Mozart (1756-1791) Exsultate Jubilate k.165 Emma Kirkby, soprano.

Posted in Mozart with tags on 2 décembre 2024 by René François Auclair

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Exsultate Jubilate k.165 (1773)

Regina coeli k.108, Ergo interest k.143

Regina coeli k.127

Westminster Cathedral Boys Choir

Academy of Ancient Music. Christopher Hogwood.

Enregistré à Kingsway Hall, Londres en 1983.

Decca/Oiseau-Lyre. 1984. 411832-2. 47m10s

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Exsultate Jubilate

Le célébrissime motet pour soprano et orchestre a été écrit à l’origine pour le castrat italien Venanzio Rauzzini (1746-1810). À l’issue de l’opéra Lucio Silla k.135 à Milan, le père de Mozart disait de lui qu’il « chantait comme un ange ». Cette pièce brillante contient des passages inouïs de virtuosité et montrent à quel point le castrat excellait à reproduire toutes ces notes! Il en va de même pour Lady Emma Kirkby (1949) qui rend justice à cette oeuvre à mi-chemin entre l’opéra et le sacré. Sa voix blanche, extrêmement précise dans les vocalises, suscite l’admiration. Avec elle, on est aux anges. Alléluja!

Mozart (1756-1791) Complete Masses. Peter Neumann.

Posted in Mozart on 1 décembre 2024 by René François Auclair

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K.66: Barbara Schlick, soprano. Ulla Groenewold, alto. Markus Schäfer, ténor. Klaus Mertens, basse.

Kölner Kammerchor, Collegium Cartusianum.

Peter Neumann, direction.

Enregistré entre 1989-1991.

Warner/EMI. 2011. 50999028458 21. 10cds.

Appréciation: Superbe*****

Messe Dominicus k.66 (extraits)

Le coffret de 10 cds contient toutes les messes que Mozart a écrites, incluant le célèbre Requiem k.626, oeuvre culte de la fin de sa vie. Le tout est brillamment interprété, malgré la qualité inégale des pièces. Les Missa Brevis, par exemple, ne sont pas très intéressantes. Routinières et protocolaires, elles étaient conçues avant tout pour l’office religieux. Figures imposées à Mozart, elles devaient l’ennuyer profondément. Il reste pourtant de jolies choses ici et là, mais leurs courtes durées ont empêcher le compositeur de s’exprimer librement.

Une oeuvre pourtant se démarque de ce lot, la Messe Dominicus k.66, qui est en fait une missa solemnis de grande envergure. Elle fut composée en 1769, alors que Mozart âgé de 13 ans, s’apprêtait à faire une tournée en Italie avec son père Léopold. C’est une oeuvre inspirée, engageante et expressive. Mozart a pris grand soin de la concevoir, lui créant de grands passages fugués, des états d’âmes variés et une attention particulière aux airs solos, dignes de ses futurs opéras.

Le chef Peter Neumann s’est entouré des plus belles voix, férues du répertoire du 18e siècle, dont la radieuse Barbara Schlick. La présence de la soprano allemande apporte à ces airs de belle facture une aura spéciale. Tous les autres solistes excellent dans ces messes, mêlant le sacré et l’opéra. Ce coffret est une belle découverte.

Mozart (1756-1791) Les Quintettes à cordes. Orlando Quartet.

Posted in Mozart on 29 novembre 2024 by René François Auclair

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6 Quintettes pour 2 violons, 2 altos, 1 violoncelle.

Nobuko Imai, 2e alto.

3 Quintettes k.407-k.452-k.581

Enregistré en 1989 à Catholic Church, Delft, Pays-Bas.

BIS Records. 2014. Bis 9046. 4cds.

Appréciation: Superbe*****

Allegro k.515

Allegro k.516

Adagio k.516

Des six quintettes que Mozart a composés entre 1773-1791, les k.515-516 demeurent les plus connus. Ce sont d’excellentes compositions, élaborées et très personnelles. Mozart a 31 ans, au sommet de sa maturité artistique. Écrits au printemps 1787, les quintettes en Do majeur et Sol mineur se caractérisent par de grands contrastes psychologiques. Ce sont des oeuvres dites sérieuses qui se complètent admirablement. Loin du simple divertissement, elles annoncent même Beethoven par leur profondeur d’expression.

En avril 1787, Mozart est inquiet. Son père Leopold est malade. Dans sa dernière lettre lui étant adressée, il espère des nouvelles moins alarmantes, et prend le temps de lui exposer ses pensées sur la mort. « Depuis quelques années, le visage de la mort n’a plus rien de terrifiant pour moi, mais m’est très apaisant et consolant. » Leopold Mozart s’est éteint le 28 mai à Salzbourg à l’âge de 68 ans. Wolfgang lui était très attaché et son désarroi fut profond. Tandis que le quintette k.515 semble plus spirituel, son jumeau k.516 est plutôt sombre et tourmenté. Ce dernier, parfois nommé le quintette de la mort, possède aussi des moments plus lumineux. Son Adagio ma non troppo, joué en sourdine par les cordes, est comme enveloppé d’une mélancolie doucereuse. On y ressent la douleur, le regret, mais également la nostalgie de jours heureux. L’apaisement est profond. Après avoir débuté par un segment plaintif, le dernier mouvement prend finalement son envol dans une résolution des plus joyeuses. La vie continue!

L’interprétation vibrante et enrobée du Orlando Quartet (basé en Hollande) apporte beaucoup d’affect et d’introspection à ces oeuvres qui touchent au sublime. Prise de son généreuse, un peu distante.

Mozart (1756-1791) Quintettes k.515-516. Ensemble 415. Chiara Banchini.

Posted in Mozart with tags on 29 novembre 2024 by René François Auclair

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Quintettes avec 2 altos.

Chiara Banchini, Enrico Gatti, violons.

Emilio Moreno, Irmgard Schaller, altos.

Käthi Gohl, violoncelle.

Enregistré en 1994. Lieu non spécifié.

Harmonia Mundi. 2009. HMA 1951512. 68m51s.

Appréciation: Sommet du Parnasse******

Allegro Quintette k.515

Allegro Quintette k.516

Ces oeuvres sublimes sont interprétés ici sur instruments anciens (cordes de boyaux/archets d’époque) comme du temps de Mozart. Que n’en déplaise les détracteurs de ces sonorités âpres et tranchantes, ce disque est demeuré unique en soi. En 1994, on redécouvrait encore le répertoire du 18e siècle avec ce son « nouveau« . Trente ans plus tard, on apprécie maintenant les deux écoles de pensée, pourvu que la musique soit vivante et vraie. Instruments modernes ou anciens? Ça reste une question de goût.

L’équipe de Chiara Banchini propose une lisibilité irréprochable à ce Mozart très élaboré musicalement. Les cordes de boyaux redéfinissent chaque note dans une dynamique vivante et aérée. L’affect global est plus pensif qu’émotif, la musique prenant un aspect éthéré. L’esthétique est celui de l’épure. Est-ce que ça rend justice aux intentions originelles de Mozart? Peut-être. Reste que cette version immaculée des quintettes est tout à fait originale.