)