Mozart (1756-1791) Les Sonates pour piano et violon. David Breitman. Jean-François Rivest.

Posted in Mozart on 5 décembre 2024 by René François Auclair

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16 Sonates k.296 à k.547

Jean-François Rivest, violon Matthias Albanus, Tyrol c.1685.

David Breitman, pianoforte Philip Belt, 1975 (d’après Stein ou Walter)

Enregistré à Salle Claude-Champagne, Montréal en 1995-96.

Ingénieurs: Gilles Vaudeville/Réjean Poirier.

Amberola. 2000. ambc cd 7119. 4cds (coffret unique).

Appréciation: Superbe*****

Allegro k.304 

Tempo di Menuetto k.304 

Andante k.526

Originalement produits par Amberola, les enregistrements ont été ensuite repris par Analekta en deux volumes distincts. Ces derniers sont encore disponibles sur le marché. Amberola, label canadien dissout en 2004, avait l’avantage de proposer, en un seul coffret, les 16 sonates composées entre 1778-88. Il était accompagné d’un livret fort bien détaillé sur l’origine de chaque sonate.

La première impression est celle de la clarté du détail dans l’exécution. Le violon baroque est d’une tenue sobre, d’un naturel chantant, presque sans vibrato. Ses interventions sont toujours à point, en parfait synchronisme avec le clavier. En fait, dans ce genre de sonate, c’est le pianoforte qui mène la discussion. Le violon l’accompagne simplement, et lui ajoute quelques harmonies colorées. Par contre, pour les sonates plus tardives, Mozart lui a octroyé de belles envolées solos. On aime la justesse du son de Jean-François Rivest, qui éclaire la partition de son jeu limpide. Il reste réservé, sans forcer quoi que ce soit.

Le pianoforte est joué avec dynamisme et entrain. David Breitman installe son jeu avec aplomb, toujours intéressant et vivant. L’instrument brille et crépite sous ses doigts. Cet élève de Malcolm Bilson maîtrise parfaitement le langage du pianoforte, ici une copie Stein/Walter (non-spécifié) construit en 1975 par l’américain Philip Belt. Le son est croustillant et à la fois bien enrobé. Cette intégrale Mozart, qu’on avait un peu oubliée, a gardé toute sa verve et son authenticité. La poussière des vieilles interprétations peut continuer à s’accumuler sur les autres coffrets!

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Mozart (1756-1791) Les Concertos pour violon. Christiane Edinger. Europa Symphony.

Posted in Mozart on 3 décembre 2024 by René François Auclair

Version 1.0.0

 

Concertos nos 1 à 5 (k.207-219)

Adagio et Rondos

2 concertos apocryphes (k.268,271a)

Europa Symphony. Wolfgang Gröhs.

Enregistré en 1996 à Jugendstiltheater, Vienne.

Arte Nova. 1997. 74321 49710-2. 3cds

Appréciation: Superbe*****

Rondeau Concerto no.3

Rondeau Concerto no.4

Allegro aperto Concerto no.5

Les cinq concertos furent composés à Salzbourg entre 1773-1775. Certains de ces concertos furent créés pour l’usage personnel de Mozart. Son père Leopold étant l’auteur du fameux Essai d’une méthode approfondie du violon (1756), on n’est pas surpris que le fils soit aussi talentueux dans le domaine. « Tu ne sais pas toi-même comment tu joues bien du violon » lui dira Leopold. Les concertos sont des oeuvres charmantes, quoique d’un style galant un peu convenu, mais qui montre à quel point le jeune Mozart savait exploiter l’instrument. Par contre, les nos 3-4-5 profitent d’une écriture plus élaborée, riche d’idées parfois surprenantes.

Ce coffret Arte Nova, peu dispendieux à l’époque de son achat, contient les 5 concertos habituels, les rondos et les concertos no.6 et 7, dont leur origine reste incertaine. J’ai toujours été satisfait de cette interprétation, qui n’a la prétention que d’être agréable. L’orchestre est d’un son un peu dispersé, et même s’il semble parfois nonchalant, s’exprime avec bon goût. Le violon est quant à lui bien mis en relief, celui-ci papillonnant avec joie au-dessus de la mêlée. Christiane Edinger (1945) dont le parcours semble plutôt discret, est restée une musicienne et pédagogue allemande très respectée. Son jeu est d’un lyrisme confortable, modéré et d’une belle justesse de style. Son violon Amati résonne merveilleusement bien. Chaudement recommandé.

Mozart (1756-1791) Exsultate Jubilate k.165 Emma Kirkby, soprano.

Posted in Mozart with tags on 2 décembre 2024 by René François Auclair

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Exsultate Jubilate k.165 (1773)

Regina coeli k.108, Ergo interest k.143

Regina coeli k.127

Westminster Cathedral Boys Choir

Academy of Ancient Music. Christopher Hogwood.

Enregistré à Kingsway Hall, Londres en 1983.

Decca/Oiseau-Lyre. 1984. 411832-2. 47m10s

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Exsultate Jubilate

Le célébrissime motet pour soprano et orchestre a été écrit à l’origine pour le castrat italien Venanzio Rauzzini (1746-1810). À l’issue de l’opéra Lucio Silla k.135 à Milan, le père de Mozart disait de lui qu’il « chantait comme un ange ». Cette pièce brillante contient des passages inouïs de virtuosité et montrent à quel point le castrat excellait à reproduire toutes ces notes! Il en va de même pour Lady Emma Kirkby (1949) qui rend justice à cette oeuvre à mi-chemin entre l’opéra et le sacré. Sa voix blanche, extrêmement précise dans les vocalises, suscite l’admiration. Avec elle, on est aux anges. Alléluja!

Mozart (1756-1791) Complete Masses. Peter Neumann.

Posted in Mozart on 1 décembre 2024 by René François Auclair

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K.66: Barbara Schlick, soprano. Ulla Groenewold, alto. Markus Schäfer, ténor. Klaus Mertens, basse.

Kölner Kammerchor, Collegium Cartusianum.

Peter Neumann, direction.

Enregistré entre 1989-1991.

Warner/EMI. 2011. 50999028458 21. 10cds.

Appréciation: Superbe*****

Messe Dominicus k.66 (extraits)

Le coffret de 10 cds contient toutes les messes que Mozart a écrites, incluant le célèbre Requiem k.626, oeuvre culte de la fin de sa vie. Le tout est brillamment interprété, malgré la qualité inégale des pièces. Les Missa Brevis, par exemple, ne sont pas très intéressantes. Routinières et protocolaires, elles étaient conçues avant tout pour l’office religieux. Figures imposées à Mozart, elles devaient l’ennuyer profondément. Il reste pourtant de jolies choses ici et là, mais leurs courtes durées ont empêcher le compositeur de s’exprimer librement.

Une oeuvre pourtant se démarque de ce lot, la Messe Dominicus k.66, qui est en fait une missa solemnis de grande envergure. Elle fut composée en 1769, alors que Mozart âgé de 13 ans, s’apprêtait à faire une tournée en Italie avec son père Léopold. C’est une oeuvre inspirée, engageante et expressive. Mozart a pris grand soin de la concevoir, lui créant de grands passages fugués, des états d’âmes variés et une attention particulière aux airs solos, dignes de ses futurs opéras.

Le chef Peter Neumann s’est entouré des plus belles voix, férues du répertoire du 18e siècle, dont la radieuse Barbara Schlick. La présence de la soprano allemande apporte à ces airs de belle facture une aura spéciale. Tous les autres solistes excellent dans ces messes, mêlant le sacré et l’opéra. Ce coffret est une belle découverte.