Svendsen, Johan (1840-1911). Oeuvres Symphoniques. Terje Mikkelsen.

Posted in Svendsen with tags on 26 janvier 2025 by René François Auclair

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Symphonies nos 1 et 2.

Ouvertures, Rhapsodies norvégiennes.

Latvian National Symphony Orchestra.

Enregistré à Reformatu Baznica, Riga en 1997-98.

Ingénieur: Vilnis Kaksis.

CPO. 2008. 777372-2. 3cds. 192m02s.

Appréciation: Très Bien****

Allegro Symphonie no.2

Andante Symphonie no.1

Intermezzo Symphonie no.2

Le norvégien Johan Severin Svendsen a surtout été connu comme chef d’orchestre en son temps. Ce collègue d’Edvard Grieg a étudié, comme nombre de ses compatriotes, au Conservatoire de Leipzig. Il a vécu à Paris, s’est promené ici et là en Europe, a fréquenté Wagner à Bayreuth, puis s’installa définitivement à Copenhague. C’est là qu’il composa sa 3e symphonie, malheureusement jetée au feu par sa femme dans un excès de jalousie! Il ne s’en remit pas tout à fait, et composa peu jusqu’à sa mort en 1911.

Son travail symphonique est respectable, à défaut d’être tout à fait personnel. Sa musique est souvent pompeuse, orchestrée avec talent et goût, d’un romantisme familier. On pourrait la décrire comme du Wagner léger, parfois proche de Schumann (allegro symph. 2). Il s’affiche pourtant à son meilleur lorsqu’il adapte des mélodies scandinaves qu’il a puisées dans ses voyages. Terje Mikkelsen et l’orchestre de Lettonie jouent, avec tout le brio nécessaire, l’oeuvre de Svendsen, témoin important de la vie musicale de l’Europe du Nord au 19e siècle.

Halvorsen, Johan (1864-1935) Oeuvres orchestrales. Bergen Philharmonique. Neeme Järvi.

Posted in Halvorsen with tags on 20 janvier 2025 by René François Auclair

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Trois Symphonies. Rhapsodies norvégiennes. Suites orchestrales. Poèmes symphoniques. Ouvertures.

Marianne Thorsen, violon.

Ragnhild Hemsing, violon Hardanger.

Enregistré à Grieghallen, Bergen en 2009/2010.

Ingénieur: Ralph Couzens

Chandos. 2014. CHAN 10834(4). 4cds. 306m5s.

Appréciation: Superbe*****

Fidèle représentant de la musique norvégienne, ami et gendre du grand Edvard Grieg, Johan Halvorsen est un compositeur que l’on doit absolument découvrir. Excellent musicien, il débuta comme premier violon au sein d’un orchestre amateur de Bergen. Grâce à une bourse de mécènes, il s’établit pendant deux ans à Leipzig pour compléter ses études. Quand il revint en son pays, il prit en charge l’orchestre de Bergen et se consacra surtout au théâtre. À la fin de sa carrière, et libéré de ses obligations, il composa trois symphonies qui demeurent encore peu connues. Pourtant, elles recèlent de précieux trésors et peuvent être vues comme la continuité de Grieg. Ce dernier ne s’essaya au genre qu’une seule fois à l’âge de vingt ans (Symphonie en do mineur).

Fossegrimen op.21 pour Hardanger et Orchestre

Andante Symphonie no.3

Norske Eventyrbilleder op.37 (Scènes de contes norvégiens)

Comme compositeur, il fut respecté du public et de ses congénères. Sa musique est riche en images, très cinématographique, superbement orchestrée et inspirée du folklore norvégien. Ses oeuvres sont peuplées de trolls, princesses, contes et légendes de la Scandinavie. Halvorsen propose, dans ces récits imaginaires, une musique descriptive à souhait, brillante et jubilatoire. Ce maître du nord, injustement oublié, nous entraîne avec lui dans l’aventure, la féérie et la magie d’un monde figé par le froid.

Ce coffret Chandos est d’une indéniable qualité. Le vénérable chef estonien Neemi Järvi a pris grand soin, comme à son habitude, de polir son interprétation. Une impression de fini glacé semble avoir été sa signature parmi ses nombreux enregistrements. Il s’est d’ailleurs fait une spécialité d’interpréter la plupart des compositeurs de l’Europe du Nord. À noter la présence de la violoniste Ragnild Hemsing qui joue sur un authentique Hardanger, instrument typiquement norvégien à neuf cordes. Les quatre cordes frottées font résonner en sympathies les cinq autres situées en dessous du chevalet. Sa sonorité singulière évoque la vie paysanne de ces contrées nordiques. Halvorsen est l’un des seuls à avoir composé pour cet instrument particulier.

Hartmann, J.P.E (1805-1900) Les Symphonies. Danish National Symphony. Thomas Dausgaard.

Posted in Hartmann J.P.E. with tags on 15 janvier 2025 by René François Auclair

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Symphonie no.1 en Sol mineur op.17 (1836)

Symphonie no.2 en Mi majeur op.48 (1848)

Enregistré à Danish Concert Hall, Copenhague en 1996.

Ingénieur: Jorn Jacobsen.

Dacapo Records. 1996. 8.224042. 69m11s.

Appréciation: Superbe*****

Johann Peter Emilius Hartmann est un compositeur danois issu d’une grande famille de musiciens. Il vécut très longtemps, traversant presque tout le 19e siècle. On l’appelait parfois le Vieux Hartmann, et son style musical cité comme le Vieux Nord. Il est considéré, avant Niels W. Gade, comme « le véritable fondateur du Romantisme danois, et même du Romantisme scandinave tout entier » (Alfred Einstein, La Musique Romantique). Il a laissé une oeuvre abondante dans plusieurs genres, en particulier au théâtre dans des ballets, ouvertures, opéras, mélodrames, et a écrit des cantates pour toutes sortes d’occasions. Sa mort en 1900 provoqua un grand deuil national et sa perte fut perçue comme la fin de « L’Âge d’or danois ».

Moderato/Allegro Symph no.1

Andante Symph no.1

Menuetto Symph no.1

Intermezzo Symph no.2

Il n’a écrit que deux symphonies qu’il a cependant élaborées lentement et avec grand soin, à l’image de Brahms qui fut également très méticuleux. Ces oeuvres, de très bonne qualité, restent encore en marge des grands courants du romantisme. L’influence germanique est encore présente, et Hartmann ne semble pas avoir voulu intégrer à sa musique des éléments folkloriques. Ce qui nous charme dès le départ sont ses motifs très accrocheurs à l’oreille, une spontanéité engageante et un sens efficace de la narration, vue ici comme des récits idylliques familiers. Il y a dans sa musique un mélange idéal de Mendelssohn, Schumann, et même Tchaïkovsky. J.P.E. Hartmann a définitivement une place au côté des plus grands de son époque, et surtout dans nos salles de concert. Excellente interprétation et prise de son.

Corelli, Arcangelo (1653-1713) Concertos Grossos op.6 Modo Antiquo. Federico Maria Sardelli.

Posted in Corelli on 18 décembre 2024 by René François Auclair

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Concertos op.6 nos.1 à 12.

Version avec ajout d’instruments à vents.

Enregistré à Villa Rasponi, Florence en 1997.

Tactus. 2013. TB650391. 2cds. 136m.

Appréciation: Superbe*****

En voyage à Rome en 1682, le compositeur Georg Muffat fut impressionné par la musique de Corelli. « J’ai entendu avec grand plaisir et émerveillement quantité de concertos tout aussi beaux et produits avec la plus grande perfection de détails pour un nombre important d’instrumentistes par Monsieur Corelli, remarquable artiste en la matière. » Un témoin de cette époque rapporte également que Corelli dirigeait parfois un grand orchestre de plus d’une centaine de musiciens, incluant des instruments à vents. Le vaste ensemble de l’époque était divisé en deux groupes distincts. Le concertino était constitué des meilleurs solistes, tandis que le grand ripieno pouvait être doublé par des instruments à vent. Dans les concertos de Corelli ces deux groupes se relancent continuellement, comme dans un écho, alternant entre solistes (pianissimo) et tutti (forte). L’effet sur place devait être impressionnant.

Concerto no.7 en ré majeur

Concerto no.8 fatto per la notte di Natale (extrait)

Concerto no.10 en do majeur

De récentes recherches ont trouvé un grand nombre de billets de paiements adressés à des musiciens d’instruments à vent pour ces concerts à Rome. C’est sur cette base que le chef italien Federico Maria Sardelli s’est appuyé pour reconstituer l’orchestre corellien.

Pour cette intégrale, Sardelli a utilisé des flûtes à bec, hautbois baroques et trompettes pour certains concertos. Les manuscrits originaux n’existant pas pour cette formation, il a dû réécrire certaines parties, mais sans pour autant modifier leurs tonalités d’origine. Les trompettes se retrouvent donc naturellement dans les trois concertos en ré majeur, leur donnant un éclat festif des grandes occasions. La plupart du temps, les hautbois doublent les cordes du ripieno comme c’était l’usage à l’époque. Dans le concerto de Noël, leur présence est un pur ravissement, leur timbre rustique rappelant la musette des bergers.

L’exécution d’ensemble est flamboyante, agrémentée et d’un fantastique élan dynamique. Sardelli a réussi à produire les effets recherchés, mais surjoue certains passages qui n’en demandaient pas tant. De plus, l’excessive réverbération du lieu provoque une certaine confusion dans la lecture. Reste que cette version inhabituelle des concertos de Corelli vaut le détour. Elle donne une idée de ce que devait être les grands rassemblements festifs sur une de ces piazza de la Rome fastueuse.