Corelli, A. (1653-1713) Les Concertos grosso op.6. The Avison Ensemble.

Posted in Corelli on 16 décembre 2024 by René François Auclair

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Concertos op.6 no.1-12

The Avison Ensemble. Pavlo Beznosiuk, direction

Enregistré à St-Silas Martyr, Kentish Town, Londres en 2011.

Linn Records. 2012. CKD 411. 2cds. 129m.37s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

 

Cet enregistrement des concertos de Corelli est une sorte d’aboutissement dans la pratique de la musique baroque. Des premiers essais des années 70 sur instruments d’époque jusqu’à aujourd’hui, ces concertos légendaires n’ont cessé d’être réinterprétés par toute sortes de manières et de styles. Des grincements des cordes de La Petite Bande de Sigiswald Kuijken (H.M. 1977) jusqu’à cette prestation somptueuse de l’Avison Ensemble on a enfin atteint une plénitude du son et de style tout à fait magnifique.

La direction du violoniste Pavlo Beznosiuk est d’un juste équilibre, donnant le ton par des tempos modestes et chaleureux. À ces gestes nobles et emphatiques s’y greffe naturellement les accents tendres de la musique de Corelli. Car c’est sa véritable nature. Sa musique est tout simplement belle, et il suffit parfois de la jouer avec respect et amour. Excellente prise de son.

Mozart (1756-1791) Messe en ut mineur. Collegium Vocale. Philippe Herreweghe.

Posted in Mozart with tags on 6 décembre 2024 by René François Auclair

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Messe en ut mineur k.427 et Meistermusik k.477

Christiane Oelze, soprano. Jennifer Larmore, mezzo-soprano.

Scot Weir, ténor. Peter Kooy, basse.

Collegium Vocale. Orchestre Champs Élysées (instr. d’époque)

Enregistré en 1991. Ingénieur: Michel Pierre.

Harmonia Mundi. 1996. HMX 2901393. 60m19s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Kyrie eleison pour choeur et soprano 

Laudamus te pour mezzo

Et Incarnatus est pour soprano 

La Messe en ut mineur est un chef-d’oeuvre, l’une des compositions les plus bouleversantes que Mozart a laissées à la postérité. Pendant une grave maladie de sa fiancée Constance Weber, Mozart fit la promesse de composer une messe en retour de sa guérison. L’oeuvre fut commencée en 1782 et achevée, en partie, l’année suivante. Entre temps, il épousa Constance qui était rétablie. Cette messe débute par un Kyrie d’une gravité sans précédent chez Mozart, annonçant le Requiem de 1791. Il y mettra beaucoup de soin en se référant souvent au style baroque des grands Bach et Handel. Et bien sûr, Mozart écrira quelques airs dignes de sa plus belle inspiration, notamment le brillant Laudamus et l’ineffable Et Incarnatus, qui fera dire au musicologue Saint-Foix « comme d’un don céleste qui est fait au monde ».

L’interprétation qu’en fait Herreweghe est l’une des plus estimées des productions à l’ancienne. Le choeur et l’orchestre allégés sont d’un fini soigné exemplaire. Le chef belge a choisi les meilleures voix solistes du moment. Christiane Oelze et Jennifer Larmore, élèvent la partition de Mozart à un niveau de qualité rare. Elles contribuent en grande partie à l’excellence de ce disque essentiel. De la souffrance à la guérison, des ténèbres à la lumière, le ciel nous parle au travers Mozart.

Mozart (1756-1791) Les Sonates pour piano et violon. David Breitman. Jean-François Rivest.

Posted in Mozart on 5 décembre 2024 by René François Auclair

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16 Sonates k.296 à k.547

Jean-François Rivest, violon Matthias Albanus, Tyrol c.1685.

David Breitman, pianoforte Philip Belt, 1975 (d’après Stein ou Walter)

Enregistré à Salle Claude-Champagne, Montréal en 1995-96.

Ingénieurs: Gilles Vaudeville/Réjean Poirier.

Amberola. 2000. ambc cd 7119. 4cds (coffret unique).

Appréciation: Superbe*****

Allegro k.304 

Tempo di Menuetto k.304 

Andante k.526

Originalement produits par Amberola, les enregistrements ont été ensuite repris par Analekta en deux volumes distincts. Ces derniers sont encore disponibles sur le marché. Amberola, label canadien dissout en 2004, avait l’avantage de proposer, en un seul coffret, les 16 sonates composées entre 1778-88. Il était accompagné d’un livret fort bien détaillé sur l’origine de chaque sonate.

La première impression est celle de la clarté du détail dans l’exécution. Le violon baroque est d’une tenue sobre, d’un naturel chantant, presque sans vibrato. Ses interventions sont toujours à point, en parfait synchronisme avec le clavier. En fait, dans ce genre de sonate, c’est le pianoforte qui mène la discussion. Le violon l’accompagne simplement, et lui ajoute quelques harmonies colorées. Par contre, pour les sonates plus tardives, Mozart lui a octroyé de belles envolées solos. On aime la justesse du son de Jean-François Rivest, qui éclaire la partition de son jeu limpide. Il reste réservé, sans forcer quoi que ce soit.

Le pianoforte est joué avec dynamisme et entrain. David Breitman installe son jeu avec aplomb, toujours intéressant et vivant. L’instrument brille et crépite sous ses doigts. Cet élève de Malcolm Bilson maîtrise parfaitement le langage du pianoforte, ici une copie Stein/Walter (non-spécifié) construit en 1975 par l’américain Philip Belt. Le son est croustillant et à la fois bien enrobé. Cette intégrale Mozart, qu’on avait un peu oubliée, a gardé toute sa verve et son authenticité. La poussière des vieilles interprétations peut continuer à s’accumuler sur les autres coffrets!

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Mozart (1756-1791) Les Concertos pour violon. Christiane Edinger. Europa Symphony.

Posted in Mozart on 3 décembre 2024 by René François Auclair

Version 1.0.0

 

Concertos nos 1 à 5 (k.207-219)

Adagio et Rondos

2 concertos apocryphes (k.268,271a)

Europa Symphony. Wolfgang Gröhs.

Enregistré en 1996 à Jugendstiltheater, Vienne.

Arte Nova. 1997. 74321 49710-2. 3cds

Appréciation: Superbe*****

Rondeau Concerto no.3

Rondeau Concerto no.4

Allegro aperto Concerto no.5

Les cinq concertos furent composés à Salzbourg entre 1773-1775. Certains de ces concertos furent créés pour l’usage personnel de Mozart. Son père Leopold étant l’auteur du fameux Essai d’une méthode approfondie du violon (1756), on n’est pas surpris que le fils soit aussi talentueux dans le domaine. « Tu ne sais pas toi-même comment tu joues bien du violon » lui dira Leopold. Les concertos sont des oeuvres charmantes, quoique d’un style galant un peu convenu, mais qui montre à quel point le jeune Mozart savait exploiter l’instrument. Par contre, les nos 3-4-5 profitent d’une écriture plus élaborée, riche d’idées parfois surprenantes.

Ce coffret Arte Nova, peu dispendieux à l’époque de son achat, contient les 5 concertos habituels, les rondos et les concertos no.6 et 7, dont leur origine reste incertaine. J’ai toujours été satisfait de cette interprétation, qui n’a la prétention que d’être agréable. L’orchestre est d’un son un peu dispersé, et même s’il semble parfois nonchalant, s’exprime avec bon goût. Le violon est quant à lui bien mis en relief, celui-ci papillonnant avec joie au-dessus de la mêlée. Christiane Edinger (1945) dont le parcours semble plutôt discret, est restée une musicienne et pédagogue allemande très respectée. Son jeu est d’un lyrisme confortable, modéré et d’une belle justesse de style. Son violon Amati résonne merveilleusement bien. Chaudement recommandé.