Alfvén, Hugo (1872-1960) Les Symphonies. Rhapsodies Suédoises. Neeme Jarvi.

Posted in Alfvén with tags on 2 mars 2025 by René François Auclair

Alfvén

Symphonies nos.1-5 (1897-1953)

Rhapsodies suédoises nos.1-3

Suites Le Roi Montagne et Le Fils Prodigue.

La Légende des Skerries op.20.

Enregistré entre 1988-1992 au Stockholm Concert Hall.

Brillant Classics/Bis Records. 2001. 8974. 5cds.

Appréciation: Superbe*****

Midsommarvaka op.19 (extrait)

Andante religioso op.31

Elegy op.49

Symphonie no.4 op.39 (extrait)

Finale Symphonie no.5 op.54 (extrait)

Hugo Alfvén, de la Suède, est certes l’un des plus grands symphonistes du début 20e siècle. Son style néo-romantique embrasse la modernité et explore de nouveaux territoires tout en restant très tonale. Sa musique est puissante, d’une opulence orchestrale peu commune, parfois similaire à Richard Strauss (1864-1949). Son oeuvre la plus connue demeure cependant la rhapsodie suédoise Midsommarvaka op.19, qui lui est restée collée à la peau. Oeuvre populaire, mais superbement bien orchestrée, elle ne représente qu’une partie de son génie.

Alfvén a débuté son oeuvre symphonique dans la vingtaine. De cette période, ses deux premières symphonies, bien qu’impressionnantes, n’en demeurent pas moins académiques. On admire pourtant le travail qu’il s’est imposé pour se faire connaître. Au fil du temps et de nombreuses expéditions en mer, Alfvén, qui était aussi un peintre réputé, a traduit de manière fort convaincante les puissances et les sons de la mer. Sa musique devint alors plus sensuelle, d’un romantisme exacerbé et visionnaire.

Sa quatrième symphonie « Du littoral » créée en 1919, est une oeuvre sombre en un seul mouvement, qui demande les vocalises d’une soprano et d’un ténor, créant des passages d’une ambiance des plus oniriques. Cette oeuvre dramatique possède une aura expressionniste rappelant La Nuit Transfigurée de Schoenberg. Alfvén en expliqua le programme en ces termes: « Ma symphonie raconte l’histoire de deux jeunes âmes. L’action se passe dans des écueils où la mer fait rage parmi les rochers, les sombres nuits d’orage, sous le clair de lune ou au soleil. Les humeurs de la nature ne sont rien de moins que des symboles pour le coeur humain. »

Alfvén excellait également dans la musique de ballet et les poèmes symphoniques comme Le Roi Montagne op.37, La Légende des Skerries op.20, ou La suite Le Fils prodigue, écrite à la fin de sa vie.

La 5e symphonie, dont la conception s’est échelonnée sur une longue période, est tout à fait remarquable. Son final à lui seul devrait être impérativement joué en concert. J’y vois un voyage périlleux sur la mer, balancé entre la détresse et l’espoir. Quelle musique renversante!

Le Royal Stockholm Philharmonic est l’ensemble idéal pour reproduire cette musique aux accents nordiques. L’infatigable Neeme Jarvi aux commandes, a saisi la musique d’Alfvén en lui donnant toute sa force d’évocation.

Autre référence: le coffret Naxos 7cds, sous la direction de Niklas Willén.

Hugo Alfvén dirigenttävling

Peterson-Berger, Wilhelm (1867-1942) Les Symphonies. Michail Jurowski.

Posted in Peterson-Berger with tags on 21 février 2025 by René François Auclair

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Symphonies nos.1-5 (1903-1933).

Suites I Somras et Earina.

Suites Frösöblomster et Törnrossagan.

Concerto pour violon en Fa dièse mineur (1928).

Ulf Wallin, violon.

Orchestre Symphonique de la Radio Saarbrücken.

Orchestre Symphonique Norrköping.

Enregistré entre 1997-2003.

CPO. 2005. 777 160-2. 5cds. 389m05s.

Appréciation: Superbe*****

Suite Somras (Montagne/Lac/Forêt de Pins/Cascades)

Symphonie no.3 Same Ätman Allegro moderato

Symphonie no.5 Solitudo Con molto tranquillo

Suite Frösöblomster Chant d’été

C’est le seul coffret complet de l’oeuvre orchestrale de Wilhelm Peterson-Berger, grand compositeur suédois très connu en cette région nordique. La Suède, riche en tradition et en folklore, avait trouvé en cet ardent défenseur de sa propre culture, un compositeur de haut niveau qui inclura dans son oeuvre des éléments typiquement suédois.

Mais à l’instar de Jean Sibélius pour la Finlande, « PB » n’aura pas gagné la même reconnaissance nationale. Il faudra attendre après sa mort. Cela s’explique par le fait qu’il était également un critique musical très exigeant envers ses compatriotes. Parfois cinglant et méchant, il a heurté sa propre communauté, et s’est attiré l’inimitié d’un grand nombre. Ainsi, sa musique fut boudée, peu diffusée à son époque. Grand admirateur de Wagner, il tenta d’intégrer au nouveau siècle une musique romantique déjà dépassée et désuète. À la fin de sa vie il se retira sur l’ïle de Frösö laissant une 6e symphonie inachevée.

Ceci étant dit, on redécouvre aujourd’hui sa musique avec étonnement. Elle est tout simplement admirable, légère et infusée de fins coloris orchestraux. Certes, elle est complètement anachronique de son temps. On s’en fout! Peterson-Berger a une plume des plus intéressantes qui fourmille d’idées, près de ses idéaux traditionnels et folkloriques. Ses symphonies sont concises, belles et rythmées. Les suites orchestrales possèdent également des parfums exquis de la nature qu’il chérissait.

J’aime beaucoup sa 3e symphonie dite « Same Ätman » (Laponie), véritable objet de culte en Suède et fréquemment jouée. Les suites Frösöblomster (Fleurs de Frösö), I Somras (L’Été dernier) contiennent de véritables perles aussi bien que des évocations puissantes de la nature. Peterson-Berger semble avoir fignolé sa musique dans ses moindres détails picturaux. Agréable à l’oreille, évitant les troubles mondiaux du début 20e siècle, sa musique d’un autre temps ne peut que faire du bien. Interprétation et production formidable.

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Grieg, Edvard (1843-1907) The Best of Grieg. Artistes variés.

Posted in Grieg with tags on 16 février 2025 by René François Auclair

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Peer Gynt Suite nos.1-2 (Leppard)

Concerto pour piano op.16 (Kovacevich/Davis)

Lyric Suite op.54 (Leppard)

Suite Holberg op.40 (Leppard)

Pièces Lyriques op.12 et op.43 (Kocsis)

Danses Symphoniques op.64 (Leppard)

Enregistré entre 1971-81. Phillips. 1993. 438381-2. 2cds.

Appréciation: Superbe*****

Suite Peer Gynt (extraits)

Au temps de Holberg op.40

Danse Symphonique op.64 no.2

Pour ma part j’ai toujours été satisfait de cette compilation Grieg. Ce coffret 2cds contient l’essentiel du grand compositeur norvégien. Avec le temps l’album a quelque peu jauni, mais possède encore tout son charme. Dans son ensemble la prise de son Phillips est de qualité et l’interprétation, bien qu’inégale dans ce genre de produit, demeure une référence.

Mon coup de coeur: la Suite Holberg avec The English Chamber Orchestra par Raymond Leppard. Les cordes sont chaleureuses, d’une belle intensité expressive. Je ne me lasse jamais de l’entendre, car tout y est. Un incontournable. Pour ce qui est du fameux Concerto pour piano, il y a tant de versions qu’on peut y trouver facilement sa préférence. Stephen Kovacevich et Colin Davis sont évidemment très respectables, malgré une prise de son un peu sèche.

Les pièces lyriques par Zoltan Kocsis apparaissent maintenant un peu raides depuis qu’on les a entendues dans d’autres versions récentes. (Austbo, Leif Ove Andsnes, Hough…)

Grieg n’est pas le compositeur le plus prolifique, mais il tant marqué l’histoire de la musique. Ses succès rejoignent tout le monde. Qui ne connaît pas Au Matin de Peer Gynt? Le Roi de la Montagne? Le Chant de Solveig? Il nous a fait découvrir son imaginaire au travers des légendes de son grand pays qu’est la Norvège.

Une des plus belles descriptions de son oeuvre revient à Louis Aguettant: « Sa musique est hantée d’êtres fantastiques qui voltigent, bondissent ou sautillent, bons ou mauvais génies, elfes, trolls, nains et géants. Comme cadre à tout cela, la nature norvégienne avec des champs de neige, de profondes forêts de sapins, les fjords et la mer au loin…De tout cela se dégage une poésie spéciale, timide, frileuse, qui a une fraîcheur virginale et sauvage. » (La Musique de Piano, Albin Michel, 1954).

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Grieg, Edvard (1843-1907) Oeuvres pour piano solo. Hakon Austbo.

Posted in Grieg with tags on 15 février 2025 by René François Auclair

Grieg

Sélection de Pièces Lyriques.

Suite Holberg. Pièces variées.

Enregistré à Doopsgezinde, Pays-Bas en 2001-2006.

Berlin Classics/Brilliant Classics. 2013. 0300559BC. 2cds. 79m34s/78m37s.

Appréciation: Superbe*****

Berceuse, Danse norvégienne, Canon, Marche des nains 

Printemps, Petit oiseau, Chant paysan, Noces à Troldhaugen

Suite Holberg version piano

Edvard Grieg, le plus célèbre compositeur norvégien, a émergé au milieu d’un monde musical jusque là exclusivement réservé à l’Allemagne. Très tôt, il s’est fait connaître et a côtoyer les plus grands compositeurs de son époque, Brahms, Liszt et Wagner. À 25 ans, il composa son célèbre Concerto pour piano en la mineur. Acclamé et fort de ce succès, il fit d’interminables tournées à travers l’Europe, obligé de rejouer sans cesse cette oeuvre apparentée à Schumann.

Mais l’essence profonde de Grieg est ailleurs. Ce sont dans les miniatures qu’il est à son meilleur. Ses Pièces Lyriques, en dix volumes écrits entre 1865 et 1901, sont de petits chefs-d’oeuvre tirés de son imagination fertile. Elles sont au nombre de 66 en tout. Elles font un lien entre Chopin et Debussy, entre le lyrisme séduisant du premier et l’impressionnisme de l’autre. Ce qui les a inspirées provient surtout de son pays natal et de sa tradition folklorique. Grieg les a agrémentées de rythmes norvégiens, halling et springdans, en plus d’y développer un langage pianistique particulièrement imagé.

Le pianiste norvégien Hakon Austbo interprète ces pièces avec beaucoup de charisme, libérant les belles mélodies de Grieg dans une atmosphère parfois rêveuse. Son piano est léger, jamais assommant. Le temps s’écoule sans peine, les images vont et viennent comme des instants nostalgiques et merveilleux.

Grieg a fait construire une villa près de Bergen qu’il a nommé Troldhaugen. Dans ce foyer paisible (que l’on peut toujours visiter) il y vivait avec sa femme pendant l’été en recevant d’innombrable amis et connaissances. À la fin de l’hiver, au retour de ses longs voyages, on dit qu’il allait s’installer à la hâte au piano pendant que l’on entrait encore les bagages! Par la pensée et le rêve, le petit homme qu’il était, repartait vers de grands horizons. « Bach et Beethoven ont érigé des temples sur de grandes montagnes. Moi j’ai créé des maisons pour que les gens se sentent confortables. » Edvard Grieg.

Autres références: Leif Ove Andsnes, Stephen Hough, Peter Donohoe.

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